Nous avons retenu pour thème des années qui viennent ces simples paroles de Jésus aux disciples: “Venez et voyez”. Jn 1,38. Ce choix s’appuie sur les priorités indiquées par le Chapitre général et sur celles que nous avions retenues lors de notre 2e session. Nous avions alors mis en tête de nos priorités :
“Re-fonder nos communautés locales pour en faire un lieu où des Frères peuvent partager leur foi et d’où ils peuvent témoigner que Jésus Christ est le centre de leur vie et la source de leur communion.”
Par une telle “re-fondation” nous pourrons mieux mettre en oeuvre les orientations prises par le dernier Chapitre général. Nous nous retrouvons facilement dans les “axes” et “priorités apostoliques” tels que définis par le Chapitre général...
...Extrait de la lettre du provincial promulguant les actes du Chapitre, la suite ci-dessous :
Voir également, sur le site général un article du P. Richard Lamoureux en cliquant ici
Au plein cœur de l’hiver, en cette première semaine de janvier 2005,
nous avons parcouru quelques centaines de kilomètres, jusqu’à Worcester
(Massachusetts ) pour nous retrouver en session d’animation provinciale. Vous
n’êtes pas sans savoir que nos congrégations religieuses internationales
sont divisées en « Provinces », nos communautés québécoises font
donc partie de la Province d’Amérique du Nord constituées de trois régions :
Le Mexique, Les États Unis et Le Québec. Par ailleurs, parmi nos structures
d’animation, l’instance la plus élevée est un chapitre qui se tient tous
les six ans : le chapitre général au niveau international et les
chapitres provinciaux sur les différents continents. Le chapitre est donc un
temps où des délégués, élus par leurs frères, se retrouvent pour relire
les six années écoulées et tracer des sillons à creuser pour les six années
à venir.
Pour vous situer l’ensemble de la démarche capitulaire, il faut
évoquer 4 sessions :
1- Une première session de notre chapitre provincial s’est tenue à Québec en Juin 2004 -Temps de découvertes des réalités de nos trois régions, et temps d’identification des défis propres ou communs à nos trois pays et à nos trois Eglises -
2-
Une seconde session du chapitre provincial fut donc
cette rencontre de Janvier 2005 – Plus orientée vers la préparation du
chapitre général, et d’un projet de province et de congrégation –Je vais
y revenir-
3-
La session du chapitre général : trois
semaines en mai 2005 à Rome
4-
Notre troisième session de chapitre provincial en
janvier 2006 – pour mettre en œuvre dans notre province les décisions du
chapitre général !
Sur une invitation du chapitre, il m’a été demandé, ainsi qu’à
d’autres frères de témoigner de nos échanges et de nos rencontres. Pour être
court je résumerais ce que j’ai perçu en une expression :
« Une
fraternité renouvelée ! »
D’abord il faut vous dire que nous étions 22 au chapitre : 19 délégués
plus 2 amis laïcs ainsi qu’un assistant général, qui se trouve être aussi
notre économe général. Dès le début de notre session le ton était donné
puisque voulant nous connaître un peu plus, nous avons pris le temps de nous présenter
en évoquant l’histoire de notre vocation, et ce qui aurait pu être assez
rapide nous à pris les ¾ de la première journée, un signe déjà très fort
de cette fraternité renouvelée. Nous en avions déjà fait l’expérience à
notre première session, la province a changé du tout au tout en quelques années,
illustrant à merveille cette parole de Saint Paul : « Lorsque je
suis faible c’est alors que je suis fort ». 2 Co 12,10 :
1-
Premièrement, la province qui était jusque-là plutôt « états-unienne »
avec deux antennes à Québec et Mexico, avec les tensions que cela pouvait
susciter, est vraiment devenue une province d’Amérique
du nord avec trois régions sur un même pied d’égalité.
Cela s’est traduit par un provincial accompagné du conseil des trois régionaux,
et des terrains réservés qui petit à petit s’ouvrent à l’ensemble de la
province, voir à l’ensemble de la congrégation. Une région particulière ne
pouvant plus porter seule tel ou tel projet est obligée de s’ouvrir à plus
large qu’elle, que ce soit pour un soutien en personnel ou un soutien
financier. Les signes de cette nouvelle province d’Amérique du Nord étaient
bien concrets durant le chapitre : l’animation par le provincial et les
trois régionaux, la prise de parole pour chacun dans la langue de sa région,
des petits groupes de travail en trois langues mais brassant les membres des
trois régions. –Nous utilisions pour nos séances plénières de petits
appareils émetteurs et écouteurs pour la traduction, c’était une première
pour notre chapitre... J’ai trouvé personnellement ce système fort approprié,
car suffisamment souple même si cela demandait une certaine discipline dans la
prise de parole. Ce fut aussi pour moi une première expérience de traducteur,
fort intéressante...
2-
Deuxièmement notre fraternité est renouvelée par l’internationalité de nos
communautés. A notre manière nous sommes touchés par la
mondialisation, mais par des effets positifs, et je crois que c’est un
témoignage majeur que peut rendre la vie religieuse pour notre monde... Ou pour
reprendre les termes du titre : un domaine où la vie religieuse peut être
fondatrice de nos sociétés modernes. Là aussi l’ouverture s’est effectuée
grâce à nos pauvretés : la région de Québec par exemple, sur le déclin,
a été renouvelée par la fondation d’une communauté internationale... La région
des États Unis, a du s’ouvrir à l’accueil de jeunes philippins et d’un
vietnamien car nous n’avions pas les moyens de fonder dans l’immédiat sur
place... La région du Mexique, encore modeste, doit passer par des étapes de
formation en lien avec d’autres pays d’Amérique latine... Enfin nos trois régions
accueillent des frères du Congo-Kinshasa. Tous ont témoigné des dynamismes
apportés par cette internationalisation de nos communautés. L’exemple le
plus récent est le renouvellement des communautés des États Unis, le nouveau
visage qu’elles ont pris pour être capable d’accueillir les jeunes
asiatiques dans les différents niveaux de leur formation, et déjà les fruits
portés sont formidables : un réel dynamisme des communautés, et une
nouvelle ouverture au monde des jeunes, avec même déjà quelques candidats états-uniens
qui se révèlent.
Cette
internationalisation de la congrégation ne nous touche pas seulement au niveau
local, mais par une nouvelle conscience de l’internationalité de notre congrégation :
des projets - comme les fondations en Asie - sont portés par l’ensemble de la
congrégations, les grandes œuvres - comme Bayard ou Le collège de Worcester -
s’acheminent vers des œuvres non plus de telle ou telle province mais de
congrégation. Tout ceci interroge les structures d’animation de la congrégation,
car on perçoit la nécessité d’une organisation plus continentale et d’un
niveau général d’animation ayant les moyens de porter ces projets
internationaux.
Localement
bien-sûr l’internationalité de chacune de nos communautés ouvre nos
horizons, et nous rend vraiment soucieux des situations de tel ou tel pays,
quand vous vivez avec des frères du Congo par exemple vous êtes particulièrement
interpellés par la guerre dans l’est du pays qui a déjà fait plus de 4
millions de morts et dont on parle très peu dans les médias. Le temps pris par
le chapitre pour écouter un de nos frères, Vincent Machozi, nous retracer
l’histoire de ce conflit fut un temps que j’ai particulièrement apprécié,
car il n’est pas banal que des anglophones, des hispanophones et des
francophones essaient de se faire une idée commune d’un tel conflit perçu
habituellement par nos propres lorgnettes... Viendra peut-être un jour ou nous
parlerons de l’Irak ensemble...
3)
Troisièmement notre fraternité se renouvelle autour de l’idée d’une « Famille
de l’Assomption ». Avec la prise de conscience d’une part
d’un charisme (une façon de faire Église et de témoigner de notre foi) qui
nous est confié au service du monde et de l’Église et d’autre part que ce
charisme est commun à la famille de l’Assomption c’est à dire aux 5 congrégations
d’hommes et de femmes et aux laïcs qui se sentent également de cette
famille. Personnellement, je n’ai pas vraiment perçu de progrès dans la
collaboration entres nos différentes branches religieuses, je trouve plutôt
que l’on vit sur quelques acquis en ce domaine. Mais la grande nouveauté de
ces dernières années est bien l’émergence de laïcs de l’Assomption. Le
signe très clair illustrant cette remarque était la présence pour la premières
fois de deux laïcs, un états-unien et une mexicaine, qui ont participé à
l’ensemble du chapitre. – Par contre nous n’avons eu aucune rencontre
organisée avec nos sœurs...
Il
est très clair que de la même manière que l’ouverture à
l’internationalité dynamise nos communautés, l’ouverture à une « Famille
de l’Assomption » plus large renouvelle déjà nos façons de voir et de
faire et nous permettra d’être plus créatifs pour être fidèles à notre
charisme.
Je
ne vous ai pas détaillé tellement notre travail débauche d’un projet de
province (qui tient pour l’instant en six points
voir l'annexe ici ), mais je crois vous en avoir
partagé la teneur : Une fraternité renouvelée,
refondée en Christ et qui devient par elle-même, par ce qu’elle vit,
fondatrice pour le monde d’aujourd’hui, c’est à dire témoignant par sa
fraternité de la fraternité universelle à laquelle l’humanité est appelée.
Il reste encore du travail, car il me semble que la mise en œuvre du projet de
province devra prendre chair de façon suffisamment prophétique, mais ce sera
le travail de notre dernière session de janvier 2006... Gageons qu’elle sera
une fois de plus source d’une fraternité renouvelée !
Fr.
Benoît Bigard, a.a.
Photos en bas de page
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D'abord
une nouvelle structure, préparée depuis un certain temps et mise en
place il-y-a un an nous donne de grandes satisfactions : Il y a encore
quelques années, la réalité assomptionnistes ici c'était une province
des états-unis avec deux
excroissances au Nord (Québec) et au Sud (Mexique). Maintenant nous avons
trois régions sur un même pied d'égalité, avec trois responsables régionaux
et un responsable provincial pour l'ensemble... Eh bien contrairement
à ce que l'on pense habituellement un changement de structure, à produit
beaucoup de changements positifs au service de la vie : Nous nous sentons
beaucoup plus frères, plus solidaires les uns des autres avec une
relation mutuelle plus saine et sommes prêt à avancer à changer à bâtir
des projets en commun !
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Les
assomptionnistes ici comme ailleurs dans le monde sortent d'une mentalité
de Provinces (nos subdivisions régionales) et entrent dans une vision
globale et internationale de la congrégation : La plus part de nos
communautés sont maintenant internationales et les frontières se
brisent. Un sang nouveau rajeuni nos communautés d'Amérique du Nord :
venu des Philippines, de Roumanie, Du Congo, de France, de Colombie, du
Vietnam et bientôt de Madagascar
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Nous constatons
très concrètement que nos faiblesses et nos fragilités, les défis
de nos sociétés (peu de vocations, société de plus en plus
déchristianisée, âge moyen des religieux, une église mise à mal) sont
aussi source d'une grande force : Nous pouvons être plus proche de la réalité
des personnes qui nous entourent, nous avons de moins en moins d'oeuvres
lourdes à porter et pouvons inventer de nouveau, enfin nous n'avons rien
à perdre et pouvons avancer de façon plus audacieuse en fidélité à l'Evangile.
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Enfin partout la
collaboration laïcs-religieux avance et nous nous enrichissons de nos expériences
mutuelles : le Mexique en particulier à maintenant un groupe de laïcs
qui se disent assomptionnistes-laïcs et qui sont maintenant pleinement
membres de l'Assomption méxicaine... Pour une première fois d'ailleurs
des laïcs serons invités aux prochaines sessions des chapitres
provinciaux et généraux, pas simplement pour une parole extérieure
(comme par le passé) mais comme membres de l'Assomption aujourd'hui !
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