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 "Pâque du P. Christian Blanc"

 
Quelle vie !
26-10-1939
11-04-2010
 
 
Enfance à Dunière sur Eyrieux (Ardèche)
 
Travail à l'usine aux Ollières
 
Service militaire en Algérie
 

 
Les années 70 à Valpré (Lyon)
 
Les années 80 en Afrique
 
Les années 90 à Strasbourg
 
Les années 2000 à Québec
 
 
Retour à Lorgues, puis Albertville

 
Editorial de "La vie au Montmartre" - mai 2009
 
 

Recueillir et faire grandir !

 Depuis huit années que cet encart sur la Vie au Montmartre existe, c’est la première fois que l’éditorial n’est pas de la main du père Christian Blanc… Comme beaucoup d’entre vous le savent, une maladie neuronale dégénérative ( S.L.A.) qui l’avait amené à restreindre ses activités depuis fin 2008, l’a contraint à un retour en France dans une de nos communautés de frères aînés.

 Je ne m’aventurerai pas à dresser la liste de tout ce qu’il a pu apporter aux uns et aux autres au cours de ces neuf années de présence au Montmartre, les signes d’amitié manifestés ces derniers mois le disent bien mieux que je ne saurais le faire. C’est surtout l’esprit qu’il a su insuffler ici, comme dans ses lieux d’apostolat précédents, qu’il nous faut recueillir et faire grandir…

 Une façon d’être à recueillir et faire grandir :

 Homme de foi, passionné de Jésus-Christ, affamé de la Parole, fondateur de Communauté, enflammé par l’intelligence de la foi et avide de réflexion sur la vie du monde !

 Homme de foi !

 Ayant partagé douze années de vie communautaire avec le P. Blanc, je peux témoigner de la grande confiance en Jésus-Christ qui l’a toujours guidé. Je l’ai souvent entendu s’étonner de tous les efforts déployés pour prolonger nos vies, même chez les personnes les plus pieuses, alors que c’est à la rencontre de Jésus-Christ et à la plénitude de nos vies que nous sommes appelés. Un frère aimait rappeler combien il avait été impressionné par la façon dont Christian avait, lui-même, présidé les funérailles de sa mère et avec grande sérénité ! Et de nombreuses personnes peuvent témoigner de la grande confiance avec laquelle le P. Christian aborde le soir de sa vie ! Cette foi est-elle innée ? Je ne le crois pas : c’est en partie le fruit de sa persévérance à scruter sans cesse les évangiles et à approfondir avec ténacité la compréhension de la foi chrétienne… Attendons-nous que la foi nous tombe du ciel ou nous rendons-nous disponibles pour la recevoir ?

 Passionné de Jésus-Christ, affamé de la Parole !

 La grande hantise du P. Blanc était de faire passer les chrétiens d’une foi « en Dieu » à une foi en Jésus de Nazareth : Dieu est en effet un mot fourre-tout où l’on projette notre besoin de sacré, notre archaïsme religieux, notre imaginaire : Dieu, on se le construit à notre mesure pour l’aimer ou le repousser… Jésus de Nazareth, lui qui est Dieu, vient au contraire nous révéler, dans ses paroles et dans sa façon d’être, qui est véritablement Dieu. Quel scandale de ne pas se mettre à son écoute, et de continuer à vouloir imaginer Dieu… Quel scandale que de se contenter de quelques idées vagues sur les évangiles et de ne pas sans cesse aller s’y nourrir ! Qui est « mon » Dieu ? Avons-nous faim de sa Parole ?

 Fondateur de communauté !

 Quelle douleur pour un pasteur de constater l’égocentrisme de certaines façons de vivre la vie chrétienne : moi et mon Dieu, moi et mes dévotions, moi et ma messe, et même, moi et l’Église universelle ! Alors que si Jésus-Christ a fondé quelque chose, c’est une communauté de disciples, non pas des disciples virtuels qui ne se connaissaient pas, mais une communauté à taille humaine, avec son lot de frottements et de rivalités : « Qui est le plus grand parmi nous » se demandaient les disciples ? Tous les beaux discours, toutes les belles dévotions, tous les grands élans de foi ne se vérifient qu’en un lieu : la communauté, la communauté, la communauté ! Est-ce que ceux qui célèbrent avec moi ont de l’importance pour moi, est-ce que je les connais ? Et les absents, les malades, est-ce que je m’en soucie ? Est-ce que je suis capable de me réjouir des joies de mes frères et sœurs ? Est-ce que je veux, avec eux, témoigner de l’Évangile, porter des projets d’évangélisation ? Le but de la vie chrétienne n’est-elle pas de devenir Corps du Christ, membre chacun pour sa part, soucieux de la complémentarité des membres ?

 Enflammé par l’intelligence de la foi

 et avide de réflexion sur la vie du monde !

 Si notre foi est si claire et si limpide, comment se fait-il que la majorité de nos contemporains se soient éloignés de l’Église, ou ne s’y intéressent pas, ou la combattent ? Quelle foi rejettent-ils ? Et nous-mêmes, à quoi nous accrochons-nous, notre foi est-elle solide, est-elle adulte ou n’est-ce qu’une foi nostalgique, esthétique, reliquat de notre enfance ? Les questions sur le sens de la vie, sur la vie humaine, sur la solidarité, sur la justice, sur le développement durable, etc… me sont-elles étrangères ? Suis-je capable d’entrer en dialogue avec les penseurs d’aujourd’hui, ou suffit-il de répéter toujours la même chose : Dieu vous aime, Jésus est votre sauveur… Amen ?

 Merci, Christian pour ce souffle transmis au Montmartre !

 La mission est loin d’être achevée :

 Saurons-nous recueillir cette passion, la faire nôtre, la faire grandir…

 Ensemble… en communauté ?

      

            P. Benoît Bigard, a.a.

 

 

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