Recueillir
et
faire
grandir !
Depuis
huit
années
que
cet
encart
sur
la
Vie
au
Montmartre
existe,
c’est
la
première
fois
que
l’éditorial
n’est
pas
de
la
main
du
père
Christian
Blanc…
Comme
beaucoup
d’entre
vous
le
savent,
une
maladie
neuronale
dégénérative
(
S.L.A.)
qui
l’avait
amené
à
restreindre
ses
activités
depuis
fin
2008,
l’a
contraint
à un
retour
en
France
dans
une
de
nos
communautés
de
frères
aînés.
Je
ne
m’aventurerai
pas
à
dresser
la
liste
de
tout
ce
qu’il
a pu
apporter
aux
uns
et
aux
autres
au
cours
de
ces
neuf
années
de
présence
au
Montmartre,
les
signes
d’amitié
manifestés
ces
derniers
mois
le
disent
bien
mieux
que
je
ne
saurais
le
faire.
C’est
surtout
l’esprit
qu’il
a su
insuffler
ici,
comme
dans
ses
lieux
d’apostolat
précédents,
qu’il
nous
faut
recueillir
et
faire
grandir…
Une
façon
d’être
à
recueillir
et
faire
grandir
:
Homme
de
foi,
passionné
de
Jésus-Christ,
affamé
de
la
Parole,
fondateur
de
Communauté,
enflammé
par
l’intelligence
de
la
foi
et
avide
de
réflexion
sur
la
vie
du
monde
!
Homme
de
foi
!
Ayant
partagé
douze
années
de
vie
communautaire
avec
le
P.
Blanc,
je
peux
témoigner
de
la
grande
confiance
en
Jésus-Christ
qui
l’a
toujours
guidé.
Je
l’ai
souvent
entendu
s’étonner
de
tous
les
efforts
déployés
pour
prolonger
nos
vies,
même
chez
les
personnes
les
plus
pieuses,
alors
que
c’est
à la
rencontre
de
Jésus-Christ
et à
la
plénitude
de
nos
vies
que
nous
sommes
appelés.
Un
frère
aimait
rappeler
combien
il
avait
été
impressionné
par
la
façon
dont
Christian
avait,
lui-même,
présidé
les
funérailles
de
sa
mère
et
avec
grande
sérénité
! Et
de
nombreuses
personnes
peuvent
témoigner
de
la
grande
confiance
avec
laquelle
le
P.
Christian
aborde
le
soir
de
sa
vie
!
Cette
foi
est-elle
innée
? Je
ne
le
crois
pas
:
c’est
en
partie
le
fruit
de
sa
persévérance
à
scruter
sans
cesse
les
évangiles
et à
approfondir
avec
ténacité
la
compréhension
de
la
foi
chrétienne…
Attendons-nous
que
la
foi
nous
tombe
du
ciel
ou
nous
rendons-nous
disponibles
pour
la
recevoir
?
Passionné
de
Jésus-Christ,
affamé
de
la
Parole
!
La
grande
hantise
du
P.
Blanc
était
de
faire
passer
les
chrétiens
d’une
foi
« en
Dieu
» à
une
foi
en
Jésus
de
Nazareth
:
Dieu
est
en
effet
un
mot
fourre-tout
où
l’on
projette
notre
besoin
de
sacré,
notre
archaïsme
religieux,
notre
imaginaire
:
Dieu,
on
se
le
construit
à
notre
mesure
pour
l’aimer
ou
le
repousser…
Jésus
de
Nazareth,
lui
qui
est
Dieu,
vient
au
contraire
nous
révéler,
dans
ses
paroles
et
dans
sa
façon
d’être,
qui
est
véritablement
Dieu.
Quel
scandale
de
ne
pas
se
mettre
à
son
écoute,
et
de
continuer
à
vouloir
imaginer
Dieu…
Quel
scandale
que
de
se
contenter
de
quelques
idées
vagues
sur
les
évangiles
et
de
ne
pas
sans
cesse
aller
s’y
nourrir
!
Qui
est
«
mon
»
Dieu
?
Avons-nous
faim
de
sa
Parole
?
Fondateur
de
communauté
!
Quelle
douleur
pour
un
pasteur
de
constater
l’égocentrisme
de
certaines
façons
de
vivre
la
vie
chrétienne
:
moi
et
mon
Dieu,
moi
et
mes
dévotions,
moi
et
ma
messe,
et
même,
moi
et
l’Église
universelle
!
Alors
que
si
Jésus-Christ
a
fondé
quelque
chose,
c’est
une
communauté
de
disciples,
non
pas
des
disciples
virtuels
qui
ne
se
connaissaient
pas,
mais
une
communauté
à
taille
humaine,
avec
son
lot
de
frottements
et
de
rivalités
: «
Qui
est
le
plus
grand
parmi
nous
» se
demandaient
les
disciples
?
Tous
les
beaux
discours,
toutes
les
belles
dévotions,
tous
les
grands
élans
de
foi
ne
se
vérifient
qu’en
un
lieu
: la
communauté,
la
communauté,
la
communauté
!
Est-ce
que
ceux
qui
célèbrent
avec
moi
ont
de
l’importance
pour
moi,
est-ce
que
je
les
connais
? Et
les
absents,
les
malades,
est-ce
que
je
m’en
soucie
?
Est-ce
que
je
suis
capable
de
me
réjouir
des
joies
de
mes
frères
et
sœurs
?
Est-ce
que
je
veux,
avec
eux,
témoigner
de
l’Évangile,
porter
des
projets
d’évangélisation
? Le
but
de
la
vie
chrétienne
n’est-elle
pas
de
devenir
Corps
du
Christ,
membre
chacun
pour
sa
part,
soucieux
de
la
complémentarité
des
membres
?
Enflammé
par
l’intelligence
de
la
foi
et
avide
de
réflexion
sur
la
vie
du
monde
!
Si
notre
foi
est
si
claire
et
si
limpide,
comment
se
fait-il
que
la
majorité
de
nos
contemporains
se
soient
éloignés
de
l’Église,
ou
ne
s’y
intéressent
pas,
ou
la
combattent
?
Quelle
foi
rejettent-ils
? Et
nous-mêmes,
à
quoi
nous
accrochons-nous,
notre
foi
est-elle
solide,
est-elle
adulte
ou
n’est-ce
qu’une
foi
nostalgique,
esthétique,
reliquat
de
notre
enfance
?
Les
questions
sur
le
sens
de
la
vie,
sur
la
vie
humaine,
sur
la
solidarité,
sur
la
justice,
sur
le
développement
durable,
etc…
me
sont-elles
étrangères
?
Suis-je
capable
d’entrer
en
dialogue
avec
les
penseurs
d’aujourd’hui,
ou
suffit-il
de
répéter
toujours
la
même
chose
:
Dieu
vous
aime,
Jésus
est
votre
sauveur…
Amen
?
Merci,
Christian
pour
ce
souffle
transmis
au
Montmartre
!
La
mission
est
loin
d’être
achevée
:
Saurons-nous
recueillir
cette
passion,
la
faire
nôtre,
la
faire
grandir…
Ensemble…
en
communauté
?
P.
Benoît
Bigard,
a.a.
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"Pâque
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P.
Christian
Blanc"