Les commentaires 

de l'évangile du dimanche année C  2006-2007

par le Père Christian Blanc

        

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Année C (2006-2007) de l'Avent à la fête du Saint Sacrement cliquer ici

Depuis le 11° dimanche ci-dessous

 

   

 25 novembre 2007  Christ Roi C  Lc 23,35-43
 18 novembre 2007  33° dim. ordinaire C  Lc 21,5-19
 11 novembre 2007  32° dim. ordinaire C  Lc 20,27-38
 4 novembre 2007  31° dim. ordinaire C  Lc 19,1-10
 28 octobre 2007  30° dim. ordinaire C  Lc 18,9-14
 21 octobre 2007  29° dim. ordinaire C  Lc 18,1-8
 14 octobre 2007  28° dim. ordinaire C  Lc 17,11-19
 7 octobre 2007  27° dim. ordinaire C  Lc 17,5-10
 30 septembre 2007  26° dim. ordinaire C  Lc 16,19-31
 23 septembre 2007  25° dim. ordinaire C  Lc 16,1-13
 16 septembre 2007  24° dim. ordinaire C  Lc 15,1-32
 9 septembre 2007  23° dim. ordinaire C  Lc 14,25-33
 2 septembre 2007  22° dim. ordinaire C  Lc 14,1...14
 26 août 2007  21° dim. ordinaire C  Lc 13,22-30
 19 août 2007  20° dim. ordinaire C  Lc 12,49-53
 12 août 2007  19° dim. ordinaire C  Lc 12,32-48
 05 août 2007  18° dim. ordinaire C  Lc 12,13-21
 29 juillet 2007  17° dim. ordinaire C  Lc 11,1-13
 22 juillet 2007  16° dim. ordinaire C  Lc 10,38-42
 15 juillet 2007  15° dim. ordinaire C  Lc 10,38-42
 8 juillet 2007  14° dim. ordinaire C  Lc 10,1...20
 1er juillet 2007  13° dim. ordinaire C  Lc 9,51-62
 24 juin 2007  12° dim. ordinaire C  Lc 1, 57...80
 17 juin 2007  11° dim. ordinaire C  Lc 7, 36 - 8, 3

En cliquant sur les références bibliques ci-dessous vous obtenez le texte... Merci à www.aelf.org pour les liens Bibliques

 

« Sauve-toi…Ou… !  » 25 novembre 2007 - Fête du Christ Roi C

Evangile : Lc 23, 35-43 Le Roi crucifié

Certains qui le voient suspendu à la croix, lui lancent ce défi : « Sauve-toi, toi-même.. Et nous aussi avec… Toi qui en as sauvé d’autres .. ». Les chefs qui ricanent, les soldats qui le raillent, l’un des deux malfaiteurs qui l’insulte, en appellent à sa puissance pour qu’il manifeste enfin et vraiment qui il est.

 Qui est-il ?

Voilà qui intrigue. Ne s’est-il pas dit être le Fils du Père, et pourtant maintenant sur la croix plus rien ne transparaît d’une certaine divinité. En serait-il autrement s’il descendait de ce bois du supplice ? Si aux yeux de tous et spectaculairement, il se sauvait lui-même comme on le lui demande ? Les chefs, les soldats, le malfaiteur insulteur, croiraient-ils que cet homme était Dieu parce qu’il aurait échappé à l’emprise des hommes ? Mais en ce Jésus qui briseraient ses liens, l’homme ne retrouverait-il pas plutôt un Dieu tel qu’il le veut ? Un Dieu fort, qui engendre de la stupeur, dominateur et peu ami de l’homme ? Un Dieu qui s’impose. Et l’homme ne retrouverait-il pas la place, qu’en fait il affectionne, en face de la divinité : distance, crainte, sentiment de n’être rien du tout, et de devoir mériter une juste récompense ?

 Si le Messie s’était sauvé lui-même que se serait-il passé ?

Il se serait passé ce que l’homme fabule quand il s’agit de Dieu et qui le pousse, selon les cas à s’aplatir ou à se révolter. Heureusement que Jésus, le Messie, Celui qui avait Dieu pour Père ne s’est pas sauvé lui-même ! Heureusement qu’il n’a pas voulu échapper à l’affrontement avec l’homme, et qu’il a accepté le combat de l’Amour livré contre la haine. Car, à cause de ce combat, notre rapport à Dieu en a été changé. Dieu n’est pas ce qu’en pensait et trop souvent en pense encore, l’homme. Il n’attend pas de l’homme une activité servile mais le développement d’une relation où l’amour est premier. Heureusement que l’Élu (Lc 23, 35) n’a pas écouté la voix des tentateurs répercutée dans l’évangile de Luc du début à la fin (Lc 4, 1-13) ! Le pouvait-il d’ailleurs ? Car ce qui se jouait n’était rien d’autre que la révélation de l’authentique identité de Dieu. Révélation qui devait aller jusqu’à ce que l’homme, malgré ses réticences et ses mauvais coups bas, finisse pas reconnaître qu’en cet homme, Jésus Dieu, l’amour était  Roi.

 En Dieu, l’amour est Roi !

Dans un premier temps n’est-ce pas trop fort pour l’homme de le saisir ainsi ? Jésus n’avait rien qui fusse condamnable, Pilate le reconnaît. Mais qu’il prétende que Dieu soit à sa ressemblance s’avère intolérable. Dieu ne peut être bon, c’est le verdict de l’homme! Jésus, qui le proclamait, a été condamné. Il est mort sans échapper à la croix, car en se laissant faire, il confirmait que ce qu’il disait est vrai.

 Il ne s’est pas sauvé !

Ne nous acharnons pas sur Dieu, nous n’aurons pas le dernier mot. Il aime et nous pourrons vouloir lui faire tout le mal dont nous sommes capables, il ne fléchira pas dans son amour pour nous. Il l’a montré en restant sur la croix. Peut-être est-ce horripilant, mais acceptons que Dieu soit tel qu’il s’est montré. Il ne s’évadera pas du combat engagé avec l’homme afin que l’amour soit.

Sauve-toi toi-même…

Non.

L’amour triomphera.

Sauve-toi, toi-même…

Ou : sauve-moi ?

 

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« Ensemencement…!  » 18 novembre 2007 - 33° dim. du temps ordinaire C

 

Evangile : Lc 21, 5-19 Bouleversements et persécutions annoncent le jour du Seigneur

 

N’est-il pas dommageable de ne prendre qu’une partie du chapitre vingt-et-un de Luc, alors que les versets s’enchaînent pour donner une vision heurtée de la situation du monde dans lequel pourtant, depuis la mort du Christ, un germe se développe que rien ne pourra empêcher  d’être et de vouloir grandir.

Rien !

Voici notre assurance qui nous vient de Jésus, le Christ, semence enfouie en notre humanité. La quantité impressionnante de catastrophes qui, siècles après siècles, ont déferlé sur la terre et qui sont tout autant observables aujourd’hui, n’a pas pu et ne pourra pas réduire ce germe qui est victoire du Christ sur la mort par l’Amour. Guerres et soulèvements, famines, épidémies, faits terrifiants (Lc 21, 2-11) auxquels il faut ajouter, à cause de Lui, le raffinement des persécutions et procès en tout genre, sans parler des dénonciations et délations au cœur même des familles jusqu’à la condamnation à mort, ne peuvent ébranler la conviction qu’un autre ferment, plus fort que la haine, travaille le monde, et transformera l’immense pâte humaine. Cependant toutes ces convulsions du passé se produiront encore jusqu’à la croissance définitive de notre humanité travaillée par la vie du Christ, le Fils du Père, qui entraîne le monde dans sa filiation. Jésus de Nazareth, l’artisan de la paix, qui s’est laissé conduire jusqu’à l’abattoir sans maudire, a lancé la vraie révolution. L’Homme, l’Humanité, homme et femme, ne peut plus se passer de Lui, non parce qu’il se serait rendu extérieurement indispensable et se serait attaché l’humain en le rendant dépendant, mais parce que l’humain qu’il a réalisé est celui de l’Homme accompli et donc de l’Homme à accomplir.

l’Humain accompli ?

La force, qui pousse l’homme à se dépasser pour atteindre un bonheur qu’il projette en avant, croisera un jour nécessairement l’humanité réalisée par le Christ. Mais cette rencontre nécessaire, difficile à accepter, souvent repoussée, provoquera des rebellions jusqu’à ce que l’expérience accumulée d’une humanité en quête d’elle-même, accueille finalement son être de Celui qui l’a déjà réalisé et ensemencé en notre terre humaine. L’humanité avance, plus ou moins accordée au Christ de l’évangile, en vivant les misères que tout le monde connaît, sans apporter toujours des réponses adéquates pour que chaque être humain puisse mieux se réaliser, mais en cherchant à le faire. Les cataclysmes en tout genre, famines et épidémies, tremblements de terre et raz de marées sont autant de phénomènes qui sans être complètement maîtrisés dans leurs effets peuvent être régulés par le génie humain et la volonté de bâtir une humanité solidaire.

Le Christ, graine tombée en terre !

Ce germe grandit à l’intérieur des hommes et des femmes et selon leur participation. Les réticences sont grandes car le nom du Christ fait encore trop peur. N’a-t-il pas effrayé ceux qui l’ont condamné ? Est-ce parce qu’il demande à chacun de retourner sa vie pour vivre selon Lui ? Mais quoi qu’il en soit des refus ou des hésitations, l’homme n’atteindra sa véritable taille qu’en passant par le Christ, quand il aura enfin endossé tout le comportement du Christ.

Le Christ vous fait-il peur ?

On parle d’exigences trop fortes… Peut-être la crainte de perdre une partie de son « moi », petit et grand à la fois, pour accepter d’être avec l’autre, ni trop haut, ni trop bas, simplement en tenue de service ? L’exigence d’une vie décalquée sur le Christ peut sembler éloignée de ce que l’on voudrait, elle n’en est pas moins pourtant le modèle que l’ensemencement et la germination du Christ en nous, donnera de réaliser. Le Christ est en germination sur la terre des hommes en chaque individu. On en voit quelques résultats partiels comme en des spécimen, chez certains hommes ou femmes qui, expérimentant qu’ils sont aimés de Lui, ont aimé comme Lui. Le résultat total et final, on l’attendra encore jusqu’au moment où toute l’humanité aura été, en Lui, enfin transfigurée.

D’ici-là, nous savons qu’en ce monde aux innombrables misères, aux inépuisables questions, aux belles réalisations, quelqu’un est à l’œuvre, Jésus Christ qui travaille et façonne par l’Esprit, l’humanité qui en Lui, deviendra Fils du Père.

En faut-il davantage pour situer nos vies dans le monde d’aujourd’hui ?

« Ensemencement », nous dit ce qui se passe, Lui et moi et nous en croissance ! Longue patience d’une germination !

Foi en l’ensemencement du Christ !

 

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« Avec Lui… ! » 11 novembre 2007 - 32° dimanche du temps ordinaire C

 

Evangile : Lc 20, 27-38 Les morts ressusciteront (brève : 27...38)

 

Toutes sortes d’idées peuvent traverser l’esprit, à propos de la résurrection. On peut se demander comment on est là-bas si tant est qu’à la mort on aille quelque part. On peut aussi n’avoir aucune idée sur ce sujet et s’en tenir sans broncher, au fait que tout s’arrête à un moment donné et que descendu dans la tombe on n’en remonte pas. On peut également imaginer…, mais comment pourrait-on décrire avec les mots et les images d’ici ce qui se passera quand la mort, que personne ne maîtrise, sera passée par là ? Il y a, entre ici et là-bas, une rupture de temps et de forme qui empêche notre esprit, programmé afin d’appréhender ce qui est dans ce monde, de discerner les choses de l’au-delà. L’imagination s’essaye à saisir l’impossible mais peut elle vraiment sortir de ce qu’elle imagine ? En fait, il n’y a rien qui puisse décrire maintenant ce qui se passe quand des humains trépassent. Alors pourquoi, comme le font les chrétiens, parler de la résurrection, d’une victoire de la vie sur la mort ? Est-ce un désir profond de vouloir subsister qui face au non-sens du décès, entretiendrait l’idée, sans pouvoir la fonder, que l’homme perdurerait au-delà de la mort ? L’existence de l’homme pourtant si prometteuse pourrait-elle sans plus, aller vers le néant ? Une question se pose, que chacun doit résoudre en présence d’un mort ou d’un enterrement.

Les uns essaient réponse…Les autres ne cherchent pas…

Et les chrétiens proclament qu’il y a résurrection…Pourquoi ?

Ont-ils, plus que les autres, des raisons de le faire ? Et que disent-ils vraiment quand ils proclament leur foi ? Ils ne voient pas plus loin par leur entendement que ce que voient les autres. Ils n’ont pas une super vue qui les renseignerait sur ce qu’il y a là-bas. Alors pourquoi affirment-ils ce qui ne se voit pas ?

Pourquoi ?

Surtout, ils font confiance, ils expérimentent, ils croient en s’appuyant sur la façon de vivre du Christ, que l’amour ne meurt pas. Car ils ont découverts mais de façon intense, absolue, qu’ils sont aimés de Dieu et peuvent aimer comme lui en « sacrifiant » leur vie., disons plutôt, en la donnant.

Amour-résurrection ?

Déjà, c’est l’argument utilisé par Jésus pour répondre à la question du groupe des Sadducéens. Si Dieu est Dieu, comme ils le croient, si Dieu, comme c’est le cas dans l’Histoire du Peuple, s’est fait le compagnon d’Abraham, d’Isaac, de Jacob,  et si tous ces hommes n’ont vécu que pour Lui (Lc 20, 38) alors, comment penser un seul instant que Dieu, au moment de la mort, ne les relève pas, ne les prenne pas avec lui au-delà du trépas qui atteint tout le monde, sauf Lui évidemment, encore qu’en Jésus-Christ, Dieu lui-même, la mort fera son œuvre, sans détruire l’Amour dont il donna la preuve. Ce Dieu qui à travers une relation humaine s’est révélé fidèle à l’Alliance conclue avec les patriarches et constamment maintenue, ne sauverait-il pas sa propre relation au-delà de la mort ?

Résurrection et Dieu. ! Mais de quel Dieu ? De Celui qui crée l’homme et qui se donne à lui ?

La résurrection à laquelle croient les chrétiens est un fruit de l’Amour. Et l’Amour qui fait vivre toutes les amours humaines, déjà perçu dans l’Ancien Testament, trouve en Jésus-Christ sa manifestation plénière. L’amour, en lui, le Christ, a pris un tour jusque-là inédit. En cet homme qui a donné sa vie, librement, l’amour pur nous fut manifesté. Pur de tout retour sur soi, pur de toute haine et de tout intérêt, pur parce que ne voulant que la plénitude de l’autre en offrant par sa vie et sa mort le moyen véritable de goûter au bonheur par le chemin du don comme il l’a pratiqué. Cet amour que le Christ porte à l’humanité en sa totalité, a fait vivre et fait vivre encore beaucoup d’hommes et de femmes qui s’engagent à sa suite. Cet amour est plus fort que la mort puisque la mort donnée, ne l’a pas étouffé, supprimé, englouti à jamais.

Amour-Résurrection.

Le lien doit être fait de cette façon-là. Croire en la résurrection, ce n’est pas raisonner pour s’en persuader, c’est se savoir aimé et expérimenter que l’amour ne passera jamais. Celui qui m’aime et qui me l’a montré, Dieu, me gardera en lui, car l’amour qui me crée me fera nécessairement subsister. Aimer quelqu’un, n’est-ce pas le susciter et proclamer que la mort ne l’engloutira pas ? L’amour que je perçois dans la vie de Jésus, Seigneur et Fils du Père, offert à tous les êtres, fait naître l’Espérance d’être un jour « avec Lui ».                                                       

Avec Lui, c’est vivre ressuscité !

L’Amour suscite la Vie maintenant

pour tous et pour toujours.

 

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« Reçois-le… ! » 4 novembre 2007 - 31° dimanche du temps ordinaire C

 

Evangile : Lc 19, 1-10 Zachée : la conversion d'un riche

C’est une invitation, vous l’avez bien compris, inspirée par l’expérience de Zachée. Et de qui s’agit-il ? De Dieu évidemment ! Évidemment vraiment  ? Recevoir Dieu chez soi est-il si simple que cela ? Notre expérience, peut-être, nous fait croire le contraire. On a tant dit de choses sur Dieu et son contraire, que personne ne se sent assez digne pour penser vivre avec Lui. Dieu comment l’atteindre ? Tous nos étirements, spirituels s’entend, n’y parviennent même pas. Lui semble toujours au-delà. 

Reçois-le… !

 Dans notre rapport à Dieu quelque chose ne va pas. On passe toute une vie en pratiquant au mieux et, comme résultat, pas de grands changements. Toujours les mêmes questions, les mêmes impressions, toujours le sentiment que l’on n’avance pas. On peut dire que la chose se comprend, car Dieu est tellement grand qu’il n’est pas étonnant que nous, gens limités, nous ne l’approchions pas. On nous dit bien et même, nous le tenons fermement pour vrai, que Dieu s’est incarné, qu’il s’est donc rapproché mais au terme de notre propre expérience, le résultat est là que Dieu ne se voit pas, ne se sent pas et que d’une certaine façon nous sommes toujours en manque.

 Est-il si loin que cela ?

 Zachée eut de la chance. Il ne s’y attendait pas. Aucune préparation n’avait précédé ce qui allait se passer. Du haut du sycomore où il était monté pour plus de commodité, il voulait voir Celui, Jésus, dont on parlait. Il l’a vu en effet. Et les répercussions en lui ont dépassé ce qu’il aurait pu imaginer. Lui, un publicain et même un chef des collecteurs d’impôts, s’entend interpeller par le rabbi qu’il voyait. Était-il en état de s’approcher de lui ? Lui le pécheur, le réprouvé, dont il est inutile de répéter ce que déjà l’on sait, pouvait-il accepter d’héberger sous son toit cet homme de Galilée qui étonnait et finalement ne laissait personne indifférent.

 Reçois-le…!

Et pourquoi pas ? Cet homme dont nous croyons qu’il est Dieu a demandé lui-même de devenir l’ami de ce pécheur public. Les murmures des autres disent assez que ce n’est pas normal. (Lc 19, 7). Que si Jésus savait, il ne le ferait pas. (Lc 7, 39). Et pourtant si, il le fait ! Et d’ailleurs comment ce pourrait-il qu’il en soit autrement. Aucun homme n’est juste dans son rapport à Dieu, si Dieu ne le justifie pas (Lc 18, 14). Dieu en Jésus Christ invite le percepteur Zachée à lui offrir l’hospitalité. Impensable et pourtant vrai ! Dieu n’attend pas de l’homme qu’il soit rendu parfait pour venir demeurer sous son toit, car si Dieu l’attendait, jamais il n’y aurait cette possibilité. Être au niveau de Dieu, fut-il homme en Jésus Christ, ne relève d’aucune force humaine. Aussi que reste-t-il d’autre à faire que de le recevoir quand il s’invite à demeurer chez nous ? Zachée n’était pas vraiment digne et pourtant Dieu s’est invité chez lui. Le publicain du Temple se frappait la poitrine en demandant pitié (Lc 18, 13), l’aveugle sur la route en faisait tout autant (Lc 18, 39) et le Centurion suppliant pour l’esclave malade reconnaissait qu’il n’était vraiment pas digne de recevoir Jésus chez lui. (Lc 7, 6). Zachée réagit autrement. Il ne s’accuse pas d’un manque de dignité, mais c’est tout rempli de joie qu’il accueille le Seigneur (Lc 19, 6) et qu’il offre immédiatement la moitié de ses biens aux gens nécessiteux en même temps que le quadruple remboursement à tous les gens lésés par ses prélèvements exagérés. Dieu est-il donc si proche ?

Mendie-t-il encore chez nous l’hébergement ?

 Le recevoir…!

Voilà l’effet produit…Que puis-je faire pour Dieu ? Bien vouloir l’héberger ?

N’est-ce pas le plus vrai ?

Reçois-le !

 

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« Justifié ? » 28 octobre 2007 - 30° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 18, 9-14 Parabole du pharisien et du publicain

Il est bon de savoir comment Dieu nous regarde. Sinon, nous pourrions nous faire des idées sur sa façon de voir et nous tromper nous-mêmes sur ce qu’il faut penser de notre façon d’être. Sommes-nous bien au fait de la vraie relation qui seule ouvre la à vie et porte l’avenir ? Avons-nous bien compris que le pharisien, tout vertueux qu’il soit, ne reçoit pas de Dieu la justification, que d’ailleurs il ne désirait pas, alors que la reçoit l’homme corrompu qui faisait de sa vie une entreprise d’argent avec peut-être bien d’autres choses peu reluisantes encore ?

L’avons-nous bien compris ?

Peut-être pas tant que cela ! Car il est tout de même un peu fort d’entendre parler un Dieu qui paraît faire de tels choix. En effet, oser justifier un grossier publicain et, si l’on peut dire, répudier un « juste » pharisien, relève presque d’un manque de bon sens. Car toute personne sait, plus ou moins, au fond d’elle même, que la vertu est bonne et le vice un défaut. D’ailleurs quoi que l’on nous en dise dans cet évangile, nous préférons l’homme à la vie plutôt stricte à celle de celui qui vit sans foi ni lois. Nous sommes ainsi faits que, pour tout un chacun, c’est la vertu qui prime, même si on ne la pratique guère et que son contraire suscite le rejet même s’il colore beaucoup notre comportement. Mais voilà, Dieu n’est pas comme cela. Face à la vertu qui se tient devant lui, fière et bien remplie de toute sa suffisance, Dieu préfère s’approcher du pécheur qui a besoin de Lui. Il faut bien sûr se demander pourquoi, car il ne faut pas non plus aller jusqu’à penser que Dieu se complairait à voir l’homme humilié par son comportement et demander sa grâce. Non, tout n’est pas bon pour l’homme, et les égarements qui en font une loque sont plus critiquables  qu’un bon comportement qui permet de marcher en avançant plus droit. Pourtant Dieu, selon ce qu’on entend dans l’évangile d’aujourd’hui, justifie le « voleur » et rejette l’honnête homme qui avance droitement. Comment sortir de ce dilemme et nous situer à bon escient ? Demandons-nous peut-être ce que « justifié » veut dire ? Le publicain, dont les écarts de vie ont été énoncés par le pharisien lui-même (Lc 18, ), s’en retourne chez lui justifié et l’autre pas.

Alors pourquoi ? Justifié, qu’est-ce que cela veut dire ?

Nous avons entendu le publicain reconnaître son péché et appeler sur lui toute la pitié de Dieu. N’en faudrait-il pas plus pour devenir un juste ? « O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » (Lc 18, 13). Ce qui est sûr, c’est que le publicain n’exprime rien de plus. Mais, malgré tout, « plus » que nous ne le pensons. Certes il ne suffit pas de prononcer cette phrase comme si elle n’exprimait pas un véritable aveu. Car, est-il possible de confesser que je suis un pécheur sans le penser vraiment ? Dieu entend celui qui se connaît et qui se reconnaît en manque par rapport à Lui, car dans cette béance il peut alors se glisser et réaliser avec l’homme ce pourquoi, Lui et nous, sommes faits :  entrer en communion et ne plus se quitter. « Justifié » c’est donc s’être ajusté sur le désir de Dieu qui veut se communiquer tout en exprimant nous-mêmes notre désir profond qui est de communier. L’autre, le pharisien dont l’être se suffit de la vertu, ne connaîtra pas la joie d’une vie de communion puisque son vis-a-vis est la Loi qui règle sa conduite et que s’il parle d’amour il n’en envisage d’autre que celui qu’il se porte. Dieu ne peut que regarder alors cette surface lisse qui ne le regarde pas, puisqu’en parlant à Dieu « elle » se regarde soi-même. Non ajusté à Dieu et évitant de l’être, l’autosatisfaction fait que l’homme pharisien s’enferme  en ne voyant au dehors que ce qui ne lui ressemble pas, comme ce publicain, dont il fait le portrait pour mieux s’en écarter.

Justifié !

Celui qui l’a été n’est pas celui qu’on pense, mais on a fini par comprendre que c’est la communion qui rend un homme bon et qu’elle ne devient réelle et totale que lorsque l’être humain se laisse ouvrir à Dieu quel que soit sa vertu, car il n’est de remède à sa cupidité que d’être aimé et d’aimer lui aussi.

La vertu ne peut justifier.

La communion en Dieu, seule, fait de l’homme un juste. Justifié ?

Enfin bien ajusté….

 

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« Prier…? » 21 octobre 2007 - 29° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 18, 1-8 Parabole de la veuve qui demandait justice

 

Nous ne parviendrons pas à recevoir de Dieu ce qu’il veut nous donner si nous ne nous mettons pas à la plus juste place dans notre rapport à Lui. Prenant l’exemple de la veuve qui harcèle le juge jusqu’à ce qu’elle obtienne que lui soit fait justice, Jésus laisse entendre qu’il faut savoir prier sans jamais s’arrêter. Et que si le juge inique acquiesce à la demande, même sans enthousiasme, à fortiori, Dieu donne sûrement notre bien quand nous le demandons. Et même s’il paraît que le temps est bien long de cette satisfaction, il faut pourtant continuer à se tourner vers lui en  insistant sans se lasser. La veuve démunie qui obtient la justice d’un juge de la terre, lui-même sans justice, est, par son insistance, notre référence pour obtenir de Dieu, Juge du ciel et de la terre, notre Père, ce qu’il promet d’accorder comme le vrai bien que par ailleurs il est le seul à pouvoir nous donner.

Prier instamment donc !

Désirer, aspirer à, comme un élan de l’être vers Celui, la source de la vie, que le Christ nous présente comme son Père et notre Père désireux du meilleur pour combler ses enfants. Mais  parler de  meilleur cela veut dire quoi ? Laissons donc maintenant la veuve de côté. Elle est venue chercher une justice (humaine) contre ses ennemis, et demandons-nous un peu quel bien nous est promis car la relation à Dieu diffère grandement de celle qui s’établit entre gens de la terre. Il serait, par exemple difficile d’affirmer que Dieu interviendrait, comme le fait le juge de notre parabole, pour régler les différents, faire aboutir les procès qui éclatent entre gens d’ici bas. Il n’est pas possible de transposer sans un ajustement, la relation de la veuve et du juge dans notre relation avec Dieu notre Père. Ce qu’il faut en garder c’est l’insistante prière afin d’obtenir sans se décourager non ce que d’abord nous souhaiterions recevoir mais ce qu’il veut en toute justice nous donner.

Et que veut-il ?

Venons-en donc à ce qui est essentiel et qui est énoncé dans les versets en amont de la petite parabole. Dans ces versets d’avant (Lc 17, 20-37), Jésus, le Seigneur,  évoque sa venue, se présentant lui-même comme le fils de l’homme en lien avec ce que les juifs attendent : l’instauration du royaume. Les pharisiens d’abord ont posé la question : « Quand donc vient le Règne de Dieu ? » (Lc 17, 20). Et les disciples ont renchéri : « Où donc, Seigneur (apparaîtra-t-il)? (Lc 17, 37). Par rapport à cette annonce du Règne et aux questions posées à son sujet, Jésus invite à prier sans se décourager. La venue du royaume peut paraître bien longue. Dieu ne tiendrait-il pas sa promesse ? Telle est la tentation qui guette chaque disciple : ne plus espérer que le royaume vienne en notre humanité. N’est-ce pas que ce Royaume, c’est à dire, Dieu lui-même lorsqu’il sera tout en tous, dépend également de notre transformation ? Le royaume n’est pas un don venu comme de l’extérieur qui ne toucherait pas à nos façons de faire. Il est plutôt « montée » en l’homme de la « forme » de Dieu telle qu’elle est révélée en Jésus, le Christ, le Fils du Père. Il est avènement de Dieu à l’intérieur de notre humanité. Il est l’humanité transfigurée par Dieu. Si le Christ est venu parmi nous comme porteur du royaume c’est pour qu’Il  advienne en nous, que nous nous réalisions en le laissant grandir et devenir notre être. Ce lent travail de conversion de l’homme se réalise à la vitesse de notre bon vouloir. Dieu en Jésus-Christ a dit ce qu’il veut nous donner et l’a montré en Christ. Nous voici maintenant invités à nous mettre à la tâche en nous ouvrant (prière) constamment au travail de l’Esprit qui peut donner forme christique à nos vies. Prier, alors prend tout son sens, désirer et s’ouvrir à l’acte de croissance que Dieu pourra enfin faire aboutir en moi. Ne cherchons pas ailleurs le sens de la parabole. Mais comprenons aussi ce que veut dire : « Lorsque le fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 17, 37). Car l’avènement  du royaume dépend de notre décision de nous vouloir en Christ ou pas…

Prier…Que Dieu devienne moi !

Que nous soyons en Lui.

Prier…!

 

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"Revenir... !" 14 octobre 2007 - 28° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 17, 11-19 Guéri de sa lèpre, un Samaritain rend gloire à Dieu

 

Revenons-nous vers le Christ autant qu’il le faudrait ou nous laissons-nous aller « à tout vent de doctrines » (Eph 4, 14) comme le disait saint Paul. Dieu est tellement insaisissable pour notre comprenette qu’il est possible, à son sujet, de penser et de dire bien des choses qui ne sont pas pleinement accordées à notre foi chrétienne. Ne suffit-il pas d’un article, d’un livre, d’un scoop sorti de la tête de quelques amateurs pour perturber notre croyance ? Alors, il faut revenir au Christ, le prendre et le reprendre comme référence exclusive de notre relation à Dieu et aux autres, être convaincu que nous ne trouverons qu’en lui la Parole juste sur Dieu appelé Père et désigné comme notre Père. Actuellement ne sommes-nous pas égarés en quelques démarches qui, loin de nous rapprocher du Christ, nous en écarteraient plutôt ?

Revenir au Christ !

Revenir, faire demi-tour, changer de cap, se tourner vers…autant d’expressions par lesquelles on désigne la conversion. En ce dimanche opérons encore ce demi tour… si nécessaire, au sens de s’il en est besoin et ou, au sens de tellement capital.

Vers… le Seigneur véritable !

Où s’en vont les dix lépreux venus implorer du Christ la guérison de leur lèpre ? Ils exécutent l’ordre donné par Celui-ci. Ils vont se montrer aux prêtres, les seuls habilités à constater une guérison et à autoriser la réintégration d’anciens lépreux dans la communauté. Même le Samaritain suit ce chemin, lui qui pourtant, compte tenu du contentieux entre juifs et Samaritains, ne peut pas fréquenter le Temple. Tous les dix vont vers le même lieu, solidaires dans cette démarche comme ils l’étaient dans leur maladie. Mais vont-ils vers Dieu ou s’en éloignent-ils ? Probablement aucun ne se pose la question. En effet, aller au Temple, n’est-ce pas aller vers le lieu par excellence,  de la présence, du savoir et de l’adoration de Dieu ?

Le Temple de Jérusalem, lieu sacré par excellence ?

Où investissons-nous notre foi, en qui, en quoi ? Où faut-il l’investir ? Le Samaritain, lépreux guéri va nous l’indiquer. Voulons-nous bien l’entendre ? Son comportement nous interpelle, son demi-tour nous sollicite. Il allait donc vers le Temple et s’il avait continué, il aurait peut-être comme les autres poursuivi sa vie en bonne santé, mais sans faire la découverte capitale qui vient de retourner sa vie. Il aurait continué à vivre indemne de lèpre et peut-être en bon dévot du Temple mais sans être sauvé. Or il n’a pas poursuivi sa route vers le Temple. Il a, en quelque sorte, désobéi extérieurement au Christ en se pliant sans doute intérieurement à ce qui lui est apparu comme préférable, comme plus vrai. Il allait vers Dieu et, en faisant demi-tour, il rencontre Dieu. La guérison ne pouvait être attribuée qu’à Dieu et c’est bien à lui qu’elle va l’être, mais pas à Celui auquel jusque là on s’adressait ou plus exactement, à Celui auquel on s’adressait, mais qui maintenant se montre en un visage d’homme. Le Samaritain, venu au Christ pour implorer sa guérison et qui se rendait au Temple pour une action de grâce, revient dans la louange, rempli d’acclamations vers le Christ aux pieds duquel il se prosterne en signe d’adoration. (Lc 17, 15-16). Ce qui s’est passé en lui nous restera caché, mais l’illumination fut grande pour interrompre ce qui était pourtant l’acte le plus grand prévu en pareil cas, et pour revenir vers le Christ au lieu de monter au Temple. Seul le Samaritain s’est conduit de cette façon. Sa foi l’a sauvé. (Lc 17, 19). Et les autres aussi guéris de la lèpre, ne le sont-ils pas ? A chacun d’en juger en méditant pour lui le texte d’aujourd’hui, en saisissant l’importance de la place du Christ et du retour vers lui !

Du Temple quel qu’il soit, ou du Christ :Quel est celui que je privilégie ?

Serait-il temps pour moi, comme pour

le Samaritain, de « revenir »

au bon endroit ?

 

 

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"A l’aide… ! "  7 octobre 2007 - 27° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 17, 5-10 La puissance de la foi - L'humilité dans le service

 

A l’aide ! ou « Seigneur augmente en nous la foi », n’est-ce pas un même appel ? Les apôtres ressentent un manque. Celui-ci serait-il provoqué par ce qu’ils viennent d’entendre de la bouche du Christ ? Leur appel intervient, en effet, après les propos du Seigneur sur le devoir de pardonner au frère aussi souvent que celui-ci le réclamera (Lc 17, 3 b) ; ainsi qu’après l’avertissement sur les inévitables causes de chute qui seront pour leur auteur une catastrophe pire que sa propre mort. (Lc 17, 1-3) Dés lors les apôtres se sentent-ils trop faibles pour prendre le relais que leur confie le maître puisqu’ils sont ses envoyés ? Il est vrai que, déjà un peu plus en amont, les apôtres ont reçu plusieurs enseignements sur l’argent présenté comme l’ennemi numéro un de toute l’humanité. (Lc 16 9-13) et (Lc 16, 19-31). Et comme les hommes religieux, pas plus que ceux qui ne le sont pas, n’échappent pas aux charmes trompeurs de l’argent séducteur, les apôtres peuvent bien se sentir en danger. Il est aussi bon d’ajouter que Jésus par deux fois a déjà annoncé sa passion (Lc 9, 22; 43b) et qu’il est sur le point de l’annoncer encore pour la troisième et dernière fois (Lc 18, 31). Les apôtres, les « envoyés » du Christ, vont donc devoir assumer maintenant la lourde charge de vivre comme le maître et d’affronter en eux et autour d’eux, les puissances du monde. On peut comprendre dès lors, leur impromptue demande à l’aide : « Seigneur augmente en nous la foi ».

La foi ?

Nous en est-il dit un peu plus sur elle ? Souvent comme les apôtres nous pensons en manquer et face aux rigueurs du monde en être bien dépourvu. Car comment faire avancer la cause de l’humanité, cette nécessaire ressemblance avec le Christ unique évangile, alors que tant de forces se liguent contre les caractéristiques du royaume ? Nous-mêmes, à notre tour, ne crions-nous pas à l’aide ?

A l’aide !

Pour répondre à la prière de ses apôtres, Jésus construit une courte parabole. Il les prend à parti : « Lequel d’entre vous », et leur propose de s’identifier d’abord au maître puis ensuite à se situer comme le serviteur actif et docile qui a réalisé ce qui lui avait été commandé. (Lc 17, 7-10) Dès lors, la quantité de foi a-t-elle quelque chose à voir avec la suite du Christ ? Jésus ne semble guère s’en préoccuper. Avec peu de foi ne dit-il pas que l’on peut faire des merveilles ? Grosse comme un grain de sénevé, comme une tête d’épingle, elle suffit amplement à transporter la vie là où se développe encore la mort (traduction de l’arbre qui se jetterait dans la mer…) « La foi, si vous en avez gros…(Lc 17, 6) est bien suffisante… Face aux tâches qui attendent les apôtres, comme face à celles qui nous incombent, nous, ses disciples d’aujourd’hui, la quantité de foi ne veut pas dire grand-chose, mais ce qui nous est donné de croire importe  bien davantage.

Qu’est-ce que la foi ?

Non pas vraiment une capacité à soulever des montagnes par les seuls battements d’une âme très croyante, mais, comme dit le Christ, elle est la reconnaissance de notre statut de serviteurs, quand tout ce qui a été commandé a été réalisé » (Lc 17, 10)

La foi ?

Agir comme le Christ commande, laissant ensuite à l’Esprit le soin de rendre fructueux le travail accompli. Dans ce passage évangélique «  foi » et « serviteur quelconque » ne vont-ils pas de pair ? La foi donne le vrai statut du disciple. Puisque le Christ envoie, nous sommes ses apôtres; et s’il est le maître qui s’est fait serviteur sans avoir beaucoup engrangé de succès, ne devons-nous pas être comme lui serviteurs ? Les apôtres appelaient à l’aide. Ils ont maintenant la réponse. Si la tâche est immense et les résultats peu repérables, qu’ils ne soient pourtant soucieux que de faire ce qu’ils doivent faire, comme de bons serviteurs. Ne doivent-ils pas œuvrer, selon un mot d’Ignace, comme si tout dépendait d’eux et croire fermement que tout dépend de Dieu.

Augmente en nous la foi !

Voici la réponse apportée par le Christ :

A l’aide !

Soyez tout simplement serviteurs !

Merci Seigneur !

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" Elle suffit... ! "  30 septembre 2007 - 26° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 16, 19-31 Parabole du riche et de Lazare

Comment rater sa vie … pensant la réussir ? La parabole du riche et du pauvre Lazare en donne un aperçu. Comment en effet ? La réponse est assez explicite. Regardez l’homme riche tout habillé de pourpre et qui, chaque jour, s’empiffre de repas savoureux. Son monde, pourtant clôs sur lui-même, n’est-il pas l’idéal auquel chacun aspire plus ou moins consciemment ? Vivre dans l’opulence, n’est-ce pas mieux que de croupir par terre avec pour compagnon un chien, à l’époque animal détestable, venu lécher les plaies ? Qui ne répondrait oui ? Pourtant, à poursuivre l’histoire, ne voit-on pas ce riche malheureux ? La richesse, depuis la nuit des temps, enferme celui qui la possède. Elle l’enferme, en lui faisant accroire que les choses qu’il possède sont source de bonheur. Or, ne crée-t-elle pas entre lui et les autres un fossé dont il n’a pas conscience, qu’il est sa propre tombe ? Elle obscurcit le regard et sclérose le cœur. Le pauvre qui est là, couché devant la porte, le riche ne le voit pas. Il est trop haut d’ailleurs pour croiser son regard. En menant cette vie qui tourne autour de lui, le riche est-il heureux ? Sans doute le croit-il, ne pensant même pas qu’il en soit autrement, puisque l’idée couramment partagée est que le bonheur s’accroît avec ce qu’on possède. Il est, cependant, tout aussi vrai que le bonheur échappe au pauvre qui n’a rien. Il ne suffirait pas d’interchanger les places pour trouver le bonheur. Le riche n’est pas heureux, le pauvre ne l’est pas. Le bonheur se situe autrement, ni d’abord dans l’avoir ou le manque, mais dans la relation.

La relation !

Entre le riche et le pauvre Lazare, aucune relation. Un portail les sépare, un fossé les éloigne. Pourquoi ? Des miettes auraient suffi à nourrir l’affamé, mais il ne les reçoit pas. Le riche ne le voit pas, nous l’avons déjà dit.  

L’argent obscurcit le regard.

Jésus adresse cette parabole à tous les pharisiens qui ricanent en l’entendant disserter sur l’argent. (Lc 16, 14-15) Peut-être pensent-ils que posséder des biens, signifie bénédiction de Dieu ? Jésus, qui ne possède rien, détrompe son auditoire. Dieu prend parti pour le pauvre quand, au  moment de la mort alors que l’homme n’a plus de prise sur sa propre vie, les anges l’emportent auprès de lui. (Lc 16, 22) Et le manque de biens qui caractérisaient le pauvre fait ressortir maintenant la carence du riche : son manque de vraie relation. Comment rater sa vie, la chose vient d’être dite : en étant riche et clôs sur soi. Comment être averti avant qu’il soit trop tard ? (Lc 16, 26) La solution proposée par le riche n’est bonne qu’en apparence : Envoyer chez les hommes un mort qui, fort de son expérience, révèlerait où est le vrai bonheur ? ( Lc 16, 27-31)  Même un mort qui ressusciterait ne parviendrait pas à convaincre. (Lc 16, 30-31) Car, déjà, nous avons tout pour savoir ce qu’il nous reste à faire : La Parole. 

 Comment rater sa vie ?

Le riche nous répond.

 Comment la réussir ?

La Parole suffit…

 

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« Gérant… ? »  23 septembre 2007 - 25° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 16, 1-13 L'argent trompeur (brève : 10-13)

Après les trois paraboles sur l’angoisse de Dieu quand des humains se perdent, Jésus, toujours sur la route qui mène à Jérusalem met en garde ses disciples sur le danger qui menace leur vie. Le fils cadet (Lc 15,12-14) n’avait-il pas, pensant réaliser sa vie, réclamé tous ses biens pour en jouir à sa guise ? L’argent avec sa majuscule, ou ce qu’il représente, serait-il le danger qui guette les disciples ? Il est, nous le savons, capable de mobiliser toute une vie d’homme. Il fait faire des bêtises et quelque fois crée de drôles de situation, comme celle de ce gérant, héros de la parabole, licencié par son maître pour mauvaise gestion. Jésus, qui en fabrique l’histoire, le montre très habile. En effet après avoir gaspillé la fortune du maître, il trouve un stratagème pour se tirer d’affaire.

L’astuce paie !

En compromettant les endettés du maître, il s’assure d’un secours qu’ils ne pourront lui refuser. En les incitant à inscrire eux-mêmes une diminution de leurs dettes, il les « oblige » à lui venir en aide. On ne peut qu’admirer comme le fait le Christ, l’astuce du gérant qui, finalement, se conduit comme un propriétaire. Il use des biens du maître pour son profit personnel. L’argent, les biens donne cette illusion d’être et de pouvoir. Et cela marche un temps sans durer très longtemps et sans donner à l’homme son accomplissement. Attention, dit le Christ aux disciples qui le suivent, ne vous laissez pas prendre au mirage de l’argent. Si la situation, les circonstances font que vous en possédez, vous n’en êtes pas le maître, pas le propriétaire, mais le dépositaire. On peut en dire autant des autres biens ou talents cultivés par soi-même avec l’aide des autres, mais qui n’en sont pas moins des biens qu’on a reçus. Ce que je suis et ce que je possède,  tout en étant de moi, ne m’appartiennent pas complètement. J’en suis dépositaire pour une bonne gestion au service des autres. Travailler dans ce sens, ne pas penser qu’à soi, est gage d’avenir, car la vraie vie, c’est cela. C’est le don, le partage au terme d’un travail qui fait fructifier les qualités, les talents qu’on ne se donne pas mais qui sont déjà là, prêts à être exploités. Le vrai but de la vie n’est-il pas que tout être humain soit heureux et non seulement que je le sois, moi ?

La vie est partage, don…

Le Christ le sait qui s’en va se donner, sans aucune autre richesse que celle de la vérité et de l’amitié qui naît avec ses disciples. Ceux-ci, qui lui emboîtent le pas, doivent garder en vue le vrai lieu de la vie. Comme le Christ, qu’ils gèrent bien la vie qu’ils reçoivent de lui, ainsi qu’il a géré celle reçue du Père. L’astuce du gérant doit leur servir d’exemple, non pour développer leur profit personnel, mais pour travailler sans répit à construire le royaume, l’humanité réconciliée en Christ, pour qu’ils reprennent à leur compte le comportement du Christ qui, pour toute richesse, n’avait que le don de sa vie. L’Argent avec sa majuscule pourrait-il être l’obstacle primordial ? L’Argent et ce qu’il représente, le « ne penser qu’à soi » !

Qu’à soi !

Là est bien le dilemme entre pour soi et pour les autres, en ressemblance à Dieu, entre gérant et propriétaire.

Ce que j’ai m’est donné pour le faire fructifier, non pour moi seulement, mais pour le partager. L’escroc de l’évangile n’avait pensé qu’à lui. Son astuce remarquable, était mal orientée. Peut-être le tire-t-elle d’un certain embarras mais elle ne peut réaliser ce qu’il en attendait, être heureux dans des relations vraies. Ceux qu’il s’est attaché astucieusement comme amis, ne le sont pas vraiment.

Gérant ou propriétaire ?

Quel mot reflète-t-il le mieux notre façon d’être ?

Selon le cas, nous serons ressemblants au Christ ou pas ….

 

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" Voir juste... ! "  16 septembre 2007 - 24° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 15, 1-32 Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) : la joie du pardon (brève : 1-10)

 

L’homme ne voit pas juste, quand il s’agit de Dieu ! Il a l’idée de Dieu, elle ne le quitte pas, mais ne sait pas qui il est exactement. Avec bonne intention, il peut organiser une vie de préceptes mais, le moment venu, ne pas « Le » reconnaître. Nous connaissons ce cas que Jésus nous présente. Des pharisiens le voient fréquenter les pécheurs, ceux qui, loin d’être comme eux, vivent en marge et ne pratiquent pas, et ils  s’en étonnent. Comment l’homme Jésus, qui par ailleurs impressionne, peut-il « s’acoquiner » avec des gens spirituellement malades ? (Lc 15, 2) L’idée qu’ils ont de Dieu ne s’y retrouve pas . Dieu ne peut pas selon eux, fréquenter, encore moins préférer les pécheurs à eux. Cette attitude du Christ que, nous, nous confessons Dieu*, déroute la conception ordinaire de Dieu. Ceux qui marchent hors du sentier prévu par le tracé des hommes religieux ne peuvent pas avoir accès à la bonté de Dieu, ne peuvent trouver grâce face à la justice de Dieu. Pour les personnes strictes, pour qui Dieu est très grand, puissant, omnipotent, très exigeant, la chose va de soi : pécheurs de tous calibres n’ont pas accès à lui. De même pour ces derniers dont le regard sur Dieu n’est guère différent, il va aussi de soi, qu’ils sont des rejetés de Dieu. Puisqu’ils ne pratiquent pas les préceptes rédigés par les hommes religieux et qu’ils ne partagent pas leur vision du monde et de l’humanité, ils n’imaginent pas pouvoir être agréés par Dieu.

Voir juste… !

Pourtant que nous dit aujourd’hui l’évangile ? Que la grandeur de Dieu est d’aimer sans mesure et que de cet amour absolu personne n’est exclu, à moins qu’il ne le veuille de façon consciente et volontaire. Le Christ est Dieu en acte en notre humanité. A l’instar du berger qui aime son troupeau, il recherche aussitôt la brebis égarée. Toute la passion de Dieu pour l’homme transparaît dans les trois paraboles. En effet, avec beaucoup d’audace, Jésus compare à celle de Dieu la fébrilité d’un homme qui tout à coup a perdu ce qu’il chérissait. Un homme ou une femme, berger ou ménagère dont une pièce de monnaie s’est elle aussi égarée. N’est-ce pas à bien noter pour notre image de Dieu ? Celui-ci se conduit envers nous avec la même intensité que nous-mêmes éprouvons quand nous venons de perdre une chose, un bien, quelqu’un qui nous était très cher. Ce sentiment douloureux qui creuse un vide en nous, jésus, et donc Dieu, l’éprouve également avec intensité envers tous, jusqu’à ce que chacun enfin naisse à sa joie.

Voir juste !

Les pécheurs, pourtant destinataires selon le Christ de l’attention amoureuse de Dieu, ont du mal à comprendre qu’ils soient pour Dieu aimables. Mais quand ils le perçoivent, leur vie est retournée, transformée. Les cas dans l’évangile ne sont-ils pas éloquents et nombreux ? Les pharisiens comme le fils aîné (Lc 15, 1 et 25) sont invités instamment à partager  la même joie de Dieu. Mais quelque chose les bloque. Car, selon eux, Dieu ne peut pas être tel que le Christ, par sa vie, le révèle. Alors que faire ? Pour Dieu ? Attendre que l’homme religieux trop attaché à lui et à ses propres pratiques et idées, accepte que Dieu soit Dieu comme le Christ l’est.

Voir juste… !

Qui est Dieu pour nous ?

Par sa vie, le Christ nous le dit…

Que faire ?

Me laisserai-je ajuster au Christ ?

 

* Les trois paraboles (Lc 15, 1-32)…établissent un lien étroit entre le comportement de Jésus et l’attitude de Dieu. Tel est leur apport nouveau et capital…  ( Hugues Cousin « L’évangile de Luc » p 211. Bayard éd. Centurion 1993)

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"Le préférer... ! "  9 septembre 2007 - 23° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 14,25-33 La vraie sagesse, c'est de renoncer à tout pour le Christ

 

Quand le Christ exprime cette exigence, ne nous surprend-il pas ? Pour être son disciple faut-il vraiment ne préférer que lui ? Ni père, ni mère, ni femme, ni enfants ne peuvent passer avant ?

 Ne préférer que Lui ?

Portons notre attention sur cette façon de dire, car elle exprime bien le sens de l’évangile. Jésus le fait savoir dans un moment crucial. Suivi de grandes foules, il marche résolument (Lc 9, 51) vers le lieu du calvaire où il réalisera le Don parfait de soi. Ces foules qui le suivent parce qu’il est attirant, ont-elles la moindre idée du lieu où il les mène ? Probablement que non ! Aussi est-il bon qu’elles le sachent et qu’à travers elles, le sachent également ceux qui, un jour, le suivront. Ce qu’il leur dit et que nous entendons en le lisant aujourd’hui, précise ce que c’est que d’être son disciple. Non se mettre à lui courir après, en cherchant avantage à sa proximité, mais faire de notre vie le don qu’il a lui-même initié. Il ne cherche pas non plus à attirer vers lui pour se constituer une cour de dévots au milieu de laquelle, ensuite, il trônerait. Non, il demande à ceux qui le choisissent d’être vraiment disciples, de tenir jusqu’au bout comme et à la façon dont lui-même a tenu. Le préférer, lui, n’est donc pas de sa part l’effet  de son égocentrisme comme s’il recherchait à être adulé. Il n’est pas une star qui suscite des fans. Il n’a pas besoin d’être admiré pour se sentir exister comme cela arriva aux stars que l’on fabrique.

 Il est !

Ce qu’il a parcouru comme chemin de vie, il l’a parcouru seul, car jusque là inédit. Il affirmait à qui voulait l’entendre, quelle était sa pensée à propos de la Loi, du sens de l’homme pour Dieu ou le sens de Dieu pour l’homme. Il révélait ce que personne n’avait encore eu l’idée de proclamer. Et ce qu’il proclamait, il le vivait, au point qu’on s’étonnait de la grande adéquation entre son être et sa parole. C’est à ce titre qu’il revendique d’être préféré à tout autre. Il ne s’agit pas pour l’homme, d’abord, de gros efforts à faire, mais d’illumination, autrement dit de bien comprendre quelle est l’identité du Christ. Quand il revendique le droit d’être préféré, c’est parce qu’il est le chemin, la vérité, la vie… (Jn 14, 6). Pour que l’amour de l’autre, y compris des plus proches, atteigne la mesure d’un amour sans calcul, il faut le préférer, c’est-à-dire aimer comme il l’a fait. Non pas le préférer au détriment des autres, mais aimer tous les autres comme il aima et aime encore les hommes. Il n’attire pas vers lui en voulant posséder mais parce qu’il sait bien qu’il n’est d’autre chemin pour exister vraiment que de lui ressembler en se laissant transformer (en Lui) par son Esprit.

Le préférer, Lui !

De tous les comportements qui sous sont présentés pour réussir nos vies, il propose le seul qui permette d’aboutir  à notre pleine vérité, même s’il faut passer par un témoignage coûteux (porter sa croix  Lc 14, 27) et même par la perte de la vie (Lc 14, 26). Les foules qui le suivent en avaient-elles conscience ? Maintenant elles savent comme nous nous le savons. Pour être son disciple, il faut lui ressembler. Aucun homme avant lui n’avait osé le dire et encore moins le proposer. Le voici sur la route en train de précéder, il avertit que le suivre a un prix à payer, mais qu’en même temps il s’agit d’être soi pleinement réalisé.

 Vouloir le suivre ou pas ?

Quel choix ?

Prendre le temps de réfléchir….

Le préférer, Lui !

 

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"Guéri... !"   2 septembre 2007 - 22° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 14, 1...14 Pour avoir part au royaume de Dieu : choisir la dernière place, inviter les pauvres  

Un hydropique vient de l’être. Jésus, invité à un repas sabbatique par un chef pharisien, l’a rencontré et remis en santé. De cet homme nous ne saurons plus rien, car sitôt rétabli, le voici renvoyé. Nous connaissons par contre la réaction des autres, pharisiens et docteurs de la Loi. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont mécontents. Enfreindre ainsi la loi en faisant un miracle en plein jour du sabbat, ne leur plaît pas du tout. Occasionnellement, il leur arrive pourtant d’en faire autant et même s’il le faut d’intervenir pour sauver leur animal en mauvaise posture. (Lc 14, 5) Jésus donc les perturbe au point qu’ils cherchent à le faire tomber. Le malade, lui, fut guéri, mais un autre dysfonctionnement ne sclérose-t-il pas les cœurs ? Autant Jésus montre de la facilité à restaurer un corps handicapé, autant il éprouve de la difficulté à bonifier les cœurs endurcis, enfermés. L’assemblée qui l’entoure et l’observe n’est-elle pas aux prises avec la maladie ? En effet, ne serait-il pas possible de voir une progression dans la pensée du Christ entre la maladie de l’homme atteint d’hydropisie et la fermeture du cœur des pharisiens, leur incapacité à accueillir Dieu tel qu’il est ? Une autre guérison n’attend-elle pas d’être  réalisée ? Celle qui consisterait à vivre avec Dieu, en recevant de lui sa propre façon d’être plutôt que de vouloir le servir par des mesures humaines ? N’est-ce pas, en effet, le mal dont souffrent les pharisiens ? Ne pensent-ils pas qu’ils valent parce (par ce) qu’ils font et que ce qu’ils font est bien. Ne s’imaginent-ils pas combien Dieu est content de leur comportement et qu’il a de la chance de les compter parmi ses fidèles serviteurs ? Ce mal qui ferme à Dieu en pensant le servir, n’est-il pas plus terrible que les tous les autres maux ? Avec quelle facilité Jésus guérit les corps. Sans aucun artifice, d’une seule parole, il remet en santé l’homme sourd, muet, paralysé…Mais quand il s’agit de l’être, de l’âme, de ce qui nous anime, de la relation à Dieu, il ne peut que proposer. N’est-ce pas ce qu’on entend au son des paraboles ? Après la guérison du malade hydropique, voici, pour guérir pharisiens et docteurs, deux petites paraboles concernant l’une la place des invités et l’autre le type de personne à inviter. (Lc 14, 7-14)

Guérir ?

Les pharisiens ne se croient pas malades ; c’est plutôt le contraire qui leur trotte dans la tête. Pourtant c’est bien à eux que s’adresse Jésus. Ils souffrent d’hypertrophie, d’hypertrophie du «moi». Tendance bien connue et largement partagée qui empoisonne l’air des relations humaines. Pour combattre ce mal sachons trouver la place qui nous convient le mieux ou plutôt laissons nous la donner par le maître de maison qui s’avère être Dieu, car, comme on peut s’y attendre avec une parabole, le vrai sens de la réalité, dont on a fait l’histoire, se trouve dans le rapport de l’homme avec Dieu. Le comportement aux noces dépasse le bon usage qu’il faudrait observer lorsqu’on est invité. La parabole veut faire entendre qu’il faut recevoir sa place de Celui qui prépare ses noces avec l’humanité. La réalité déborde la salle du banquet  pour occuper l’espace de notre humanité et, sur la scène du monde où Dieu invite à vivre, il existe une place à recevoir de Lui. « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place car… » (Lc 14, 8-9) Sur la place du monde, ne pas se sentir maître comme font les puissants mais garder bien conscience de n’être dans l’existence que par invitation, pour une vocation. Rien n’est plus difficile que de s’en tenir là ! C’est  dire qu’il faut lutter pour écarter le mal qui gonfle notre moi. Pour être vraiment soi, il faut vivre humblement, conscient de n’être que par l’Autre et les autres.

Guérir !

Quand Jésus propose la parabole, offrant aux pharisiens un autre cheminement, il décrit son propre comportement. Ne se reçoit-il pas du Père ? Et la dernière place occupée au cours de sa vie terrestre, ne l’a-t-il pas reçue également du Père ? Quand l’homme, comme lui, se laisse mettre à sa place, alors l’on peut dire de l’homme qu’il est complètement guéri.

Guéri… ?

La seconde parabole accentue la première. L’homme bien situé, conscient que ce qu’il a lui a été donné, apprend ce qu’il faut faire, pour d’une certaine façon en faire profiter ceux qui en ont besoin. Il sort du cercle du «même au même» pour s’ouvrir «au différent». Il agit comme Dieu envers ceux qui n’ont pas, les pauvres, les exclus, ceux qui ne rendront pas, car ne possédant rien, ils ne le peuvent pas. « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni de riches voisins… Invite des pauvres, des boiteux…et tu seras heureux parce qu’ils n’ont rien à te rendre. » (Lc 14, 12-14) Mais de Dieu, il recevra en retour. Et le don que Dieu lui fera, loin d’être à consommer, sera la joie pleine d’être avec LUI, ressuscité.

Guéris ?

Des maux physiques, souvent l’avons été…

Mais du cœur trop enflé… ?

En sommes-nous guéris ?

 

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« Le salut… ? »  26 août 2007 - 21° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 13, 22-30 L'appel universel au salut et la porte étroite

Serons-nous sauvés ? Est-ce une préoccupation qui habite nos vies ? Peut-être à notre insu plus qu’il ne semble paraître. Mais qui pourrait nous renseigner de façon décisive sur notre propre salut ? Personne ? Même pas le Christ ? Quand on lui pose la question du nombre des sauvés (Lc 13, 22) Jésus ne répond pas en avançant un chiffre. Car qui pourrait dire avec certitude que quelqu’un est sauvé alors que celui-ci vit encore et qu’il doit faire sur terre les choix qui orientent sa vie ? Si le salut vient bien de Dieu et si seul Dieu peut sauver l’homme aux prises avec sa finitude, il n’en est pas moins vrai que l’homme doit choisir d’être sauvé ou pas, d’entrer dans le royaume que Jésus a vécu et prêché, de vivre avec et comme le Christ, le premier des sauvés, en même temps que le seul et unique sauveur.

Serai-je sauvé ?

La réponse, on l’entend de la part de Jésus qui invite à se battre. « Efforcez-vous d’entrer, dit-il à ses concitoyens, par la porte étroite, car beaucoup je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas. » (Lc 13, 24) « Efforcez-vous d’entrer… » une meilleure et plus juste traduction inscrirait « battez-vous pour entrer par la porte étroite. Les Juifs face à Jésus qui leur tient ces propos se doutent-ils de ce qu’il veut leur dire ? Et nous, tout en disant que nous croyons au Christ, ce qui est plus chrétien que de se dire tout simplement  croyants, avons-nous du salut une compréhension aussi précise qu’il serait souhaitable ? Est-il possible d’entrer dans le monde de Dieu, de « prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 29), sans passer par le Christ et mener, comme lui, la vie qu’il a menée ? Quand nous pensons « salut », il faut penser à Lui, qui en donnant sa vie a ouvert le chemin par où il faut passer en se laissant mener par le « passeur » qu’il est lui-même devenu. La réponse de Jésus à son concitoyen insiste sur l’engagement que chacun doit contracter pour transformer sa vie en prenant celle du Christ comme chemin de vie. Peut-être que les Juifs se sentaient rassurés sur leur propre salut parce qu’ils appartenaient au peuple élu de Dieu. Mais voici qu’il est dit, qu’aucune appartenance ne peut justifier quelqu’un de l’extérieur, s’il n’engage tout son être pour qu’il soit « christifié ». C’était vrai pour les Juifs, c’est vrai pour les Chrétiens qui ne peuvent se contenter de pratiques religieuses ou même d’œuvres pieuses, si nécessaires soient elles, pour se croire sauvés. « …alors vous vous mettrez à dire : « Nous avons mangé et bu devant toi, et c’est sur nos places que tu as enseigné » ; et il vous dira « Je ne sais d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal » (Lc 13, 26).

Battez-vous donc,

avec vous-mêmes, pour faire plier votre être jusqu’à la ressemblance du Christ, la porte étroite, mort et ressuscité. Le temps presse nous est-il dit. Il faut prendre position quand nous sommes encore capables de décider. Y aura-t-il un moment où la chose ne sera plus possible ? Prenons en compte ce verset : « Après que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, quand, restés dehors, vous commencerez à frapper à la porte en disant :  « Seigneur, ouvre-nous » et qu’il vous répondra :  « Vous je ne sais d’où vous êtes. » ? (Lc 13, 25).

Je ne sais d’où vous êtes ? Serait-ce alors le résultat d’un rendez-vous manqué ? Il faut se stimuler. Le témoignage de Paul remonte à mon esprit tel qu’il est exprimé en Ph 3, 10-12 :  « Il s’agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts…. Je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par Jésus-Christ. »

Serais-je sauvé ?

Le serons-nous ensemble ?

Qui pourra me répondre ? 

 

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"Choisir... !" 19 août 2007 - 20° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 12, 49-53 Jésus, cause de division entre les hommes

Ce verbe revient sans cesse quand il s’agit du Christ. La foi dite chrétienne, n’est pas d’abord un ensemble de dogmes ou de données morales, elle est le choix envers un homme qui s’appelle Jésus et qui fut reconnu par ceux qui l’ont choisi, comme Messie et plus encore, au sens fort du terme, comme le Fils de Dieu, bien qu’il se soit surtout présenté comme le Fils de l’Homme. Cet homme : le centre de la foi en Dieu ! Lentement les disciples ont fini par l’admettre et par le percevoir tel qu’il désirait l’être. Au même cheminement chaque être est appelé, bien qu’il soit difficile de miser toute sa vie sur lui. Nous cherchons Dieu ailleurs qu’en l’homme de Palestine, comme s’il n’était pas présent en notre monde, le véritable Fils du Père. Quand on le dit au centre de la foi des chrétiens, on n’exprime pas cependant qu’il serait Dieu tout seul. Sa référence constante au Père et son désir ardent de nous donner l’Esprit, le situe médiateur pour nous ouvrir à Dieu tel qu’il le connaît et qu’il a pour mission de nous le révéler. L’incontournable Jésus, Christ et fils du Père doit être sans condition, l’objet de notre foi.

Le choisir !

Lui ne s’impose pas, mais il se pose là avec son franc-parler et sa façon de faire qui étonnait les foules ressentant bien en lui quelqu’un d’autre qu’un rabbi, ou même qu’un prophète, sans pour autant choisir de se mettre à sa suite. Il ne s’impose pas mais provoque le choix, pour ou contre lui ; aucune échappatoire. Lui-même a choisi, en lien avec le Père et guidé par L’Esprit, d’aimer l’humanité jusqu’au bout de sa  vie. C’est ce que nous entendons aujourd’hui dans l’évangile de Luc : « Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. (Lc, 12 49) Depuis Lc 12, 51, Jésus est présenté comme celui qui avance résolument vers Jérusalem pour recevoir un baptême dont il a hâte qu’il soit réalisé. (Lc12, 50) Le Christ accomplit par lui-même l’Amour, en se donnant totalement et en maintenant ce don contre vents et marées. Mais sommes-nous bien sûrs que le Christ a aimé ? Pourtant, il veut « inoculer » à l’homme sa propre force et façon d’aimer. En apportant le feu, en nous donnant son « Esprit », c’est ce transfert de vie qu’il désire ardemment opérer. Qu’est-ce donc alors choisir le Christ sinon accueillir, en quelque sorte, ce transfert d’être, le sien vivifiant le nôtre ?

Le choisir donc !

Car en aimant comme il le fit, n’a-t-il pas accompli ou porté à pleine maturité notre nature humaine ? Voici une question qui mérite réponse ! Puisons-la à l’évangile, cette expérience de vie retraduite, grâce à l’Esprit, par ceux qui l’ont choisi jusqu’au don de leur vie. De ce choix peuvent découler alors certaines conséquences différentes de celles qu’on peut imaginer. Quand le Christ indique que le choix fait pour lui, entraîne la division, nous sommes probablement choqués. Car Christ et division ne font pas bon ménage selon nos perceptions. Il est vrai que le Christ se présente lui-même comme l’homme de la paix. « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix » prions-nous à chaque eucharistie. Mais c’est en le choisissant qu’on reçoit ce bienfait sans vivre pour autant en absence de tension. Car choisir dépend de chaque individu. Quand, dans une famille ou une société, certains choisissent le Christ et en tirent les conséquences, d’autres pensent le contraire et la dispute éclate. L’Histoire n’est-elle pas remplie de ces affrontements ? La guerre qui en découle n’est pas le fait du Christ, elle est la conséquence du  lien contracté avec lui. On peut s’interroger, pourquoi choisir le Christ est occasion de guerre ? Mais quelle que soit la réponse, on en fait le constat. Même si en ces temps-ci on prône la tolérance, la haine envers le Christ ne continue-t-elle pas de sévir dans l’espace public, de façon médiatique ? Bref, choisir le Christ, le centre de la foi en Dieu, engage l’être de ceux qui l’ont choisi. En acceptant de vivre comme le Christ, leur comportement peut susciter des différends.

Le Christ a-t-il aimé ?

Est-il l’homme accompli ?

Que répondre ?

Et quel est le bon choix ?

 

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"Faire communauté... ?" 12 août 2007 - 19° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 12, 32-48 Se tenir prêts pour le retour du Seigneur (brève : 35-40)

Impossible, le mot monte aux lèvres de qui médite aujourd’hui l’évangile de Luc. « Vendre ses biens, les distribuer en aumône pour acquérir des placements plus sûrs et un trésor au ciel » (Lc 12, 35), est-ce vraiment pensable, est-ce vraiment faisable ? Se retrouver sans rien, être dénué de tout, qui peut l’envisager à moins d’être un peu fou ? Certains, au cours des siècles, n’ont pas hésité à le faire. Mais, le caractère exceptionnel de leur démarche, ne limite-t-il pas une pratique apparemment inaccessible au plus grand nombre ? Pourtant toute personne n’est-elle pas appelée à vivre la liberté intérieure apportée par le Christ, et donc à se situer radicalement par rapport aux biens qui, de façon maligne, finissent toujours, plus ou moins, par nous ensorceler ? « Posséder » des biens ou des personnes exerce une attraction où celui qui possède ou qui cherche à le faire, en croyant être maître, vit lui-même, plus qu’il ne le pense, dans une aliénation. Le Christ et ceux qui l’ont suivi au plus près de sa vie, pour exister vraiment, pour atteindre la vraie stature d’homme, ont quitté et refusé les biens qui, en les encombrant, ne les nourrissaient pas. Tout chrétien doit-il donc passer par là ? Avec quelques nuances ou, selon quelques modalités, comment ne pas envisager pour tous une telle exigence ?

Ne rien posséder pour soi ?

Déjà dans l’évangile de dimanche passé, les derniers versets (Lc 12, 21) nous lançaient ce défi : « Non d’amasser pour soi, mais en vue uniquement de Dieu ». Cette désappropriation que, de toute façon, la mort accomplira sans notre permission, (Lc 12, 20) peut déjà librement commencer en vue d’un bien plus grand. La foi mise en Dieu absolument ouvre au bien suprême : le royaume. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné en plus » (Lc 12, 31) Et accueillir le royaume que Dieu le Père donne (Lc 12, 32) en envoyant le Fils et que lui seul peut donner, n’est-ce pas alors d’un même mouvement chercher à faire communauté ? Les hommes et les femmes qui ont marqué notre histoire ecclésiale et profane ne sont pas restés isolés : Tous ont suscité de la communauté. Et quelle est l’expérience de l’église naissante, sinon celle mentionnée par Luc dans les Actes des Apôtres. (Ac 2, 42 ; 4, 32-35 ; 5, 12-14) : être ensemble unanimes, dans la prière et la fraction du pain, le partage des biens, et l’enseignement des apôtres. Ce « modèle », qui n’a peut-être jamais complètement fonctionné, peut-il être cependant dépassé ? Ne représente-t-il pas ce qu’il faut constamment mettre en place ? Et ne s’apparente-t-il pas à ce que le Christ appelle le royaume, inchoatif encore, c’est-à-dire à l’émergence d’une « communion de personnes », grâce au Christ et en lui, qui prend forme repérable en étant radicalement opposée à ce que l’humanité sécrète quand elle est laissée à elle-même ?

Faire communauté ?

Ce que nous dit le Christ dans ces versets brûlants et qui entament notre goût du pouvoir et érodent notre désir de possession, serait-il envisageable et porteur d’humanité, s’il n’ouvrait pas à "l’autre" pour développer un partage, un échange, un don de soi, à l’image du don qui, en Dieu, s’appelle Trinité ? Quand le Christ ose inviter au dépouillement des biens, il traite du problème de chaque individu, car seul chacun peut décider de ne pas amasser pour soi, mais au-delà n’est-ce pas afin de mettre en œuvre la fraternité ?

Faire la communauté ?

Dans le monde qui développe ses propres intérêts, les disciples du Christ doivent vivre leur différence. Qu’apporterait l’Eglise si elle n’éduquait pas à la communauté ? En recevant le Christ comme le seul sauveur, lui qui est venu rassembler, chacun s’oblige à faire exister la communauté. Horizon de tout chrétien, la communauté authentifie la vraie foi, vérifie la vraie dévotion, évite toute échappatoire vers un égoïsme, un égocentrisme toujours renaissant et faussement spirituel. L’autre devient mon horizon de vie, car il me mène à l’Autre qui m’a déjà donné d’être ouvert à la réalité du frère.

Accueillir le royaume,

Vendre ses biens, se dépouiller de soi,

Faire la communauté.

Qui pourrait contester cet enchaînement de la foi…

De la foi au Christ, évidemment ?

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"Homme ... ?" 5 août 2007 - 18° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 12, 13-21 Parabole de l'homme qui amasse pour lui-même

Celui qui s’entend ainsi interpeller ne s’attendait pas à recevoir toute une parabole. Il venait à Jésus comme vers un rabbi. Il voulait obtenir un conseil juridique. Il reçoit comme une mise en demeure de bien choisir où mettre ses valeurs. Ce qu’on demande à Dieu peut manquer d’à propos. Nous le notions déjà dimanche dernier. Aujourd’hui n’en avons-nous pas l’illustration ? Dieu n’interfère pas dans nos responsabilités humaines. Il nous laisse à notre jugement pour régler nos problèmes. L’homme lésé par un frère à propos d’héritage ne recevra pas du Christ l’aide telle qu’il l’attendait. Cela peut nous choquer, d’autant plus qu’il s’agit d’injustice, mais il paraît évident que cet homme devra régler lui-même ce qui lui fait problème. Ne comptons pas sur Dieu pour faire à notre place ce qui relève de notre responsabilité. « Homme, qui m’a établi pour être votre juge ou régler vos partages ? » (Lc 12, 14) La réponse est cinglante, il nous faut bien l’entendre, pour que notre prière se laisse purifier et débouche sur l’action qu’on ne peut, ne doit pas éviter. En même temps, elle prend de la hauteur. En s’adressant à l’homme, elle règle ce cas mais ne s’en tient pas là ; elle s’adresse à l’être, à l’homme de tous les temps, à sa façon d’être, à son âme.

L’être de l’homme !

Où doit-il investir pour le réaliser ? Sur quoi doit-il parier pour le développer ? A quoi, à qui faire confiance pour n’être pas dupé ? L’homme venu trouver Jésus  s’en tenait à une revendication somme toute ordinaire, car les questions d’héritage sont fréquentes et courantes, mais il reçoit tout un développement sur ce qui vaut ou ne vaut pas pour « l’être ». L’argent en l’occurrence peut tromper celui qui en possède, selon qu’il en use de telle ou telle façon. S’il l’envisage, et n’est-ce pas courant, comme la seule sécurité pour traverser la vie, ne court-il pas le risque d’être dépossédé de soi ?  Dépossédé de soi, mais n’est-ce pas trop dire ? Cependant au terme de l’existence, que vaudrait une vie pour qui l’argent fut tout ? Comme dans la parabole, existe-t-il des gens qui ne pensent qu’à l’argent et qui bâtissent sur lui toute leur sécurité ? L’argent tient une place importante dans la vie selon évidemment l’ampleur du compte en banque, mais aussi selon notre façon de lui faire « confiance ». On peut bien amasser en vue de l’avenir, personne n’est garanti sur sa propre durée. Du jour au lendemain quelqu’un peut disparaître, qui n’aura eu le temps de jouir de ses biens. Mais qu’importe après tout, pourra-t-on dire alors, l’essentiel n’est-ce pas d’avoir abondamment pendant qu’on est vivant ? Et bien non, semble dire le Christ, l’essentiel n’est pas là. Il s’agit moins d’avoir à profusion que d’être abondamment.

Être ?

Qu’est-ce que cela veut dire ? Avoir développé une vraie connaissance de la nature humaine et de celle des choses ? Avoir élargi son âme aux dimensions des autres ? Avoir compris, en le réalisant, que la valeur d’un homme dépend de sa capacité à goûter à la vie sans se l’accaparer, à son enchantement ? Peut-être faudrait-il dire, à vivre davantage dans la reconnaissance ? Car l’homme n’est lui-même que s’il épanouit son être en ne possédant pas. La possession sclérose, qu’elle soit argent ou autre chose. Notre malheur ne vient-il pas de là, nous possédons pour être ; or, être véritablement, n’est-ce pas justement s’enrichir de toute expérience humaine à l’exception des choses ? Quel est l’homme véritable : Celui qui gère de grands biens ou celui dont la vie s’est enrichie d’une grande expérience de notre humanité ? « Humain » a dit Jésus, à l’homme qui le prenait pour un expert en droit. Humain, libère-toi en ne possédant pas pour toi. Ce genre de propos vous fait peut-être sourire ! Trop idyllique ! Qui n’a pas de « l’argent » ou ce qu’il représente, ne peut vivre longtemps ! Mais comment comprendre alors le sens de l’évangile qui  veut tout de même que nous soyons heureux ? Quand l’homme riche, selon la parabole, meurt malgré les biens qu’il avait amassés, Jésus conclut : « Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour soi, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu » (Lc 13, 21).

En vue de Dieu ?

Est-ce se déposséder de soi et de ce qui quelquefois en tient lieu, des biens plus ou moins grands ?

C’est …? En regardant sa vie chacun peut, peut-être, le trouver…

Homme ! Humain, que dis-tu de toi-même ?

Seul Dieu dilatera ta vie, s’il a la permission de pouvoir se donner..

Alors ?

 

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"Demander... ?" 29 juillet 2007 - 17° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 11, 1-13 Enseignements de Jésus sur la prière

Pourquoi ma réticence quand il s’agit de la prière de demande ? Prier en demandant me gêne. Serai-je trop orgueilleux ? Mais Dieu ne sait-t-il pas, avant toute requête, quel est mon vrai besoin ? Devrai-je lui formuler ce qu’il connaît d’avance ? N’est-ce pas lui faire injure que de vouloir lui dire ce qu’il connaît de moi ? Le Père de Jésus Christ se ferait-il prier pour accorder le bien dont ses fils ont besoin ? La parabole (Lc 11, 5-8) ne laisse-t-elle pas entendre, justement, que, si l’homme réveillé en pleine nuit, finit pas céder aux pressions de l’ami qui réclame du pain, Dieu qui est tout le contraire, sans se faire prier, donnera ce qu’il faut avant même qu’on le lui ait demandé ? Par contre, lui rendre grâce me paraît beaucoup plus convenable. Dieu donne, car constamment en lui, il n’est d’autre attitude que celle de donner. Nous recevons donc et ce, en permanence, puisque toute vie ne provient que de lui. Je te rends grâce, Seigneur, n’est-ce pas la vraie prière ? Elle est celle du psalmiste qui se reconnaissait et qui se célébrait comme la merveille que Dieu réalisait. (Ps 139 ou 138)

Demander ?

Demander m’importune. Ai-je tort ou raison ? Certes à travers la demande, il s’exprime , il est vrai, une nécessité, un manque, un besoin inhérent à notre humanité. L’homme est limité en même temps qu’assoiffé et cette béance en lui, appelle d’elle-même ce qui peut la combler. Tout être humain, et moi comme les autres, est un être en demande, mais qui déjà « reçoit » et « se reçoit», avant d’avoir pu formuler quelque demande que ce soit. Sur cette réalité de notre constitution, de notre structure humaine, s’appuie l’action de grâce. Pour le don de la vie, je te rends grâce, Seigneur !

Demander !

Derrière toute demande, il y a également une certaine façon de s’imaginer Dieu. Ne le voit-on pas, trop souvent, comme un distributeur qui, parce qu’il serait  omnipotent et bon, devrait impérativement fournir les biens que nous lui demandons, moyennant, à l’occasion, quelques signes de croix ou des génuflexions? Mais Dieu, le Père, selon le Christ, n’est pas un fournisseur de biens et de services, pliable à toutes nos revendications. Il est le Père qui, nous maintenant en vie, attend notre réponse pour une vraie communion.

La juste relation !

Selon cette relation « demander », « souhaiter » prend alors une toute autre signification. En effet, pour que s’établisse avec le Père cette relation de communion, il faut la désirer et la laisser s’instaurer. Elle ne peut s’établir que si l’homme la veut, la désire. Car si Dieu exauce toujours l’homme, avant même qu’il le lui ait demandé, il n’en est pas de même quand il s’agit de l’homme qui n’est pas toujours prêt à l’exaucement de Dieu.

Exaucer Dieu ?

Comment dire autrement le sens du Notre Père (Lc 11, 1). N’est-ce pas une demande comme pour exaucer Dieu ?  De sorte que son Nom soit reconnu par nous, que son Règne se réalise en nous et autour de nous, que sa volonté motive nos actions et qu’entre Dieu et nous s’instaure la communion. Cette demande-ci nous décentre de nous-mêmes, elle donne à Dieu sa place et, en même temps, la possibilité de nous rendre capable de le rencontrer. Vouloir que Dieu « soit » est une bonne demande qui, loin d’accaparer, nous ouvre à notre propre vérité, être avec lui toujours.

« Demander » en un sens n’est pas très convenable, car en donnant la vie, Dieu nous a tout donné et la meilleure attitude est de se réjouir. Mais la demande vaut quand il s’agit du don qu’il veut faire de lui-même et qu’il faut demander comme un oui de notre liberté, sans lequel Dieu ne pourrait se donner. De la demande souvent intéressée, qui laisse de côté la communion à Dieu, à la supplication pour que Dieu réalise son œuvre en nos vies, il y a la différence qui change complètement le sens de la demande.

Alors, demander ? Oui, mais quoi ?

Nous venons de l’entendre : Que Dieu devienne nous !

Cette demande, dans l’action de grâces,

osons la formuler.

 

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"Pour Dieu...?" 22 juillet 2007 - 16° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 10, 38-42 Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles

Que faire pour Dieu ? L’atmosphère est tendue dans la maison des sœurs. Jésus venu en hôte est cause d’un dilemme. Que faut-il faire pour lui ? Qu’attend-il, que veut-il ? Chacune croit le savoir mais de façon différente. Quand l’une s’affaire aux fourneaux, l’autre assise, écoute. Chacune pense bien faire. Quand un hôte vous arrive de la trempe du Christ, n’est-il pas convenable de bien le recevoir ? Que faire pour le Seigneur, ainsi l’appellent-elles, rien n’est trop beau pour lui de ce que l’on sait faire. Marthe l’a compris ainsi et trouve que sa sœur, pour être toute en écoute, ne participe pas assez à l’accueil festif du visiteur.

Que faire pour Dieu ?

Rien n’est trop beau, trop grand pour lui. La tendance du croyant ne va-t-elle pas en ce sens ? Le faste qu’on déploie pour rendre hommage à Dieu répond-il au souhait de ce que lui attend ? Et, le « faire », pour lui, quelque allure qu’il emprunte, est-il le bon mouvement susceptible de lui plaire ? De notre idée de Dieu dépend notre réponse. Comment le voyons-nous ? La grandeur, qui semble être la sienne, réclame-t-elle de nous ce que les grands d’ici exigent pour qu’ils soient honorés ? La scène de Béthanie, dans sa simplicité, ne manque pourtant pas elle non plus de grandeur, de celle que Dieu, sans doute, préfère à d’autres plus fastueuses.

Que veut-il, en effet ?

Pour être bien accueilli, qu’attend donc le Seigneur ? Lui qui n’a pas dédaigné de faire de bons repas, invité quelquefois par des pécheurs publics, ne souhaiterait-il que cela ? Il a besoin de pain comme tout être humain mais n’est-il pas lui-même présence et parole nourrissante ?  Marie assise aux pieds du Maître (du Seigneur) lui rend l’hommage qu’il attend. Marthe, qui, d’une certaine façon, reçoit notre approbation, aura beau rouspéter, elle n’aura pas raison.  Seigneur, ne peux-tu dire à ma sœur de m’aider ? (Lc 10, 40) Il n’en est pas question, rétorque le Seigneur, la part qu’elle a choisie est vraiment la meilleure. (Lc 10, 41b).

Que faire pour Dieu ?

Poser, chacun cette question pour notre compte, mérite une réponse. Trop d’idées peuvent nous dérouter quand il s’agit d’accomplir le meilleur envers Lui. Marthe nous représente dans ce qui, pour être important, n’est pas d’abord premier, ou la première attitude. Se démener de toutes les façons pour lui être agréable et défendre son Nom, ne remplace pas une écoute attentive de ce qu’il a dit de Lui. Marie, que fait-elle pendant que sa sœur Marthe s’afférait au service ? Elle écoutait la Parole du Seigneur ! (Lc 10, 39). Cette chose très simple ne vient pas nécessairement en premier à notre tête, tant nous croyons savoir déjà ce que Dieu,  de façon générale, attend.

L’écouter !

Pas seulement « écouter ! Cela, beaucoup le font, quand, par exemple, alors qu’ils se promènent, ils se laissent impressionner par la nature environnante et sentent se dilater tout leur être. « Écouter » est important, c’est sûr, et celui qui sait écouter vit des moments intenses qui lui apportent bien être et contentement. Mais, ici et pour tous les chrétiens, il faut aller plus loin afin de l’écouter, Lui. C’est un impératif pour bien entendre Dieu. A la transfiguration, quand la vision s’éteint, ce qui reste et s’entend, prononcé par la Voix, c’est : Ce Jésus est mon Fils, écoutez-le ! Chrétiens, que nous faut-il pour rendre un culte à Dieu ? D’abord et avant tout écouter sa Parole, qui a nom Jésus Christ. Au-delà de tout ce que l’homme imagine qui soit digne de Dieu, il y a cette attitude, toute simple : «  assise aux pieds du Seigneur, Marie écoutait sa Parole ». « Assise », belle attitude qu’il faut savoir trouver et ne pas juger trop vite comme trop décontractée.

La Parole !

Elle est la vie de l’homme, car celui-ci ne vit pas seulement de pain. (Dt 3, 8 et Lc 4,4) Elle est l’essentiel qu’il faut s’approprier. Aux femmes, qui, dans Lc 11 27, étonnées par la beauté du Christ, reportent, aussi sur sa mère, la louange qu’elle lui adresse, Jésus répond : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ». Écouter sa Parole est le plus bel hommage qu’on puisse porter au Christ; écouter aux deux sens de recevoir en soi et de réaliser. Empressons-nous de dire que, si Marie et Marthe semblent tout opposées, en fait, il n’en est rien. On ne peut lire ce passage comme une validation des états différents de moines et des laïcs, mais comme la nécessité quelque soit notre état de vivre comme chrétien dans l’écoute du seul Seigneur à écouter. Si Marie a choisi une meilleure part, celle occupée par Marthe n’est pas à négliger. Car la Parole écoutée n’est vraiment entendue que si elle porte du fruit. L’écoute de Marie devra se prolonger dans une action concrète. Loin d’être deux missions, contemplative et active, tenues par des gens différents, comme on a pu le dire, elles sont deux attitudes, l’une découlant de l’autre, inhérentes aux chrétiens qu’on pourrait appeler, « ceux ou celles » qui l’écoutent, Lui, la Parole de Dieu, le Christ et le Seigneur.

Pour Dieu ?

Que faire ?

Où en est la réponse ?

 

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"«Mon» prochain !" 15 juillet 2007 - 15° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 10, 38-42 La loi d'amour : le bon Samaritain

 

On prend vite l’habitude de vivre au possessif. Celui-ci devient vite familier pour marquer un rapport de proximité affectueuse, condescendante, d’intérêt ou pour marquer notre importance, même si la personne, la chose ou l’action en question n’est en rien une propriété personnelle. Mais, que tout converge vers soi finit par paraître normal. Ici dans l’évangile le possessif désigne le prochain. Le légiste, plus ou  moins bienveillant vis-à-vis de Jésus, lui  pose une question. Qui est « mon » prochain? » lui a-t-il demandé après avoir répondu très convenablement sur le contenu de la Loi à propos de la vie éternelle, sa préoccupation première. (Lc 10, 27)  Une drôle de question d’ailleurs, car ne sait-on pas spontanément qui est « mon » prochain ? N’est-il pas tous ceux qui nous entourent, proches par le sang, le voisinage, les relations en tout genre ? Faut-il chercher ailleurs une définition qui tombe sous les sens ? Pourtant Jésus, répondant à la question de son interlocuteur, s’efforce de bien expliciter sa réponse puisqu’il prend la peine de composer une parabole.

Qui est « mon » prochain ?

A travers le comportement des religieux du temple et du Samaritain, que veut-il nous livrer comme définition ? L’homme laissé pour mort sur le bord de la route ne fut pas secouru par le prêtre ni le lévite. Leur statut religieux les empêchait sans doute de toucher un blessé, de le considérer comme un des leurs, fut-il juif lui-même (mais rien n’est dit sur son identité !) car blessé, taché de sang, impur , il n’était plus touchable par ces deux qui respectaient la Loi. De cet homme, ils ne s’approchèrent pas,  puisque celui-ci n’appartenait pas au cercle convenable des gens qui normalement pouvaient leur  être proches. Pour le Samaritain, il n’en fut pas de même. Son propre fonctionnement était tout différent, au moins dans la parabole. Il voit un blessé et lui porte secours, sans même s’enquérir de son identité. Il se fait proche de lui et lui prodigue les soins dont son corps a besoin. Il prend l’engagement de subvenir, s’il y a lieu, aux frais supplémentaires. L’homme roué de coups était un inconnu, et il le restera, puisque l’auteur de l’évangile lui conserve l’anonymat. Mais qu’importe qui il soit, puisque le plus urgent est de le secourir. Jésus qui garde le contrôle de la relation avec l’homme de la Loi, (Lc 10, 36) arrive à lui faire dire ce qu’il nous faut retenir. Qui a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? Celui qui s’est fait proche et lui bandit les plaies. (Lc 10, 37) La réponse spécifie bien, non pas quel était le prochain du Samaritain, mais quel a été celui du voyageur attaqué.

« Mon » prochain selon notre évangile ne figure pas sur la liste que je pourrai établir de ceux qui me sont proches, mais le prochain, c’est moi-même quand je me rends proche de quiconque manifeste un besoin. Donc non pas qui est mon prochain, mais de qui je me rends proche ?

De qui suis-je le prochain ?

L’attitude d’être au centre et de regarder tout autour cède le pas à une autre attitude d’avancer, moi, vers les autres. Qui est mon prochain? devient, dans l’évangile, de qui me fais-je proche ? Est-ce un réel changement, un décentrement, une petite révolution à l’intérieur de nos relations ? S’habituer à penser, à agir, à regarder les autres non par rapport à soi mais par rapport à eux, nécessite un travail sur soi pour être proche d’eux.

« Mon » prochain est une expression fausse.

De qui dois-je me faire proche? c’est la bonne question.

La liste n’est pas limitative.

Ai-je bien compris l’évangile ?

De là dépend la vie éternelle…. (Lc. 10, 25)

 

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"Disciples... !" 8 juillet 2007 - 14° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 10, 1...20 Les soixante-douze en mission annoncent la joie du règne de Dieu (brève : 1-9)

Ceux qui prêchent le Christ ne doivent pas l’oublier, ils ne sont que disciples et ils sont envoyés. Ils doivent faire en sorte que, tout en restant eux-mêmes, ils n’existent pourtant  que par la grâce d’un autre. Qu’ils soient intelligents, doués, généreux ne les rend pas pour autant Sauveurs. Celui qui les envoie porte la Source vive et, en leur donnant d’en livrer le message, ils doivent rester, pour être efficaces, sous sa dépendance. Un envoyé n’est rien, même s’il est brillant, s’il ne garde le contact avec celui qui l’envoie.

C’est le Christ qui envoie.

Et les soixante-douze ne sont que ses disciples. Ils iront deux par deux, car à deux ils uniront leur voix pour proclamer que le royaume est proche, que donc le Christ est là. Aucun ne se prêchera lui-même; à deux ils se surveilleront, se complèteront, reportant tout au Christ de ce qu’ils diront et feront. Ils ne seront rien sans lui, surtout pas forts de sa force, pour apporter aux gens la seule bonne nouvelle qui donnera de vivre dans le sens et la paix en surmontant les peurs. Sens et paix qui ne peuvent provenir que de Celui qui, ayant su aimer, a su aussi mourir. (Lc 10, 5). L’être du Christ est la seule richesse à transmettre à nos vies. Mais « l’être » ne se laisse saisir  que si rien de factice n’embue, n’embrouille, ne distrait le regard de ceux vers qui l’on va. Ils iront démunis, livrés à leur mission sans autre préoccupation que celle de laisser grandir en eux celui qui les envoie. Pas besoin d’accumuler des vivres pour la route, ni de s’encombrer de nombreuses tuniques. Ce dont il faut pour vivre, donné au jour le jour, sera bien suffisant. Les gens touchés par le  message et qui l’accepteront sauront bien prendre en charge les envoyés du Christ qui offrent la libération. Et ceux-là recevront autant qu’il sera nécessaire pour poursuivre la mission (Lc 10, 3-4).

Disciples et démunis… !

Deux mots qui vont ensemble pour qualifier le rôle des envoyés du Christ. Trop de biens distrait sûrement du bien, du but qui doit être l’unique à poursuivre : que le regard des évangélisés ne se porte ailleurs que sur l’être du Christ. Or comment bien voir le Christ dépouillé, sans lieu où reposer la tête, sans avoir, sans titre dans l’échelle des pouvoirs, si ceux qui sont envoyés vivent à l’opposé de ce qu’il a vécu ?

Son « être » doit transparaître.

Le combat du disciple, qu’il doit mener sur lui, maintient en permanence ou même approfondit plus de simplicité. Là où est l’essentiel, là il doit résider. De désencombrements en désencombrements, de purifications en purifications, il peut mieux ne dépendre que du Christ, et donc mieux le connaître pour le communiquer.

Allez, leur dit le Christ…

A la fois vers les autres et en eux, comme entre eux, vers plus de vérité. Le Christ n’apporte rien de ces dons qu’on recherche, en vue d’être plus grand, plus beau, plus fort, plus dominant, mais donne son « être » qui rend grand, beau, fort, maître de soi et pauvre à la fois. Ceux qui n’en veulent pas, s’en priveront, tout simplement eux-mêmes. (Lc 10, 10-11). Ils passeront à côté de leur propre vérité au profit d’un clinquant appliqué sur leur vie. Leur vie, alors, vide de ce Nom, en qui la nature humaine fut pleinement accomplie. Ils refuseront le bien qui pourtant leur convient. En cela seulement sera leur punition mais combien mutilante, puisqu’ils resteront ignorants de la riche vie du Christ qui rassemble les hommes en instaurant la paix, en délivrant du mal, en triomphant de la mort.

Les disciples l’annoncent.

De ceux qui les renvoient, fermés à leur message, les disciples ont reçu la consigne de ne rien exiger, mais pour signifier qu’ils ne  voulaient rien prendre, de secouer la poussière collée à leurs souliers. A l’opposé des réactions de Jacques et Jean, qui suggéraient (cf. l’évangile de dimanche dernier) d’utiliser la force, les envoyés du Christ doivent se retirer et sans se décourager, renouveler ailleurs l’offre du Christ Sauveur, lui qui est Fils de Dieu, et qui aime les hommes, au point qu’il veut en être l’hôte, venir loger chez eux.

Christ-Disciples

Les deux marchent ensemble sur les routes humaines.

L’un s’est donné à l’autre et il se donne encore.

L’autre, tout entier, doit se donner à Lui pour mieux en témoigner.

Disciples ?

De Jésus Christ, suis-je bien un disciple…?

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"Illusion... !" 1er juillet 2007 - 13° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 9, 51-62 Suivre Jésus sans condition sur la route de la Croix

L’évangile du jour ne paraît pas sérieux. Ne réfrène-t-il pas nos plus élémentaires exigences ? En effet, n’ont-ils pas raison les deux disciples, étant donnée la considération qu’ils portent à leur maître, de vouloir corriger les Samaritains effrontés qui ont osé lui refuser l’hospitalité « Parce qu’il faisait route vers Jérusalem » ? (Lc 9, 54) Quoi de plus simple pourtant que d’implorer le ciel pour qu’il les mate, comme l’avait obtenu Élie face aux soldats d’Ochozias ? (2R 1, 10-12) Jésus, qui ne fut pas reçu, réprimanda ses disciples et sans autre procédure passa avec eux vers un autre village. Pourquoi Jésus n’utilisa  pas la force ? Incompatible avec sa mission,

Serait-elle illusion ?

Les rencontres qui suivent nous laissent aussi pantois. Pour être ami du Christ, faut-il vivre sans toit ? Suivre le Christ, pourquoi pas, mais qu’il soit bien entendu, nous dit-il, que « Le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » (Lc 8, 58) Une vie de sans domicile fixe, est-ce là l’idéal ? L’inverse n’est-il pas plus vrai ? Être bien installé, avoir pignon sur rue, posséder tant qu’on peut,  jouir d’un grand pouvoir, n’est-ce pas le souhait superficiel que chacun porte en soi ? Mais le bonheur à ce prix n’est-il pas illusoire ? Jésus de Nazareth a vécu le contraire, dans le temps assez court où il a rendu visible, en actes et en paroles, la Bonne Nouvelle du Royaume. Dans son comportement, la relation à l’autre a la plus grande place, envers son Père d’abord, ses disciples ensuite  et envers tous les humains rencontrés sur les routes, à la croisée des chemins. Il fournissait à chacun une présence vitale qui venait de son être et que les biens d’ici, si importants soient-ils pour sustenter la vie, ne peuvent pas donner.

Illusion…

Est-elle dans les biens que nous accumulons (au détriment de qui ?) ou dans ce dépouillement qui développe l’être, surtout si celui-ci s’ouvre et se laisse envahir par la façon de faire du Christ ? Ce que l’homme de Galilée a vécu, promet-il le bonheur et le suivre serait-ce le meilleur pour notre humanité ?  Le « quelqu’un » appelé par Jésus (Lc 9, 59) n’a pas compris d’emblée, qu’il n’est d’autre priorité que celle de le suivre pour annoncer le royaume, comme lui, l’a vécu ? Les activités supérieures, par exemple, le devoir de sépulture, sont cependant relatives à celle de révéler la vie, en proclamant où et en qui la vie jaillit. Mais donner au Christ une première place, serait-ce vérité ou rien d’autre qu’ illusion ? « Laisse les morts enterrer les morts (spirituels) ; pour toi, va annoncer le royaume de Dieu » (Lc 9,60). Ne reste pas prisonnier du passé ! N’est-ce pas plutôt le sens que l’on donne à la mort qui est pure illusion ? Ce que le Christ offre, n’est-ce pas une purification pour plus de vérité ?

Où est l’illusion ?

Accepter d’aller à la suite du Christ est une marche en avant pour mieux lui ressembler, qui ne s’arrêtera jamais. Nous voudrions que, sur notre bout de terre, s’instaure enfin la « paix », que nous coulions des jours  qui comblent pleinement nos désirs (ou besoins ?) Que rien ne vienne troubler un bonheur rêvé mais toujours reporté. Que le temps suspende enfin son vol pour pouvoir exister. Héla ! Ces heures tant attendues ne viennent pas vraiment. Le temps coule et le présent passé n’a jamais été aussi succulent qu’on l’aurait désiré. Pourtant quelle ingéniosité pour rendre la vie heureuse comme une éternité !

N’est-ce pas illusion ?

« Seigneur, disait encore une autre personne bien intentionnée, je te suivrai, mais permets-moi d’abord de faire mes adieux aux gens de ma maison » (Lc 9, 61) La réponse du Christ ne laisse aucun répit à celui qui promet de se mettre à sa suite. « Celui qui a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au royaume de Dieu » (Lc 9, 62). Le bonheur est devant et c’est le Christ lui-même.: « Oubliant, dit Paul, le chemin parcouru, tendu de tout mon être en avant, je cours droit vers le but pour remporter le prix attaché à l’appel de Dieu dans le Christ Jésus. » (Ph 3, 13-14)

Un tel comportement serait-il illusion ?

Le Christ, en ce passage évangélique, a décidé, malgré tout ce qu’il aura à affronter, de monter à Jérusalem où il donnera définitivement sa vie. (Lc 9, 51). La passion qui l’anime, rendre le monde aimable, le conduit, en toutes ses démarches, vers une passion à subir. Tout autant que nous autres, le Christ cherche le bonheur, le sien étant lié à celui de toute l’humanité.

Était-il dans l’erreur, plongé dans l’illusion ? Être du Christ aujourd’hui, jouer sa vie sur lui, est-ce être mal orienté ?

L’évangile d’est-il pas sérieux ?

Le monde le dit ainsi

Mais où est l’illusion ?

 

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"Étonnement !" 24 juin 2007 - 12° dimanche du temps ordinaire C

Évangile : Lc 1, 57...80

 

Il y a de quoi ! Étonné, Zacharie le fut le premier. Et comment ne pas l’être ? Alors qu’il officiait, à son tour, dans le Temple, n’a-t-il pas entendu un ange lui annoncer qu’il serait bientôt, avec Elisabeth, le père d’un enfant ? A son âge et à celui de sa femme, il n’est guère possible d’engendrer des enfants. D’autant plus que jusque là, malgré leur désir, ils n’ont pu procréer. L’annonce est donc surprenante au point que Zacharie qui n’en croit pas ses oreilles, en perd aussi la voix, sourd et muet complètement.

Que veut dire cette annonce ?

Pourtant, ce qui fut annoncé bientôt se réalise. Elisabeth, qui souffrait de ne pas avoir eu d’enfant, doit s’étonner aussi quand la chose est possible, puisque pendant cinq mois, elle-même restera cachée. (Lc 1, 24) Le Seigneur avait-il entendu sa prière et levé son opprobre ? (Lc 1, 25) L’enfant de la vieillesse est bel et bien là au ventre d’Elisabeth.

Étonnement !

Étonnement pour nous qui lisons ce récit et, à notre tour, demandons ce que cela veut dire ? Car avoir un enfant, quand il fait déjà tard, que le temps est passé de pouvoir procréer, serait-ce simplement pour faire plaisir aux parents et procurer à la mère, au moins une fois, la joie de l’enfantement ? Ne serait-ce pas oublier un peu vite, l’avenir de l’enfant qui de ses vieux parents ne pourra guère attendre grand accompagnement.

Quel sens cette naissance ?

Les proches et les voisins présents pour la circoncision, d’une certaine façon, se posent la même question. « Que sera cet enfant » disent-ils, exprimant leur surprise après ce qu’ils viennent d’entendre. Car si pour eux, la naissance d’un enfant est une bénédiction, (Lc 1, 58) même si la mère est vieille, ils ne comprirent pas, par contre, pourquoi « Jean » serait le nom de l’enfant. Étonnement pour eux, que celui-ci  ne porte pas comme son père le nom de Zacharie et qu’il ne devienne pas comme lui un officiant du Temple ?

Étonnant en effet !

Que sera cet enfant ? Quelle vocation pour lui ? « Jean : Dieu fait grâce », est-ce là le sens de sa vie ? Mais ce qui apparaît à travers ces deux événements, la naissance hors norme et le nom hors lignée, n’est-ce pas plutôt que l’enfant, tout en étant celui des parents, appartient à un autre ou tout au moins, vient d’ailleurs ? Et à travers ce cas, n’est-ce pas un sens valable pour tous les cas ? L’enfant qui naît un jour est le fils des parents mais a son origine ailleurs qu’en eux-mêmes. Tous les hommes en sont là, même si beaucoup ne veulent pas le voir et demeurent sourds et muets sur leur propre origine.

Que sera cet enfant ?

Les gens qui posent la question sont bien conscients de vivre quelque chose d’important. « La crainte s’empara de tous leurs voisins et dans la montagne de Judée tout entière, on racontait toutes ces choses. Tous ceux qui en entendirent parler, les mirent dans leur cœur » (Lc 1, 65-66) en posant justement la question. Nous pouvons maintenant y répondre mieux qu’eux, à condition peut-être de garder nous aussi les traces de l’événement accueilli avec étonnement. Jean, le plus grand des enfants des hommes (Lc 7, 28) est l’aboutissement du vieux tronc d’Abraham. Il arrive au moment où du nouveau commence. Il est là pour celui, qui déjà là aussi, n’est pas connu encore. N’est-ce pas la réponse et le sens de la venue de Jean ?

Il est là pour un autre !

L’Histoire nous l’apprend, Jean n’est rien sans le Christ ou, pour le dire autrement, il est pour lui entièrement. Ainsi il se comprend et lui-même le dit : « Il faut qu’il grandisse et que je diminue »  (Jn 3, 30) Même si Jean lui-même est pris d’étonnement en constatant que le Christ n’est pas comme il l’attend (Lc 7, 19). Mais l’étonnement n’est-il pas l’attitude normale en face des choses de la foi ? Jean, malgré son doute, gardera sa foi envers celui pour qui, en fin de compte, il est venu au monde. A travers cette histoire qui est celle de Jean, la nôtre apparaît comme lui ressemblant. Pourquoi êtes-vous nés, pourrions-nous dire chacun, en se tournant vers les autres ? Il n’est de réponse plus profonde et plus vraie, que : Pour Lui, le Christ ! Cela vous surprend-il ? Gardez ce bel étonnement et qu’il vous ouvre à Lui pour qui vous êtes faits ?

Tous faits pour le Christ, comme Jean !

Tous, exactement !

Étonnement !

 

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"Elle a osé ...!" 17 juin 2007 - 11° dimanche du temps ordinaire C

Evangile : Lc 7, 36 - 8, 3 La pécheresse pardonnée à cause de son grand amour (brève : 36-50)

C'est le moins que l’on puisse dire ! Elle a osé passer outre aux moqueries et quolibets. Revisitons la scène. Jésus, invité par Simon, un pharisien, est en train de prendre le repas. Comme à l’accoutumée, la porte est grande ouverte et quiconque peut entrer, des amis, des gens bien, venus pour saluer l’invité. Mais la femme qui entre ne fait pas partie de ceux-là. Elle est connue en ville pour sa vie dissolue. Loin d’être quelqu’un de bien, elle est une pécheresse. Simon le sait, qui s’étonne et s’étrangle en constatant le geste qui va suivre. Cette femme consciente, j’imagine, de ce que « l’on » dit sur elle, ose pourtant entrer…

Elle a osé…

Qu’est-ce qui la pousse à faire cette démarche, à affronter le regard sans pitié des hommes, qui à côté de Jésus se prennent pour des justes ? Sa vie est-elle devenue trop lourde ? Porte-t-elle un désir de vie plus vraie, plus belle ? A-t-elle été attirée par celui qui, dans toute la ville et bien au-delà, ne condamnait pas, n’excluait pas ?

Elle est là.. !

Elle ne voit personne, sinon les pieds de l’invité. Sur eux, sans rien lui demander, elle laisse couler ses larmes, les essuie avec ses cheveux et les parfume d’un  nard précieux.

Elle a osé…

Elle a osé affronter le regard justicier, elle a osé ne pas tenir compte du dire des « honnêtes » gens qui lui auraient demandé de faire pénitence avant de vouloir entrer en relation avec Dieu. Mais Dieu ne procède pas de cette façon-là. Quand le pécheur, celui ou celle qui gaspille sa vie, décide de s’approcher de Dieu, son péché lui est déjà remis. « Le grand amour qu’elle a manifesté prouve que ses nombreux péchés ont été pardonnés » (Lc 7, 47) Et Jésus d’ailleurs ne lui demande rien, n’exige rien d’autre. Il accueille la confiance que cette femme lui manifeste, et il l’assure que sa démarche amoureuse est le signe que déjà elle était pardonnée. Simon a du mal à comprendre et probablement beaucoup d’autres avec lui, que l’on possède d’ailleurs une conscience de juste ou qu’au contraire l’on se sente  réprouvé pour conduite débauchée. « Tu vois cette femme ? » (Lc 7, 44), dit Jésus à Simon. Notons bien le point d’interrogation. La voit-il telle qu’elle est ? C’est-à-dire aimée de Dieu, tout autant qu’il peut l’être lui aussi ou la regarde -t-il à travers le filtre déformant de nos façons de voir quand on croit connaître Dieu et que l’on ne le connaît pas. Par contre, le regard du Christ fait ressentir à celle qui l’aborde qu’elle est depuis toujours aimée.

Toujours aimée ?

C’est avec cette expérience qu’on peut vraiment changer de vie, qu’on peut retourner tout son être pour le laisser respirer selon la liberté de Dieu. Mais si quelqu’un préfère être grand à ses propres yeux, en pratiquant la loi seulement, comme les pharisiens, il ne percevra pas vraiment son état de péché, que seul l’amour, qui toujours le précède, peut révéler et transformer.

Tu vois cette femme ?

« Ta foi t’a sauvée : va en paix » (Lc 7, 50) dit Jésus. En se tournant vers lui elle se  croyait  aimée. « Croyait » au sens fort du terme. Elle l’était malgré toutes les apparences contraires et le rejet dont elle était l’objet. Le Christ vient de le lui confirmer. : « Tes péchés ont été pardonnés » (Lc 7,47), « Tes péchés sont pardonnés » (Lc 7, 48) Et le Christ l’envoie vivre sa vie nouvelle…

Elle a osé…

Elle a osé aller vers Dieu comme elle était.

Elle a osé « s’aimer »

Car de fait, elle l’était.

 

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Le commentaire biblique de la semaine homélie du dimanche évangile du dimanche méditation