Les commentaires 

de l'évangile du dimanche année B  2005-2006

par le Père Christian Blanc

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 18 juin 2006  Saint Sacrement B  Mc 14,12...26
 11 juin 2006  Trinité B  Mt 28,16-20
 4 juin 2006  Pentecôte B  Jn 15,26...16,15
 28 mai 2006  Ascension B  Mc 16,15-20
 21 mai 2006  6° dimanche de Pâques B  Jn 15,9-17
 14 mai 2006  5° dimanche de Pâques B  Jn 15,1-8
 7 mai 2006  4° dimanche de Pâques B  Jn 10,11-18
 30 avril 2006  3° dimanche de Pâques B  Lc 24,35-48
 23 avril 2006  2° dimanche Pâques B  Jn 20,19-31
 16 avril 2006  Dimanche de Pâques B  Mc 16,1-8
 9 avril 2006  Fête des rameaux B  Mc 14,1-15,47
 2 avril 2006  5° dimanche carême B  Jn 12,20-33
 26 mars 2006  4° dimanche carême B  Jn 3,14-21
 19 mars 2006  3° dimanche carême B  Jn 2,13-25
 12 mars 2006  2° dimanche carême B  Mc 9,2-10
 5 mars 2006  1° dimanche carême B  Mc 1,12-15
 26 février 2006  8° dimanche Année B  Mc 2,18-22
 19 février 2006  7° dimanche Année B  Mc 2,1-12
 12 février 2006  6° dimanche Année B  Mc 1,40-45
 5 février 2006  5° dimanche Année B  Mc 1,29-39
 29 janvier 2006  4° dimanche Année B  Mc 1,21-28
 22 janvier 2006  3° dimanche Année B  Mc 1,14-20
 15 janvier 2006  2° dimanche Année B  Jn 1,35-51
 8 Janvier 2006  Epiphanie du Seigneur  Mt 2,1-12
 1er janvier 2006  Sainte Marie, Mère de Dieu  Lc 2,16-21
 25 décembre 2005  Noël (évangile de la nuit)  Lc 2,1-14
 18 décembre 2005  4° dimanche Avent B  Lc 1,26-38
 11 décembre 2005  3° dimanche Avent B  Jn 1,6...28
 4 décembre 2005  2° dimanche Avent B  Mc 1,1-18
 27 novembre 2005  1er dimanche Avent B  Mc 13,33-37

Merci à www.aelf.org pour les liens Bibliques

Première lecture : Ex 24, 3-8 Conclusion solennelle de la première Alliance

Psaume : PS 115, 12... Nous partageons la coupe du salut en invoquant le nom du Seigneur

Deuxième lecture : He 9, 11-15 Le Christ nous purifie par son propre sang

 

Libre et ensemble...! 18 juin 2006, Fête du Corps et du Sang du Christ B

Evangile : Mc 14, 12...26. L’institution de l’Eucharistie, sacrement de la nouvelle Alliance

Ce soir, il faut manger la Pâque ! (Mc 14, 12) Celle célébrée par le peuple depuis qu’il a quitté l’esclavage d’Égypte, celle que s’apprête à célébrer le Christ : La nouvelle ! Les disciples sollicitent le Maître : Où, le repas pascal doit-il être préparé ? Alors le Christ leur dit « Allez… » en  indiquant le lieu où se tiendra, ce soir, le don qui nous libèrera. En effet une alliance nouvelle s’ébauche au cœur de la grande fête que célèbre le peuple. Une alliance nouvelle autant qu’universelle, naît dans l’intimité. Ils ne sont là que Douze rassemblés par le Christ mais pour le bénéfice de toute l’humanité. Un passage s’opère : de la libération d’un peuple, asservi par un autre, à celle de chaque être asservi…par… (?) pour que l’humanité devienne peuple de Dieu.

Asservi…Par… ?

Que chacun y réponde en regardant sa vie, car chacun se débat et peut-être se complaît en plusieurs esclavages. En ce soir de la Pâque, en chaque Eucharistie, c’est notre libération que le Christ accomplit. Chacun en communiant au Christ consommera sa propre ou pourra consommer sa propre libération. Mais il est important que nous cherchions de quoi nous serons libérés. Quel asservissement pèse sur notre vie ? Quelle est l’aliénation qui m’enchaîne et m’empêche d’être libre et épanoui ? Par ce genre de question la Pâque nous rejoint à l’intime de nous-mêmes. Laissons-la opérer en notre lieu profond, au lieu où s’élaborent nos propres réactions.

Donc le Christ nous libère par son action intime qui touche à toutes nos fibres, mais pas sans qu’il  en coûte quelque effort et douleur. Il fut, lui, en ce monde un homme libéré et il connaît le prix de la facture à payer. Il est la référence pour que nous vivions de liberté. C’est-à-dire exister en ce monde sans être accaparé, sans devenir la chose, le jouet, ni des choses, ni des êtres. Ne vivre aucunement l’emprise de qui que ce soit ou de quoi que ce fut sinon celle du Christ qui nous donne l’Esprit. 

Être libre !

Il est venu nous libérer !

Nous libérer du pouvoir exercé par la loi vécue comme une fin en soi. Nous libérer du pouvoir de l’argent quand, de monnaie d’échange, il devient but en soi. Nous libérer du pouvoir quel qu’il soit ! Celui que l’on exerce ou celui qu’on subit.

Il offre sa liberté.

Il fut un homme libre !

Mais qui veut l’acquérir ? La liberté suppose de ne pas asservir et de ne pas, non plus, se laisser asservir, nous venons de le dire. Mais précisons un peu : Comment je me sens libre en telle situation, face à telle personne ? Mes relations sont-elle ouvertes ou fuyantes ? Car, être libre engage à une vraie relation de personne à personne, à l’opposé, c’est clair, de tout isolement.

La Cène du Seigneur se greffe sur la Pâque et comme elle, mais plus profondément et plus réellement, déclenche et réalise notre libération. En communiant au Corps, en buvant à la Coupe, c’est notre libération que nous effectuons à l’intérieur même de toutes nos relations. Car le Christ nous libère pour mieux lui ressembler et mieux nous rassembler.

Libre et devenir son Corps !

La fête de ce jour, autrefois Fête- Dieu, aujourd’hui fête du Saint Sacrement, devrait nous stimuler surtout, afin que se réalise notre libération au point de devenir ensemble son corps en visibilité. Quelqu’un ose affirmer : « l’Eucharistie n’a pas pour but de nous donner la présence divine, mais par cette présence de nous rassembler en un seul corps. »

Comment vais-je fêter l’action libérante de Dieu ?

Quelle idole va sauter ?

Être libre et ensemble

sera-t-il concrètement le fruit, voulu, de « mon » Eucharistie, aujourd’hui ?

 

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Père, Fils, Esprit Saint ! 11 juin 2006, Fête de la Pentecôte B

Evangile : Mt 28, 16-20 Le baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit

Que vous a dit l’Esprit au temps de Pentecôte ? Avez-vous entendu ce qu’il devait vous dire ? Avez-vous retenu quelle était la Parole qui indiquait la tâche revenant à l’Esprit ? (Mc 15, 26-27 ; 16, 12-15) Vous souvenez-vous encore quelle est la vérité qu’il doit vous délivrer ? Sans l’Esprit, impossible d’entrer en connaissance du mystère de Dieu. Les paroles du Christ nous l’ont bien affirmé. Ne disaient-elles pas, en gros, ceci : L’Esprit vous fera mieux comprendre que je n’ai pu moi-même. Vous ne pouviez comprendre, il fallait que je parte. Lui vous enseignera ce qu’il connaît de Moi. Il le fera nécessairement, car l’Esprit ne peut que vouloir, livrer ma connaissance et cette connaissance vous est indispensable, elle est même vitale ?

L’Esprit est donc à l’œuvre !

Il nous montre et révèle le Fils.

Avons-nous progressé dans notre découverte ? Le Christ ressuscité nous étonne-t-il encore ? Ou, sommes-nous saturés, blasés, d’entendre parler de Lui, n’éprouvant plus le besoin de le chercher encore ? Pourrai-je dire, par exemple, ce que j’ai découvert du Christ il y a peu de temps, ou tout dernièrement ? La Parole m’aurait-elle suggéré un trait de caractère encore inaperçu ? Et dans cet évangile qui parle de baptême, qu’est-ce que je retiens, comme une nouveauté ou comme confirmation de ce qui fut déjà plus ou moins entrevu ? Serait-ce la mission que Jésus nous confie dans la continuité de celle qu’il a léguée à ses premiers disciples : Baptisez tous les peuples, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ? Faire entrer tous les hommes dans cette intimité  du Père, du Fils et de l’Esprit, de la même façon qu’on les ferait plonger dans le bain d’une eau pure pour les régénérer ?

Les hommes sont appelés à cette intimité !

Tous ?

Cependant, est-ce compréhensible de partager ainsi l’intimité de Dieu ? N’est-ce pas illusion de penser pénétrer à « l’intérieur » de Dieu, au sein des relations qui nous sont dévoilées et qui, déjà elles-mêmes, sont difficiles à penser ? Puis-je déjà partager l’intimité du Christ en lien avec son Père vivant dans l’unité d’un échange permanent que l’Esprit garantit de tout accaparement ? J’ai été baptisé, comme le Christ le dit « au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ». Je suis donc à même de vivre selon l’Esprit, l’existence du Christ en relation au Père.

Que vaut mon expérience ?

Ma vie ressemble-t-elle à l’existence du Christ ? Est-elle donnée au Père et toute préoccupée du service, pourquoi pas du salut, de nos contemporains ? Le Père est-il pour moi la source de ma vie selon que je la mène dans le moment présent, au rythme des décisions que je prends chaque jour ? C’est-à-dire, est-elle celle que je mène sur ce fond de prière : Père, j’attends, je souhaite ardemment que ton Nom soit connu, et que ton Règne vienne, et que ta Volonté soit faite sur la terre comme elle est faite au ciel …J’attends et souhaite ardemment, comme le Christ l’attendait et parce qu’il l’attendait, que l’amour infini qui l’unissait au Père soit connu et aussi reconnu comme le lieu de vie de toute l’humanité ?

En priant, méditant, le mystère de l’UN que les hommes perçoivent, semble-t-il assez spontanément, comme ce que l’on pressent premièrement sur Dieu, saurai-je découvrir que l’UN est RELATION ? Echange éternel, de fait inaccessible à nos moyens humains, qui, pourtant, nous approche par le Fils qui prit chair, tout référé au Père ; un Echange éternel qui nous engendre à sa vie par l’action de l’Esprit.

Mais laissons ouverte cette méditation….

Gardons au cœur le mouvement de l’Etre qui nous entraîne vers le Père grâce à L’Esprit qui nous identifie au Christ et nous fait exister en LUI.

Dieu… Mystère  trinitaire

« Père Fils (et toute l’humanité) Esprit »

UN !

Que faut-il en penser ?

 

 

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" Viens... ! " 4 juin 2006, Fête de la Pentecôte B

Evangile : Jn 15, 26... 16, 15 « L'Esprit de vérité vous guidera »

 

Quel autre souhait pourrait-il, en ce jour, le mieux convenir ? En cette fin de cycle du mystère pascal, n’exprime-t-il pas tout ce que l’on peut attendre ? Nous avons célébré, au rythme  liturgique, l’événement de la vie du Christ, depuis sa naissance jusqu’à son Ascension. Maintenant, durant le temps ordinaire qui commence, ne faut-il pas poursuivre la compréhension, l’intériorisation et l’assimilation, si l’on peut dire, de la vie du Christ ? Mais comment  pourrions-nous y parvenir, si nous n’étions façonnés par l’Esprit ? Le Christ n’est pas modèle, il est notre vie à venir, ce que nous devons être pour accomplir nos vies.

Viens, Esprit Saint !

Compte tenu, de ce que nous avons appris du Christ, au cours de ces mois écoulés, nous supplions, afin que l’Esprit vienne mieux imprimer en nous son visage authentique, sa véritable identité. Il n’est pas surprenant de supplier ainsi, car le Christ nous le dit, nous n’avons pas encore tout compris de ce que fut sa vie. Du moins, le disait-il ainsi, à ses disciples : « Quand il viendra, le Défenseur que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. » (Jn 15, 26) Et puis encore : « J’aurai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. » (Jn 16, 12-13)

Reconnaissons-nous, nous-mêmes, que nous ne connaissons que peu le Christ ? Que nous doutons de sa vérité ? Qu’il n’est pas du tout sûr que, pour nous, il soit le Chemin, la Vérité, la Vie ? L’Esprit vient témoigner qu’en dehors du Christ, il n’est pas de salut. Il vient pour nous convaincre de nous laisser envahir par sa vie. Il veut nous centrer complètement sur lui.

« Il rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26)

Et son témoignage est véridique, il est l’Esprit de Vérité car « ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même » (Jn 16, 13) L’Esprit ne se préoccupe pas de sa propre gloire mais de celle du Christ :

« Il me glorifiera » (Jn 16, 14)

N’existe-t-il pas un lien entre « Vérité » et  « désappropriation » de soi ? Comme le Fils ne faisait rien qu’il ne voyait faire au Père, (Jn 5, 19-20) de même, l’Esprit ne dit rien qu’il ne l’ait entendu du Christ. Celui qui ne cherche pas à se faire valoir, mais s’efforce plutôt de mettre l’autre en valeur, celui-là n’est-il pas plus à même de vivre en vérité ? Ce qui nous est révélé comme norme des relations trinitaires ne doit-il pas devenir la norme des relations humaines ?

Viens donc, Esprit de Vérité !

Suis-je prêt à l’accueillir ? A me laisser, par lui, configurer au Christ ? Je n’atteindrai le Christ qu’en le laissant agir ! Je ne passerai d’une relation d’extériorité à une relation d’intimité qu’en me laissant conduire. Mes terres desséchées ne redeviendront meubles qu’en le laissant me travailler. Mon être ne trouvera sa fécondité qu’en aspirant à recevoir la vérité. La vie de la personne humaine est une terre à cultiver, un terrain à ensemencer. En ce temps de Pentecôte, je pense, fort à propos, que seul, ou par mes propres forces, ou même avec l’aide des autres, je n’y parviendrai pas. L’Esprit doit venir à mon aide pour débloquer mon être, l’ouvrir  et le rendre plus vrai : « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu, alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair » (Gal 5, 16) Et laissez produire en vous : Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi… » (Gal. 5, 22). Soyez au Christ crucifié ! Puisque l’Esprit nous fait vivre !Laissons-nous conduire par l’Esprit ! (Gal. 5, 25)

« Viens »

Serait-il bien le mot,

qu’au temps de Pentecôte, nous voulons prononcer ?

 

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" Allez... Proclamez... " 28 mai 2006, Fête de l'Ascension B

Evangile : Mc 16, 15-20 Jésus donne ses dernières consignes aux Apôtres et monte au ciel

 

Ces verbes, en cette fête, résonnent fortement. Le Fils de Dieu, vêtu de notre humanité, retourne près du Père. Ciel et terre sont maintenant « soudés ». L’homme a fait son entrée au cœur de la vie trinitaire. Le chemin de la Vie est maintenant ouvert, la place est préparée, l’homme est invité. Les « Onze » furent choisis, invités les premiers et ils ont répondu plus ou moins comme ils ont pu. En la phase finale du ministère du Christ, ils ne semblent guère convaincus de l’expérience du Maître qui d’ailleurs leur reproche leur incrédulité. (Mc 16, 14) Mais le dessein de Dieu ne peut s’arrêter là. L’envoi du Fils par le Père, comme en dernier ressort (Mc 12, 1-6) a complètement épuisé les possibilités de Dieu, pour se faire comprendre et accepter des hommes, qui pensent tout autrement. En envoyant les « Onze » une seule question se pose :

Dieu sera-t-il connu vraiment pour ce qu’il est ?

Et l’homme comprendra-t-il pourquoi il est sur terre et ce vers quoi il va ?

Dieu, en Jésus-Christ a fait tout ce qu’il pouvait pour que les hommes s’ouvrent au sens vrai de leur vie, pour qu’ils découvrent enfin quel est leur avenir. Cette « expression » de Dieu s’est inscrite dans l’histoire de façon étonnante et tellement humaine qu’elle a posé problème. Le procédé de Dieu échappe à la compréhension des hommes, au point qu’ils cherchent ailleurs un divin plus facile, plus compréhensible, plus accessible.

Mais Dieu est Dieu !

Qui pourrait le connaître si lui ne se révèle et si l’homme n’accepte ? L’homme est devant un choix, à prendre ou à laisser !(Mc 16, 16) Les « Onze » de l’évangile doivent relever ce défi : Annoncer la nouvelle, qu’en Jésus de Nazareth, c’est Dieu qui se révèle et, qu’en dehors, de ce que fut le Christ, personne ne peut savoir ce qu’il en est de l’homme. Les « Onze » sont démunis, de nombre, de moyens et leur foi semble faible, nous l’avons déjà dit, mais comment en serait-il autrement ? Ce qu’ils doivent annoncer dépasse l’entendement et les moyens humains seront peu efficients. Heureusement le Christ pourvoira. (Mc 16, 17) Mais il faut noter que le Ressuscité les invite d’abord à un arrachement. « Allez » leur est-il dit, « quittez », commencez le voyage pour les zones inconnues, encore inexplorées du monde et de la divinité. Il leur est dit aussi « proclamez » l’évangile à toute la création, sans qu’ils aient tout compris, car Dieu en Jésus-Christ, lui-même la Bonne Nouvelle, reste toujours à découvrir.

En Jésus- Christ, Dieu est la Bonne Nouvelle !

L’avons-nous bien compris ?

Dans les mains de ces « Onze »  se trouve déposé tout le bonheur du monde. L’Ascension nous le dit : Dieu s’en remet aux hommes de leur propre bonheur, après qu’il ait lui-même, en vivant notre vie, indiqué le vrai lieu où l’homme peut exister et réaliser sa propre destinée. Disponibles, au service du Christ, « assis maintenant à la droite du Père », les disciples doivent « aller » et « proclamer » ce que l’Esprit intériorisera en eux du Christ ressuscité. Chacun reçoit le Christ et se reçoit lui-même, quand il lui est proclamé et devient à son tour celui qui doit « aller » à tout le monde entier et  « proclamer » l’évangile à toute la création. (Mc 15, 15)

Deux verbes qui résonnent en cette fête de l’Ascension !

A quel dépaysement ne nous invitent-ils pas ?

« Allez »

Sur les chemins de l’homme mêlés à ceux de Dieu, avons-nous progressé ?

« Proclamez »

Sommes-nous convaincus que la Bonne Nouvelle c’est Dieu en Jésus-Christ ?

Ces verbes résonnent-ils au plus profond de toi ?

Ne sont-ils pas les mots, peut-être les plus adéquats, du bonheur ?

 

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" Unis en Lui...! " 21 mai 2006, 6° Dimanche de Pâques B

Evangile : Jn 15, 9-17 « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

 

Le Christ est le « lieu » normal et vital de notre existence de disciples. Nous « sommes en Lui » depuis avant la création du monde (Eph. 4, 1..) mais chacun doit, à son tour, choisir de lui appartenir, de demeurer en Lui. (Jn 15, 4, 9) Un don est déjà là qu’il nous faut accueillir : notre être même, en Christ ! Il y va, ici-bas, de notre vérité et plus profondément encore de notre joie (Jn 15, 11), c’est-à-dire, de cette jubilation de l’être qui monte des profondeurs, quand l’être est ajusté à sa propre vérité. Joie qui ne dépend pas, ou du moins pas exclusivement, de conditions externes ou de l’état du corps.       

Le Christ est notre « lieu » !

 Réentendons donc l’invitation pressante de dimanche dernier : « Demeurez en moi » réitérée aujourd’hui : « Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9) et ouvrons-nous à ce qui suit. Car l’intimité avec le Christ ne s’élabore pas sans les autres. D’où, si l’on peut dire, le deuxième volet d’une même intimité : Après : « Demeurez dans mon amour » voici : « aimez-vous les uns les autres » (Jn 15, 22) Jésus, à la fois de Nazareth et le Ressuscité, s’adresse à ses disciples et les invite à s’aimer les uns les autres comme lui les a aimés et comme le Père l’aime. Le dérapage pieux pourrait s’illusionner, en pensant qu’il suffirait d’une relation priante à Jésus pour être son ami ou être l’ami de Dieu.

Il n’en est rien.

Si la vie du chrétien s’en tenait à une vie privée, donc privée de dimension effectivement communautaire, elle ne serait pas en vérité dans l’amour du Christ. Ne faut-il pas le dire et beaucoup le répéter, personne n’est chrétien, s’il ne confesse le Christ, non pas Dieu en sa généralité, et s’il n’a le souci, jusqu’à donner sa vie, de la communauté ; de s’engager à la faire exister, de l’animer par l’apport de sa vie, de l’entretenir pour qu’elle puisse durer.

N’est-ce pas le manque de vraie communauté qui ébranle l’Église ?

N’est-ce pas le défi qui nous est proposé : faire la communauté ?

Mener tout seul sa vie avec Dieu, fréquenter des endroits religieux, en ressentir apaisement, assister aux offices en se laissant bercer, vivre un moment religieux où l’être est saisi, sont autant d’expériences dont on entend parler et dont beaucoup semblent se contenter. Mais ces moments fugaces sont-ils à la hauteur du commandement du Seigneur ? Est-ce obtempérer à l’ordre qu’il adresse à ceux qui se réclament de Lui ? La communauté des disciples du Christ est une tâche impérative à réaliser. Elle n’est pas un élément adjacent qui pourrait être délaissé.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

C’est le commandement, fiché comme la croix en terre, par le Christ lui-même, au cœur de ses disciples, dont, nous le comprenons bien, ils ne pourront jamais se séparer. C’est toute une exigence et même une ascèse qu’aucune autre, si pieuse soit-elle, ne pourra remplacer. Si nous doutions encore, que la pensée du Christ puisse être mal interprétée, voici l’enchaînement qu’il nous a proposé : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (Jn 15, 9) « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). N’est-ce pas, tournés vers les frères, que nous pouvons le mieux demeurer dans le Christ ? En s’ouvrant à Lui, qui déjà nous a choisis (Jn 15, 16) comme vers le seul qui donne la vie, nous prenons la juste mesure de notre action et recevons la force d’aimer les frères qui confessent eux aussi le Christ et qui, à leur tour, doivent nous aimer pour constituer la communauté des disciples. Ce dynamisme s’est-il vraiment imprimé en nous ? Et n’est-ce pas en ce mouvement que s’expérimente la joie qui est promise ?

Essayons de nous en persuader :

« La réciprocité, qui (pour nous) est la loi de l’amour joue curieusement dans ce passage. Comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés…Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Dans ce cas, la restitution de l’amour et le contre-don, loi de tout amour, se fait toujours à destination d’un autre partenaire que celui qui a été à la source du don. La réponse de Jésus à l’amour du Père est dirigée vers les disciples. De même la réponse des disciples à l’amour de Jésus pour eux doit se porter sur leurs frères.* » Sommes-nous autant disciples du Christ que nous pourrions le penser ? A quelle communauté appartenons-nous ? Que veut dire donner sa vie pour la faire exister ? Bref, sommes-nous :

« Unis en Lui » ?

 *Alain Marchadour, L’évangile de Jean, P. 202

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"Demeurez en moi...!" 14 mai 2006, 5° Dimanche de Pâques B

Evangile : Jn 15, 1-8 La vigne et les sarments

A quelle intimité les disciples ne sont-ils pas invités ! Jésus, en faisant ses adieux, invite ses disciples à vivre très fortement unis à lui… en lui. Ils ne seront disciples que s’ils habitent le Christ qui les habite déjà. La séparation qui se profile à l’horizon, passion et mort, permettra une intensification de la relation. Le Christ qui leur parle, en langage de ressuscité, leur assure sa présence à l’intérieur d’eux-mêmes. Et il leur demande d’être présents en lui avec la même intensité, la même totalité de l’être. Leur vitalité en dépend. Prenant appui sur l’image de la vigne, il leur dit que tout sarment qui ne portera pas du fruit sera coupé et brûlé, et que même les sarments pleins de fruits seront encore émondés, purifiés pour en porter davantage. On ne peut être du Christ,  sans être dans le Christ, lui qui déjà habite en nous. On ne peut être du Christ sans laisser toute notre vie se mêler à la sienne et la sienne, déjà là en nous, envahir complètement la nôtre.

Demeurez en moi !

Le Christ nous veut en lui : « Demeurez en moi ! » dit-il. (Jn 15, 4) Le voulons-nous ? Demeurer dans le Christ nous enchante-t-il tellement ? Peut-être ne savons-nous pas ce que cela veut dire ? Peut-être imaginons-nous mieux, comme lieu de résidence ? Où habitons-nous quand nous lisons nos rêves ? Quelle est la maison convoitée que, dans notre esprit, chacun de nous construit ? Quand les premiers disciples demandaient à Jésus : « Où demeures-tu ? » (Jn 1, 38), ils avaient été invités à venir et à voir. Aujourd’hui le temps est arrivé de « demeurer en Lui. » N’ayons pas peur de nous interroger sur ce que cela veut dire : « demeurer en Lui. » Nous sentons un passage qu’il faut effectuer. Lui n’est pas nous, bien sûr, et donc habiter en lui va nous dépayser et nous désinstaller de nos façons de faire, d’aimer et de penser. Sa façon d’être, de faire, d’aimer et de penser doit circuler en nous, comme la même sève irrigue les sarments en remontant du cep. Avons-nous, quelquefois, considéré ce que pouvait signifier, demeurer dans le Christ ?

Demeurez en moi !

Avez-vous remarqué que, ce qui vient après ce premier bout de phrase, est une affirmation et non une autre invitation. En effet le Christ ne dit pas : « Demeurez en moi et que moi je puisse demeurer en vous » Non, il dit : « Demeurez en moi, comme moi je demeure en vous » . Déjà il est en nous ! Et ce qui est demandé aux disciples, donc à nous qui lisons ces lignes, c’est de demeurer en lui. Souvent notre prière va plutôt dans le sens inverse « viens, Seigneur, demeurer en nous » L’Evangile semble nous dire, cela est fait déjà ! Il habite en nous. Le Christ habite en nous. D’ailleurs, ne sommes-nous pas faits en lui de toute éternité ? (Eph 1, 3-14)  Il n’hésite pas un instant à résider chez nous. Dieu ne fuit pas l’homme. En l’homme, il est chez lui. Il est devenu homme. Mais nous, désirons-nous tant que cela, devenir Dieu comme lui. Pas Dieu à notre façon mais Dieu comme lui ?

« Demeurez en moi

comme moi je demeure en vous ! »

Voici de quoi changer notre style de relation avec Dieu, et de purifier notre façon de prier. Non pas, Seigneur, viens m’apporter bonheur, santé, prospérité ; mais aide-moi à être disponible pour demeurer en toi. Pour passer de moi à Toi !  Pour être décentré et ouvert comme toi à toute l’humanité. Pour être vivant en Toi, Jésus, le Fils de l’homme autant que Fils de Dieu, seul et unique « lieu » où l’homme s’accomplit si enfin il accepte de demeurer en Lui.

Demeurez en moi !

Quelle sera la réponse à Lui, déjà, en moi ?

 

 

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"Le seul..." ? 7 mai 2006, 4° Dimanche de Pâques B

Evangile : Jn 10, 11-18 Le Bon Pasteur se donne pour son troupeau

Parmi tous ceux qui étaient responsables religieux au temps où il vivait, n’était-il que le seul qui fut réellement vrai ? Et serait-ce la raison pour laquelle ils ont voulu le supprimer ? Jésus le bon pasteur par rapport aux chefs du peuple, faisait-il à leurs yeux figure d’usurpateur ? Qu’est-ce qui accrédite Jésus à pouvoir déclarer si solennellement qu’il est le bon pasteur, le vrai berger ? Quand il dit qui il est : « je suis le bon pasteur » vient-il supplanter ceux qui jusque là s’arrogent ce pouvoir ? L’homme peut-il trouver quand il cherche le vrai, quelqu’un en qui il puisse se fier, aussi sûr que le Christ ? Parmi ceux de son temps, parmi ceux d’aujourd’hui, parmi tous les « bergers » qui se veulent responsables de la conduite des hommes, le Christ est-il le seul sur qui on peut compter sans craindre de se laisser berner ?

Est-il le seul berger ?

Au  temps où Jean écrit, peut-être fallait-il le rappeler ! Le pouvoir dans l’Église, comme dans toute société, peut à la longue tourner à l’intérêt personnel et se laisser corrompre par le service de soi. Jésus de Nazareth apparaît-il différent, plus grand, plus vrai, plus légitimement fondé à se dire berger, et même à insister pour se faire accepter comme le seul berger ? Les autres sont multiples. Lui se veut l’Unique, mais n’est-ce pas exagéré ? Et serait-il en même temps

« l’Unique » pour toute l’humanité ?

Tout homme, où qu’il soit, quel qu’il soit, ne trouverait-il qu’en lui le guide approprié ? On se prend à rêver, en pensant à ce qu’on voit du monde, traversé de courants qui proposent aux hommes un avenir brillant, un chemin par où trouver enfin la vie, une formule sans faille qui assure d’être heureux et parmi tous ceux-la, qu’il n’y en ait qu’un qui dise la Vérité.

Tout désir ne s’accomplirait qu’en lui !

Toute promesse de vie ne pourrait être tenue que par lui !

Je suis le bon pasteur, dit-il …

Pourquoi ?

Car, contrairement aux autres qui s’érigent en meneurs, il n’attend pas des hommes qu’ils prennent soin de lui. C’est lui qui est capable de leur donner sa vie. Loin d’être un mercenaire, cherchant son intérêt, il prend parti pour les hommes qui lui sont confiés et sans hésiter donne sa vie pour eux. Ce qui se dit ici est déjà accompli. Le Christ a donné et donne encore sa vie, pour que ceux qui le choisissent, connaissent comme lui ce qu’est être vraiment homme. Sa vie sur cette terre fut une vie d’homme au plus fort de ce terme. Sa vie fut réussie. Et cette qualité de vie où l’homme est respecté dans toute sa dignité, il a reçu pouvoir de nous la transférer.

Il est berger,

par ce qu’il a vécu !

Il est le seul à pouvoir nous conduire dans la même vérité. Son expérience unique fait de lui le berger unique également. Toute l’humanité trouve en lui l’unique qui peut combler. Tous ne le savent pas. Mais toi qui le sais ou en as beaucoup entendu parler, peut-il t’être demandé :

Pour te laisser guider, as-tu bien choisi,

le seul,

qui puisse t’aider ?

 

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"Le connaître..." 30 avril 2006, 3° Dimanche de Pâques B

 

Evangile : Lc 24, 35-48 Le Christ ressuscité envoie les Apôtres en mission

 

Qui est-il ? Incessante question toujours à relancer, toujours à reposer. Pensez-vous le connaître ? Alors dites ce que vous savez. Jésus de Nazareth vous a-t-il dévoilé toute son identité ? Avez-vous l’impression de tout savoir de lui ? Êtes-vous satisfaits de ce que vous savez ?

Le Christ !

Jésus ressuscité !

Êtes-vous persuadés que seule sa connaissance peut donner à nos vies la profondeur de sens qui pourrait leur manquer ? Nos vies, totalement remplies ou par trop démunies, ne manquent-elles pas d’un plus qu’on ne trouve nulle part sur l’étal du monde ? A longueur de message le Christ s’emploie à nous le dire.

Qui suis-je selon vous, ne cesse-t-il d’interroger ?

Avez-vous bien compris qui suis-je réellement ? Me connaissez-vous bien ?

Cessons donc nos questions et une bonne fois pour toute, répondons, non !

Nous ne connaissons pas le Christ !

Certes, on nous en parle et nous parlons de lui. Nous connaissons sur lui un certain nombre de choses. Nous pouvons même dire qu’il est le Fils de Dieu, à la fois homme et Dieu, qu’il a vécu un temps, est mort crucifié, qu’il est ressuscité. On peut encore énoncer mille et une autre choses qui peuvent s’avérer vraies. Mais est-ce cela connaître en son vrai sens : d’aimer ? Sur la route d’Emmaüs, les deux disciples égarés pouvaient fournir bien des informations sur celui qui un temps les avait subjugués. Mais connaître le Christ exige davantage ! Il faut croire, lui donner notre foi ! Il faut faire confiance en tout ce qui concerne le fond de notre vie. Le tenir pour Celui qui a vaincu la mort et qui aujourd’hui comme ressuscité, partage totalement la vie du Père et de l’Esprit et fait participer, celui qui croit en lui, à cette vie de Dieu, entièrement donnée.

Lui donner notre foi !

Développer notre vie, ne compter que sur lui !

Ma vie est celle du Christ sont-elles ainsi liées ?

Quelle est la distance de la sienne à la mienne ?

Inconsciemment je sens que je ne suis pas tout donné. Que j’échappe à la foi en me recherchant moi. Que je marche avec lui côte à côte en biaisant. Que mon souci constant n’est pas de le connaître, bien qu’il me soit assez clair qu’il n’est d’autre avenir que d’être en Jésus Christ.

Le connaître : l’affaire de toute une vie !

 

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Toujours...! 23 avril 2006, 2° Dimanche de Pâques B

Evangile : Jn 20, 19-31 Apparition du Christ huit jours après Pâques

Que pensez-vous de « ce » Dieu qui, après la Passion et la mise au tombeau, vient, au soir du premier jour de la semaine, se tenir près de l’homme et lui donner la paix ? (Jn 20, 19) Comment qualifier cette histoire du Christ, Jésus de Nazareth, qui, contre vents et marées, maintient sa confession d’être le Fils de Dieu et passant par la mort infligée par les hommes, vient rencontrer les siens pour les réconforter, les apaiser, leur insuffler sa vie de Christ ressuscité (Jn 20, 24) et les faire accéder à leur pleine humanité ? Comment interpréter cette insistance à vouloir que soit su qui était vraiment Dieu au point qu’aucune menace, pas même celle de la mort, ne soit parvenue à la faire plier et qu’en ce jour de Pâques, le Crucifié ressuscité  vienne donner la paix à ceux qui, plus ou moins complices, l’avaient laissé tomber ?

Une telle attitude n’est-elle pas surprenante ?

N’est-ce pas surprenant, étonnant, pour les hommes que nous sommes, de lire et méditer dans l’évangile du jour, pareil comportement ? Cette façon de faire trouverait-elle en l’homme son enracinement ? Ne serait-ce pas plutôt en Dieu de pouvoir découvrir l’origine de cette façon d’être ? L’homme par ses propres forces serait-il capable d’un tel dépassement ? En méditant cet évangile de Pâques où la venue du Christ, déjà ressuscité, reconstruit les disciples en leur donnant la paix, quelle est donc la question que vous vous êtes posés ? Etes-vous allés jusqu’à vous demander : Quel est « ce » Dieu qui, malmené par l’homme, lui apporte la paix ? Avez-vous bien senti que nous étions, nous hommes, en face d’un geste surprenant autant que jusque là inédit ? D’avoir refusé Dieu au point de supprimer son Christ et d’en être pardonné au point de recevoir, de lui, la paix qui nous refait ?

Oui quel est « ce » Dieu ?

Continuerons-nous à le défigurer ? A lui prêter toutes sortes d’intentions plus ou moins malveillantes qu’il aurait envers l’homme ? A lui faire reproche d’être loin de nous autres, de n’être qu’indifférent au triste sort des hommes, d’être insensible au mal ? De nous avoir créés pour nous laisser tomber ? En regardant le Christ, tel qu’il est présenté par les quatre évangiles, continuerons-nous de penser que Dieu est une idée inventée par les hommes pour masquer leurs angoisses ? Quoiqu’il en soit de nos pensées, de nos sentiments révoltés, Dieu en ce Christ ressuscité nous apporte la paix. Répétons-le après la  terrible Passion, le premier mot de Pâques est :

La paix soit avec vous !

Rien, écrit saint Paul, ne peut nous séparer de l’amour que le Christ, Dieu, nous porte. (Ro 8, 35-38) Quand l’homme se rebelle, Dieu, n’est-ce pas, se laisse faire et souffre avec l’homme qui en se rebellant exprime son mal être. Mais Dieu ne cède pas à la révolte de l’homme, il ne lâche pas l’homme qui l’envoie promener, car il aime vraiment.

Thomas l’a-t-il compris, quand rencontré par le Ressuscité, après avoir voulu toucher les plaies du Crucifié, confesse le Christ en déclarant :

Mon Seigneur et mon Dieu ?

Envers et contre tout Dieu, exprimé par le Christ, aime l’homme. Amour toujours offert à quiconque, quel qu’il soit, qui veut bien l’accueillir. Méditant l’évangile, sommes-nous parvenus à nous sentir aimés ? Si ce n’est pas le cas, reprenons la lecture, peut-être que son sens a pu nous échapper, et laissons pénétrer les mots qui nous apportent Dieu. En nous donnons la paix Dieu nous dit son amour.

Dieu aime-t-il toujours ?

Toujours !

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Il vous précède...! 16 avril 2006, Dimanche de Pâques B

Evangile : Mc 16, 1-8 L’ange annonce aux femmes que le Christ est vivant

Où es-tu, toi qui maintenant lis ces lignes ? Qu’attends-tu, le sais-tu ? En ce grand jour de Pâques, le Soleil s’est-il levé dans ta propre existence ? La lumière du jour nouveau est-elle entrée chez toi pour faire vibrer ton être dans la foi ?

Pâques !

L’homme de Galilée, qui se nommait Jésus, a été libéré des puissances de mort où l’avait englouti la puissance des hommes. Sa faute, disait-on, comme condamnation, avoir voulu que Dieu soit comme lui était. Sa faute, avoir voulu que Dieu soit reconnu en ses dires, en ses gestes ; que Dieu soit identique à lui, Jésus, tel qu’il s’est comporté au contact des hommes et femmes de son temps.

La faute du Christ ?

N’être pas comme les hommes voulaient (veulent ?) concevoir Dieu ! Alors, comme croire en Dieu est chose très sérieuse, les hommes ont cru bien faire de crucifier Jésus pour qu’il ne renouvelle pas ses propres déclarations, jugées blasphématoires, car on ne voyait qu’un homme et lui disait qu’il était Fils de Dieu. La mort qui s’ensuivit, eut-elle raison de lui ? Un instant, certains hommes le crurent, d’autres le croient encore, mais…. ses disciples affligés de le voir disparaître furent bien surpris de l’entendre leur dire qu’il est ressuscité et de le reconnaître à la fois, vraiment Jésus lui-même mais dans un état différent. La vie, la courte vie publique de l’homme de Nazareth, sa façon d’être, de vivre, n’a pas sombré dans la mort. L’homme des béatitudes, heureux les pauvres de cœur, a été relevé des affres de la mort.

En s’exprimant lui-même, tout Dieu, vraiment, se révélait !

Pâques !

Qui donc est Dieu pour toi ? Avant de t’égarer, retiens un peu ton souffle. Si Dieu n’est pas pour toi comme a été Jésus, si son comportement n’est pas, selon toi, celui-là même de Dieu, pose-toi la question si vraiment tu es « croyant chrétien » ? Si vraiment  tu connais Dieu ? En se laissant persuader, au lendemain de Pâques, que leur maître, un temps mort, vivait, ressuscité, les Apôtres reconnaissent que ce qu’il a vécu, a été confirmé comme seul vrai chemin de vie. Que ce qu’il dit en s’exprimant sur Dieu, dont il se disait Fils de toute éternité, était vrai.

Le Christ crucifié est vraiment Dieu !

Et Dieu est, en son être unique, comme fut le Christ !

Si ce n’est déjà fait, secoue tes convictions, et s’il le faut, abandonne l’idée que tu te fais de Dieu.

Adore le Crucifié !

Laisse-toi pénétrer de son Esprit de Don et laisse-toi conduire jusqu’au don de toi-même… ! Quand les femmes arrivèrent au tombeau, selon l’évangile du jour, elles furent interpellées par un jeune homme, assis à droite, vêtu d’une robe blanche (Mc 16, 5) Nous comprenons, qu’il n’y a pas aujourd’hui à imaginer  qui est Dieu, car l’homme en blanc barrant de sa lumière toute quête dans l’au-delà, renvoie au Crucifié Vivant qui, dit-il, attend en Galilée ses disciples égarés, ce que d’ailleurs il le leur avait annoncé. (Mc 16, 7)

 

Lecteur de ce jour, quitte tes positions sur Dieu….!

Le Christ crucifié ressuscité te précède,

rejoins-le dans sa vérité d’homme et de vrai fils de Dieu.

Avance…!

Il te précède….!

 

 

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Jusque-là…! 9 avril 2006, Dimanche des Rameaux B

Evangile : Mc 14, 1 - 15, 47 La Passion (brève :1-39)

« On » ne cesse de se demander : pourquoi jusque-là…? Fallait-il, en effet, que Jésus de Nazareth en passe par là pour accomplir sa mission, le salut du monde ? Lui fallait-il souffrir la passion prélude à la crucifixion ? Dieu ne pouvait-il parvenir autrement à nous sortir de notre  situation d’homme aux prises avec le mal, la corruption, la haine, l’exploitation ? Ne pouvait-il intervenir plus simplement en changeant les données de notre coeur, en mettant, comme il l’avait fait prophétiser, un coeur de chair à la place de celui de pierre curieusement toujours en place ?

L’homme ne s’aime pas !

L’homme n’aime pas son semblable. L’homme n’aime  Dieu que s’il se le représente à sa ressemblance. Le mal, est-ce autre chose que le besoin d’exclure, de dominer, d’être plus fort que l’autre pour s’imposer à lui, de vouloir être soi mais au dépend des autres ? “Je suis” parce que je ne suis pas comme l’autre qui n’est pas comme moi ! Le monde d’aujourd’hui continue le même scénario, même si, dans ce monde, croît également un autre sens de l’autre. Par son incarnation, le Fils, l’Envoyé du Père, Dieu donc, est entré dans l’imbroglio de mal, tissé par chacun d’entre nous. Il est entré avec son innocence dans le marasme que nous entretenons, parce que l’homme n’entrevoit pas qu’il puisse exister un  autre type de relation. Il y est entré avec les moeurs de la nature divine, Père, Fils, Esprit-Saint qui sont tout le contraire, car l’autre se reçoit en se donnant à l’autre pour être chacun pleinement. Il y est entré avec le Don de soi qui constitue son être et il s’est heurté au -chacun pour soi- qui règle l’humanité. Dieu pouvait-il, le Fils pouvait-il, changer et emprunter nos propres façons de faire ? Entrer dans la compétition en usant de la force et en faisant plier les hommes qui ne s’aiment pas ? En les faisant plier pour qu’ils marchent du même pas, ensemble ? Vision pas si éloignée peut-être de ce qu’encore nous imaginons. Si Dieu réglait la vie avec justesse, assignant à chacun une place équivalente  et rétablissant l’ordre quand l’un ou l’autre sort de sa case, nous aurions moins de mal à nous tourner vers lui. L’homme qui reconnaît d’une certaine façon son mal à vivre ensemble serait alors, selon sa propre norme, un “assisté” plus heureux. Dieu interviendrait… et sur la terre des vivants tout irait beaucoup mieux ! Ce schéma est un rêve quelque fois activé, qui n’a pas changé l'homme, mais plutôt écrasé et qui pourtant reste sous-jacent à notre désir d’être ensemble sous la coupe de Dieu. “Malheureusement” pour l’homme qui pense ainsi, Dieu n’est pas comme cela.

Du moins pas celui révélé par Jésus-Christ !

Il veut au contraire l’homme libre, sans autre autorité que celle d’aimer, de prendre sa vie en main et de faire avec l’autre une communauté de réciprocité, de partage, basée sur l’importance, non de vivre ici sans souci, mais d’accéder ensemble à l’intimité de Dieu.

Avec ses idées-là et ses façons de faire, le Fils s’est inséré dans nos mentalités et n’étant pas accepté il a été broyé selon les vues humaines qui pensaient bien que son propos serait également enterré avec lui. L’homme qui voyait et entendait pour la première fois manifester vraiment l’amour, au vrai sens du terme, a montré, peut-être sans trop le savoir, qu’il n’en voulait pas.

Ne cherchons pas ailleurs pourquoi "le jusque-là" !

Abandonnons plutôt nos rêves adolescents d’un Dieu qui serait maître et considèrerait les hommes comme des petits enfants à pourvoir de tout bien, réglant leur vie, leur épargnant de s'assumer eux-mêmes, en contournant la liberté que pourtant il ne cesse de créer. Dieu au milieu des hommes s’est montré dans sa réalité, nous obligeant en même temps d’accepter d’être tel qu’il nous fait, ce que finalement les hommes n’avaient jusque-là jamais su vraiment.

L’aurions-nous su autrement ?

Avoir tué le Christ n’a pas tué l’amour !

Mais à l’homme qui n’a pas choisi d’aimer, le Christ offre toujours sa propre façon de vivre et qui n’a d’autre nom que “Amour-Don”

Que reste-t-il à faire ?

Approfondir encore : “pourquoi jusque-là” fut nécessaire ? Et puis nous situer et décider de vivre comme lui, dans l’Amour, qu’encore aujourd’hui, c’est là notre péché, chacun de nous rejette.

Jusque-là, Lui ? OUI

Jusque-là, Moi ?

 

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Irréversible… ! 2 avril 2006, 5° Dimanche carême B

Evangile : Jn 12, 20-33 Jésus voit arriver son heure


 Ainsi va le dessein de Dieu ! Irréversible… Il avance envers et contre tout. Contre les oppositions, les blocages, les retours en arrière que fabriquent les hommes. Il avance imperturbable…Il faut aller jusqu’au bout… Il faut que Dieu soit Dieu, que Dieu soit reconnu dans son authentique réalité, que l’homme cesse enfin de se tromper sur lui. Cette impression d’irréversibilité ressort du texte évangélique proposé aujourd’hui, mais aussi de tout ce que l’on sait de la Parole de Dieu, de cette longue histoire aboutissant au Christ, poursuivie après lui et jusqu’à son retour.

Dieu ne passe pas en force, mais il passe tout de même.

Ce qui est rejeté par les hommes, l’appel à faire alliance, finit par être accepté par les uns ou les autres, et Dieu, en son dessein, avance… L’enfant de la promesse, annoncé, attendu, accueilli ou rejeté, le Messie, finit par s’imposer d’une certaine façon, avec douceur et sans violence aucune. Aux prises avec le monde, il poursuit son chemin. Nous le voyons ainsi, quand il répond aux Grecs (Jn 12, 20) introduits par Philippe, relayé par André. Ces païens convertis, venus prier au Temple pour la fête de la Pâque, demandent à « voir » Jésus. Le moment est crucial. La mort n’est plus très loin mais elle n’arrêtera pas Jésus de Nazareth sur le chemin du don. L’heure qu’il attendait, non prévue à Cana (Jn 2, 4), est en train de sonner.

Le Fils de l’homme doit être glorifié.

On bute sur la gloire, car on la pense avec honneurs et fastes, à l’image d’un triomphe, comme une adulation envers une personne… Mais la gloire, dans la bible, est le dévoilement de ce qui, intérieurement, constitue la personne, en fait, de ce qu’est Dieu, en toute vérité. Les Grecs qui veulent voir s’auront-ils percevoir la nature du Christ ? Tout en leur répondant, c’est elle qu’il décrit. Il est fait pour la vie et la vie n’est que don. Il va donner sa vie et montrer que ce don exprime tout lui-même. Il ne peut faire autrement que de donner sa vie. Car il est ainsi fait, qu’à l’image de Dieu il ne sait rien garder. Or, cette attitude-là, les hommes la refusent. Que Dieu soit Don, pur Don, Amour ne leur convient pas. Car inconsciemment peut-être, ils se sentent appelés à se donner aussi. Mais se donner, c’est mourir, comme on le voit pour la graine qui se vide d’elle-même quand elle tombe en terre. (Jn 12, 24) Ce mode d’être de Dieu agace l’homme et le rend menaçant. Le Christ en fait les frais. Son Heure a sonné pour être condamné. Pourtant, quoiqu’il en soit, ce don de lui-même, ce don de  Dieu lui-même à l’homme, rien ne l’empêchera. Les hommes, grands-prêtres, scribes, pharisiens, nous-mêmes, chacun, pouvons bien penser l’inverse…

L’Amour qui triomphera.

« Maintenant, mon âme est troublée. Et que dire ? (Jn 12, 27) Implorer le Père pour être sauvé de cette Heure ?  Mais n’est-ce pas pour cette Heure que le Fils est venu ? Père, glorifie ton Fils ! Le don arrache à soi, génère la souffrance. Le Fils de l’homme, déjà aux prises avec les incrédules, lutte contre lui-même. Mourir ne va pas de soi ! Mais ce réflexe vital, alors que l’Heure est là, n’enrayera pas la marche du Christ qui mourra en se donnant. S’il avait accepté de n’être que le pâle reflet de la vision des hommes, plutôt que le révélateur du Père et de son être filial, il aurait dévié de son être, il se serait dénaturé.

Le Christ avance irrésistiblement, même la mort ne l’arrêtera pas.

L’engagement de Dieu à montrer qui il est, quoiqu’il en soit du temps encore nécessaire, se poursuivra. Avant le Christ, n’était-ce pas le cas ? Avec lui le même dessein a été poursuivi. Et jusqu’à sa venue, le désir de son dévoilement continuera jusqu’à ce que l’humanité accepte que Dieu soit Dieu comme lui-même le lui a montré. Bien sûr, nul ne sait le temps qu’il faudra, mais la conviction s’impose qu’un jour Dieu gagnera, c’est-à-dire règnera à sa façon à Lui, en communiquant à chacun le don de sa propre vie.

Car l’homme, malgré tout le mensonge par lequel il se laisse piéger, cherche à réaliser ce pour quoi il est fait, même si pour un temps il falsifie en s’opposant au don et en voulant garder ce qui ne subsistera pas.

Irréversiblement l’oeuvre de Dieu se fait !

L’Amour triomphera !

Crois-tu cela ?

Alors, n’attends pas !

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Incroyable...! 26 mars 2006, 4° Dimanche carême B

Evangile : Jn 3, 14-21 Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde

Le mot n’est pas trop fort pour dire une réalité très difficilement crédible. Jésus en a fait l’expérience avec Nicodème son interlocuteur, dans le même chapitre que l’évangile du jour, comme il la fera souvent en buttant sur le refus des hommes de son temps. Il n’est pas croyable, en effet, et n’est pas crû non plus, d’entendre les paroles du Christ sur l’état d’esprit de Dieu quand il s’agit de l’homme. Il n’est pas perceptible de façon spontanée d’entendre exprimer que Dieu « a tant aimé le monde » (Jn 3, 16) au point de lui donner son Fils, l’Unique bien-aimé. Un sentiment contraire est bien plus répandu que Dieu se joue de l’homme, et s’en désintéresse. Comment tenir ensemble ces deux aspects dont l’un révélé par la foi, un amour fou de Dieu avec en face un homme qui ne le sait pas, qui ne le comprend pas, ou qui ne veut pas en entendre parler ? Quelles sont les conditions qui permettraient aux hommes de percevoir, au moins partiellement, qu’il existe un amour tout spécialement pour lui qui n’attend qu’une chose, d’être enfin accueilli ? Comment se fait-il que l’existence du Christ et tout son testament n’alertent pas plus les hommes en face de la croix ? En face de cet homme crucifié sur le bois et qui fut condamné injustement non pour quelques méfaits à l’instar d’un brigand, mais parce que son comportement « bon » dévoilait simplement ce que Dieu « est » pour l’homme ?

En face de la Croix, que pense l’humanité ?

Pense-t-elle que proclamer que, dans l’homme de Nazareth, c’est Dieu subissant l’abaissement, l’humiliation, l’échec, cela n’a pas de sens ? Que ce n’est pas une façon très aidante pour l’homme de se laisser tuer comme le Christ l’a fait, sans tenter de défense ? Qu’il n’y a pas dans le geste de la Croix une vraie preuve d’amour, car après comme avant il n’y a pour l’homme guère de changement ? Que le règne de la mort se poursuit constamment, que les grands pèsent sur les petits jusqu’à l’écrasement ? Comment faire découvrir à ceux qui ne le croient pas que le fait de mourir cloué sur une croix en acceptant le verdict bien que l’on soit innocent est une preuve d’amour ? A moins que l’homme ne sache pas ce qu’est vraiment aimer ? Qu’il soit préoccupé d’abord de triompher, de réussir, d’accumuler au détriment de ce qui peut dilater, libérer, faire exister dans une relation de réciprocité ?

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils,

Ceci n’est pas croyable et pourtant véritable.

Pour admettre la chose ne faudrait-il pas que les hommes acceptent d’abord de regarder la Croix ? De se laisser redire que l’homme condamné le fut injustement par un groupe, une poignée,  mais qu’en même temps le Christ s’écroulait sous le poids du péché, généré par les hommes dont le comportement ne respecte pas l’autre ? En regardant le Christ étendu sur la croix, n’est-ce pas le péché, le nôtre qui nous est présenté, ce que l’on est capable quand on est dérangé, jusqu’où l’on peut aller quand on touche à ce que l’on croit être nos propres intérêts ?

La croix nous dit l’amour en face du péché.

Dieu s’est laissé réduire par notre méchanceté. Il a eu beau insister et montrer son dévouement pour l’homme, il n’a pas été écouté. Sa vie ne fut pas crue par la plupart des gens, même si quelques-uns se sont laissés séduire. Que Dieu soit ce qu’il dit, un amoureux de l’homme ne convainc pas l’homme qui reste persuadé qu’il n’en est pas ainsi.

Pourquoi ? En attendant cela pourquoi le monde ne le croit pas ?

Est-ce si incroyable ?

Pour nous le serait-ce aussi ?

Au sens de pas crédible ou bien d’étonnement

 face à une « vérité » que l’homme ne pourrait lui-même imaginer ?

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Attention… ! 19 mars 2006, 3° Dimanche carême B


Evangile : Jn 2, 13-25 La prophétie du Temple relevé en trois jours

Quelque chose ne marche pas dans son fonctionnement. Sur le parvis des païens, lieu accessible aux non-juifs, mais pas pour autant profane, changeurs, marchands et animaux ne sont-ils pas à leurs places ? Depuis si longtemps que les uns et les autres permettent aux pèlerins de faire leurs dévotions, y aurait-il brusquement une contestation de leur installation ? Il faut des animaux pour le service de l’autel, il faut des pièces de monnaie qui ne soient pas païennes… Les pauvres comme les riches trouvent ce qu’il leur faut…Où est le différend qui naît avec Jésus ? L’acte qu’il vient de poser est-il annonciateur d’un futur changement ? Est-ce tout simplement un geste purificateur ? Toute institution, on le sait, finit par déraper et à un certain moment il faut la redresser. Avec la geste du Temple serait-ce ce cas de figure ? Ou faut-il découvrir plus profondément les prémices d’un véritable changement ? Que faut-il penser de cette brusque colère déclenchée par Jésus ?

Attention !

Voilà le mot qu’il faut. La geste de Jésus attire l’attention. Quelque chose est en route qu’il ne faut pas manquer. Le Temple, ce bâtiment de pierre, lieu de présence divine où s’établit la relation de l’homme avec Dieu, aura bientôt fait son temps. Est-ce compréhensible ? N’est-ce pas exorbitant ? L’homme, le juif plus particulièrement, n’aurait-il plus besoin du service du Temple ? C’est bien ce qui est dit. Mais quel bouleversement !

Plus besoin du Temple ?

Ce n’est pas pour autant que la nature suffira. Non… Le transfert de fonction ne sera pas plus à un endroit qu’à un autre mais, curieusement, une personne l’assumera. Les interlocuteurs de Jésus sont loin de bien comprendre et même les disciples, pourtant bien disposés, ne comprendront que plus tard, quand Jésus aura été relevé de la mort (Jn 2, 22) Mais en ce qui nous concerne l’avons-nous mieux compris ? « Le lieu » d’adoration du Père, en vérité, n’est nulle part ailleurs qu’en Jésus le crucifié glorifié. Les lieux privilégiés pour le recueillement peuvent bien sûr exister mais aucun ne jouera le rôle que le Christ seul remplit. En Lui et en Lui seulement, tout honneur et toute gloire au Père, le sien, et en lui, le nôtre, n’importe où, n’importe quand.

Attention !

Quand vous pensez « Temple », il faut dorénavant penser Jésus Christ et ne pas oublier d’ajouter qu’il l’est avec ceux qui l’ont choisi et en qui il vit. On assiste parfois à des sacralisations à outrance de lieux ou de maisons qui en fait ont été condamnés dans l’épisode du Temple. Et il faut ajouter, ce qui doit nous permettre de redoubler d’attention, c’est que le Christ condamne également autre chose qui peut toujours guetter les gens même bien intentionnés et qui au nom de Dieu feraient de bonnes affaires. Ce Temple, qui était nécessaire mais dont on sait qu’il ne l’est plus, était devenu un lieu d’exploitation de Dieu, de sa présence, de son amour. Cette maison de « négoce » voulait servir Dieu, mais en fait servait les intérêts de beaucoup qui en profitaient. Faire passer pour action religieuse une transaction bassement mercantile, n’est-ce pas ce que Jésus dénonce en lacérant les bestiaux,, en renversant les tables des changeurs, et en demandant aux marchands de tourterelles de décamper de là.

On ne vend pas « Dieu » impunément.

On ne se sert pas de Lui pour de petits ou grands marchandages.

 Le Temple fut détruit et jamais reconstruit mais la tactique est là d’utiliser Dieu à des fins personnelles. Qui dirait aujourd’hui qu’elle ne fonctionne pas ? Fais attention Eglise de Jésus Christ à ce que tu vends ! Fais attention toi-même de n’être pas marchand dans ton lien avec Lui !

Fais attention, Dieu ne se monnaie pas ! Ne l’utilise pas pour te faire valoir, quelle que soit la façon dont tu pourrais le faire, intellectuelle, charitable, pieuse…(1Co 13, 13) Il n’est vraiment plus besoin, au sens strict, de Temple. Jésus le Christ ressuscité suffit. Son Esprit construit le vrai temple formé par ceux qui croient en Lui. Ses disciples doivent rester à leur place et ne pas s’arroger la gloire qui ne revient qu’à Lui.

Bref, Dieu ne s’achète ni ne se vend…

Attention !

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«  Mais oui… ! » 12 mars 2006, 2° Dimanche carême B

Evangile : Mc 9, 2-10 La Transfiguration

C’est à n’y rien comprendre et pourtant c’est bien ça…Pierre a protesté lorsqu’il l’a entendu. Jésus l’a rabroué, le traitant de satan. Pourtant la foi de Pierre s’était bien ajustée puisqu’il reconnaissait en Jésus, le Messie, le Christ. (Mc 8, 29) C’était un pas de plus et cependant pas suffisant. En effet, Jésus avait ensuite déclaré qu’il lui fallait beaucoup souffrir, être rejeté…, être tué et après trois jours ressusciter. (Mc 8, 31 b) Et cette déclaration, Pierre n’avait pu l’encaisser. Elle était bien trop forte et dépassait ce qu’il avait compris du rôle du Messie. Dès lors, il lui faudra encore s’ajuster et donc choisir à nouveau de suivre cet homme qu’il a confessé Christ, mais qui doit, et souffrir et mourir. Cette perspective nouvelle ne change-t-elle pas la donne ? Continuer à suivre quelqu’un qui va périr plutôt qu’être disciple d’un messie triomphant comme on s’y attendait, n’est guère réjouissant et surtout où cela peut-il nous amener ? Pierre n’a-t-il pas raison d’avoir quelques hésitations ? Que lui reste-t-il à faire ? Au cas où il ne le saurait pas, Jésus le lui rappelle : « Passe derrière moi satan, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes » (Mc 8, 33) Il lui faut donc quitter ses pensées trop humaines et prendre celles de Dieu !

Un pas de plus à faire !

Et les pensées de Dieu, où peut-on les trouver ? Selon qu’on a la foi ou que l’on ne croit pas, on écoutera le Christ ou on le rejettera.(Mc 9, 7) L’intelligence de l’homme ne s’ouvre que lentement à la pensée de Dieu, sans parler de savoir où cueillir la bonne pensée de Dieu. Face au récit d’aujourd’hui, la Transfiguration, saurons-nous mieux vers qui il faut tendre l’oreille ? Le vrai savoir sur Dieu n’est pas fruit de notre élaboration ; il est suite du Christ sans condition. Quand Pierre fut appelé, il ne sut pas pourquoi, sinon pour suivre cet homme qui, en passant par-là, les avait arrachés, lui et ses compagnons, à leurs occupations, sans autres explications que : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mc 1, 17)

Il en fut ainsi, ainsi sera toujours…

Suivre le Christ et puis un point c’est tout !

Cependant cette suite est marche progressive, qui respecte le disciple, répond à ses questions et ouvre des horizons. Pierre apprend lentement ce que veut dire suivre et à chaque révélation doit se positionner et se déterminer s’il veut continuer. Passe derrière moi, satan… Et Pierre va passer pour cette fois encore jusqu’à ce que toute sa vie soit passée dans le Christ, et ne fasse plus qu’une avec Lui. Le Christ, Dieu le Fils, le Fils de Dieu, ne veut pas d’une foi que l’on dirait aveugle. Il mène pas à pas vers  plus de découverte de son « unicité » (Mc 9,8) et en contrepartie de notre engagement à vraiment se mettre à sa suite.

La croix qu’il lui faudra porter est un incontournable pour nous également.

On ne peut suivre le Christ et ne pas témoigner et donc en subir comme lui toutes les retombées. Pierre cheminera vers l’adhésion totale avec d’autres moments où il fera un choix. Il y arrivera. Pour l’instant, en haut de la montagne, il doit accueillir une révélation, que Jésus est le Christ, mais que, bien que Messie, il aura à souffrir et mourir, et qu’ il ne peut rester là sans reprendre la route vers le lieu du combat (Mc 9, 5) afin qu’apparaisse pleinement, qui est le Fils de Dieu. Puis une autre chose est dite, signifiée par l’emprise de la nuée, c’est que Pierre et ses compagnons seront, s’ils poursuivent leur suite, liés au Christ pour vivre de la même façon. La foi est connaissance, aussi transformation, il faut mourir à soi et « n’écoutez » que lui, le Bien-aimé du Père. (Mc 9, 7) La route va reprendre vers Jérusalem où la vie de Jésus sera toute livrée. Il reste maintenant à Pierre à comprendre ce que veut dire mourir et ressusciter, en se prêtant lui-même à sa propre  transformation.

En ce temps de carême :

Essayons de comprendre où le Christ nous entraîne :

A mourir à nous-mêmes pour n’écouter que lui ?

Mais oui !

Est-ce que cela suffit ?

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« La juste place… ! » 5 mars 2006, 1° Dimanche carême B

Evangile : Mc 1, 12-15 Jésus au début de sa mission
 

Beaucoup la cherchent encore, d’autres se plaignent de ne pas la trouver. D’autres encore qui pensent l’occuper ne se rendent pas comptent qu’ils vivent tout à côté. Bien sûr certains sont à leur place autant qu’il est possible, contents d’être à leur aise, d’être bien là où ils doivent être. Mais qu’est-ce être bien à sa place, et comment y parvient-on ? Quels sont les ingrédients qui doivent être ensemble pour que quelqu’un vive au mieux en étant à sa place ?

La juste place !

En début de carême pourquoi cette la question ? Est-ce si important de savoir où l’on est et de tenir la place selon notre mesure ? Important certainement tout le monde en conviendra ! Donc prendre le temps du carême pour savoir où on est ? Ne serait-ce pas une très bonne idée ? Maintenant empressons-nous d’ajouter, la juste place, mais par rapport à quoi ? Pourrait-on détailler ? Par rapport aux grandes questions de l’humanité posées à tout moment ? Aux problèmes de l’actualité ? Au monde du  travail ? Aux visions planétaires du monde grand village ?

Ou par rapport à soi et par rapport à Dieu ?

Suis-je bien à ma place ?

Ça coince un peu ici, ça pèse dans ce coin-là, c’est bloqué par endroit, mon passé me rattrape, je fuis trop vers l’avant…. Où suis-je exactement ? Attiré par ici, tenté d’aller vers là… Le monde serait-il peuplé de gens pas bien placés ? Bref on pourrait continuer sans pouvoir faire le compte de tous les mal placés et des raisons qui font qu’ils ne sont pas en place.

Et moi suis-je bien à ma place ? (bis)

Le Christ l’était-il ?

Si oui comment s’y prenait-il ?

Justement, sa venue au désert, pour y être tenté, pourrait-elle éclairer notre compréhension ? Le Christ c’est le Christ mais enfin il est homme ! C’est l’homme qui par l’Esprit fut conduit au désert. Jésus commence un ministère public. Jusque là il était enfant en Galilée, maintenant il se montre et va se révéler. Ce qu’il a entendu, quittant l’eau du baptême, il ne peut l’oublier. Il a reçu sa place et devra y rester : « Il est le Bien Aimé, le Fils… sur lui toute la faveur du Père » (Mc 1, 11)

 Voici sa juste place, mais qu’il lui faudra conserver !

L’évangéliste Marc, à l’inverse des autres synoptiques, n’énumère ni le nombre, ni la sorte de tentations insinués dans le cœur de Jésus. Mais c’est tout simplement parce que Marc les égrènera chemin faisant au long de l’évangile. Pour rester à sa place la plus appropriée, Jésus devra repousser sous différentes formes deux types de tentation. Soit celle de céder au triomphe facile en faisant des miracles, en s’imposant comme chef au pourvoir envoûtant…. Soit celle de regimber, en face de sa mission et de ses conséquences et de fuir l’échéance de la mort sur la croix. Qu’on veuille l’élire roi  ou bien lui épargner, comme l’exprimait Pierre, le supplice de la croix, on ne faisait que soumettre Jésus à la même tentation : le sortir de sa place.

Il est Fils et comment le rester ?

L’Esprit est avec lui, qui à l’intérieur le guide mais Jésus est aussi homme libre, il lui faut donc choisir et savoir dire oui ou selon les circonstances, faire entendre un non.

Est-ce si différent pour nous ?

Chrétiens nous sommes fils, en sommes-nous conscients ? Peut-être pas plus que cela ! Alors ne nous étonnons pas si nous cherchons notre place et ne la trouvons pas.

Fils et Filles, voici qui est bien dit !

Il reste à vivre ainsi la relation à Dieu, inspirée par l’Esprit

En sachant dire non aux suggestions de « l’autre » qui voudrait m’en sortir.

En acceptant du Père ma mission et ma vie   !

Alors puis-je le dire :

Je suis bien à ma place ?

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« Changement… ! » 26 février 2006, 8° Dimanche ordinaire B

Evangile : Mc 2, 18-22 Jésus est l'Époux qui apporte la joie

Vous en êtes-vous aperçu ? Ou bien, à l’instar des « gens », n’avez-vous rien vu non plus ? Seriez-vous comme eux, sur le même fonctionnement, comme si aucune nouveauté n’était intervenue ? Ne soyez pas surpris de ce genre de question ; chacun à sa façon refait la même histoire, passe par les mêmes étapes que ces gens de la bible dont il est question ici. Cependant il est bon de savoir à quelle étape nous sommes.

Changement…

Les gens (On vient …) qui s’adressent à Jésus n’ont pas perçu quelque chose d’important. Certes, ils ont bien vu que les hommes de Jésus manquent à l’ascèse du jeûne, mais quelle en est la raison, ils ne le savent pas.

En effet, pourquoi ?

Des hommes qui disent Dieu, ne doivent-ils pas mortifier leurs sens ? Réfréner leurs instincts, restreindre leur appétit pour faire de la place à d’autres préoccupations, pour être disponibles à d’autres influences, pour affiner leurs sens et les rendre sensibles à des réalités plus finement perceptibles ? Quelque chose s’est produit que les proches ne voient pas. Disciples  des pharisiens, membres du groupe de Jean, nouveaux venus vers Jésus….Où est la différence ? Ne sont-ils pas tous, avec quelques nuances, descendants d’Abraham, les enfants de Moïse, les membres du peuple élu ?

Où est la nouveauté ?

Aujourd’hui on dirait, n’y a t-il pas qu’un Dieu ? Le même pour tout le monde ? Perçu ici ainsi, ailleurs adoré autrement ? L’histoire se continue en se modifiant sur des façons de faire et des façons de voir mais toujours sur le même plan sans changement majeur, radical …!

Pourtant est-ce si vrai que rien ne fut nouveau dans l’histoire de Dieu en lien avec les hommes ? Ne serait-ce qu’une billevesée quand on voit en Jésus une présence autre que celle d’un homme, fut-il grand religieux ? Serait-ce délirer que de « voir » en Jésus celui dont on parlait tout au long de la bible, et qui réaliserait les promesses annoncées, maintes fois répétées ?

Quand l’époux est là, en pleine célébration de la noce, faudrait-il encore jeûner ? Cette parole de Jésus peut-elle encore être entendue ? Quand il parle d’époux, ne parle-t-il pas de lui ? Jusque là semble-t-il, parmi les gens qui l’entourent, personne ne s’en est encore aperçu.

L’époux !

Ainsi on voyait Dieu dans sa relation avec le peuple tout au cours de l’Ancien Testament. (Osée 2, 1…)Maintenant voici que Dieu est là, Jésus, l’époux, vient célébrer l’union avec l’humanité. Pour l’instant, le jeûne a donc perdu son sens puisque ce qu’il indiquait, se trouve réalisé.

L’époux, en lui Jésus le Christ, est là présent !

Comment pouvons-nous intégrer une telle nouveauté, cette radicale différence ? La même difficulté pour nous aujourd’hui, que pour les hommes et les femmes en lien direct avec l’homme Jésus. Le jeûne reprendra un sens nouveau et à nouveau quand, les noces accomplies sur la croix, il faudra à l’homme entrer en communion avec le Christ vivant et constituer son corps.

Mais l’événement du Christ, d’abord doit apparaître comme la nouveauté qui rompt avec le reste des approches de Dieu, même si elle s’inscrit aussi dans la continuité des quêtes nombreuses de toute l’humanité.

Sinon tout est gaspillé ! Le vin nouveau versé dans de vieilles outres se répand inutilisé et les vieilles outres sont aussi complètement détériorées.

Le Christ fait éclater toutes nos façons de voir !

En nous laissant conduire par cette Nouveauté, seul il peut nous reconstituer pour réaliser notre désir de Dieu.

Nouveauté radicale !

Changement…. ?

Signeriez-vous au bas de cette page ?

 

 

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« Le sais-tu ? » 19 février 2006, 7° Dimanche ordinaire B

Evangile : Mc 2, 1-12 Guérison d'un paralysé, signe du pardon des péchés

Le sais-tu : « Tes péchés sont pardonnés » ? As-tu vraiment, un jour, reçu cette parole prononcée par le Christ ? As-tu saisi de quoi il s’agissait ? « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (Mc 2, 5). La voici prononcée sur le paralysé amené jusqu’aux pieds de Jésus par un groupe d’amis. L’homme ne s’y attendait sûrement pas. Il venait, porté par les bras et la foi de quatre compagnons, pour retrouver la force de tenir sur ses jambes. Se sentait-il pécheur ? Avait-il mis un lien entre son handicap et son état de cœur ? Se sentait-il puni à cause de ses manques ? Nous pouvons questionner en nous imaginant ce qu’il pouvait penser dans le contexte du temps, contexte peut-être toujours présent, mais lui n’a pas parlé. Il n’a rien eu à dire. Son corps blessé, (son cœur sclérosé !), soulevés par la solidarité dont il était l’objet se sont prononcés pour lui. Jésus a vu toute cette humanité et sans condition requise, à la façon de Dieu, il s’est révélé en révélant ce que Dieu est :

Un Père en état d’amour constant, de pardon permanent !

Mon enfant, tes péchés sont pardonnés !

Entendons cette parole, ne la laissons pas passer. C’est Dieu qui me la dit ! Il connaît notre cœur. Mais notre cœur blessé pourrait la refuser au nom d’une autre logique et surtout d’une toute autre perception de Dieu. Pardonner : Dieu se montre en Jésus-Christ, toujours en état de se donner, de rétablir le lien qui a pu être cassé par nos façons de faire… nos refus d’aimer.  Dieu n’est pas une idée, une sublime pensée, mais quelqu’un en Jésus Christ, qui le dit et le fait en créant la relation, qui au fond de nous-mêmes nous paraît impossible. Car nous le pensons ainsi : Dieu ne peut aimer la personne que je suis ! Et pourtant si ! Dieu nous aime quoi qu’il en soit de notre vie. Il aime qui nous sommes, « son enfant », et désire insatiablement notre retour dans ses bras. (Lc 15, 11-32)

Entends : Tes péchés sont toujours pardonnés

Tes manquements d’amour sont déjà pardonnés.

Jésus le Christ en fait l’annonce. Ne reste pas courbé dans la culpabilité. Ne traîne pas dans la médiocrité d’aimer. Ne t’embourbe pas dans le passé. Ne cherche pas non plus à amadouer Dieu comme s’il se faisait prier. Il est inconditionnellement don et pardon : « Mais moi oui, je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même et je ne veux plus me souvenir de tes péchés. » (Isaïe 43, 25).

« à cause de moi-même »

La croix en est l’ultime proposition…

Alors que reste-t-il à croire et à faire ?

Le sais-tu ?

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« Je le veux… ! » 12 février 2006, 6° Dimanche ordinaire B

Evangile : Mc 1, 40-45 Guérison d'un lépreux


Bien sûr qu’il le veut ! Guérir est bon pour l’homme. Comment le Christ (Dieu) ne le voudrait-il pas ?

Lui qui n’envoie pas le mal, contrairement à ce que l’on entend dire, manifeste en Jésus qu’il veut l’homme guéri.

Mais de quelle maladie, le Christ doit-il nous libérer ? Voici une question qu’il faut bien nous poser en le voyant agir. Certes, il a guéri beaucoup d’hommes et de femmes et aujourd’hui encore il « purifie » le lépreux. Mais… dans les deux récits médités ces dimanches, on le sent réservé et presque gêné. Souvenez-vous en Mc 1,29-39 alors qu’il est cherché par tout le monde, Jésus invite ses disciples, énergiquement à s’en aller plutôt proclamer la nouvelle du Royaume de Dieu… Et dans notre passage, suivant le précédent (Mc 1,40-45), Jésus semble encore ne pas être content : ne le rudoie-t-il pas ? Serait-ce que le lépreux vient déranger sa marche et perturber ses plans ? Serait-ce que sa mission ne peut être réduite à cela : guérir les maladies ? Il sait très bien le faire, d’une seule parole : « Je veux », et avec efficacité. Mais s’il s’en tenait là, serait-il fidèle au Père et à l’homme qu’il est venu sauver ? Ne deviendrait-il pas prisonnier d’une certaine image et de sa renommée ? Pourrait-il révéler à l’homme qui il est et à quelle rencontre il est appelé ? Le Christ ne peut se cantonner dans le rôle de médecin. Il doit intervenir à un niveau plus profond et susciter chez l’homme une véritable adhésion…

Certes, l’homme contacte des maladies de peau.

Mais un mal plus profond le mine à l’intérieur.

C’est un refus de Dieupour exister tout seul.

Or l’homme ne peut « être » définitivement,

sans accueillir le Christ, don de Dieu dans l’histoire.

Le Christ va le dire et le redire sans que l’homme le croit ! Mais le don offert à l’homme sera ! Quoiqu’il en soit de la croix !

L’amour de Dieu pour l’homme dépasse infiniment ce qu’il  pouvait lui faire en guérissant les corps. C’est en recevant le Christ, ou en le revêtant, que l’homme, profondément, enfin sera guéri. Le but et la façon sont autres que ceux du médecin, ou même d’une parole puissante et efficace.

« Je le veux » dit le Christ !

Et toi, crois-tu en lui ?

Être guéri, c’est vivre entièrement de lui.

Il le veut !

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« Sorti… ! » 5 février 2006, 5° Dimanche ordinaire B

Evangile : Mc 1, 29-39 Une journée de Jésus au milieu des malades

Le mot vient de Jésus. Il l’emploie au moment où ses disciples lui disent : « tout le monde te cherche » (Mc 1, 37). Il peut être entendu au sens banal du terme… mais il peut dire plus. « Partons plus loin, leur répond-il… afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que je suis sorti. » (Mc 1, 38) « Sorti » non seulement d’un lieu pour s’en aller ailleurs mais comme indication du sens plénier de sa mission. Si le Christ est venu, s’il est « sorti » du Père c’est pour une Bonne Nouvelle qui concerne tout le monde et non pas quelques-uns présents au même endroit.

Bonne nouvelle pour tout le monde mais de quelle façon ?

Il y a dans la réponse, pour dire la façon, une précision qui pourrait nous aider à ajuster la foi. En effet, à lire les versets proposés aujourd’hui, on pourrait se méprendre sur le projet de Dieu et s’en tenir au sens qui nous vient à l’esprit, alors que par une simple phrase Jésus indique lui-même pourquoi il est « sorti ».

« Sorti »... pour annoncer la Bonne Nouvelle !

Mais n’est-ce pas le cas quand il guérit les corps et libère les êtres ? N’est-ce pas sa mission de redonner aux gens la santé d’ici-bas ? Comme bonne nouvelle peut-on faire davantage ? Devrait-il ajouter une autre dimension à une action qui attire déjà tant de monde et rend tout heureux ceux qui souffraient de beaucoup d’handicaps ? Et les bénéficiaires des actions de Jésus attendent-ils plus qu’il ne leur a donné ? Et ceux qui sont témoins des gestes de Jésus, à part de s’étonner, pourraient-ils bénéficier d’un regain de santé même si pour l’instant ils ne sont pas malades au sens habituel de physique et mental ?

« Sorti » …venu du Père mais pour quoi faire ?

La bonne nouvelle pourrait-elle se réduire à ce qui tombe sous les sens ? Mais n’est-ce pas ainsi qu’on l’entend trop souvent ? Le Christ : un thaumaturge qui guérit les malades et chasse les démons ! Pourtant en cela, il ne se cantonne pas et quand on veut le garder c’est alors qu’il s’en va …

Il est comme un semeur, qui lance aux hommes des signes, afin de les ouvrir à d’autres dimensions que leurs petits ou grands besoins. Miracles de guérisons, maîtrise d’éléments, éloignement des démons, reviviscence des morts… sont autant de signaux afin d’ouvrir les hommes à une autre relation où Dieu est partenaire. Le Christ, le Fils, sorti du Père, vient pour nous faire entrer dans le bonheur de Dieu que, déjà ici-bas, l’homme peut expérimenter. Il vient pour faire dépasser les besoins d’ici-bas et donner d’aspirer à ce qu’on ne croit pas, une vie avec Lui, le Christ qui dans l’échange de l’Esprit se complait dans le Père et réciproquement.

Allons ailleurs, dit-il, …c’est pour cela que je suis sorti !

Il fallait qu’il s’en aille pour laisser le temps aux gens de s’éveiller à plus grand. Combien l’auront-ils fait ? Leur guérison alors ne porterait-elle pas les fruits promis ? Le lien qu’il vient « créer » demeure l’essentiel de ce qu’il veut donner, et l’adhésion qu’il s’efforce de susciter, aboutit à se laisser transformer de l’intérieur par son Esprit. Les démons, qui déclament son nom, refusent catégoriquement cette transformation. Il ne suffit pas d’obtenir  guérisons ici-bas pour se sentir un préféré de Dieu, il faut encore accepter de communier à Lui en le laissant nous travailler.

Le Christ passe… C’est pour nous entraîner !

N’est-ce pas pour cela,

qu’en quittant la condition de Dieu,

Le Fils est…  « sorti » ?

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« Être soi… ! » 29 janvier 2006, 4° Dimanche ordinaire B


Evangile : Mc 1, 21-28 Jésus est le Prophète qui enseigne avec autorité

C'est-à-dire être libre à l’intérieur de soi ! Jésus, suivi des quatre premiers de ses disciples, s’avance vers quelqu’un qui ne l’est pas du tout…. libre à l’intérieur de soi. Cet homme, bien que participant au service religieux, n’en est pas moins un possédé. Quelqu’un qui n’est pas maître chez lui-même. Quelqu’un qui mis en face de la vérité ne veut pas en entendre parler. Quelqu’un qui semble-t-il se complaît dans son état d’aliéné. Et quand le Christ s’approche, alors il se déchaîne : « Que ‘nous’ veux-tu Jésus le Nazarénien, ‘nous’ cet homme est encombré, es-tu venu pour nous perdre ? (Mc 1, 24) Est-il possible d’éviter le contact avec le Christ ? Est-il possible de refuser la libération qu’il apporte ? Ne vient-il pas rendre à chacun sa pleine liberté ? Réinstaller chacun au centre de lui-même de sorte que chacun soit maître de sa vie, et puisse la conduire vers plus de liberté intérieure ? Ce Christ, dont la parole surprend les auditeurs, parle avec son être. Sa parole fait corps avec ce qu’il est. Il ne débite pas des leçons plus ou moins bien apprises. Il tire de son fonds ce qu’il donne en parole et c’est tellement nouveau, inédit, que les gens s’en étonnent faisant la nette distinction entre les scribes et lui.

Être soi, le Christ ne l’est-il pas ?

Par contre l’homme, intérieurement encombré, ne supporte pas d’être dérangé, délogé de cette position où il est aliéné. Pourtant la Parole est plus forte. Celui que « nous » a déclaré être le « Saint de Dieu » (Mc 1, 24) maîtrise le mauvais et l’homme est libéré. Cet homme gracié on ne sait qui il est, serait-ce monsieur tout le monde, membre de nos assemblées ? Son nom n’est pas donné et personne ne sait ce qu’il est devenu, sinon qu’il fut délivré.

Le Christ vient libérer !

Habitons-nous le centre de notre intériorité ? Sommes-nous, nous-mêmes en toute liberté ou nous composons-nous un quelconque personnage en durcissant la croûte au détriment du fond ? Contre qui, contre quoi élevons-nous nos défenses ? Contre qui, contre quoi fabriquons-nous notre carapace ?

Être soi !

Est-il possible à l’homme d’y parvenir tout seul ? Ne serait-ce déjà que de se rendre compte qu’on est pas maître chez soi. La logique du monde ne pousse-t-elle pas à fabriquer surtout une belle surface en délaissant le fond, de bien s’armer soi-même pour être plus à même à défoncer les autres ?

Il y a l’autre logique, celle de l’évangile, qui veut que l’homme soit un être de liberté, établi en lui-même en toute sérénité. Cela quand il trouve en lui-même la source de son être qui le relie à Dieu et l’ouvre comme Dieu à tous les êtres humains.

La nouveauté du Christ a-t-elle atteint mon cœur ?

Il s’avance vers moi.

Veux-je être libre à l’intérieur ?

A-t-on fini un jour de parvenir à « soi »  ?

 

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" Venez... ! " 22 janvier 2006, 3° Dimanche ordinaire B

Evangile : Mc 1, 14-20 Jésus invite les hommes à la conversion, et appelle ses premiers Apôtres

 

Venez… tout simplement ! Très brève invitation, réponse radicale ! Pas de grands pourparlers, de contrats, de questions sur pourquoi, comment et jusqu’à quand. L’un appelle, l’autre répond. La confiance au Fils de l’Homme l’emporte sur toute hésitation. La voix, son être, auraient-ils un « pouvoir » qui laisse les appelés démunis et emportés ? N’est-ce pas l’expérience de tous ceux que le Christ a rencontrés et qui se sont laissés entraîner ? Qu’est-ce qui a décidé quelqu’un de s’engager à sa suite, sinon de pressentir qu’en Lui se trouve notre avenir, le « lieu » unique au monde, le mieux choisi pour y être accueilli, le « lieu » où plus qu’ailleurs on est chez soi définitivement ? Qui n’a connu un homme, une femme portant au cœur un désir enfoui, toujours présent, jamais complètement endormi ? Désir qui n’a eu de cesse d’être un jour pris en compte et qui venant à la surface prend enfin le dessus et opère, retourné vers le Christ, le renoncement salutaire qui permet d’exister en toute sérénité ?

Le Christ ne fait pas nombre parmi nos relations.

Il n’est pas un parmi d’autres.

Le choisir n’élimine personne ! Quand ils quittent leur père et le groupe d’ouvriers, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, ne les rejettent pas. Mais un autre travail les attend qui permettra aux autres, à leur père et à ses ouvriers, de trouver à leur tour celui qui par sa vie, tout au milieu de nous, entraîne vers le lieu où chacun trouve enfin ce que confusément il cherche… Car ne pensez-vous pas que l’homme porte au cœur un désir bien plus grand que ne peuvent le combler les choses et les êtres du monde ? Ne porte-t-il pas en lui plus ou moins consciemment un désir de survie qui quête éperdument le « lieu » qui pourrait lui permettre d’exister pour toujours ?

L’homme n’est pas fait pour la mort !

Testez donc votre cœur !

Que trouve-t-on dans le Christ sinon cette assurance d’être « avec lui » au centre de la vie, en son jaillissement, à sa source, et de s’y maintenir en devenant soi-même plus vivant, par le don qu’il nous fait de sa propre existence ? Pourquoi choisir le Christ s’il ne nous conduisait plus loin que toutes les rencontres déjà effectuées ? S’il ne réalisait plus que ce que nous faisons quand nous luttons pour la vie ?

Venez !

Car nulle part ailleurs vous ne parviendrez à trouver ce qu’au fond de vous-mêmes vous cherchez. Venez et connaissez le Christ ressuscité ! Venez vous recevrez votre être pour l’éternité. Il ne s’agit pas de se couper du monde qui lui-même est déjà première création dans laquelle le Christ est impliqué de toute éternité mais de le transformer, de le faire aboutir par un choix libre et conscient vers ce pour quoi il fut un jour créé : participer pleinement à la réalité suprême et fondatrice, l’amour qui seul (qui le nierait !) fait exister.

Venez, n’ayez pas peur du Christ !

Il ne nous coupe pas de notre réalité.

Il lui donne au contraire de pleinement exister.

En choisissant le Christ vous n’aimerez que mieux.

Mais choisissez bien le Christ et non quelques idées !

Venez… !

 

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« Que cherchez-vous ?… » 15 janvier 2006, 2° Dimanche ordinaire B

L'appel des premiers disciples  Jn 1, 35-51
 

La question est posée par le Christ lui-même. Deux disciples de Jean se sont mis à sa suite, invités par leur maître. Que cherchent-ils au juste ? Le Christ le leur demande, car seul il peut répondre à ce genre de question. On n’approche du Christ, de sa réalité, qu’en acceptant l’appel que lui-même fait entendre. Car la réalité, qui est celle du Christ, ne se laisse pas saisir par simple curiosité. Il faut entrer « en lui » dans une réelle expérience. La réponse des disciples peut les mener très loin. En posant la question : « mais où demeures-tu ? », ils n’ont probablement pas conscience de jusqu’où cette question leur donnera d’aller. Car « demeurer » est un verbe prisé par Jean l’évangéliste pour exprimer le lieu où demeure Jésus. Ce verbe ne peut indiquer un simple lieu social, ni un simple endroit qui sert d’hébergement. Pour Jésus, l’homme Dieu, réellement sur terre, le lien avec son père est le lieu véritable de sa vie permanente. Lui poser la question de là où il demeure, c’est déjà s’engager à faire une expérience qui va bien au-delà de la fraternité entre maître et disciple. C’est déjà être prêt à entrer dans le monde de Dieu. Les deux disciples suivaient Jean. S’ils  quittent celui-ci, c’est que celui que leur maître venait de leur montrer : « voici l’agneau Dieu», accomplissait, plus que ne le pouvait Jean, le désir enfoui dans les entrailles humaines.

« Venez et voyez » leur répondit Jésus, gardant l’initiative, mais révélant aussi que la divinité présente en Jésus-Christ se laisse approcher, se donne à regarder, se présente à chacun, dans la plus grande simplicité.

Notons bien, par ailleurs, qu’entrer en son intimité relève de son initiative et que poursuivre avec lui le chemin vers le Père, produit un changement comme le nom de Simon qui dorénavant sera Pierre.

La question de Jésus entendue par les hommes de Jean et qui va engager un processus de vie qui se répand encore, est-elle toujours perçue autant qu’elle le pourrait ?

« Que cherchez-vous » ? Dit-il …

Cela ne pouvait être une question  pour quelques-uns seulement. Il est venu pour tous… Elle reste donc posée par le Christ lui-même à travers son Eglise dont Pierre reste la pierre.

L’Eglise la pose-t-elle bien ? L’a-t-elle rendue audible ?

Que cherchez-vous ?

Les hommes d’aujourd’hui, inondés de slogans, croulants sous les propositions pour un bonheur ici, peuvent-ils encore entendre la voix venant de Galilée, qui ne peut s’accommoder de beaucoup de tapage, ou d’un trop grand battage ?

Entendue, la question nous tire vers l’ailleurs sans nous déraciner de la terre des hommes, à condition bien sûr d’apporter la réponse.

Que cherchez-vous ?

Où demeures-tu ?

Venez et voyez ?

Mon Dieu, quelle simplicité !

 

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“Se prosterner... !” 8 janvier 2006, Epiphanie

Evangile : Mt 2, 1-12 Les mages païens viennent se prosterner devant Jésus

 

Pourquoi sont-ils venus au bourg de Bethléem ? Qu’est-ce qui les a poussé à marcher si longtemps ? Était-ce si vital, pour eux, de faire ce déplacement ? Attendaient-ils déjà quelque chose d’important, qui, le moment venu, les aurait décidés à prendre le chemin, à venir vers l’enfant ?

 

Cherchaient-ils ?

Ces mages nous intriguent. Entre leur quête de savants et la naissance de l’enfant, quels liens se sont tissés, quelles vibrations se sont échangées? Serait-ce qu’au cœur de l’homme, existe la requête, quelle que soit la distance, d’un lieu où l’on peut être pleinement situé au centre de l’univers, au centre de l’existence? Tournés vers les étoiles, ces mages n’avaient pas trouvé ce vers quoi ils auraient pu s’exprimer?  Ils regardaient le ciel, cette voûte étoilée, mais sans y rencontrer ce qu’ils semblaient chercher. Il fallut que leur route s’arrête à Bethléem pour trouver sur la terre ce qu’ils scrutaient au ciel. L’infini nous attire, et quand on lève les yeux on croit que c’est là-haut que réside la vie… ou la divinité. Mais il n’en est rien! Combien d’hommes et de femmes croient lire leur destin en questionnant les astres…! Mais que peuvent les astres, même manipulés par de fins “psychologues” qui finissent par croire qu’ils disent la vérité?

 

Le ciel n’est pas le lieu de la divinité!

Et ce que l’homme cherche, c’est-à-dire qui il est, ne se trouve pas là-haut, si hauts soient les nuages. Mais peut-être faut-il tout de même lever un peu les yeux,  en direction du ciel, pour mieux sentir en soi le besoin d’infini et se laisser guider vers le lieu où l’infini existe.

Ces mages sont notre image. Ils viennent de là-bas on ne sait pas trop d’où. Ils marchent vers le centre d’où ils repartiront. Ils expriment le besoin mais aussi l’attraction exercée par le Christ. Leur disponibilité à se laisser guider leur permet d’arriver au lieu de leur souhait.

Disponibilité intérieure…

 

Ils observaient le ciel. Ils écoutaient leur cœur. Ils entendent la Parole et découvrent le Seigneur. L’identité de l’homme dépasse les simples mots, elle est une personne qui en même temps est Dieu. Quand leur trajet s’achève parce qu’ils ont réellement trouvé, alors ils se prosternent et enfin peuvent adorer, reconnaître l’essentiel et s’y abandonner, n’avoir plus à chercher à tâtons dans la nuit, mais à développer leur vie humblement prosternés en face de l’absolu.

Le cœur de l’homme est grand. Il aspire à l’infini ; tout ne le satisfait pas. Il n’y a qu’un lieu béni : c’était à Bethléem. Maintenant c’est ici quand la Parole parle dans la communauté et que celle-ci refait le geste eucharistique.

 

Les mages ont trouvé.

Où en est notre cœur?

Sait-il se prosterner ?

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« Entendre..! » 1er janvier 2006, Sainte Marie, Mère de Dieu


Evangile : Lc 2, 16-21

Qu’entendez-vous, en vous ? A l’intérieur de vous se passe-t-il quelque chose ? Vous arrive-t-il d’entendre comme un appel de Dieu ? De sentir un désir de le connaître plus ? D’éprouver le besoin d’en savoir davantage, de sortir des clichés pour entr’apercevoir un visage ? Jusqu’où êtes-vous allés dans la rencontre de Dieu ? Que pourriez-vous en dire qui vous étonnerait parce que c’est enfoui et trop rarement exprimé ? Entendre les battements de notre vie n’est-ce pas important afin de mieux comprendre notre propre existence ? Avez-vous entendu à l’intérieur de vous les mots déjà perçus par les simples bergers ? Ont-ils passé, ces mots, le seuil de vos oreilles pour venir se nicher au plus profond de vous et habiter votre être ?

 « Aujourd’hui vous est né un sauveur, qui est le Christ Seigneur » (Luc 2, 11)

Êtes-vous persuadés, autant que les bergers, que le Sauveur, le Christ, le Seigneur est né ? Ces paroles sur le Christ, mille fois répétées, sont-elles bien entendues ? Qu’ont-elles produit en vous, qui prouve qu’elles ont été bien comprises ? Les bergers ont entendu les mêmes mots que, nous, nous entendons aussi. Chez eux la réaction fut de s’y conformer et de partir « en hâte » pour voir le nouveau-né. Ils l’ont vu en effet, couché dans une mangeoire, selon ce qui leur avait été indiqué. Les « mots » les ont conduits, ils ont cru dans les « mots »  Et face au nouveau-né ils étaient pleins de joie. L’ange leur avait dit qu’il ne fallait pas craindre. Ces gens étaient très simples, se sont-ils laissés faire…par Dieu ? En entendant : « Sauveur » « Christ » « Seigneur » … Ne pas craindre, cela peut-il vouloir signifier ne pas craindre que ces titres soient faux ? En voyant cet enfant, si ressemblant aux autres… Ne pas craindre, serait-ce ne pas douter des titres qui lui sont affectés, ne pas douter de leur réalité ?

 A qui sait écouter, sans idées préconçues, Dieu sait aussi parler.

Ces bergers n’en sont-ils pas la preuve ?

Regardez, personne ne leur parle…L’enfant évidemment ne prend pas la parole (nous ne sommes loin d’ un conte !), Joseph est tout discret jusqu’à l’effacement, Marie elle-même se tait qui aurait sans doute beaucoup à raconter.

Dieu seul peut faire « entendre » ce qui vient d’arriver.

Dieu seul peut bien parler de lui-même, à l’intérieur de nos vies. Les mots reçus de l’extérieur ne remplacent pas sa voix à l’intérieur de soi. Dieu ne parle qu’au cœur, n’entendons-nous pas sa voix ? Les bergers n’ont compris qui était cet enfant, que parce qu’ils ont entendu à l’intérieur d’eux-mêmes résonner l’autre voix, différente de la leur, celle qui vient de Dieu, nous dirons même du Père, et qui conduit au Christ. C’est alors que leur vie a changé : « Puis les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu suivant ce qui leur avait été annoncé » (Luc 2, 20)

L’Annonce est étonnante.

L’Incarnation déborde notre entendement.

Pourtant, comme l’ont fait les bergers, sans craindre de se tromper, chacun à son tour peut-être initié !

Entendre ?

Qu’entends-tu à l’intérieur de toi ?

En guise de bonne année, souhaitons-nous un bon entendement !

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« Il est là… ! » 25 décembre 2005 - Noël

Luc 2,1-14         
 

En effet c’est bien lui… ! Mais seule la foi le voit. Car rien aux yeux des hommes ne transparaît de sa divinité. Il est venu au monde comme tous les enfants. Couché dans une crèche, logé dans une mangeoire, il vit la condition des enfants de l’époque. D’ailleurs, à part Dieu, ce qu’il est, personne ne le sait très explicitement. Il faudra l’événement de Pâques pour savoir que, dans cet enfant, Dieu était déjà là. A Rome, on recense le monde. A Jérusalem, on dort bien loin de soupçonner que Dieu est né. Quelle discrétion de la part de Celui qui a créé le monde ! Dieu, sans doute, évite de nous effrayer. Dieu aime l’homme. En effet combien faut-il qu’il l’aime au point de désirer lui ressembler ?

Dieu a désiré être homme, réellement !

Ce désir, fou de nous, exprime notre valeur. L’homme serait-il si grand que Dieu veuille être un homme ? Considérons que l’homme suscite l’amour de Dieu et, nous tournant vers l’homme, sachons le regarder en découvrant le prix qu’il a aux yeux de Dieu. Toute cette discrétion, tout cet abaissement pour être ressemblant ! Étonnant, n’est-ce pas ? Il n’y a que l’amour qui puisse pousser Dieu à devenir un homme !

Dieu veut-il vraiment nous être ressemblant ?

Laissons donc retentir ce genre de question… Car il nous faut prendre acte du pourquoi de son incarnation. Venu pour nous sauver dit-on habituellement, mais n’aurait-il pu y parvenir tout autrement ? Devenir homme pour Dieu requiert tout autre chose. Une volonté d’être comme nous, de ne pas rester Dieu sans être en même temps homme. La raison de Noël ne vient pas d’un salut d’abord, d’un salut nécessaire à communiquer à l’homme, mais vient de l’intérieur de Dieu lui-même à vouloir être un homme. Cela peut faire frémir des oreilles trop pies, mais qu’est-ce donc que l’amour sinon cet immense désir de vouloir ressembler ? Ce qui sera bientôt une demande à l’homme en direction de Dieu, Dieu, en direction de l’homme, l’a déjà réalisé. Et l’homme, quand il comprend où gît son intérêt, se retourne vers Dieu devenu l’un de nous et aspire lui-même à advenir en Dieu.

Oh ! Comprendrai-je donc Dieu ? Et serai-je vraiment homme en Dieu ?

Dieu est vraiment devenu une personne humaine, mais ce ne peut pas être par une nécessité extérieure à lui-même. Rien ne l’y obligeait par contrainte extérieure, même pas pour nous sauver. S’il est devenu « homme » n’est-ce pas que l’homme lui manquait ? Aussi en devenant un homme Dieu s’est-il auto-réalisé, de sorte qu’à son tour l’homme puisse être divinisé, atteindre sa stature, prévue de toute éternité.

Mystère de l’amour, sens plénier de Noël !

L’amour fait devenir l’autre, sans cesser d’être soi. C’est Dieu qui s’est fait homme tout en restant lui-même, et l’homme devient Dieu sans cesser d’être un homme. En Jésus de Nazareth, nous reconnaissons l’homme, tout en voyant plus loin. Dans la foi, nous discernons le Père dont Jésus est le Fils au sens plénier du terme, de toute éternité. Réellement, Dieu nous aime car rien ne l’a motivé de devenir un homme sinon sa volonté de devenir nous-mêmes. Je veux dire merci à ce Dieu de tendresse, qui est Père, Fils et Saint-Esprit, et qui m’aime tellement qu’il veut devenir moi. Ô homme, toi qui cherches aveuglément cet amour qui te manque, accueille en cette nuit ton Dieu qui te l’apporte en voulant être toi !

Noël ! Joie !

Il est là…

 

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« Comblé…! » 18 décembre 2005 - 4° dimanche de l'Avent B


Evangile : Lc 1, 26-38 Le Messie sera fils de Marie

Dans la « bouche » de l’ange ce mot devient un nom…Celui attribué à cette jeune fille à qui est demandé d’être mère de Dieu mais aussi, à travers elle, le nom qui est prévu pour toute l’humanité. En effet ne nous y trompons pas : « la Favorisée de Dieu », nouveau nom qu’elle reçoit pour elle-même, Marie l’accueille en même temps au titre du genre humain. L’annonce d’un enfant réellement fils de Dieu n’est pas un privilège à usage personnel, mais l’annonce de la grâce, du Don, venant du Père par l’Esprit, à toute l’humanité. Marie l’a bien compris quand elle s’est dite servante d’un dessein bien plus large, certes la concernant, que son destin personnel. Comme pour elle il faut le dire :

Comblée aussi l’humanité !

En cette incarnation sont accomplies les promesses. Ce qu’ « Il » avait promis, en Marie s’accomplit, œuvre d’amour de l’Esprit unie au désir éternel du Père, de voir l’humanité entrer en communion dans l’amour trinitaire. Le Don qui régénère nous est enfin donné dans l’enfant dont le nom, Jésus, le Fils du Père, exprime la volonté de toute éternité  de faire de chaque homme un fils dans le Fils bien- aimé.

Comblée l’humanité !

Est-elle vraiment comblée ?

Après l’affirmation, entendons la question. Peut-être vient-elle de toi, lecteur ? Car en regardant le monde on est loin de s’en rendre compte. L’humanité comblée ? Pas encore, pas vraiment ! L’impression dominante est plutôt celle du manque et d’une humanité que rien ne parvient à combler. Un manque permanent qui suinte de  toute part, même là où apparemment on semble être comblé par toute sorte de choses qu’on peut imaginer. L’Incarnation, ce Don inestimable du Père et de l’Esprit à toute l’humanité n’a pas encore porté tous ses fruits. Ou bien Dieu aurait-il raté son entrée dans le monde ? Aurait-il échoué à communiquer à l’homme le don qu’il lui a fait, c’est-à-dire  lui-même, en la personne du Fils ? Ou faudrait-il déduire que Dieu qui se donne ne serait pas le don capable de vraiment combler l’homme ? Que chacun s’examine et se demande encore si le don qu'est le Fils a pénétré sa propre vie ? Si l’accoutumance aux paroles, annonçant la venue de Dieu sur notre terre, n’a pas étouffé ce don pourtant irremplaçable pour notre achèvement et celui de tout homme ? Et si inconsciemment nous ne demandons pas autre chose à Dieu, pour faire notre bonheur, que le don de lui-même ?

Trop souvent, chrétiens, nous sommes des païens !

Tout autant que les autres qui ne sont pas chrétiens, nous vivons dans le manque, l’amertume, la frustration. Comme si Dieu qui se donne ne nous suffisait pas ! Nous pensons qu’autre chose (chose ?) serait pour nous plus satisfaisant. Énumérons ces « choses » qui plus que Jésus, Fils de Dieu, feraient, selon nous, notre bonheur…Et laissons-nous surprendre par notre impiété…

Jésus, le Christ, Fils de Dieu est Don pour toute l’humanité.

Veuille l’Esprit faire vibrer ces mots pour qu’enfin ils animent l’ensemble de notre vie ! Le bonheur de Marie ne peut être solitaire. Le Don qu’elle a reçu et dont elle fut comblée est aussi pour les autres. Le Christ, répétons-le encore, est l’ultime Don de Dieu. Un don bien entendu, qui comme tous les dons doit être accueilli, reçu… Ce don de Dieu que nous allons célébrer en ses premiers moments, n’attendons plus qu’il nous soit donné :

Il l’est déjà !

En être convaincu devrait déjà nous aider à mieux comprendre Dieu et le don qu’il nous fait. Mais avons-nous bien pris la mesure de ce qui s’est passé en Jésus le Seigneur ? Sommes-nous tout éblouis de son incarnation ? Combien attendent de Dieu ce que déjà, en son Fils, il nous a donné ? On prend l’Incarnation pour ce qu’elle n’est pas, une fête des enfants, et on fait « la Noël » comme si le Don de Dieu n’existait toujours pas.

Qu’attends-tu de Dieu ?

Qu’il te comble ?

Ce qu’il peut te donner, déjà il l’a « livré »…

Que tu le saches ou non, tu es déjà :

Comblé !

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" Est-ce lui ? " 11 décembre 2005 - 3° dimanche de l'Avent B

Evangile : Jn 1, 6...28 « Il se tient au milieu de vous »

On ne sait ! Les gens l’ont entendu parler, sa voix les a touchés. Ils sont venus nombreux se faire baptiser. Pourquoi sont-ils venus ? Où les a-t-il touchés ? L’homme porte-t-il en lui un besoin de changer, d’alléger sa conscience quand elle est trop chargée, de laisser son péché se noyer dans les eaux ? Jean les a appelés. Beaucoup l’ont écouté, sans trop se soucier qui les interpellait. Au fait n’est-ce pas dangereux de se laisser mener par un homme dont on ne connaît pas vraiment l’identité ? Une bonne question en ces temps d’aujourd’hui, quelques vingt siècles après, où tant de faux bergers séduisent et mystifient. Les « juifs », sans doute religieux responsables, s’inquiètent de ce qui se passe.

Qui est-il ? Est-ce lui ?

L’attente du Messie (Christ) flottait dans l’air du temps… Se pourrait-il qu’il soit celui qu’on attendait ? En a-t-il les aspects ? En homme du désert, il vit très simplement, il a le verbe haut comme l’eurent les prophètes, et son habillement rappelle celui d’antan, le vêtement d’Élie. Messie ? Il aurait tout pour l’être, pourtant il ne l’est pas. Le Messie, on le sait, sera très différent, au point que même Jean finira par douter de celui que, quelque temps auparavant, il avait désigné. Mais pouvait-il savoir, non qui était le Messie mais comment il vivrait, alors qu’il paiera de sa vie sa grande honnêteté  avant que le Messie, Jésus, le Fils de Dieu ne soit ressuscité ?

Il n’est pas le Messie !

Ceci, il en est sûr. Il l’affirme fortement aux prêtres et lévites venus l’interroger. Non, il ne l’est pas, pas plus qu’il est Elie ou le plus grand prophète, sensé se présenter comme un nouveau Moïse.(Dt 18, 18) Aucune des références qui lui sont présentées, ne correspond vraiment à son identité. Qui est-il, on ne sait ! Est-ce lui ? On écoute, car il va déclarer ce qu’il pense de lui, comment il se comprend. Il n’est rien de ce qu’on dit de lui, mais ce dont il est très sûr, c’est qu’il est « une voix »

Une voix ?

Étrange compréhension de soi ! Une voix prêtée à celui qui viendra et dont il faut préparer, chacun, la route jusqu’à soi. Jean : une voix. Impressionnant, n’est-ce pas ? Être si captivé, si pris par quelqu’un d’autre qu’on ne se définisse que par rapport à lui. Heureusement, sans doute, que, s’il en est ainsi, c’est par rapport au Christ ! Jean n’est-il rien d’autre qu’une voix mise au service de celui tellement plus grand que lui ? Alors que se préparent les fêtes de Noël, sommes-nous tout tendus vers le Christ qui vient ? Sans doute nous faudrait-il être plus désencombrés pour vivre cet aujourd’hui de la venue du Christ à l’intérieur de notre vie. Dans quelle mesure l’attitude de Jean peut-elle susciter la nôtre ? Dans quelle mesure cette voix qui témoigne pourrait-elle nous inciter, à savoir comme lui, trouver notre identité propre, dans une relation entièrement sous l’emprise du Christ. Jean, docile à la motion de Dieu, (Jn 1, 6) a pu y parvenir alors qu’il ne connut que très partiellement le Christ (Messie) (Jn 1, 31) ; ce qui n’est plus tout à fait notre cas puisque nous sommes disciples venus et baptisés après la nuit de Pâques.

Est-ce lui ?

Non il n’est pas le Messie, et encore moins le Fils de Dieu fait homme. Mais il est bien vivant et même intensément, parce que tout orienté vers Celui dont il attend la manifestation publique et décisive et que nous attendons comme Juge et Seigneur pour clôturer le temps. L’humilité de Jean malgré son grand succès vaut toujours aujourd’hui. A tous ceux qui attirent et même manipulent, il est un désaveu. Qui veut parler du Christ ou témoigner de lui doit se faire tout petit. Devenir une voix, être tout en désir de lui… Les gens qui viennent à lui n’ont vraiment rien à craindre. Jean sait les renvoyer à un plus grand que lui, à Celui en qui, de toute éternité, l’homme fut pensé et en qui les humains trouvent leur dignité.

Est-ce lui ?

Non, il n’est pas le Messie.

Mais il invite chacun à être tendu vers…

Laissons-nous prendre par le Messie qui est le Fils de Dieu.

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« Plus fort… ! » 4 décembre 2005 - 2° dimanche de l'Avent B

Evangile : Mc 1, 1-8 Jean Baptiste annonce la venue du Seigneur
 

Quelle est la Bonne Nouvelle annoncée aujourd’hui par un homme du désert vêtu de peau de bête ? Est-elle aussi nouvelle qu’il semble le proclamer en annonçant qu’elle est en train de commencer ? Est-elle vraiment nouvelle au point que jusque là elle n’existait pas ? Quel est le contenu de cette bonne nouvelle ? Serait-ce que Dieu nous aime ? Ou bien que Dieu est là ? Ou les deux à la fois ? Qu’apporte-t-elle à l’homme qu’il n’aurait déjà eu, entendu ? Est-il possible d’entendre dans les temps où nous sommes une nouvelle bonne, excellente, capable de nous surprendre ?

Capable de nous surprendre ?

Comme bonne nouvelle qu’aimerions-nous entendre ? Que tout devienne simple dans ce monde compliqué ? Que chaque homme puisse vivre en comptant sur les autres et les autres sur lui ? Que la vie soit plus douce et que ce dont on éprouve l’envie soit à portée de mains ?

Bonheur, où es-tu ?

Quel rêve flotte au plafond de nos têtes ? Quand nous pensons bonheur, que définirions-nous ? On pense souvent savoir ce qui rendrait heureux mais en quoi ce qui semble procurer le bonheur s’avère-t-il vrai ? Arrêterions-nous le temps si nous pouvions le faire ou souhaiterions-nous le mouvement inverse quand la situation tourne à notre détriment ? Évoquer le bonheur, en ce moment d’Avent, n’a rien de déplacé, puisque l’évangile  qui nous est proclamé veut  dire Bonne Nouvelle et que Marc nous l’annonce en son commencement.

Commencement de la Bonne Nouvelle….

Penché sur cette annonce, on comprend « nouveauté », car ce commencement, à bien l’interpréter, laisse entendre un début, celui d’une nouvelle qu’on ne connaissait pas. Ce qui va se passer au fil de l’évangile est une façon d’être, maîtresse de bonheur et qui pour nous les hommes est un commencement comme on parle de création du monde. Un bonheur radical est à portée de mains qui n’est pas comparable avec ce qu’on vit déjà. Il fait une irruption en l’homme de Nazareth dont Jean, dans son désert, annonce la venue. La bonne nouvelle vient avec lui. Osons aller plus loin, disons que la nouvelle ne fait qu’un avec lui.

Il est bonne nouvelle !

Il ne nous promet rien pour agrandir nos biens; ni pour passer la vie sans quelques affrontements. Il propose simplement de se mettre à sa suite, et d’aller, en communiant à lui, jusqu’à ne faire qu’un.

Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, Fils de Dieu !

En ce commencement de la Bonne Nouvelle, Jean, qui en est l’annonceur, est saisi par l’urgence de sa proclamation. Il faut qu’elle soit amplement entendue. car n’est-elle pas la seule à tenir sa promesse ? La vie de Jésus Christ, telle qu’elle est rapportée, n’est-elle pas le sommet d’un bonheur accompli ? Sa vie ne fut-elle pas un chemin de bonheur ?

Puis-je répondre oui ?

Que lui substituerions-nous comme autre comportement qui vaudrait davantage pour le bonheur de l’homme ? Que trouverions-nous de bon pour rendre heureux les hommes, en dehors de Jésus, le Christ, Fils de Dieu ?

Voici donc la nouvelle qui commence aujourd’hui. Par la voix du Baptiste, elle interpelle nos vies. Porteur de cette nouvelle, Jean s’engage pleinement et se sent tout petit, car dit-il : « Celui qui va venir est « plus fort » que moi. »

« Plus fort ? »

Bonheur et « plus fort » ne vont-ils pas ensemble ?

Bonheur : Dieu est là, voilà donc la nouvelle, et plus fort que la mort !

Bonne Nouvelle à toi !

 

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« Attendre… ! » 27 novembre 2005 - 1° dimanche de l'Avent B

Evangile : Mc 13, 33-37 « Veillez ! »

Selon que l’on regarde ce qui se passe en l’homme ou que l’on est attentif à ce qui touche au Christ, on peut titrer différemment cette méditation liée à l’évangile : soit « Attendre » ou bien « Venue ». En effet l’évangile nous parle de la « venue » du Christ ressuscité, sens premier de l’Avent, mais en même temps l’évangile met l’accent sur l’attitude de l’homme qui doit l’attendre en veillant.

Attendre donc est important !

Tout le monde sent bien l’importance d’attendre. Que serait une vie où l’attente est mourante ? Quand l’homme n’a plus rien vers quoi ou qui attendre, ne perd-il pas toute sa consistance ? Bienheureux sont les hommes et les femmes qui savent ce qu’ils attendent ! La vie est dans l’attente et celle-là se retire quand on n'attend plus rien.

La vie est dans l’attente !

Mais la vie prend sa forme et grandit selon ce qu’on attend. Tout n’est pas nourrissant de la même façon. En ce temps de l’Avent, il s’agit de « venue », ne nous faudrait-il pas convertir notre attente ?

Chrétiens, qu’attendons-nous ?

Sans doute les mêmes choses que les autres humains. Ce que l’on se souhaite quand on veut célébrer un nom, l’anniversaire, ou quelque événement qui touche nos relations. Nous voulons le bonheur, sans savoir ce qu’il est, et sans toujours vouloir en assumer le prix dû à la conversion intérieure par où il doit passer. Nous voulons réussir, quoi de plus désirable ? A condition encore de savoir de quoi vraiment on parle. Il est des réussites qui peut-être n’en sont pas ! Peut-être que mes désirs ne volent pas très haut. Peut-être que je n’attends que des choses humaines qui tournent autour de moi ? Quand on scrute son cœur, qu’y trouve-t-on au fond ? Des attentes, des besoins, mais lesquels ? Et puis, comment trier les vrais d’avec les faux ? Ne sont-ils pas trop mesquins, tout justes préformés à ma façon de voir, à ma préoccupation d’être simplement épargné par les embêtements ? Je quête le bonheur, c’est-à-dire ? Que tous les jours se suivent, chacun se ressemblant dans une sorte de paix exempte de tracas ? Que la vie continue indemne de souffrances ?

Chrétiens, qu’attendons-nous ?

Aspirons-nous aux vastes horizons ? Cultivons-nous des préoccupations fortes ? Le monde est tellement grand, complexe, renversant ! Dans ce temps de l’attente, assurés que le Christ viendra, ( y croyons-nous fortement ? ) nous sommes en service. La vie entre nos mains, la nôtre et celle des autres, pour que l’humain advienne, est notre grand travail. Le don de Dieu effectif dans le Christ, disponible dans l’Eglise, offert par l’Evangile, est la grande richesse qu’il nous faut exploiter pour que l’humanité atteigne « l’état de l’homme parfait, à la stature qui est celle de la plénitude du Christ » ( Éphésiens 13 ). Dans ce temps de l’attente, n’entendons-nous que soi, ou réduisant la voix de notre propre moi, percevons-nous déjà l’autre voix qui prononce le nom de l’homme véritable ? Sentons-nous les besoins qui sont hors de nous-mêmes ? Notre attente chrétienne doit embrasser le monde, car le Christ est pour tous et, attendre qu’il vienne, avance en même temps que notre souci de l’homme sur tous les continents.

Attendre activement !

Entre nous et le Christ venu et qui viendra,

il y a le monde qui doit, dans le Christ, advenir.

Attendre ?

En regardant de près je nomme ce que j’attends.

 

 

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Le commentaire biblique de la semaine homélie du dimanche évangile du dimanche méditation