Les commentaires 

de l'évangile du dimanche année B  2008-2009

par le Père Christian Blanc

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Année B (2008-2009) de l'Avent à la fête du Saint Sacrement cliquer ici

Depuis le 12° dimanche ordinaire ci-dessous

   

 22 novembre 2009  Fête du Christ Roi B  Jn 18,33b-37
 15 novembre 2009  33° Dimanche ordinaire B  Mc 13,24-32
 8 novembre 2009  32° Dimanche ordinaire B  Mc 12,38-44
 1er novembre 2009  Fête de la Toussaint  Mt 5,1-12
 25 octobre 2009  30° Dimanche ordinaire B  Mc 10,46-52
 18 octobre 2009  29° Dimanche ordinaire B  Mc 10,35-45
 11 octobre 2009  28° Dimanche ordinaire B  Mc 10,17-30
 04 octobre 2009  27° Dimanche ordinaire B  Mc 10,1-12
 27 septembre 2009  26° Dimanche ordinaire B  Mc 9,38-48
 20 septembre 2009  25° Dimanche ordinaire B  Mc 9,30-37
 13 septembre 2009  24° Dimanche ordinaire B  Mc 8,27-37
 6 septembre 2009  23° Dimanche ordinaire B  Mc 7,31-37
 30 août 2009  22° Dimanche ordinaire B  Mc 7,1...23
 23 août 2009  21° Dimanche ordinaire B  Jn 6,60-69
 16 août 2009  20° Dimanche ordinaire B  Jn 6,51-58
 9 août 2009  19° Dimanche ordinaire B  Jn 6,41-51
 2 août 2009  18° Dimanche ordinaire B  Jn 6,24-35
 26 juillet 2009  17° Dimanche ordinaire B  Jn 6,1-15
 19 juillet 2009  16° Dimanche ordinaire B  Mc 6,30-34
 12 juillet 2009  15° Dimanche ordinaire B  Mc 6,7-13
 5 juillet 2009  14° Dimanche ordinaire B  Mc 6,1-6
 28 juin 2009  13° Dimanche ordinaire B  Mc 5,21-43
 21 juin 2009  12° Dimanche ordinaire B  Mc 4,35-41

Tiens-toi droit !  22 Novembre 2009 - Fête du Christ Roi - Année B

Jn 18,33b-37  Lectures de ce jour sur aelf.org au  lien suivant

Simple remarque ou noble invitation ? Conseil de bonne tenue ou appel à la droiture ? Émanation de l’Évangile ou façon de dire plus ou moins en lien avec lui ? Dans l’Évangile de ce jour personne ne l’adresse à personne pourtant au contact de cette Parole chacun peut se l’adresser à lui-même. Elle me paraît, sans exagération aucune, émaner de cette fête du Christ Roi. En effet que voyons-nous ? Une scène grandiose : Jésus de Nazareth debout devant Pilate. Poussé par ses détracteurs il a d’abord été conduit devant Hanne puis Caïphe le grand prêtre de cette année-là. Leur verdict connu depuis longtemps devait pour être exécuté recevoir l’aval du gouverneur romain. Pilate seul pouvait en donner l’autorisation.

Jésus se tient devant lui, fort.

 Qui finalement va juger l’autre ? Pilate questionne, bafouille, s’embrouille. Qu’a-t-il donc fait de mal, cet homme sans défense ? Impossible de savoir ! Les chefs des prêtres restent évasifs : « S’il n’était pas condamnable nous ne te l’aurions pas livré » (Jn 18, 30) Et c’est tout ! Et lui le Nazaréen que dit-il de lui-même ? « On » le dit roi, l’est-il vraiment ? Oui ? Non ? Oui et Non ? Pilate n’en sait rien. Pour lui un roi, comme il l’est lui-même, règne sur un peuple et régit un territoire. Mais au lieu de cela qu’entend-il : Des propos sur un royaume qui n’est pas de ce monde, et dont le roi n’a nul besoin de gardes pour le défendre… Pilate songeur ne comprend guère. Et lui le gouverneur obligé de rendre une sentence se sent ébranlé. Il a devant lui quelqu’un de désarmé et pourtant d’une tranquille assurance. Quelqu’un qui sans agressivité, sans forcer la note, sans même chercher à se défendre se tient debout devant lui et lui donne la réplique comme un vrai roi en pleine possession de ses moyens. Alors Pilate cherche à se tirer d’affaire, coincé qu’il est entre l’exigence des juifs et cet homme qu’ils veulent lui faire condamner mais dont l’identité lui échappe.

Qui est-il ce Jésus ?

 D’où lui vient cette maîtrise ? Pilate pourra-t-il découvrir son secret ? Nous par contre nous en prenons acte.

Il est roi, ce condamné et son royaume est la Vérité :

 « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37) Qu’est-ce que la Vérité rétorquera Pilate pour éviter d’y être confronté. La Vérité, c’est lui, confesserons-nous en regardant le Christ pleinement maître de lui-même.

La Vérité rend libre, nous rendra libres !

 Jésus est-il plus préoccupé de Vérité que de sa vie physique, que de lui-même ? D’où tient-il cette façon d’être sûre et sereine en pleine situation inconfortable ? Toujours aussi décontenancé, Pilate incapable d’être vrai avec lui-même livrera Jésus aux Juifs et déclara en le leur montrant : « Voici l’homme » (Jn 19, 5) A son insu il disait vrai.

N’est-il pas l’Homme ?

 S’il l’est vraiment, le deviendrons-nous nous-mêmes ?

D’où cette invitation en le contemplant :

Tiens-toi droit !

P. Christian Blanc, a.a.

Novembre 2003

 

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Le Fort !  15 Novembre 2009 - 33° Dimanche ordinaire - Année B

Mc 13,24-32  Lectures de ce jour sur aelf.org au  lien suivant

 La frêle silhouette de Jésus de Nazareth dont les autorités religieuses ne vont faire qu’une bouchée, m’inspire ce titre. Mais où est sa puissance ? Dans sa parole percutante puisée à même son être ? Dans ses gestes libérateurs qui ont redonné la vie ? Oui, certes ! Mais qu’est-ce que cela face aux pouvoirs du monde ? Pouvoirs auxquels il va être confronté et par lesquels il va être condamné…   Mais aussi qu’est-ce cela face aux puissances en tout genre qu’il évoque lui-même dans ce chapitre 13 de Marc dont nous méditons les versets 24 à 32. Frêle silhouette au cœur de ce monde, il ose  pourtant se mesurer aux forces qui secouent l’histoire humaine et ensanglantent les Nations. Il ose toiser depuis la petite Palestine les soubresauts du cosmos en relativisant leur puissance. Pourtant quelle barbarie l’homme n’est-il pas capable de déclencher et d’entretenir jusqu’à la penser bonne pour lui-même ? Et quels désastres ne causent pas, eaux en furie, tremblements de terre, volcans en éruptions ou microbes et virus déclencheurs de fléaux, dévastateurs de populations ! Le monde semble voué à l’échec, promis à une extinction, par ailleurs envisagée sérieusement. Les hommes ne craignent-ils pas aujourd’hui l’asphyxie de la planète ou, ce qui revient au même, de la faire eux-mêmes sauter ? (Mc 13,7-10) Face à un tel déchaînement que vaut la puissance du Christ ?

Le Fort !

Et bien face à tous ces possibles, explosion de la planète, éradication du genre humain, Jésus reste serein, du moins le semble-t-il ! A ses disciples ne dit-il pas que tout cela est dans l’ordre des choses : « Lorsque vous entendrez parler de guerre et de rumeur de guerres, ne vous alarmez pas : il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin » (Mc 13,7). Ne pas s’alarmer… donc ? Par contre,  Jésus insiste sur une chose essentielle qu’il ne faut surtout pas lâcher pour une proie illusoire : la foi en lui, l’adhésion quoiqu’il en coûte à sa personne. Par deux fois, il en fait la recommandation à ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. En Mc 13,6 : « Il en viendra beaucoup sous mon nom qui diront : ‘ C’est moi ‘ ». Surtout, que les disciples ne se laissent pas abuser ! Et en Mc 13,21-23,  « Alors si l’on vous dit : Voici le Christ, il est ici, il est là, n’en croyez rien…… ».  Jésus interprète les convulsions du monde en se présentant comme « Le Fort »  qui sait ce qu’elles veulent dire : un enfantement (Mc 13,8b) et non pas un effondrement. L’humanité et le cosmos s’entrechoquent comme pour parvenir à un accomplissement que la mort, pourtant partout présente et bien qu’apparemment victorieuse, ne pourra pas empêcher. Et dans cette parturition de l’humanité en lien avec le cosmos, Jésus de Nazareth, « C’est moi » comme il vient de se nommer, « Le Christ », jouera le rôle du rassembleur (par anges interposés) (Mc 13,27). Il est toujours à l’œuvre dans le monde et l’unifie déjà par la prédication de l’Evangile (Mc 13,10) jusqu’à ce que toutes les nations l’aient entendu. La frêle silhouette de Nazareth, s’annonce alors comme Le Fort, le Fils de l’homme, qui accomplit finalement l’humanité, enfin, un jour définitivement enfantée en Lui.

Le Fort !

Le même qu’à Nazareth, après être passé comme tout humain par la mort, celui qui se nomme le Fils de l’homme  «  viendra dans les nuées avec grande puissance et gloire » (Mc 13,26) riche de toutes nos vies et celle du monde, et nous-mêmes et le monde enrichis de sa divinité. Il fera apparaître alors, le monde transfiguré en Lui. Il viendra, et « ce » qui possédait alors  la puissance, sera ébloui par son être.  Soleil, lune, étoiles à qui on demandait et demande encore des oracles s’étioleront (Mc 13,24) En lui la force de la vie, la lumière de la vérité, l’unique chemin de l’homme.

 

Le Fort ?

« Le ciel et la terre passeront…

 Mes paroles ne passeront pas » (Mc 13,31)

Ô Christ !

AMEN

 

P. Christian Blanc, a.a.

15 novembre 2009

 

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Tout donner !  8 Novembre 2009 - 32° Dimanche ordinaire - Année B

Mc 12,38-44  Lectures de ce jour sur aelf.org au  lien suivant

Désir profond et peur viscérale ! Tout donner mais aussi conserver encore un peu….  Notre vie ne se déroule-t-elle pas entre ces deux attitudes ? N’y a-t-il pas en nous ce désir profond de tout donner pour être ? De s’oublier soi-même pour un don total ? N’est-ce pas l’attitude exaltée quand il s’agit du mariage ou de la vie religieuse ? Ce don de soi rime alors avec amour et nous le sentons plus ou moins confusément, accomplit l’être humain. L’élan de l’engagement n’ira peut-être pas jusqu’au bout de sa réalisation, mais cela ne supprime pas le fait de sa réalité. Et qui n’écoute pas cet appel profond est condamné à végéter, à développer un être rabougri puisque limité à ne vivre que pour soi.  Bonjour tristesse !

Tout donner

La veuve pauvre de l’évangile avait-elle d’instinct compris tout cela, et Jésus qui attire l’attention de ses disciples sur elle, veut-il suggérer à quoi ils doivent parvenir en déjouant les pièges de l’avoir et du paraître, du faux semblant sous couvert d’honorabilité, de recherche de soi sous prétexte de service ? (Cf. Mc 12,38-40). Être vrai avec soi n’est-ce pas entendre et suivre, autant que faire ce peut, cette exigence de tout donner ? N’avait-elle pas raison cette veuve, pauvre, de jeter ses deux piécettes dans le tronc du temple, signe qu’elle jetait sa vie, sa pauvre vie, entre les mains du Dieu des Pères dont le Temple était encore le lieu par excellence de la Présence ?  Elle aurait eu pourtant bien des raisons de ne pas aller jusqu’à ce geste extrême, au nom du bon sens déjà simplement. Puisque tant de riches mettaient beaucoup était-il nécessaire d’apporter sa quote-part à l’entretien d’un Temple qui pourrait l’être sans son apport, financièrement dérisoire? D’autant plus que l’utilisation des fonds pouvait être détournée de leur but par  des scribes malhonnêtes (Mc 12,38-40) capables de lier de pesants fardeaux pour en charger les épaules des gens, mais qu’ils ne voulaient pas toucher du doigt (Mt 23,4).

Tout donner !

Pourtant n’a-t-elle pas raison cette femme complètement démunie ? N’indique-t-elle pas le choix que chacun devra faire un jour ? Tout donner ce que l’on avait pour vivre afin de vivre. Dans le contexte dramatique de la passion cette veuve qui ne connaît pas Jésus jette sa vie en Dieu. Et Jésus en la voyant ne reconnaît-il pas en elle, le don qu’il va faire de lui-même à son Père ? Le don, le tout donner, rend contemporain du Christ. Mais il y a plus...! Le don que le Christ fait de lui-même au Père, révèle celui que Dieu fait de lui-même à l’humanité. En jetant sa vie dans le trésor du Temple, la veuve donner tout à une institution que Jésus annonçait comme périmée. Mais pour autant loin d’être à fond perdu le don de la veuve l’ouvrira au don que Dieu fait lui-même de lui-même et que révèle Jésus-Christ. Le don suscite le don : en Jésus-Christ tout est accompli de notre vérité humaine. La veuve figure de l’humanité rejoint le Christ qui en est le prototype et comme lui recevra le tout de Dieu.

Tout donner ?

Tout donné déjà ?

Sinon quand ?

 

P. Christian Blanc, a.a.

7 novembre 2009

 

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« Ressemblance ! »  1er Novembre 2009 - Toussaint

Mt 5,1-12  Lectures de ce jour sur aelf.org au  lien suivant

Quel mot plus indiqué pour la fête de ce jour ! Nous rendons grâce pour tous ceux et celles dont la vie imprégnée d’Evangile fait encore signe aujourd’hui. Nous englobons dans cette reconnaissance les saints connus et inconnus, membres de l’Eglise ou simplement appartenant à l’humanité. C’est la grande fête de l’espérance car si des hommes et des femmes sont parvenus à briller comme des lumières dans les ténèbres du monde, l’humanité peut garder confiance. La vie féconde des saints anime encore notre humanité. Décédés mais vivants dans le Christ ressuscité, ils restent solidaires de toute l’humanité devenant corps du Christ, royaume de Dieu.

Les saints !

Chacun à sa façon et en son temps a vécu l’Evangile, s’est laissé guider par l’Esprit du Christ. Leurs vies réelles ou amplifiées, enjolivées pour édifier, sont parfois cocasses ou même franchement rocambolesques. Mais ils ont été  eux-mêmes dans leur attachement au Christ.  Admirables… ! Sont-ils pour autant imitables ? On l’a cru trop souvent. Mais chacun de nous ne doit-il pas trouver son propre chemin de sainteté ? S’il est un message des saints n’est-ce pas celui d’aller comme eux, mais chacun par son propre chemin, jusqu’à la ressemblance avec le Christ. Non pas reproduire leur façon de faire, ou vouloir les imiter dans leur marche concrète mais se laisser stimuler par leur élan envers le Christ. Car il n’est au sens fort d’autre saint que Le Christ.

Le saint par excellence !

Voici où nous emmène, où doit nous emmener cette fête de la Toussaint, à regarder Le Saint à travers les vies de ceux et celles qui se sont laissés attirer par Lui. Ceux qui ont entendu et répondu à son appel, en tenant jusqu’au bout d’eux-mêmes leur adhésion au Christ. Leur vie ne s’explique que par cette adhésion et cette adhésion fait grandir la ressemblance. Dieu n’attend pas de nous des choses extraordinaires mais que nous nous laissions façonner par l’Esprit, conformer à son Fils. C’est le projet de toute éternité et pour toute l’humanité, auquel personne n’échappe et que nous lisons dans la lettre aux  Ephésiens 1,3 : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour, déterminant d'avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. »

Quand à chaque Eucharistie je communie, c’est d’abord à la vie du Christ que je participe, unie certes à la vie de tous ceux et de toutes celles qui morts sont vivants aujourd’hui en Lui, en attente de la plénitude du corps du Christ. Ne nous égarons pas dans une imitation des saints mais prenons, comme eux, le chemin de la ressemblance au Christ.

Ressemblance !

Comment ne pas citer en ce moment précis un passage de la lettre aux Philippiens, passage qui nous rapproche de la première béatitude : « heureux les pauvres de cœurs,  le royaume des cieux est à eux » (Mt 5,1). Mais d’abord citons : « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti lui-même, prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une croix. Ainsi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom pour que tout au nom de Jésus s’agenouille… » (Ph 2, 6-10)

Citons pour prendre conscience du mouvement auquel nous sommes invités pour ressembler au Christ, le Saint par excellence. Non pas d’abord un mouvement d’élévation selon la propension adamique, mais un mouvement humble, une attitude d’humilité pour se rendre disponible au projet du Père qui dans son  amour veut nous exalter, pour nous rendre Fils et Frères, car il est écrit aussi : (Ph 2,1-5) « S'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres. Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus : »

Heureux !

Nous voici donc en pleine béatitude, car Jésus fut lui-même le pauvre qu’il nous faut devenir pour le « posséder » comme étant notre nouvelle et véritable identité. Cette nouvelle identité de ressemblance, de pauvreté de cœur, de royaume possédé, ce nouvel état est-il source de bonheur, de joie ? Que fut le Christ de ce point de vue-là ? Un éteignoir ou une lumière ? Celui qui faisait vivre ou laissait croupir dans la misère, celui  qui libérait ou enchaînait ? Quelle est la bonne réponse … ?

Ressemblance !

« Nous le savons : Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à Lui… » ( 2° lecture 1 Jn 3,3)

L’homme peut-il trouver mieux pour vivre ?

Heureux les pauvres de cœur….

Ne sont-ils pas les fils de la ressemblance ?

Saints en Lui et par Lui et comme Lui !

 

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« Voir ! ? »   25 octobre 2009 - 30° dim. du temps ordinaire B

Mc 10,46-52 Lectures de ce jour sur aelf.org au  lien suivant

Nul ne peut  ‘voir’  s’il n’en accueille le don. Et nul ne peut ‘voir’ s’il n’en fait la demande. L’aveugle assis sur le bord du chemin et mendiant son pain, crie d’abord sa misère à l’adresse de l’homme qui se dirige résolument vers Jérusalem. Il l’interpelle et lui demande de le prendre en pitié : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (Mc 10, 47). Quelle intuition l’a poussé à s’adresser à Jésus en ces termes ? Quelle inspiration ? Est-ce à cause de sa misère ? Déjà il semble, bien qu’aveugle, mieux voir que les disciples qui à chaque annonce de la Passion ont manifesté leur incompréhension. Il voit en Jésus de Nazareth, le Fils de David, autrement dit le Messie. Ce qui est déjà beaucoup. Il voit plus certainement aussi que la foule qui entoure Jésus et qui s’efforce de le faire taire. Celui, qui bien qu’aveugle, voit mieux qu’eux, loin de se laisser intimider crie de plus belle : « Aie pitié de moi ».  Que contient cette demande ? Que soit levé une faute, un opprobre, un châtiment ? La croyance en la maladie punition n’était-elle pas courante ? Essayons de creuser cette demande pour savoir, en ce qui nous concerne, ce que nous y mettrions pour notre propre compte.

Aie pitié de moi !

Jusqu’où pourrait descendre cette prière en nous et urger notre connaissance sans tomber dans le pessimisme sur soi, le dolorisme, mais au contraire en gardant la confiance joyeuse en celui à qui on s’adresse. Chez l’aveugle Bar Timée n’est-elle pas l’expression, quasi joyeuse, car il bondit, (Mc 10,50) de la remise totale de son être. Et à qui se remet-il lui-même ? A qui ?  A Jésus de Nazareth qui, en route pour subir la passion, va se montrer vulnérable en même temps qu’il va permettre de voir plus loin que la surface des choses : Dieu à l’œuvre en lui.

Voir

L’aveugle a crié sa misère en s’adressant à l’homme qu’il fallait. Et il en a reçu réponse, car Jésus qui passait sans le voir, l’a cependant entendu et a ainsi  confirmé, du même coup, le titre qui lui était attribué  et qui porte puissance de salut, d’illumination. L’aveugle  appelé, bondit. Jésus le  questionne. Drôle de question d’ailleurs : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Mc 10,51) comme si la chose n’était pas évidente pour nous qui ne pensons qu’aux yeux clos de l’aveugle. Mais la cécité n’est-elle pas plus grande et plus profonde chez tous ceux et celles qui n’ont pas confessé Jésus de Nazareth, Messie souffrant parce que aimant ? A qui donner sa vie avec l’assurance de la trouver tout en la perdant ? Où trouver la lumière sur le sens de la vie, sinon en découvrant le vrai visage de Dieu en l’homme de Nazareth ? Quel effort l’homme ne fait-il pas pour se trouver lui-même  et donner sens à sa vie ! Quelle ingéniosité ne déploie-t-il pour maîtriser  son avenir ! L’aveugle, mendiant de lumière, et sa prière adressée à Jésus : « Rabbouni, que je voie » (Mc 10,52) ne nous indique-t-il pas le chemin à suivre? Sorti de lui-même pour s’adresser au Fils de David, sa foi l’a sauvé : «  il vit et suivit Jésus ». Sauvé, non seulement guéri ! L’homme prisonnier de lui-même et de tous ses artifices ne se découvrira jamais pleinement s’il ne quitte  son personnage, s’il ne  reprend à son compte le sens de la prière de l’aveugle, le mendiant de lumière, au bord du chemin.

Voir !

Nul ne peut voir s’il ne le reçoit comme un don

Nul ne peut voir s’il n’en fait la demande.

A Qui ?

Savons-nous bien ce que nous voulons qu’il fasse pour nous ?

Ne cultivons-nous pas trop le clair-obscur ?

 

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Quelle place ?   18 octobre 2009 - 29° dim. du temps ordinaire B

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Il n’est pas facile de faire entrer en soi les sentiments du Christ, ni de se tenir à la place à laquelle notre foi en lui nous convie et en quelque sorte nous oblige. Notre mentalité d’humain nous tire toujours vers une façon d’être à l’opposé de celle du Christ. Nous aimons la gloire qui vient des hommes, lui, il s’en méfie comme de la peste, et quand les foules veulent le faire roi, aussitôt il se dérobe (Jn 6,15) Nous cherchons à capter l’attention, à attirer les regards sur nous, à être quelqu’un, lui, il passe en annonçant ce qu’il a à dire ou à faire, puis il poursuit sa route pour que d’autres soient aussi évangélisés. Il trouve sa joie dans ce qu’il fait sans attendre d’autre récompense que celle d’avoir accompli sa tâche. Nous, nous attendons promotions, honneurs, récompenses. Certes, il est toujours des exceptions, mais en général, ‘ l’égo’ aime bien être honoré. Chacun est plus ou moins autocentré. La vraie humilité n’est-elle pas rare ? Pourtant  n’est-ce pas en elle que le moi s’accomplit en s’ouvrant à ce qui n’est pas lui. Et loin de disparaître le moi ne s’enrichit-il pas de ce qui est en l’autre tout en permettant à celui-ci d’exister avec le meilleur de lui-même. Deux êtres préoccupés par eux-mêmes ne se rencontrent pas. Il n’en est pas de même quand l’un des deux au moins vit une réelle humilité.

Quelle place ?

Les deux disciples Jacques et Jean en adressant leur prière à Jésus ne sont-ils pas eux aussi sur cette logique de la gloire toute humaine ? Ils viennent d’entendre Jésus parler pour la troisième fois de sa passion (Mc 10,32-34). Veulent-ils le rejoindre dans sa situation de condamné ? Ont-ils compris qu’il le faudrait pourtant, qu’il le faudra ? Plus prosaïquement, ils pensent à la gloire du roi messianique, maître du royaume nouveau qui imposera sa loi à l’humanité incapable de se gouverner seule. Dieu enfin régnant en juge suprême, ne pourraient-ils pas être, eux, ses assesseurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche ? Rêve de puissance, ivresse de pouvoir ! Mais qui ne rêve à ce Dieu qui mettrait l’humanité au pas, et la place qui pourrait être celle de ses  adeptes ? Plus que l’on s’en rend compte ce rêve nocif nous habite. Mais la gloire de Dieu, n’est pas le triomphe de la puissance, même pas de la seule vérité, mais de l’amour authentique. La gloire que recherche le Christ sera exprimée sur la croix, abaissement total pour l’expression d’un amour sans réserve envers tous, y compris envers ceux qui n’en veulent pas. Sur la croix,  Dieu le Christ, ne juge pas mais se laisse juger par deux malfaiteurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Dieu se laisse juger par chacun d’entre nous pour ou contre lui, bon larron ou mauvais ! Jean et Jacques qui rêvaient de cette place vont pouvoir trouver la leur en optant pour sa gloire telle qu’il la conçoit et la fait éclater sur la croix. Comme celle du Serviteur amoureux de l’humanité toute entière et de chacun en particulier.

Quelle Place ?

Dieu en Jésus le Christ a exprimé qu’elle est la sienne en manifestant sur la croix son être, sa gloire. Jacques et Jean l’ont-ils enfin compris ? L’histoire dit oui, l’un étant mort martyr. Vienne alors pour moi le choix concret du Christ : veux-tu boire cette coupe ? Peux-tu accepter le baptême (Mc 10,38) ? Peux-tu rejoindre Dieu sur la croix en devenant serviteur comme lui ?

Serviteur !

La place pour chacun !

La mienne ?

 

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« Bon Maître ! » 11 octobre 2009 - 28° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 10,17-30)

L’homme riche salue Jésus en ces termes… Agenouillé devant lui, il l’interroge : « Bon Maître… ». Comprend-il la portée de cette appellation ? Se doute-t-il de la réponse qu’il recevra  et de l’engagement qui pourrait s’en suivre ? Comment considère-t-il Jésus ? Comme un excellent rabbi, capable de lui donner un bon conseil, ou lui prescrire une recette afin d’avoir en héritage la vie éternelle ? Pressent-il qu’il est devant une offre de vie unique et inépuisable ? Son agenouillement le conduira-t-il à la reconnaissance, à sa renaissance ?

Bon Maître !

La remarque de Jésus, sur la salutation de l’homme riche, mettra-t-il celui-ci sur le bon chemin, celui de son besoin de vie éternelle ? Que lui est-il répondu en effet ? Une interrogation : Pourquoi m’appelles-tu bon ? La portée des mots de nos prières dépassent bien souvent ce que nous en comprenons. Nul n’est bon que Dieu seul ! La salutation de l’homme riche sous entendrait-elle cette profondeur ? Et comment le demandeur comprend-il la « vie éternelle » ? Comme beaucoup d’entre nous qui l’imaginons à la manière d’une récompense attribuée au terme d’une vie d’efforts méritoires ? Comme un temps hors du temps, dont on ne sait ce qu’il peut être, sinon plus heureux que celui dans lequel nous vivons mais auquel pourtant nous nous accrochons de toutes nos forces ?

Vie Eternelle ?

Vie éternelle et Bon Maître ces deux notions ne doivent-elles pas être maintenues ensemble ? Viendra l’heure où il  faudra les réunir. Pour le moment Jésus continue d’aiguiller son interlocuteur vers la vérité, en l’interrogeant sur sa pratique des commandements envers le prochain, alors qu’il omet, (Est-ce intentionnellement ?) le commandement envers Dieu. L’application des commandements envers le prochain suppléerait-elle à un devoir envers Dieu comme on peut souvent l’entendre aujourd’hui ? Certainement pas. Mais un déplacement n’est-il pas nécessaire quand il s’agit de Dieu ? Déplacement que Jésus va inviter le riche à effectuer. L’effectuera-t-il ? L’avons-nous fait nous-mêmes ?

Bon Maître !

L’observance des commandements envers le prochain, l’homme riche, semble-t-il, l’a réalisée. Est-il pour autant en possession de la vie éternelle ? Non, puisque le Christ lui dévoile son manque. Et quel est ce manque ? Mais d’aller jusqu’au bout de sa salutation. En saluant Jésus comme ‘Bon’, qu’il l’accueille alors comme Dieu véritable et se laisse entraîner en son intimité. N’est-ce pas le véritable déplacement qu’il faut accomplir pour avoir la vie éternelle ; vie qui ne peut être qu’intimité avec lui.  « Posant son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Et il lui dit : Une seule chose te manque : va, ce tu as vends-le et donne-le aux pauvres…… puis (surtout…) viens, suis-moi»(Mc 10, 21)

Jésus le « Bon » par excellence !

Oui ? Non ? Pas en paroles comme l’homme riche, tout homme riche (?) le déclare. L’homme refusant de reconnaître Jésus comme le « bon » s’en est allé tout triste. Dieu n’a pas pris pour lui le visage du Christ ! Il s’en alla tout triste, comment en aurait-il été autrement ? Peut-être aurait-il accepté une ascèse, de faire un effort de plus pour gagner la vie éternelle ? Mais entrer dans l’intimité du Christ comme réalisation du commandement de l’amour de Dieu, il n’en veut pas. Une autre richesse le retient : lui-même, mais ne lui donne pas la vie. Sommes-nous sûrs d’avoir choisis le Christ comme le Dieu véritable à suivre jusqu’au bout en renonçant à nous-mêmes ou aux richesses qui nous donnent l’illusion d’être par nous-même  ?  De n’être pas restés fixés sur des commandements à observer quand Dieu, dans le Christ, s’offre pour faire relation amoureuse et éternelle, relation qu’il est de toute éternité ?

Bon Maître…    Vie Eternelle…

Déplacement ?  

L’ai-je bien réalisé ?

 

 

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Une seule chair ! 4 octobre 2009 - 27° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 10,1-12 )

Pour un célibataire engagé dans la vie religieuse, les versets sur la relation homme et femme créés ensemble image de Dieu, produisent un grand effet, Pourquoi ?  Idéalisme,  ou à cause   d’une authentique perception de la grandeur et de la vérité de l’amour réciproque d’un homme et d’une femme en devenir d’une seule chair ? Si bien que les échecs de cette relation, nombreux et sans doute douloureux, n’enlèvent rien au désir de vivre à nouveau cette expérience jusqu’au bout.

Au commencement !

N’est-ce pas au commencement, c’est-à-dire au principe qui nous fait exister, au jaillissement de notre être, qu’il y a ce désir de faire « un », de réaliser l’unité qui se nourrit de la différence sans jamais l’épuiser, ni la dérober pour son seul profit personnel, individuel. Ce désir au commencement n’est-il pas le plus profond, le plus digne de l’humanité, le plus porteur de vrai bonheur : un homme, une femme fascinées par le mystère de l’autre et qui avance vers l’unité de l’être.

Une seule chair.

Si la grandeur de l’humanité se joue dans cette relation, une seule chair, on comprend aussi qu’elle soit difficile à réaliser et qu’elle connaisse des impasses aboutissant à la rupture, au divorce. On comprend, est-ce bien le mot ? Oui…Le Christ ne l’a-t-il pas compris ainsi quand il rencontrait la femme adultère ou la samaritaine ? Que leur a-t-il dit à propos de leur pratique de la relation homme-femme. Ne les a-t-il pas fait descendre en elles-mêmes jusqu’à ce qu’elles découvrent leur désir profond, celui qui vibre toujours au commencement de chacun d’entre nous, hommes et femmes : être un ?

Au commencement !

Il n’y a pas d’aménagement avec ce qui constitue la structure de notre être d’humain. Moïse à qui les pharisiens attribuent comme une justification de la rupture unilatérale d’un couple pour des motifs plus ou moins nobles, ne peut remettre en cause le désir inscrit par le créateur dans le profond de l’homme et de la femme. Il en a aménagé les conditions d’exercices sans nier la vocation à faire une seule chair. Et Jésus sans s’engager sur la gestion des échecs rappelle avec force le projet que l’homme et la femme doivent réaliser qu’elles que soient les ruptures et accidents de leur parcours. Parcours toujours capable d’être réorienté selon cette quête et sa prise de conscience : un homme et une femme capables de devenir une seule chair ?

Commencement !

Dieu en qui nous avons le mouvement et l’être ne peut que donner la force à l’homme pour trouver le vrai chemin de l’un vers l’autre malgré les ratés de la relation amoureuse. Car elle doit aboutir à faire une seule chair : vocation de la personne humaine, que rien ne peut supprimer et que la Bonne Nouvelle du pardon, l’Evangile, le Christ en acte dans notre vie humaine ne cesse d’encourager.

A chacun de vivre cette vocation.

Elle subsiste même dans les ruptures.

La réaliser quoiqu’il advienne !

N’est-ce pas ce que nous dit le Christ ?

 

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« Certitude » 27 septembre  2009 - 26° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 9, 38 – 48)

Au singulier, s’il vous plaît ! La partagerez-vous avec moi ? En ces temps d’incertitude et de relativisme, est-il possible d’avoir une certitude qui en soit inébranlablement une ? A chacun d’en juger ! Les lectures de ce dimanche nous permettent d’en prendre conscience et de la formuler comme suit : il n’est pas de plus grande richesse que la connaissance du Christ, le Fils de Dieu crucifié et ressuscité.

Pas de plus grande richesse ?

Dieu sait pourtant s’il y en a des richesses, et de toutes catégories. Richesses de l’esprit, du cœur, du corps … et richesses matérielles … Eh bien, il en est encore une plus grande qui ne supprime pas les autres mais les supplante toutes. Les disciples, bien que maladroits, dans leur adhésion au Christ, l’ont bien pressenti quand, par la voix de Pierre, ils l’ont confessé Christ en ajoutant : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68) « Tu es le Christ » (Mc 8, 29).

La plus grande richesse

Croire en Lui est le plus important. Qu’arriverait-t-il à celui qui scandaliserait un de ces petits qui croient en lui ? A celui qui, par sa façon d’être, détournerait quelqu’un de son adhésion au Christ ? Rien de ce qui est dit, sans doute, car qui se donnerait le droit d’attacher, au nom du Christ, une meule de moulin au cou de quiconque, et de le précipiter au fond de la mer ? (Mc 9, 42). Mais, à travers cette image forte, n’est-ce pas la connaissance du Christ qui est présentée comme la plus grande richesse ? Plus riche que la vie ? Les autres versets évoquant une mutilation successive de la main, du pied, de l’œil, selon leur incitation au péché (Mc 9, 43-48), n’accentuent-ils pas cette certitude : la foi au Christ, le plus grand des biens ? « Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la Vie que de t’en aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas » (Mc 9, 43). Le péché n’est-il pas rupture de la relation avec la Vie, et la vie n’est-elle pas le Christ, le royaume également ?

Certitude

Mettons-nous à ce niveau-là, notre relation au Christ ? La considérons-nous comme richesse incomparable ? Une richesse toujours à approfondir, car la connaissance ne se fortifie et ne s’accomplit que par l’assimilation de l’être du Christ, sa Vie, son Règne. Cette certitude comme la plus grande richesse, est-elle offerte à tous ? Cette question ne cesse de hanter nos esprits quand on affirme la richesse de la connaissance du Christ, et le nombre d’humains qui n’y parviennent pas. Ne trouvons-nous pas une réponse dans l’épisode précédent, les versets déjà médités ? L’épisode relate la réaction de Jean. Celui-ci trouve choquant qu’un homme chasse les esprits mauvais au nom du Christ sans faire partie du groupe des disciples (Mc 9, 38). Jésus rassure Jean, en l’invitant à s’en réjouir car : « qui n’est pas contre nous est pour nous » (Mc 9, 40). Ce passage est généralement interprété comme une leçon d’ouverture. Jésus stigmatiserait le sectarisme toujours prêt à se développer. Et pourquoi, en effet, ne pas comprendre les choses ainsi ? Le sectarisme pouvant causer tant de troubles, n’est pas évangélique. Mais ne peut-on pas comprendre plus ? Cet homme efficace dans la chasse aux mauvais esprits au nom du Christ, bien que n’appartenant pas explicitement au groupe des disciples, n’en est pas moins dans la mouvance du Christ. Et c’est en cela qu’explose la grandeur du Christ comme richesse ultime à connaître, car tout converge vers Lui et participe déjà de son Esprit. Rien, ni personne, n’échappe à son influence, à son attraction. « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (Jn, 12, 32). Tout ce qui contribue à rendre l’humain plus conforme à sa véritable dignité, participe de l’esprit du Christ, l’homme par excellence, car aimant absolument comme le Père et l’Esprit aiment, comme Dieu aime, sans mesure. Tout être humain, comme toute l’humanité en son entièreté, est orienté vers le Christ.

Certitude !

L’homme qui heurtait la compréhension de Jean était tourné vers le Christ, comme tous ceux et celles dont parle Mathieu (25) qui, au jugement dernier, découvriront qu’ils lui appartenaient bien que ne l’ayant jamais confessé explicitement. En chemin vers sa connaissance, c’est la condition de tout être humain. Le connaître est la plus grande richesse, celle qui comble notre désir le plus profond.

Certitude !

La connaissance du Christ est la plus grande richesse !

En avez-vous d’autres de plus essentielles ?

Lesquelles ?

 

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Il faut croire !  20 septembre  2009 - 25° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 9, 30-37)

Dieu ne se laisse pas appréhender au terme d’un échange, au bout d’une discussion ... Du moins, c’est le cas du Christ. Face à ses disciples, il est le Maître, le Christ, Dieu lui-même, le Fils en communion avec le Père. Il leur annonce les événements étonnants de sa vie, et ils doivent le croire, sans en comprendre (encore ?) le bien-fondé. Le bien-fondé étant de nature expérimentale, il faut croire d’abord en et à Lui avant d’en saisir la vérité.

Croire !

En effet, il est incompréhensible que le Messie « souffre beaucoup, soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite» (Mc 8, 31).  Incompréhensible pour Pierre qui vient de l’entendre pour la première fois, alors qu’il vient de confesser Jésus comme Christ. Sa réaction négative est durement critiquée, sa non acceptation est durement repoussée par Jésus. « Non, cela ne t’arrivera » dit Pierre. « Arrière Satan » réplique Jésus (Mc 8, 27-33). C’était la réaction à la première annonce de la Passion. A la deuxième annonce, celle que nous méditons aujourd’hui, les auditeurs, toujours les disciples, n’auront pas une attitude aussi réactive et négative que Pierre. En fait, quand Jésus renouvelle l’annonce de sa passion (Mc 9, 30-32), eux pensent à tout autre chose. Ils pensent à eux et se questionnent sur leur prestige « Qui est le plus grand » » parmi eux ? (Mc 9, 34). Jésus qui les enseignait avec un soin particulier : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera » (Mc 9, 30-32), n’a pas trouvé d’écho chez ses disciples qui ne «  comprenaient pas ces paroles et avaient peur de l’interroger » (Mc 9, 32). Que craignaient-ils ? D’être « obligés » de croire l’incompréhensible et d’accepter jusqu’où les mènerait leur foi ? Leur préoccupation centrée sur eux-mêmes en dit long sur la non foi, la leur et celle de beaucoup d’autres, sans doute !

Croire !

Pourtant, c’est à  la foi en Lui qu’ils sont appelés, à accepter que Dieu suive le chemin de l’homme et soit la victime de l’injustice, de la haine, de l’ambition. Ce chemin du Christ, chemin de Dieu parmi nous, y prêtons-nous une oreille attentive quand nous essayons de le comprendre, Lui, et de réfléchir à nos problèmes humains ? La passion qu’il a vécue au terme d’un engagement tenu jusqu’au bout, n’est-elle pas très audible de vérité ? Se préoccuper de grandeur (Mc 9, 34), n’est-ce pas synonyme de non foi ? Le Christ dit et fait. L’attitude de l’homme : croire.

Le croire, croire en Lui, à Lui ...

Aucun raisonnement ne parvient à la foi en Lui ? L’oreille l’écoute, il faut que le cœur en soit illuminé. Jésus n’a pas repris par le détail l’annonce de sa passion pour la faire mieux comprendre, pas plus qu’il ne le fera après la troisième annonce (Mc 10, 32-34), elle aussi suivie d’une réaction surprenante d’incompréhension de la part des disciples (Mc 10, 35-37). Recevoir sa Parole et engager notre vie, voilà qui fait comprendre qui il est, en quoi nous pouvons le suivre. Les disciples ne s’étaient-ils pas demandé quel était parmi eux le plus grand ? Voici la réponse peu évidente pour nos rêves de grandeur. 

Croire !

Rêves-tu de grandeur ? Ecoute, sois accueillant au plus petit. L’enfant de l’époque que Jésus place au milieu des disciples fait partie des gens négligeables. Jésus en fait la référence pour notre vie : se faire serviteur de tous (Mc 9, 35) … accueillir le plus petit (Mc 9, 37). Croire en Lui, c’est aussi croire que cette attitude est la vraie, porteuse de la vraie de grandeur. Compréhensible ? Allons donc ! Ecoutons-nous parler, regardons-nous vivre ! Jésus nous invite à porter notre croix comme lui  a porté la sienne. La porter, ne trouve-t-il pas ici son expression ? Se faire serviteur du plus petit. Croire ? C’est le faire au nom du Christ : quiconque « accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé» (Mc 9, 37). 

Il faut Le croire !

Il faut croire en Lui ! Croire à Lui !

N’attendons pas de comprendre !

Croire ! 

 

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La question !  13 septembre  2009 - 24° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 8, 27-37)

Qui est-il ? Le saurai-je bientôt ? Sans doute avant beaucoup d’entre vous ! Marc pose la question et, tout au long de son évangile, apporte la réponse, en avertissant par son appel au silence qu’il vaut mieux se méfier de nos réponses hâtives.

Quel est cet homme ?

Jésus lui-même interroge ses disciples. Se cherche-t-il lui-même, voulant recevoir des autres, sinon la définition de son identité, au moins sa confirmation ? Ou bien trouve-t-il que le connaître est tellement important pour les gens (que nous sommes) qu’il veut vérifier l’exactitude de leur connaissance ? Mais le Christ est-il si important pour l’homme ? Croire en Lui, « le suivre » comme il le dit « en prenant chacun sa croix » (Mc 8, 34) a-t-il une réelle incidence sur la vie des hommes ? Est-il vrai que celui qui veut sauver sa vie (par ses propres moyens) la perdra, mais qui la perdra « à cause de moi et de l’Evangile la sauvera » ? (Mc 8, 39) Ne touchons-nous pas, avec de tels propos, à l’essentiel de l’existence qui concerne les foules autant que les disciples (Mc 8, 34 : « Appelant à lui les foules en même temps que ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive »). Toute personne humaine est-elle vraiment concernée ? N’est-ce pas trop demander que toute personne humaine, pour sauver sa vie, « la perde » à cause de Lui et de l’Evangile ? Comment n’être pas frappé entre ce que l’on entend dans cet évangile et le peu de cas qui est fait du Nom du Christ autour de nous ? Faut-il vraiment accueillir sa messianité comme il la présente à Pierre, c’est-à-dire en passant par la croix, pour sauver sa vie ? N’a-t-on pas plutôt le réflexe de penser que nous pouvons nous passer de cette confession de foi et de ses conséquences, pourvu que nous soyons « bons » avec les autres, en général, ou en particulier avec certains autres … ?

Quel est cet homme ?

Qui est-il Celui qui demande un tel engagement vis-à-vis de sa personne, car c’est bien vis-à-vis de sa personne qu’il demande de s’engager : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Mc 8, 34). Et cet engagement ne concerne pas une catégorie d’humains mais toute l’humanité. Beaucoup, de son temps, l’ont refusé. Les chapitres précédents de Marc, parcourus ces derniers dimanches, nous ont montré abondamment que l’on ne croit pas à Lui facilement. Foules, scribes et consorts, disciples, tous éprouvent de la difficulté à le « confesser » et préfèrent le condamner ou s’en écarter. C’est qu’il n’appelle pas à croire en Dieu mais en Lui ! Habituellement, n’est-on pas toujours un peu dans cet entre-deux, Dieu/le Christ, confortable, avec lequel on peut s’arranger tout en continuant à vivre dans un certain flou qui n’engage pas trop ? Pierre lui-même et les disciples, qu’il appelle à le suivre, regimbent à la réalité d’un Messie souffrant, malgré l’annonce de résurrection (Mc 8, 31-33).

Dieu ou le Christ ?

Peut-être faut-il poser la question ainsi afin d’être provoqué à sortir de notre torpeur religieuse, de notre confusion de foi ? Alternative apparemment hérétique mais que l’appel absolu du Christ à le choisir, rend, à mes yeux, légitime. Dieu ou Lui, qui est le seul à mener sûrement vers la Divinité, car Il en vient, et Il en est. Abondamment, ne dira-t-il pas « Je suis » (cf  Jean), se prévalant du nom même par lequel Dieu s’est désigné à Moïse.

Quel est cet homme ?

Cet homme, entendons bien ! Pas une réalité fumeuse, ni une proposition facultative … Qui est-il ? Jésus ne pose pas une question sur Dieu, mais sur lui-même. Cette question, il la pose directement à chaque individu. Il ne fait pas une interrogation catéchétique sur « Dieu pur esprit » mais il appelle à se déterminer par rapport à Lui : « Qui suis-je ? »(Mc 8, 27 et 29). La réponse par chacun d’entre nous, est-elle bien formulée, et porte-t-elle les fruits évangéliques requis ? (cf 2° lecture St Jacques).

 Quel est cet homme ?

La question est-elle la bonne ?

« Dieu » ou le Christ ?

Faut-il choisir ?

Quelle réponse ?

 

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En tête-à-tête … !  6 septembre  2009 - 23° Dimanche ordinaire - Année B

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(Mc 7, 31- 37)

Il fait  face à un païen, sourd et muet de surcroît. On le lui a présenté pour qu’il lui impose les mains. Jésus ne craint pas la fréquentation des non-Juifs. Il sait qu’il ne peut  en être contaminé car, comme il l’a dit aux scribes et pharisiens, le pur qu’ils recherchent vient de la qualité relationnelle de l’être et non du rite des ablutions (Mc 7, 1-23). En traversant Tyr et Sidon, Jésus illustre son propos. Il ne craint pas de fréquenter tout humain, révélant ainsi l’amour de son Père pour toute l’humanité. Le voici donc face à un païen, en tête à tête avec un inconnu.

Que va-t-il se passer ?

Contemplons ! Arrêtons-nous à ce tête à tête qui donne le ton et le titre de cette méditation. L’homme n’entend rien et ne peut rien dire. Pas d’échange verbal possible entre eux. Mais une présence attentive, toute concentrée sur le moment. Jésus le prend à part, à l’écart de la foule. Dieu n’agit-il pas ainsi, amoureux de chacun ? Se laisser attirer à l’écart, de bon cœur et librement, ou s’y tenir disponible quand les événements nous y obligent.

Bienheureux tête-à-tête !

Il prépare l’ultime et irremplaçable face à face offert à tout humain. Dieu nous rejoint tous au plus intime de nous-mêmes. Chaque membre de cette foule peut en expérimenter la profondeur. Pour l’heure, c’est le païen handicapé qui va en faire l’expérience. A quoi peut-il s’attendre ? Eloigné un peu de la foule car Jésus n’aime pas le sensationnel, que va-t-il se passer ? Rien, apparemment, qui ne se passe avec d’autres guérisseurs, publicité tapageuse en moins. Jésus enfonce ses doigts dans les oreilles inertes. Il touche la langue paralysée en l’humectant de sa salive. Rien de bien considérable. Cependant, ce n’est pas tout. L’être de Jésus est mobilisé. Il ne pratique pas un rite extérieur à lui-même, par la force magique du geste ou des mots qui accomplirait une transformation. Non, il s’engage, tout comme s’il voulait se communiquer lui-même. « Il lève les yeux au ciel » (Mc 7, 14), vers son Père, autant en son propre nom qu’à la place du païen handicapé, comme s’il portait sur lui son enfermement d’où, peut-être, le gémissement qu’il pousse. Le Christ, pour nous et avec nous (Mc 7, 14).  Le Christ se met à notre place. Arracher l’homme à sa misère impose à Dieu d’être l’un des nôtres.

Tête-à-tête, être à être …

En effet, les oreilles touchées, la langue humectée de salive, il reste à Jésus de toucher plus profond, de faire céder l’emmurement. Le geste, alors inutile, la parole jaillie du fond de l’être de Celui qui étant tout amour est, par le fait même, pleine liberté. L’homme se laissera-t-il envahir par la présence libératrice ? « Ouvre-toi ! » lui est-il dit. Ouvre-toi à cette présence qui sait toucher l’être en son centre.

Ouvre-toi !

Entends-je ? Au baptême, cette parole me fut dite. Disparue aujourd’hui du sacrement, elle n’en est pas moins significative de la démarche à faire, quand Dieu a fait la sienne. « Ouvre-toi ! » à ta propre réalité de fils dans le Fils. Alors, tes oreilles entendront, et ta parole aura le sens de ton expérience, de ta symbiose avec le Christ. Mais que fais-je de mes oreilles et que valent mes paroles ? Ont-elles ce « toucher » capable d’atteindre l’autre pour lui permettre d’entendre « Ouvre-toi » que, seul le Christ, à travers son Eglise et son sacrement, peut prononcer ? Où en suis-je moi-même et que puis-je faire ? A l’écart, en tête-à-tête, me laisser approcher, toucher, et réentendre inlassablement « Ouvre-toi » ?

Ouvre-toi ?

La foule, laissée à l’écart, applaudit, exulte, mêlant deux versets tirés de passages différents pour proclamer les louanges de Jésus. « Il a bien fait toutes choses » (Gen 1, 31).  Et « Il fait entendre les sourds et parler les muets » (Is 35, 5-6). Mais Dieu est discret. Plus que les louanges, il veut habiter le cœur ; alors, la louange se fait don.

 A l’écart.

A chacun son tête-à-tête

Libération ! Recréation !

 

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« Le suis-je ? » 30 août 2009 - 22° Dimanche ordinaire - Année B

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(Marc 7, 1 … 23)

Posons tout de suite ainsi la question, afin de se prémunir contre l’envie d’aller, d’abord, regarder chez les autres, le travers dénoncé par le Christ. Jésus s’adresse à des pharisiens et à des scribes, connaisseurs de la Parole. Il les taxe d’hypocrites. Citant le prophète Isaïe, il leur reproche de déployer beaucoup d’énergie pour Dieu, mais, en réalité, de lui être infidèles : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi et sa religion envers moi n’est que commandements humains, leçons apprises ! » (Is 29, 13). Le mouvement des pharisiens fut pourtant fondé en 135 avant Jésus Christ pour redonner plus de vérité à la relation avec le Dieu des Pères. Mais n’est-ce pas une caractéristique du religieux que de se dégrader en observances, gestes de purification extérieurs, plutôt que de travailler à la conversion du cœur ?

Hypocrites !

Pour se garder purs, les pharisiens et autres gens pieux accomplissaient toutes sortes d’ablutions et de pratiques. Marc, s’adressant à un public non juif, en énumère un certain nombre. En soi, sont-elles mauvaises ? Se laver les mains, laver les coupes, etc…, quoi de plus normal et hygiénique ? (Mc 7, 3-4). Le geste est bon mais le sens du geste ne l’est pas. Se laver pour se garder de la soit - disant « impureté » des autres n’est pas, dit Jésus, un précepte divin mais une loi humaine trop vite dénommée traditions des anciens (Mc 7, 9). Le risque dans la pratique de la religion, on le comprend bien, est de soigner l’extérieur et de négliger l’intérieur du cœur qui, alors, s’érige en  « juge » des autres, moins pieux ou pas pieux du tout. Il est certes plus facile de soigner son personnage que de s’ouvrir aux autres, à la manière du Christ. Il n’a craint, lui, aucune contamination, d’où sa fréquentation de tous : Juifs et païens, malades, pécheurs publics, hommes, femmes … etc. Aucun être ne fut exclu par Jésus. Seuls les humains excluent le Fils de Dieu, et s’excluent de Lui. Pourrions-nous, alors, établir une équation : pharisien égale hypocrite qui égale méprisant  envers les gens différents, et, ceci, au nom de Dieu ? N’est-ce pas justement cela, le mal dénoncé : se séparer (sens du mot pharisien) des autres, car méprisables à nos yeux, alors que le cœur de celui qui se croit pur est, en fait, plein de rapines. Lesquelles ? Douze attitudes intérieures sont énoncées : « Débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme. » (Mc 7, 21, 23).  Toutes concernent le rapport à autrui, mais en lien, bien sûr, avec la relation à Dieu. Ces malformations du cœur, plus ou moins prononcées, ne sont pas contractées en faisant le marché ou en mangeant des aliments à la table d’un « impur ». Elles naissent et se développent selon l’usage que l’on fait de la liberté, selon que l’on décide ce que les autres sont pour soi, selon le dedans de soi.

Suis-je hypocrite ?

Ai-je besoin de purifier mon cœur, ou, mieux, qu’il soit purifié ? Que les autres y trouvent de la place ou en soient exclus dépend de moi  en même temps que de ma foi au Christ. Chrétien, je n’ai pas le choix, à moins de vivre dans le mensonge. Chrétien, je n’ai pas le choix d'acquérir une ouverture du cœur envers tous.  L’exemple venant du Christ, son secours, nous est acquis. En dénonçant les travers et la falsification de la foi des pharisiens et des scribes, Celui-ci leur ouvre la voie de la vraie pureté, celle du Dieu auquel ils se réfèrent, sans lui être fidèles, et dont l’éclat, mais ils ont encore à le reconnaître, s’exprime en la personne de Jésus.

Suis-je hypocrite ?

Je n’en doute pas un instant. Mon cœur, ma relation, loin d’être purs de tout retour sur soi, se laissent encore piéger par l’intérêt personnel. Scribes et pharisiens se pensaient des gens bien, supérieurs, à part, les autres étant méprisables, y compris, pour eux, Jésus qui privilégiait et leur prônait l’ouverture à tous pour les guérir. Les autres, qui sont-ils pour moi ? Quels sont mes exclus ? Communier au Christ eucharistique et « exclure » est un non-sens. Mais qui ne le fait pas ? Le cœur ne se laisse pas facilement façonner en cœur aimant comme celui du Christ. Le reconnaître m’oriente vers le salut. Le nier m’enferme dans l’hypocrisie qu’aucun manteau de piété ne pourra couvrir, ni, c’est évident, aux yeux de Dieu ni même aux yeux des hommes.

Hypocrites ?

Ce qui est dit pour le croyant chrétien ne peut-il pas l’être  pour tout humain qui, de toute façon, se forge une croyance ? L’énumération des maladies du cœur est universelle comme est universel l’appel à la bonté. L’hypocrisie, la double vie, le cœur d’où sortent les desseins pervers (Mc 7, 20-23), ne sont pas l’apanage des chrétiens. Ceux qui ne le sont pas, n’en soignent pas moins leur réputation, quitte à être au-dedans ce qu’ils veulent camoufler au dehors.

 Tous hypocrites, peu ou prou ? 

Oserai-je me dire : je le suis ?

Et vous ?

Par grâce, que mon cœur s’ouvre à tous !

 

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« Croyez-vous ? »  23 août  2009 - 21° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Jn 6, 60-69 Fidélité des Douze et confession de foi de Simon-Pierre

Au terme du chapitre six de Jean, la question n’est point du tout déplacée ! Elle court tout au long de ce discours. A plusieurs reprises, Jésus invite à croire. Et, par moments, il constate que ses auditeurs ne croient pas. « Vous me voyez, et pourtant vous ne croyez pas » (Jn 6, 36) « Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas » (Jn 6, 64). Jésus insiste constamment sur la nécessité de croire. D’ailleurs, n’en fait-il pas une condition pour la vie éternelle ? « Ils » ne croient pas d’accord mais ce qui devrait cependant nous étonner et nous interroger, c’est le fait que Jésus en s’adressant à eux, ne s’adresse pourtant  pas à des païens. En effet, foules juives enseignées et nourries (Jn 6 ,1- 15), Juifs (Jn 6, 41 et 52), disciples (Jn 6, 60), tous sont croyants et même fortement croyants. Et voilà que Jésus les traite d’incroyants. Alors qu’en déduire ? Que Jésus exagère ? Il peut être de bon ton chez nous,  aujourd’hui, de se déclarer croyant, mais croyant selon des modalités très individualistes, hors communautés, selon chacun sa façon. Que dit l’évangile à ces croyants ? Leur dit-il aussi vous ne croyez pas ? Vous pensez croire mais, en fait, vous ne croyez pas ! Que faut-il alors pour être croyant ?

Que crois-tu ?

Pour certains, la croyance étant comme une évidence, il n’y a pas nécessité d’en rendre compte. On croit comme on respire, ou presque. Et quand on parvient à justifier sa propre foi après l’avoir explorée, a-t-on, selon l’évangile, la foi ? Et, selon l’évangile, que faudrait-il faire ? Au-delà de choses fumeuses, que crois-tu ? La vie éternelle est en jeu, ma vie est en jeu ! On ne le ressent peut-être pas ainsi, mais l’évangile ne le formule-t-il pas en ces termes ?  (Jn 6, 40. 47.) La confiance en un Dieu bon, n’a-t-elle pas anesthésié toute recherche pour une foi authentique, c’est-à-dire, évangélique ? Jésus a-t-il exprimé une seule fois que croire en un Dieu bon était le top de la foi ? Il s’adressait à des croyants, répétons-le, et leur disait « Vous ne croyez pas ». Jugement excessif ou parole de vérité qui, comme un glaive à deux tranchants, démasque les fausses certitudes ?

Vous ne croyez pas !

Les destinataires de ce verdict s’en offusquent, sans en être apparemment troublés dans leur conviction et leur bonne conscience. Peut-être voudraient-ils discuter ? Comment cela est-il possible ? (Jn 6, 42 ; 52). Mais Jésus n’engage pas le dialogue sur le terrain du comment.  Il poursuit l’affirmation de son identité. Il ne s’agit pas pour lui de réfléchir sur Dieu, ni sur son existence, ni  de confronter des opinions sur ce qui est le meilleur à propos de Dieu mais de croire. Et ses interlocuteurs ne croient pas, selon Jésus, tout en étant pourtant croyants. Aussi, l’échange avec Jésus se terminera-t-il par l’abandon des uns et des autres. Seuls les Douze resteront à l’écoute de Jésus, et encore … !

Vous ne croyez pas !

Pourquoi, a-t-on envie de dire ? Que déplore Jésus ? Un manque d’écoute ? Il semblerait que ce soit  cela la raison de la non - foi. Un manque d’écoute. Un manque d’écoute à la voix intérieure du Père. Dieu prononce en l’homme le nom de son fils. Jésus ne se présente pas de lui-même, il est présenté. Une voix dit : c’est « Lui », le Fils Bien-aimé, écoutez-Le ! (Jn 1,32-34 : transposition du baptême par Jean le Baptiste et cf Mc 9, 7) Jésus ne cherche pas à convaincre mais, présentant son identité, il attend que ses interlocuteurs se laissent amener à la foi en Lui par le Père « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père » (Jn 6, 37-40 – 44 et 65). Pleinement sous la mouvance du Père, Jésus s’offre à la foi de qui entend intérieurement son nom. L’amour réciproque du Père et du Fils traverse l’homme, si l’on peut dire, pour qu’il croie que Jésus est le Fils. Traverse mais ne contraint pas. Foules, Juifs, disciples, un moment en contact avec Jésus, le Fils, l’ont quitté. Combien sont-ils, aujourd’hui,  ceux qui croient le suivre et ne lui ont jamais donné leur foi ?

Croire en Lui !

Car la foi, telle qu’elle apparaît dans ce récit, est sans aucun doute, foi (inconditionnelle) en Lui. Foi en sa capacité, non de nourrir, cela se fait déjà par projet créateur, mais d’être nourriture, en vue de notre passage en Dieu, de notre habitation définitive là où est maintenant le Christ (Jn 6, 62), en Lui, après être passé comme Lui et grâce à la foi, par le don de notre vie. Car croire au Christ, croire que sa vie est la vraie, pousse évidemment à épouser, dans une réelle communion, sa façon d’être. « Bien entendu, on peut recourir à une ruse plus ou  moins consciente. Plutôt que de faire nôtres les attitudes du Christ tout au long de sa vie, avec leur point culminant à la Croix, on peut se contenter du rite eucharistique : on va à la messe, on communie et tout est dit. Comprenons qu’il faut traverser ce comportement « religieux » pour parvenir à la foi dont il est l’expression. L’appartenance au Christ dépasse le rite, et même la « piété », pour nous faire accéder à ce qu’ils signifient : notre conformité avec ce que le Christ a été. Plus qu’une imitation : une communion au sens premier du mot. Telle est la seule manière d’être fils, images de Dieu dans et par le Fils. Il est unique, il n’y en a qu’un et c’est pourquoi nous devons faire un avec tous les autres humains. Une seule chair, un seul sang. Le chemin pour y parvenir n’est autre que la foi en Jésus le Christ. »*

Croire !

Ils se retirèrent les uns après les autres … (Jn 6, 62 et 66)

Toute pratique religieuse n’exprime pas la foi…

Toute manducation eucharistique est-elle communion dans la foi ?

Bref, après la méditation de Jn 6 :

 Croyez-vous au Christ ?

 

*  Marcel Domergue , in « Croire.com » 21° dim.B

 

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Si vous ne ...  16 août  2009 - 20° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Jn 6, 51-58 Jésus est la vraie nourriture

Depuis la multiplication des pains, Jésus a poursuivi avec ténacité ses affirmations concernant le pain de vie, le pain venu du ciel, le vrai, différent de la manne, le pain qu’il est lui-même. Ses auditeurs, foules, Juifs, bientôt disciples (Jn 6, 60), n’ont guère avancé dans la compréhension de ces paroles de vie. Ils en sont restés à la manne, ils ont « murmuré » et posé des questions, et surtout celle du « comment » (Jn 6, 52). L’échange est donc en train de tourner court avec cependant une certaine réussite, celle de la confession de foi de Pierre (Jn 6, 57). Jésus a pourtant insisté et, si l’on peut dire, longuement enfoncé le clou … mais … on ne croit pas qu’il soit le vrai pain du ciel.

Si vous ne

Comment ses auditeurs imaginaient-ils la vie avec Dieu ? Et comment l’imaginons-nous, nous-mêmes ? Jésus ne fait-il pas appel à notre désir de vivre puisqu’il met en lien le pain du ciel qu’il est lui-même,  avec la vie éternelle ? Ce devrait être une réalité qui intéresse tout humain ! Eh bien non, Jésus n’a pas de succès, pas plus aujourd’hui que de son temps. Il est vrai, aussi, que cette vie éternelle est étroitement liée à la foi en Lui et au fait que sa vie elle-même soit nourriture à consommer pour obtenir cette vie éternelle. Or, sa vie ne paraît peut-être pas très consommable. Que possède-t-il pour que l’on ait envie de le consommer lui-même ? Donne-t-il envie de vivre comme lui ? Sa façon d’être, en tous points originale, donne-t-elle envie de lui ressembler ? Les canons de la réussite ne font-ils pas appel à d’autres critères ? Qui veut vivre comme lui ? Mais, aussi, quelle autre vie pourrait-elle être mieux réussie que la sienne ? A qui veut réussir, il promet la vie éternelle, la résurrection … N’est-ce pas une vie réussie que de ne pas sombrer définitivement dans la mort ? Or, cette possibilité, il l’offre à qui veut se nourrir de Lui : « Si vous ne mangez  la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 53) »

Si vous ne …

En écoutant le Christ, n’est-on pas placé devant un choix fort et qui nous concerne, nous qui voulons réussir nos vies ? Mais aussi quel choix ! Non seulement de croire en Lui, ce qui, étant donné sa façon de vivre, n’est pas facile, mais encore de manger sa chair et de boire son sang … (Jn 6, 53). Manducation nécessaire, dit-il, pour recevoir sa vie, la Vie. Manducation possible, non pas à la façon des cannibales, mais de façon sacramentelle, par les signes du pain et du vin accompagnés de la Parole du Christ : Ceci, mon corps, ceci, mon sang. Pour avoir la vie du Christ, faut-il aller jusque-là ? Ne suffirait-il pas d’avoir foi en Lui, de méditer, d’assimiler sa parole ? Faut-il aller jusqu’au geste concret de manger et de boire ? Il semblerait que la portion d’évangile d’aujourd’hui (Jn 6, 51-59), ait été rédigée dans le but d’en confirmer la nécessité. Il était  nécessaire de rappeler aux gnostiques, au docètes, à nous, le geste concret de la manducation eucharistique en complément de la méditation de la Parole.

Si vous ne …

Beaucoup de baptisés, aujourd’hui,  pour de multiples raisons, se contentent de prier Dieu en leur for intérieur sans participer au repas eucharistique. « Je peux prier Dieu en étant seul », « Je n’ai pas besoin de m’associer à une communauté », « La messe du dimanche  n’a pas d’intérêt pour moi » … etc. Toutes remarques qui semblent justes mais  sont, en fait, insuffisantes pour un chrétien appelé à faire « un » avec le Christ, selon ce qu’il enseigne lui-même: « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 56-57).

 «…Me mange… ? »

On s’inquiète aujourd’hui de la baisse de la participation eucharistique, et l’on s’interroge à longueur  de pages pourquoi aller à la messe. N’avons-nous pas dans cet évangile, une réponse : Pour vivre de Lui, se nourrir de Lui. N’est-ce pas une motivation suffisante ? Trop profonde peut-être, trop exigeante  sans doute, bien au-delà d’un besoin vague de sacré, au-delà même d’un culte rendu à Dieu. Car il s’agit de ressemblance et d’union intime, l’un ne pouvant aller sans l’autre. S’il suffisait de manger et boire le corps et le sang du Christ pour en recevoir des avantages, passe encore, mais pour lui ressembler, n’est-ce pas une autre affaire ? Car cette ressemblance va à l’encontre de ce que l’on recherche habituellement dans la vie. En effet, recherche-t-on ce que le Christ fut et est ? D’autant plus que les effets de la communion eucharistique ne sont pas toujours très explicites et que la manducation du corps ne préserve pas des ennuis de la vie.

Si vous ne …

Reste à se demander dans quelles dispositions venir à l’Eucharistie ? Quelles sont mes motivations ? Pour être uni et ressemblant au Christ ou pour d’autres raisons ? La messe ne peut que perdre de son intérêt quand elle n’est pas vécue à la profondeur de la vie avec Lui. Et toutes les solennités, animations en tout genre, n’y feront rien… Comment le faire entendre autour de nous pour que les gens aient la vie éternelle ? Probablement en le vivant nous-mêmes … !

« En Vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 53).

Choisir la vie !

« Manger – boire … »

Sinon, que deviendrais-je ?

*Timothy Radcliffe : « Pourquoi aller à l’Eglise » Cerf 2009

 

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Se nourrir de … ! 9 août  2009 - 19° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Jn 6, 41-51 Le pain de la vie éternelle

L’expression convient-elle ? Reprend-elle ce qui nous est révélé dans l’évangile ? Cet événement du pain en abondance et pour tous (cinq mille hommes) nous signifie-t-il un autre pain qui, en fait, est une personne ? Les biens alimentaires symbolisés par le pain sont nécessaires pour la survie mais la relation avec les autres ne l’est pas moins. Nous nous nourrissons de la présence des uns des autres pour notre croissance ou, malheureusement, quelquefois pour son contraire. Cette présence des autres nourrissante est aussi suspendue à notre décision, accord ou refus. Faut-il comprendre, alors, dans cette perspective la nourriture que nous offre le Christ ?

Autrement dit, se nourrir de Lui ?

Est-ce bien cela qu’il affirme quand il proclame : « Moi, je suis le pain de vie (Jn 6, 35) et qu’il le répète  avec insistance dans la suite de son discours (Jn 6, 41 ; 48 ; 51). Il répète car ses auditeurs ne parviennent pas à l’entendre, les foules, par myopie, ne voyant que la surface, les « juifs » (Jn 6, 41 et 52), par réticence intérieure. « Ce murmure » qui prolonge et reprend l’éternel doute de l’homme envers Dieu, manifesté dans la Genèse et au désert de l’Exode. Dieu est-il vraiment ami de l’homme ? Quelle relation avoir avec Lui pour le véritable bien de l’homme ?

Se nourrir de Lui ?

Jésus de Nazareth, qui ne cesse de s’approcher de l’homme, n’est-ce pas clair dans l’évangile ?, désire tellement son bien  qu’il veut lui donner la vie éternelle, celle que la mort ne peut engloutir (Jn 6, 44 . 47. 49-50). Par rapport à la vie caduque dans laquelle nous sommes, à la fois attrayante et souffrante, beaucoup doutent de cette vie «éternelle » dont on dit ne rien savoir puisque personne n’en a jamais fait de compte-rendu. Réflexion de bon sens, mais seulement en apparence, car, si je ne m’abuse, « la vie éternelle », n’est-ce pas, selon le Christ, la connaissance (au sens biblique) d’une intimité du Père et de Celui qu’Il a envoyé : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». (Jn 17, 3). La vie éternelle, c’est la convivialité avec le Père par le Fils et dans l’Esprit  car devenus, si nous le voulons, nous-mêmes fils dans le Fils. Cette vie qui est la sienne, le Christ veut nous la communiquer, riche de sa communion au Père et également de sa relation aux autres. Car cette vie offerte à tous est aussi vie avec tous … Oui, avec tous ! Ce bonheur d’une relation réconciliée avec Dieu (connu comme Père-Fils-Esprit Saint !) et avec les autres, en voulons-nous au fond de nous ? N’y-a-t-il pas quelques doutes, murmures : comme les hébreux au désert doutant des bonnes intentions du Dieu qui s’est pourtant révélé en se nommant « Je suis » à Moïse ? (Ex 3, 11-15)

N’en doutons-nous pas ?

Laissés à nos propres forces, que pourrions-nous faire ? Impossible de se donner la vie éternelle, cette expérience intime, de l’intérieur et dans le don, de Dieu et des autres. Alors, faut-il la recevoir « Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif ». « Moi, je suis le pain de vie. Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas». (Jn 6, 35. 48-50).  Cette vie ne peut qu’être reçue. Cette vie est la vie du Christ à recevoir. « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là » (Jn 6, 34) demandait la foule en entendant Jésus parler du « vrai pain du ciel … qui donne la vie au monde » (Jn 6, 33). Bien que cette foule ignorait la portée de ces paroles, ne pouvons-nous pas reprendre leur prière pour demander à recevoir la vie-même du Christ ? Demander, non seulement à être nourri par Lui mais de Lui.

De Lui ?

Et que faire pour que sa vie devienne la nôtre ? Des prières, des sacrifices, des œuvres, des efforts … L’évangile est explicite, le « faire », ce qu’il nous faut faire est simplement : croire (Jn 6, 29). Mais entendons-nous bien : « Croire en celui que le Père  envoyé » (Jn 6, 29) et dont il prononce le Nom au cœur de chacun (Jn 6, 37) : Jésus, le Christ, le Fils Bien Aimé… Dieu accompli alors lui-même son œuvre, chez celui ou celle qui l’accepte : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’Il a envoyé » (Jn 6, 29).

Croire : être nourri de Lui …

Sa vie donnée devient la nôtre: « Croire au Christ, se nourrir du Christ n’est pas seulement une adhésion intellectuelle. Il s’agit de fonder notre vie sur lui, c’est-à-dire de faire nôtres ses comportements ou plutôt son attitude fondamentale, celle qui commande toute sa vie, tout ce qu’il fait et tout ce qu’il dit. Elle se résume en une phrase : donner sa vie. »* En effet, nous le savons bien maintenant, on ne peut se contenter de connaissance intellectuelle. Celle-ci ne pourrait être que desséchante et stérile. Qui ne Le connaîtrait que par son intellect ne Le connaîtrait pas ... Il faut Le recevoir comme nourriture, assimiler sa vie. Il n’est pas le pain des anges mais celui des humains.

 Se nourrir de Lui pour avoir la vie (Jn 6, 51)

Se laisser nourrir par Lui

Etre nourri de Lui !

Oui ?

« Prononcer ce oui nuptial qui nous fait un avec le Christ »*

  

 *Marcel Dommergue in www.croire.com  Méditation du  9 août 2009

 

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Pour lui-même … ! 2 août  2009 - 18° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Jn 6, 24-35 Le pain venu du ciel

Peut-être n’en demandons-nous pas tant ! Comme les foules qui lui couraient après, sommes-nous, nous aussi, à la recherche de quelque avantage ? En effet, ces foules, apparemment bien disposées vis-à-vis de Jésus, qu’attendent-elles ? L’essentiel qu’Il veut et seul peut leur donner, ou d’autres biens qui ne relèvent pas de sa mission ultime ? D’autres  biens qui, au contraire, peuvent entraver, arrêter l’adhésion de foi demandée.

Qu’attendent-elles ?

Leur première parole est pour lui poser une question : « Quand es-tu arrivé ici ? » Quel intérêt de le savoir ? A moins que ne se cache derrière cette formulation, une demande moins anodine ? A voir ! Loin de répondre directement, Jésus déplace l’intérêt en dévoilant le cœur de ces gens en recherche. La formulation est solennelle ! « En Vérité » Ce qui suit est d’importance. « En vérité, en vérité, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26).  Véritable motivation, apparemment inadéquate ! Déjà, la foule, après le repas sur l’herbe verte, avait voulu le faire roi, et il s’y était dérobé, et maintenant voici qu’il leur reproche de ne penser qu’à leur ventre ! Façon de faire sans doute tout aussi actuelle avec ou sans recours à Dieu. Travailler – consommer, n’est-ce pas la ligne de conduite généralement adoptée ? Et Dieu ne devrait-il pas bénir et honorer ce besoin ? Pour quelle autre raison nous aurait-il mis sur terre ? N’est-il pas notre protecteur, Celui à qui il suffit de demander pour recevoir ? N’est-ce pas cela son rôle, donner des biens, maintenir ou rendre la santé, retarder la mort le plus possible, faire réussir nos entreprises, … Bref, protéger, protéger  … Dieu bouche-trou ? Dieu parapluie … Que l’on soit croyant ou non, n’est-ce pas, de fait, pour cette raison qu’on le supplie ou le rejette ? Il est vrai, cependant, que dans le désert de l’exode, les cailles tombaient toutes rôties du ciel et la manne en descendait elle aussi ! Est-ce à dire que Dieu est ce pourvoyeur de biens à la simple demande des humains ? Et ce qui s’est passé le jour où le pain fut donné abondamment aux cinq mille hommes, était-ce dans le seul but de rassasier ou devait-il être considéré comme signe, c’est-à-dire comme l’élément physique qui fait passer vers le signifié ?

Vous me cherchez …  parce que … (Jn 6, 26)

Le signe fut englouti avec le morceau de pain sans pouvoir laisser apercevoir Celui qui en lui-même est nourriture. Ce quiproquo, fréquent dans l’Evangile, ne doit-il pas nous alerter sur l’authenticité de ce que nous pensons être notre foi ? … Je dis bien pensons être ! Confrontés au comportement des foules vis-à-vis de Jésus de Nazareth, qu’en déduisons-nous pour nous ? N’est-ce pas une bonne question ? Dans l’Evangile de Jean, il y a deux catégories de personnes exclues de la foi au Christ, les aveugles impénitents qui restent figés sur leur idée de Dieu, nous les évoquions la semaine dernière, et les myopes qui ne voient que la surface des choses qui se consomment, comme les foules de l’Evangile.

Alors, où sommes-nous ?

Qui, que cherchons-nous et pourquoi ? Est-il possible de croire au Christ en vérité sans formuler l’une ou l’autre de ces demandes pour notre avantage ou notre protection ? Mais Dieu ne connaît-il pas nos besoins avant même que nous les formulions ? Quelle est cette foi véritable que réclame le Christ, Jésus de Nazareth, le Fils de l’homme ? Il nous invite à chercher : « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte » (Jn 6, 27). La nourriture qui se perd ? A quoi cette parole nous fait-elle penser ? Se perd et nous perd ?

Les mots sont forts, comment les décrypter ?

Même décalés par rapport à la pensée de Jésus, les gens continuent à lui poser des questions. Enfin, ils vont entendre ce que travailler veut dire, même s’ils ne semblent pas le comprendre. Cette réponse nous concerne : « L’œuvre de Dieu » (la seule ?), « c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29).

Croire en l’Envoyé !

Est-ce tout ? Croire en l’Envoyé, est-ce beaucoup ? Croire, est-ce s’abandonner dans une confiance totale ? Ne rien chercher comme essentiel que de croire … à Jésus de Nazareth, le Christ, le Fils de l’homme ? Croire qu’il est lui-même nourriture.  « Vous me  cherchiez », disait Jésus, « non parce que  vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26). Alors, faut-il le chercher, lui, exclusivement ? 

Pour lui-même … !

Pour lui-même ?

Qu’en pensez-vous ?

Est-cela la foi authentique ?

 

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Ni l’un, ni l’autre … ! 26 juillet  2009 - 17° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Jn 6, 1-15 La multiplication des pains

Quel drôle de titre et que veut-il dire ? Qu’il fut bien difficile, pour les contemporains de Jésus, de s’ajuster à Lui et de pénétrer son secret. Pourtant, a-t-il l’air de dire, ce ne devrait pas être tellement compliqué pourvu que le cœur de chacun soit bien disposé.

Ni d’un côté, ni de l’autre …

Ses contemporains se sont trompés sur Lui, à commencer par sa famille qui le traitait d’insensé (Jn 7,5). Il y a surtout ces gens que Jean appelle « juifs » (Jn 5, 10), lesquels le poursuivent de leur contestation. Vient-il à guérir le jour du sabbat, l’infirme qui, depuis trente huit ans, attendait d’être plongé dans la piscine de Bethesda, qu’ils lui tombent dessus. Pourquoi transgresser le jour réservé au Seigneur ? demandent-ils (Jn 5, 16). Cette transgression mérite la mort, aussi : « Ils n’en cherchaient que davantage à le tuer » (Jn 5, 18). Sentence d’autant plus méritée qu’en leur donnant  réponse, il vient d’appeler Dieu son père. En effet, ne leur déclare-t-il pas « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi » (Jn 5, 17). Transgression, même pour une bonne cause, et prétention supposée à faire de Dieu son père,  le tout est amplement suffisant pour déclencher l’ire religieuse des « juifs ».

Du mauvais côté … mais pourquoi ?

« Après cela » (Jn 6,1) après donc la guérison de l’infirme, suit un long discours de Jésus. Celui-ci développe les raisons d’un tel autisme et ses conséquences déplorables. Quelques citations devraient nous permettre d’entrer dans la pensée du Fils car c’est bien en Fils que se présente Jésus. Méditons : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : le Fils ne peut rien faire par lui-même ; il ne fait que ce qu’il voit faire au Père. Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également »…. « Car, de même que le Père relève les morts et leur donne la vie, de même le Fils donne la vie à qui il veut » (Jn 5, 19 et 21). Le Fils, en guérissant le jour du sabbat, ne va pas contre la Loi de Dieu puisqu’il n’agit qu’en voyant faire le Père. Ce lien de Jésus au Père, essentiel, ne nous faut-il pas le bien saisir pour épurer notre idée de Dieu ? Ne faut-il pas que jusque dans les moindres détails de notre  expérience la relation avec le Père supplante l’idée de Dieu qui mine notre vie ? Dieu trop considéré  comme un législateur intransigeant plutôt qu’expérimenté comme amoureux de l’homme ? Jésus poursuit ensuite, donnant une sorte de preuve de sa propre authenticité : « Il ne cherche pas à faire sa volonté, … il ne se rend pas témoignage à lui-même … » (Jn  5, 30-32). Argument  qu’il retournera contre les « juifs » : « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres … ? (Jn 5, 44). Cause de non foi, la fermeture sur soi et sur son propre savoir ! Ils n’entendent pas la voix du Père qui parcourt les Ecritures, et, bien que se référant à Moïse, de fait, ils ne croient pas en ses écrits (Jn 5, 37b et 5, 47). Pourtant, entre les écritures et Jésus de Nazareth, il y a continuité, l’un ne pouvant se comprendre sans l’autre, même si le Fils révèle la nouveauté radicale de Dieu. La même voix se fait entendre à qui ne se prend pas pour le centre de lui-même.

De quel côté … ?

Le terme « juifs » employé en Jean ne désigne pas les membres du peuple en général mais ceux et celles qui refusent le témoignage de Jésus de Nazareth. La désignation pourrait, à notre insu même, s’appliquer à nous-mêmes selon nos façons de faire, de penser, d’écouter, plus éloignées qu’on ne pourrait penser de l’Evangile.

Ni l’un, ni l’autre …

Quel est l’autre ? Nous en trouvons la trace à la fin de la « multiplication des pains », notre évangile pour ce jour. Après le discours que nous venons de méditer sur le durcissement du cœur  puisqu’ils « ... ne veulent pas venir à Jésus pour avoir la vie … » (Jn 5, 40), nous assistons au don du pain pour tous, symbolisé par les cinq mille hommes (Jn 6, 10). Jésus, assis sur la montagne avec ses disciples, levant les yeux, voit la foule qui l’avait suivi. Semblant s’inquiéter, il demande à Philippe comment nourrir tout ce monde (Jn 6, 5). Pas facile, dit Philippe, … Impossible à vous, semble penser Jésus qui sait ce qu’il va faire. Car le contexte de la Pâque (Jn 6, 4), les références bibliques, 2R 4, 42-44 (1re lecture), Nb, 11, 13 et 11, 22 (Moïse et la manne), de même que Dt 8,3 et, surtout, les références aux termes de l’Eucharistie « Prendre, rendre grâce, distribuer », (Jn 6, 11), expriment que la nourriture vitale vient de Lui et dépasse toutes les autres. Mais la foule, nourrie par Jésus lui-même, (Jn 6, 11), l’a-t-elle compris ? Certes, elle exprime un autre comportement que celui décrit antérieurement mais est-elle pour autant bien ajustée au christ ?

Lequel ?

La foule bénéficiaire du pain abondant vit un émerveillement et l’exprime : « C’est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde » (Jn 6, 14). Admirative, enthousiaste, la foule, n’y tient plus. Sa réaction l’entraîne sur l’autre côté, impasse pour elle et  piège pour Jésus comme lors des Tentations (Mt 4, 8-9), (Lc  4, 5-7). Jésus ne s’y trompe pas. Il se dérobe. Il ne veut pas être fait roi (Jn 6, 25). Pourtant, quelle bonne idée d’avoir à la tête du peuple un homme de cette envergure. Rendez-vous raté pourtant ! Comme il se pourrait bien qu’il en soit ainsi pour nous, même à notre insu ! L’enthousiasme n’a pas dépassé la surface des choses. Belles célébrations, solennités enchanteresses, où l’on croit lire la majesté de Dieu dans le déploiement d’ors et de richesses. Foule applaudissante, surenchère de qualificatifs, événement inoubliable … et la foi ? Dieu n’est pas ce roi que l’on voudrait avoir. « Jésus se rendit compte qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi. Il se retira donc de nouveau sur la colline, tout seul » (Jn 6, 15).

Donc, mauvais côté également …

Jésus, incompris, devra suivre seul, sa route. « Tout seul » (Jn, 6, 15). Tous le laisseront tomber. L’allusion pascale (Jn 6, 4), notée au début, indique ce qui l’attend et le pain « pris, béni et distribué » annonce le pain qu’il deviendra. Au centre du récit de la scène des pains, Jésus, dont l’initiative est clairement mise en avant, veut être accepté pour ce qu’il est, ni blasphémateur condamné au nom de Dieu, ni roi à la manière dont on voudrait qu’il soit.

 

Ni l’un, ni l’autre !

Deux écueils à éviter…

Le Christ ?

Où suis-je situé par rapport à Lui 

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Avec Lui … ! 19 juillet  2009 - 16° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Mc 6, 30-34 Jésus a pitié de la foule

Il  les avait envoyés, les voici de retour. Leur mission accomplie, enseigner, chasser les faux dieux, ils reviennent « tout naturellement » vers Lui. Vers qui d’autre auraient-ils pu aller ? Par lui « Envoyés », un verbe devenu un nom signifiant leur être, mentionné aujourd’hui explicitement dans l’évangile où les disciples sont nommés « apôtres » (Mc 6, 30), ils reviennent pour « être avec Lui » selon les termes mêmes de leur appel (Mc 3,14). 

Avec Lui !

Loin d’être des étudiants qui, une fois adoubés, s’en iraient développer leur propre façon de voir, les apôtres ne cessent de se référer au Christ qui est non seulement un Maître mais le « Contenu » même de leur prédication, Celui dont les hommes ont besoin de découvrir la richesse. Essentielle découverte pour tout humain, est-il nécessaire de le répéter ? Ils reviennent vers Lui, non qu’ils ne l’aient vraiment quitté mais, tout de même, la relation réciproque et « directe » a besoin d’être entretenue. D’autant plus que la connaissance du Christ par les apôtres ne peut que toujours s’approfondir. Et la connaissance des apôtres par Jésus peut-être bien aussi ? Car il ne manque pas de cas dans les évangiles où Jésus ne connaissant pas tout, réagit comme un homme, surpris, ému par l’événement auquel il assiste (Mt 14, 13) ; (Mc 3, 5 ; Mc 6, 6 ; Mc 6, 34 ; Luc 7, 13 ; Jn 12, 27).

Avec Lui …

D’autant plus encore que l’issue de sa vie, sa mort et sa résurrection, fait  partie de l’ « enseignement –  expérience » que doivent assimiler les apôtres. Non pour avoir enfin une totale connaissance de sa personne, mais pour être en possession de tous les éléments de son être, qu’il y a lieu de toujours  approfondir dans une relation sans cesse renouvelée et transformante. Il va de soi, pour moi, que l’expérience des apôtres transmise dans l’Eglise par la Bonne Nouvelle actualisée par l’Esprit, devient d’une certaine façon la nôtre aujourd’hui : « être avec Lui » et même, est-il possible de dire, de devenir, par grâce, comme Lui. D’ailleurs, le ministère des apôtres (Mc 6, 12) ne ressemble-t-il pas à celui de Jésus « Enseigner et chasser les esprits mauvais » (Mc 1, 27). Ne leur dit-il pas en Jn 20, laissant entendre une similitude : « Comme le Père m’a envoyé, Moi aussi je vous envoie » ?

Avec Lui, comme Lui et pour …

Puis, voici que dans notre scène évangélique intervient un troisième partenaire. Dès lors, nous nous trouvons devant un tableau extrêmement suggestif : Jésus, les apôtres revenus de mission invités à se mettre à l’écart (Mc 6, 31) et la foule en manque pour qui Jésus éprouve une grande pitié (Mc 6, 34). Cette composition relationnelle et triangulaire n’exprime-t-elle pas notre propre réalité « d’envoyés ». L’un des protagonistes ne va pas sans l’autre.  La foule qui cherche, fait partie du tableau. Elle est en manque. Et elle vient vers celui chez qui elle pressent un accueil et une possibilité de répondre à ses besoins profonds, cachés, inconscients, mais bien réels. Elle attend une réponse vitale. Quels peuvent être ses besoins ? Sans faire parler les foules d’hier, il n’est pas défendu de tenter d’exprimer ceux d’aujourd’hui : « De quoi ont besoin les personnes qui sont en recherche du Christ et de l’Evangile,  demande  Lytta Basset* (« La passion de l’Autre ») sur le ton de l’évidence, ou plutôt, de l’expérience. Ils ont besoin de chair, c’est-à-dire, de la prise en compte de leur vie, de leurs peurs, de leurs sentiments de culpabilité, de leur aspiration à la joie. Ils ont besoin du souffle de la Parole pour se libérer de leurs misères, de leurs malheurs, de leurs dysfonctionnements et pour retrouver leur authenticité profonde »… «  pour rétablir  la vérité sur soi ». Le Christ peut-il  répondre à cette demande? L’évangile mentionne que Jésus « pris de pitié » se met à « enseigner longuement » la foule (Mc 6, 34). Les humains ne pourraient-ils se passer d’une Parole qu’ils ne peuvent découvrir par eux-mêmes ? Qu’il leur faut recevoir ? Une Parole originelle comme à la synagogue de Nazareth ? (Mc 6, 2). N’a-t-on pas perdu aujourd’hui la conviction que le Christ est lui-même la Parole qui donne à l’homme le sens, signification et orientation de la vie humaine ? Quel « enseignement » peut-il rivaliser avec le sien ? Quelle autre Parole que la sienne peut aussi bien exprimer la vraie dimension de l’homme et l’identité de Dieu ? Parce que l’on pense souvent qu’il n’y a rien à comprendre, on ne prend pas la  peine de comparer le Christ Parole avec les autres paroles qui s’efforcent de dire le sens plénier de la vie. Ces questions, ne méritent-elles pas d’être portées longuement tout en étant confrontées au  Christ enseignant lui-même longuement ?

Avec Lui à l’écart …

… et dans un lieu désert … Pour se mettre à l’abri et jouir ensemble d’un repos mérité ? Selon ce que tout le monde souhaite aujourd’hui ? Chacun ne court- il pas après le repos même lorsque l’on est à la retraite, donc en vacances permanentes ? Peut-il en être ainsi pour le Christ et pour ses « envoyés », les apôtres ? Leur repos, immédiatement interrompu par la foule, indique la réponse. Non, il n’est pas de repos dans la rupture mais seulement dans l’approfondissement. L’expérience pastorale  des apôtres devait être méditée, approfondie avec le Christ, et la foule, bien sûr, n’en est pas absente. Pas de colloque avec le Christ qui ne soit en même temps avec l’humanité. La configuration triangulaire ne nous le révèle-t-elle pas ? Même si l’envoyé est en retrait dans le silence, il s’y retrouve avec le Christ et les autres. Merveille de communion et de profondeur ! « Mon Père travaille toujours … et moi aussi, dit Jésus » (Jn 5, 17). Ces propos cités dans un autre contexte ne peuvent-ils s’appliquer ici à propos des apôtres ? Le travail apostolique ne souffre pas de répit. L’apôtre le reste dans son être en permanence, vingt quatre heures sur vingt quatre, quoi qu’il fasse et où qu’il soit. A moins de se considérer comme fonctionnaire … mais alors sommes-nous encore dans l’évangile… ?

Avec Lui et les autres …

Un repos dans l’approfondissement

En existe-t-il d’autre pour les envoyés ?

Et pour vous ?

 

 

*Lytta Basset in Michel Cool « Les nouveaux penseurs du christianisme »

 

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Envoyés … ! 12 juillet  2009 - 15° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Mc 6, 7-13 Jésus envoie les Douze appeler les hommes à la conversion

Ils le sont ! Ils ont été appelés deux à deux par Jésus, l’Inconnu de Nazareth. Ils l’ont suivi, entendu enseigner, ils l’ont vu agir. Ils ont « respiré » sa présence. Enseignements, miracles, libération d’esprits mauvais se sont succédés … accueil et refus, succès et échecs aussi … Ils avaient été appelés pour « être avec Lui » (Mc 3, 14). Tout un programme ! Un programme particulier de formation où l’expérience d’une relation réciproque avec Jésus prime sur toute théorie sur Dieu. « Apprendre » Dieu de Dieu « présentifié » en l’être de Jésus ne se fait pas à la manière des  sciences humaines. Peut-être est-il bon de toujours s’en souvenir ! Ils ont été « institués Douze », choisis et conformés intérieurement par le nouveau Rabbi dont la découverte de l’identité profonde est essentielle à la vie de l’homme.

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Sont-ils appelés à une autre expérience ?  Jésus ne les aurait-il attirés que pour les garder « avec lui » ? Cette façon de faire n’est guère dans son style. Le temps est donc  venu pour les disciples d’aller, comme Jésus, à la rencontre des autres. Voici le temps  d’être envoyés …

 Envoyés !

Un simple verbe devenu « nom » ! Envoyés, plus qu’un titre, leur  être. Ils ne « sont » que par cet envoi. Ce titre les caractérise comme nul autre ne pourrait le faire. Pas de « Père », de « Monseigneur »,  d’ « Excellence » ou de « Sainteté » mais une dénomination toute simple qui dit l’origine, le pourquoi et le contenu de leur vie en conformité avec leur être nouveau : ils sont des « Envoyés » ! Evidemment, cette appellation n’est pas très pompeuse mais elle dit exactement qui ils sont et ce qu’ils doivent faire. Les titres venus par la suite, plus ronflants, ne risquent-ils pas de masquer, aux yeux et aux cœurs de ceux à qui est destiné cet « envoi », la dimension structurelle essentielle de n’être en mission que par et pour le Christ ? Et ceux qui, par désignation ecclésiale, portent des titres grandiloquents, ne risquent-ils pas de prendre pour eux ce qui ne devrait  être attribué qu’au Christ ?

 Envoyés … !

Rien de plus que d’être envoyé, pour témoigner de ce qu’ « Il est» ! L’accessoire est inutile et presque le normal devient encombrant. Envoyés sans rien, les mains vides, libres envers les biens comme est libre Celui qui envoie. Pourquoi deux tuniques quand une suffit ? Pourquoi de l’argent quand les besoins essentiels à la mission seront comblés par des destinataires accueillant le témoignage ? Un bâton, des sandales, passe encore, mais pas davantage. L’autre, vers lequel l’on va, doit pourvoir saisir l’essentiel de l’offre, sans interférences extérieures de la part du témoin. Pas de clinquant, d’accroche-cœurs, pas de façon d’être trop voyante qui pourrait impressionner et arrêter le regard sur l’envoyé plutôt que le conduire jusqu’à Celui qui envoie. Toute cette démarche doit tendre  à être fondamentalement gratuite. Si certains refusent l’offre de conversion, qu’ils soient, sans murmures, laissés libres. Qu’ils sachent que rien, ni de leur liberté, ni de leurs biens, n’était convoité. Seule était désirée leur adhésion au Christ. N’est-ce pas une interprétation possible du geste préconisé par Jésus ? Secouer la poussière des sandales car, même de cette poussière, on ne veut en déposséder quiconque, à moins que, selon une coutume  juive, ce geste ne signifie, en même temps, le statut de païens dans lequel continuent à se trouver les réfractaires à la Bonne Nouvelle ?

 Envoyés … !

On peut s’étonner que ne soit pas mentionné le contenu du message. Mais quel pourrait-il être, sinon l’expérience que les disciples ont vécue avec Celui qui les envoie et qui, d’abord, les avait appelés pour être « avec Lui » ?(Mc 3, 13). La relation de Jésus à ses disciples, pas plus qu’avec nous d’ailleurs, n’est pas d’enseignant à enseignés, même s’il y a beaucoup d’enseignements dans l’Evangile, mais de personne à personne, d’adhésion de foi et de changement de vie. « Nul n’a parlé comme lui » (Mc 6, 2), concèdent les gens de Nazareth. On aurait beau avoir connaissance de ses paroles répétées par d’autres, elles ne reproduiraient pas l’expérience première et primordiale, qui, au-delà des mots, « doit être faite » et acceptée. Les disciples, appelant à la conversion, ne doivent-ils pas aider les hommes et les femmes à se tourner, non vers Dieu, c’est probablement fait, mais vers le Christ ? Et qu’ainsi  se déclenche en eux une adhésion identique à la leur, afin qu’ils soient eux aussi « avec Lui » d’abord, et ensemble ensuite.

 Envoyés ensemble ?

En effet, cette démarche d’envoi, dès le départ, n’est-elle pas voulue communautaire ? « Il les envoya deux par deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. » (Mc 6, 7). Cette procédure n’a-t-elle pas valeur en soi ? Elle n’est pas simple tactique. Elle « enseigne » que l’annonce de l’Evangile est fondamentalement communautaire et non  l’acte de personnes isolées. Que le fait d’être unis dans la foi au Christ est déjà témoignage de Lui : « Quand deux ou trois,  sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.» (Mt 18, 20).

 N’est-il pas possible de penser que pour témoigner de l’UN, il faut être ensemble ? Et de suggérer combien tout effort pour faire exister la communauté est primordial dans la vie avec le Christ et l’annonce de son salut ? Aller deux à deux (ou trois ou plus ?) au nom du Christ, n’est-ce pas le premier impératif de la mission ? Comment le réalisons-nous ? Mettons-nous assez d’ardeur et de créativité pour faire exister la communauté ? Nous en appréhendons souvent les contraintes mais pourquoi  ne pas envisager plutôt l’enrichissement ? Dans le Christ naît une famille nouvelle qui dilate l’être, œuvre à l’universel, porte à voir plus grand que soi !

 Envoyés ensemble …

Tout baptisé en reçoit la mission pour  chasser les faux christs, réduire les idoles, toutes ces sortes de démons et amener à faire découvrir le cœur de Dieu dans le Christ en quête amoureuse de l’humanité, afin qu’elle grandisse jusqu’à sa stature filiale et fraternelle. Nous sommes créés pour être fils dans le Fils et pour être frères (Cf 2° lecture : Eph 1, 5-6). Comment y parvenons- nous ? Peut-être faut-il retenir  très fort que nous sommes des envoyés ? Que cette mission est notre être  nouveau, et que notre référence n’est pas en nous-mêmes mais dans le Christ ? Entendons Paul exprimer cette emprise du Christ : « Ce n’est plus moi qui vit …» (Gal 2, 20) « Malheur à moi, si je n’annonce pas le Christ » ( 1Co 9, 16). « Je n’ai rien voulu savoir d’autre que le Christ et le Christ crucifié » ( 1Co 2, 2). A notre tour comment nous sentons-nous pris ?

 Envoyés … ? Ensemble… ?

Notre nouvel être ?

Le développons-nous vraiment ?

 

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Jésus … ! 5 juillet  2009 - 14° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Mc 6, 1-6 Jésus n'est pas accepté dans son pays

Suivons-le dans le périple que Marc nous propose. Regardons-le dans sa façon de faire, d’être accueilli et rejeté, efficace ou impuissant. Demandons-nous encore comment se fait le déclic de la foi ou ce qui bloque l’élan vers Lui. Depuis la tempête apaisée, plusieurs scènes de rencontres nous ont été proposées. Chacune doit bien comporter son originalité pour sûr enrichissante ?

Jésus ?

Dans la barque affolée, (Mc  4, 38), les disciples l’accusaient d’indifférence, ce qui ne l’a pas empêché d’apaiser la tempête. N’est-il pas  d’ailleurs pour lui plus facile d’agir sur les éléments plutôt que sur les cœurs ? Passé sur l’autre rive, Il libère un possédé d’un esprit impur, lequel proteste vivement contre la présence de Jésus et son pouvoir sur les démons. « Que nous veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas !» (Mc 5, 1-20). Cette supplique  déboutée, (Mc 5, 7) une autre est accordée, celle de se réfugier dans des porcs. Quant à l’homme, redevenu lui-même, il reçoit la mission, non de suivre Jésus dans son périple, comme il le lui demandait, mais de devenir le premier missionnaire chrétien dans la Décapole, un territoire païen (Mc 5, 18-20). De même que sur les éléments, Jésus impose son pouvoir sur les démons. Par contre, il échoue face aux propriétaires des porcs qui, eux, n’ont qu’un souhait, le voir déguerpir le plus vite possible (Mc 5, 16-17). Il échoue dans son témoignage sur des gens sains d’esprit et, de plus, propriétaires de troupeaux de porcs.

Pourquoi ?

Les choses changent avec la suite du récit. L’hémorroïsse, comme on l’appelle, semble obtenir par sa foi la guérison demandée à la dérobée (Mc 5, 28ss). Et Jésus, presqu’à son propre insu, laisse échapper sa puissance pleinement guérisseuse, à la fois de bonne santé physique et de salut (Mc 5, 33). La foi de cette femme nous édifie mais, en même temps, nous surprend. En effet, Jésus n’a rien exigé d’elle et elle-même n’a pas fait de déclaration bien précise en direction de Jésus et de son identité. Elle a touché un thaumaturge et elle s’en est bien trouvée, mais la foi, est-ce cela ? De même, aussi, tout se passe  au mieux  pour Jaïre, chef de synagogue et pour sa petite fille réveillée par Jésus à cette vie d’ici.  Cependant nulle part, il ne nous est dit qu’il y ait eu de la part de Jaïre une connaissance approfondie de Jésus. Celui-ci est-il pour lui  plus qu’un thaumaturge devant qui il se prosterne ? (Mc 5, 22…23). L’approche de Jésus, chaque fois différente, nous renseigne-t-elle sur ce qu’est la foi ? Quel dénominateur commun pourrions-nous découvrir à propos de tous ces exemples ? Plus que jamais, la question posée par les disciples après la tempête apaisée, reste d’actualité : « Qui est donc celui-là que même la mer et les vents lui obéissent ? » (Mc 4, 41).

Jésus, qui est-Il ?

Notons encore une fois que les éléments du monde ou les puissances maléfiques sont plus faciles à gérer que le cœur de l’homme. En effet, nous le constatons  fortement avec l’épisode de notre méditation de ce dimanche, où se pose encore  la question de l’identité de Jésus (Mc 6, 1-6). Venu à Nazareth, présent à la synagogue, Jésus fait sensation. Son enseignement déroute. Est-il originel ? D’où cela lui vient-il, demande-t-on ? Cette sagesse et ces grands miracles qui se font par ses mains, quelle provenance ? Question dangereuse car peut-être réponse engageante ! Est-ce dans cet entre deux que gît le blocage,  la non-foi ? Le « grand nombre » en l’entendant (Mc 6, 2), a-t-il été pris de panique intérieure ? Ont-ils eu peur d’aller trop loin dans la découverte de cet homme qu’ils disent connaître, à la façon dont se connaissent les gens d’un même village ? Ont-ils pressenti qu’ils avaient trop à perdre en se laissant conduire jusqu’à son identité complète ? Souvenons-nous aussi que ses parents l’avez traité de fou ! (Mc 3, 20)

Qui est-Il ?

Aussitôt posée, la question est donc refermée ! Certes, il enseigne de façon surprenante et en touchant le cœur mais n’est-il pas, après tout, le charpentier du village, fils et frère de gens bien connus ? Alors pourquoi se laisser toucher au plus profond de soi ? Faudrait-il  croire que Dieu puisse être en personne en cet homme ! Raison ne doit-elle pas être gardée ? Soyons sérieux ! Et ils le furent puisqu’ils restèrent accrochés à leurs propres idées. N’est-il pas exprimé dans cette scène ce qui se joue en permanence dans notre relation à Dieu alors que nous entendons proclamer  l’enseignement du Christ ? Etouffer les questions, de peur que les réponses  entraînent trop loin, n’est-ce pas une façon de faire courante pour  rester bien calé sur des certitudes non dérangeantes.

Jésus, qui est-Il ?

A la fois le fils de Nazareth, bien connu de ses compatriotes.... Ceux-ci ne s’y trompent pas et leur réaction  vaut la peine d’être notée par ceux et celles, moi, vous, qui seraient tentés de faire de Lui un être abstrait, extraterrestre spiritualisé. Il est bien homme ! Cependant sa parole et sa vie conduisent ceux et celles qui le savent homme jusqu’à son identité encore plus profonde de Fils du Père. A la fois, donc, Dieu. La peur de cette révélation, qu’il soit pleinement homme et Fils de Dieu, ne nous paralyse-t-elle pas ? Contre cette peur, Jésus ne peut rien. Il peut calmer les flots, multiplier les pains, guérir les malades, même à Nazareth, mais par forcer les cœurs. Si l’on ne s’ouvre pas à Lui, Il ne peut faire aboutir notre vie. La faiblesse évoquée par Paul  (2 Co 12, 7-10), le premier, Jésus, le Fils du Père, l’a expérimentée, tout Dieu qu’il soit.

 Jésus, qui es-Tu ?

Non pas aux dires des gens, ni selon nos propres dires.

Mais selon ce que Tu montres de Toi !

Qui ?

 Question toujours ouverte, réponse toujours à ajuster !

 

 

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Indifférent ? Insensible ? 28 juin  2009 - 13° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Mc 5, 21-43 Résurrection de la fille de Jaïre - Guérison d'une femme (brève : 21...43)

« On » ne se prive pas de le dire ! … Ce serait même une des causes de non foi. En effet, mais que fait Dieu face à la souffrance humaine ? Comment le « Bon » pourrait-il exister et laisser faire ? Selon le sentiment des hommes, Dieu serait effectivement insensible à la misère humaine. Et même s’il est écrit dans la première lecture « Que Dieu n’a pas fait la mort » (Sagesse 1, 13), on reste perplexe car, apparemment, Dieu ne bouge guère alors que la mort sévit de toutes parts.

Indifférent donc ?

Insensible au sort des humains ? Avant de répondre par oui ou par non, remémorons-nous l’Evangile de la tempête apaisée (Mc 4, 35-41) proclamé dimanche dernier. Nous nous sommes demandés en quoi les disciples, aux dires de Jésus, manquaient de foi. Pourtant, ne s’étaient-ils pas tournés vers Lui pour Le supplier de les sauver d’un possible naufrage ? Or que demander de plus à des disciples que de se tourner vers leur Maître en Le suppliant ? N’est-ce pas cela la foi, telle que nous la concevons et pratiquons ? Et n’est-ce pas, par le fait même, une bonne prière ? Cependant, un petit détail a peut être échappé à notre analyse. Car les disciples, en se tournant vers le Maître, n’avaient-ils pas exprimé un doute sur l’intérêt que leur portait Jésus ? Ne laissaient-ils pas entendre que Lui, Le Maître, pouvait être indifférent à leur détresse : « Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » ou « Maître, nous sommes perdus. Cela ne te fait rien ? » (Mc 4, 38). Il est vrai que Jésus dormant sur le coussin à l’arrière, pouvait donner cette impression ! Mais Jésus s’est alors insurgé contre cette façon de voir.

Dieu indifférent ?

Suprême injure ? Accusation blasphématoire ? Dieu peut-il se désintéresser du salut de l’homme et même de sa situation terrestre, toujours plus ou moins en péril ? On comprend mieux, alors, les reproches de Jésus et la purification à laquelle il convoque ses disciples ! Penser que Dieu pourrait être indifférent doit être tenu pour impensable. Certes, la mort sous toutes ses formes met un terme plus ou moins dramatique à toute vie humaine. Et cette ultime échéance, Dieu, on le constate,  ne peut l’empêcher, lui qui, par ailleurs, l’a vécue. Tous les guéris de la Terre, y compris ceux qui ont été ramenés à cette vie, devront refaire le chemin pour un passage par la mort. N’est-ce pas dire que celle-ci n’est pas un si grand mal mais l’étroit passage d’une re-création ; comme l’important moment du surgissement de l’identité plénière commencée  ici comme fils de Dieu. Comme pour le Christ mort et ressuscité, chaque être humain qui aura dit oui à Dieu sera transformé au point d’être à la fois le même et différent. En effet, dans les récits de résurrection, c’est ainsi que le Christ se montre. Les disciples ne le reconnaissent pas, tant que lui-même ne fait pas un signe pour être reconnu. Par contre, dès qu’il en effectue un, alors les disciples le reconnaissent. Parce que différent, ils ne le voient pas de leurs yeux mais éveillés par un signe, ils constatent que c’est bien Lui. En sera-t-il différemment pour nous ? Non, la mort est un point de transformation  afin de resurgir en Dieu, chacun étant lui-même en même temps que différent, pleinement réalisé.

 Dieu n’a pas fait la mort !

Mais la mort subsiste … Est-elle un mal en soi ou un passage obligé ? Mort définitive de l’être pour ceux qui refusent Dieu (En existe-t-il ?)  Passage, pour rejaillir en Dieu comme fils dans le Fils pour ceux qui l’ont choisi. Encore une fois, Dieu lui-même en Jésus ne l’a-t-il pas expérimentée  pour en triompher ? Cependant, celle-ci n’est pas voulue pour elle-même et Jésus, loin d’être indifférent à la souffrance et à la mort, n’a cessé de les combattre.

Les Evangiles de ce jour, parmi d’autres, nous donnent à méditer l’intérêt que Dieu porte à notre situation. « Il » se laisse toucher à la dérobée par cette femme « impure » et la guérit ! Et, loin de la morigéner pour son audace, être dans la foule avec son « impureté », facteur de contamination rituelle, Il la regarde en face et lui annonce de façon surprenante « Ta foi t’a sauvée » (Mc 5, 34). Le Christ, presque à son insu,  «Qui m’a touché ? » (Mc 5, 11), a rétabli cette femme dans toute sa santé sans aucune exigence !

Dieu indifférent ?

Et lorsque le chef de la synagogue vient demander à Jésus un geste de guérison, Celui-ci hésite-t-il une seconde ? Il se déplace jusqu’auprès de la fillette et, en lui prenant la main, lui ordonne de se lever (Mc 5, 41). Au père à qui les serviteurs avaient annoncé la mort de sa fille, Jésus avait simplement recommandé « Ne crains pas, crois seulement » (Mc 5, 36)… encore la foi en lien avec la guérison, la foi dont on se demandait dimanche dernier ce qu’elle était exactement. Jésus l’évoque dans chaque cas différent sans que nous puissions bien saisir encore ce qu’elle est.

Quelle est-elle  en effet ?

Dans notre cheminent personnel, comment nous rapportons-nous au Christ ? En quoi ces passages évangéliques nous éclairent ? L’idée d’un Dieu indifférent à notre état de biens portants, malades ou mourants, subsiste-t-elle encore ? Il libère les possédés, guérit les malades, réveille les morts ! Pas tous, car il faut mourir pour l’atteindre dans sa pleine réalité, Lui, notre avenir, notre vocation !

Dieu indifférent ?

Je contemple et médite et intériorise …

Non, cela ne lui fait pas rien de nous voir en péril !

En Jésus,  Le Christ, Fils de Dieu :

Notre Foi ?

 

 

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« Pas de foi… ? » 21 juin  2009 - 12° Dimanche ordinaire - Année B

Evangile : Mc 4, 35-41 La tempête apaisée

Pourquoi ? Les reproches adressés par Jésus à ses disciples sont-ils justifiés ? Pourquoi avoir peur ? leur dit-Il. Pourquoi pas de foi ? (Mc 4, 40) Mais que faire en pleine tempête, sinon trembler, impuissant à se dégager des flots en furie ? Et que faire encore, sinon se tourner vers Celui qu’ils appellent « Maître » mais  qui, dans une  douce  indifférence, dort sur le coussin, à l’arrière ? N’ont-ils pas réagi comme il convient, qu’aurait-il fallu qu’ils fassent ? Jésus le dit-il vraiment ? Et nous, que pouvons-nous en comprendre ? Fallait-il qu’ils restent stoïques et muets, la peur au ventre mais confiants ? Et après tout, en se tournant vers Jésus, ne font-ils pas un acte de foi en sa puissance ? Pourquoi alors le reproche ?

Qu’est-ce que la foi ?

Le comportement des disciples n’est-il pas le nôtre ? Dans l’adversité, le malheur, souffrance et maladie, ne nous tournons-nous pas vers le Seigneur, à moins que ce ne soit encore que  vers le Maître pour, par toutes sortes de procédés, réclamer une intervention divine, pluie ou beau temps, guérisons ou protection ? Et n’est-ce pas une façon de faire admise, encouragée et universellement répandue ? Ce comportement identique à celui des disciples mériterait-il lui aussi les mêmes reproches ? Questionnement juste ou pas ? Si la foi n’est pas ce cri, quelle est-elle donc ? Et quelle démarche adopter pour qu’elle soit de foi ? En d’autre lieu, les disciples ont entendu la même remarque ou presque : « Si vous aviez la foi gros comme un grain de sénevé…vous pourriez … » (Lc 17,6)

Est-il permis de rapprocher ces deux affirmations de Jésus, situées en des évangiles différents ? En Luc  17,  5-6, les apôtres avaient demandé à Jésus d’augmenter leur foi. Et la réponse laisse entendre que la grosseur de la foi importe peu, mais qu’avec la foi qui nous anime on peut faire bouger le monde : « Avec la foi que vous avez, gros comme un grain de sénevé, si vous disiez à ce mûrier : «Déracine-toi et va te planter dans la mer », il vous obéirait  » Lc  17, 5-6. Dans la barque en péril, les disciples auraient-ils pu, à l’instar du Maître et en toute confiance, trouver la solution par eux-mêmes et apaiser la mer ? Il faut de l’audace pour le penser et même de la témérité. Mais que dégager d’autre de ces passages qui mettent en cause jusqu’à notre forme de prière ? Jésus, d’une confiance absolue à son Père, ne lui rend-il pas grâce du résultat de son intervention avant même de l’avoir réalisée ? (Jean 11, 41).

La foi donc : une réalité à explorer !

Les disciples sur la barque, les apôtres demandant, après avoir entendu les propos sur la correction fraternelle et le scandale, une augmentation de foi alors qu’il ne semble pas que ce soit nécessaire, nous renvoient à la fois à  nous-mêmes et au Christ, pour, à sa ressemblance, vivre de confiance dans le monde. Les disciples auraient-ils dû dire au vent et à la mer : « Silence, tais-toi » ?  N’y a-t-il pas dans les propos de Jésus un tel sous-entendu ? Difficile de l’affirmer mais le signaler n’attire-t-il pas le regard sur la réalité de la foi et sa capacité, encore une fois, à faire bouger le monde ?

Pas de foi ?

Ne perdons pas de vue, non  plus, l’ensemble du récit et sa perspective. La sortie nocturne sur la mer de Galilée n’était pas prévue comme une promenade au clair de lune. Il s’agissait de « passer sur l’autre rive », non pas celle que l’on imagine de l’au-delà de la mort, mais celle du pays païen, des Géraséniens, où Jésus veut aborder et où il guérira dès son arrivée un possédé (Mc 5, 1). Le passage est tumultueux.  Aller à la rencontre des païens n’est pas facile, aborder sur  les rives de ceux qui ne reconnaissent pas le Christ, s’avère onéreux. Comment établir un lien à propos du Christ avec ceux qui ne croient pas encore en Lui ? L’expérience quotidienne, même avec nos proches, ne relève-t-elle pas d’une sorte de combat ? Et ne parlons pas des lieux où la foi en Christ est combattue ! Quand la difficulté nous oppresse, à propos de nos proches indifférents aux choses de la foi, quand le combat est violent, quand la tempête fait rage… Alors que faire ? Crier vers le Seigneur ? Ou avancer et persévérer tout simplement ? 

La foi !

Au terme, les disciples s’interrogent sur l’identité de Jésus : « Quel est Celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? » (Mt 4,41). A nous de reprendre la question pour avancer vers l’autre rive, celle où se trouvent les esprits et les cœurs de ceux qui n’ont pas découvert, ou mal découvert, le Christ et pour vivre comme Lui dans la confiance, dans la Foi.

Pas de foi ?

Mais qu’est-ce que la foi ?

Et que valent nos prières ?

« Peur, tais-toi… ! »

Que dans la foi, j’avance vers l’autre

 

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