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23 novembre 2003 - 34° dim - Christ Roi 16 novembre 2003 - 33° dim du temps de l'Eglise 9 novembre 2003 - Dédicace de la Basilique du Latran 2 novembre 2003 - Commémoration des défunts 26 octobre 2003 - 30° dim du temps de l'Eglise 19 octobre 2003 - 29° dim du temps de l'Eglise 12 octobre 2003 - 28° dim du temps de l'Eglise .... 31 août 2003 - 22° dim du temps de l'Eglise 24 août 2003 - 21° dim du temps de l'Eglise 17 août 2003 - 20° dim du temps de l'Eglise 10 août 2003 - 19° dim du temps de l'Eglise 3 août 2003 - 18° dim du temps de l'Eglise 27 juillet 2003 - 17° dim du temps de l'Eglise 20 juillet 2003 - 16° dim du temps de l'Eglise 13 juillet 2003 - 15° dim du temps de l'Eglise 6 juillet 2003 - 14° dim du temps de l'Eglise 29 juin 2003 - Fête de Saints Pierre et Paul 22 juin 2003 - Fête du Corps et du Sang du Christ 15 juin 2003 - Fête de la Trinité 8 Juin 2003 - Fête de la Pentecôte 1er Juin 2003 - Fête de l'Ascension (au Canada) 25 mai 2003 - 6ème Dimanche de Pâques B 18 mai 2003 - 5ème Dimanche de Pâques B |
11 mai 2003 - 4ème Dimanche de Pâques B 4 mai 2003 - 3ème Dimanche de Pâques B 27 Avril 2003 - 2ème Dimanche de Pâques B 20 Avril 2003 - Dimanche de Pâques B 13 Avril 2003 - Dimanche des Rameaux 6 Avril 2003 - 5ème dim. de Carême 30 mars 2003 - 4ème dim. de Carême 23 mars 2003 - 3ème dim. de Carême 16 mars 2003 - 2ème dim. de Carême 9 mars 2003 - 1er dim. de Carême 2 mars 2003 - 8ème dim. du temps de l'Église 23 février 2003 - 7ème dim. du temps de l'Église 16 février 2003 - 6ème dim. du temps de l'Église 9 février 2003 - 5ème dim. du temps de l'Église 2 février 2003- Présentation du Seigneur au Temple 26 janvier 2003 - 3ème dim. du temps de l'Église 19 janvier 2003 - 2ème dim. du temps de l'Église 12 janvier 2003 - Baptême du Seigneur 5 janvier 20003 - Epiphanie 29 Décembre 2002 - Sainte Famille 22 Décembre 2002 - 4ème dim. de l'Avent B 15 Décembre 2002 - 3ème dim. de l'Avent B 8 Décembre 2002 - 2ème dim. de l'Avent B 1er Décembre 2002 - 1er dim. de l'Avent B |
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Tiens-toi droit ! 23 novembre 2003 - 34° dim - Christ Roi - Jn 18, 33-37 Jésus devant Pilate Simple remarque ou noble invitation ? Conseil de bonne tenue ou appel à la droiture ? Émanation de l’Évangile ou façon de dire plus ou moins en lien avec lui ? Dans l’Évangile de ce jour personne ne l’adresse à personne pourtant au contact de cette Parole chacun peut se l’adresser à lui-même. Elle me paraît, sans exagération aucune, émaner de cette fête du Christ Roi. En effet que voyons-nous ? Une scène grandiose : Jésus de Nazareth debout devant Pilate. Poussé par ses détracteurs il a d’abord été conduit devant Hanne puis Caïphe le grand prêtre de cette année-là. Leur verdict connu depuis longtemps devait pour être exécuté recevoir l’aval du gouverneur romain. Pilate seul pouvait en donner l’autorisation. Jésus se tient devant lui, fort. Qui finalement va juger l’autre ? Pilate questionne, bafouille, s’embrouille. Qu’a-t-il donc fait de mal, cet homme sans défense ? Impossible de savoir ! Les chefs des prêtres restent évasifs : « S’il n’était pas condamnable nous ne te l’aurions pas livré » (Jn 18, 30) Et c’est tout ! Et lui le Nazaréen que dit-il de lui-même ? « On » le dit roi, l’est-il vraiment ? Oui ? Non ? Oui et Non ? Pilate n’en sait rien. Pour lui un roi, comme il l’est lui-même, règne sur un peuple et régit un territoire. Mais au lieu de cela qu’entend-il : Des propos sur un royaume qui n’est pas de ce monde, et dont le roi n’a nul besoin de gardes pour le défendre… Pilate songeur ne comprend guère. Et lui le gouverneur obligé de rendre une sentence se sent ébranlé. Il a devant lui quelqu’un de désarmé et pourtant d’une tranquille assurance. Quelqu’un qui sans agressivité, sans forcer la note, sans même chercher à se défendre se tient debout devant lui et lui donne la réplique comme un vrai roi en pleine possession de ses moyens. Alors Pilate cherche à se tirer d’affaire, coincé qu’il est entre l’exigence des juifs et cet homme qu’ils veulent lui faire condamner mais dont l’identité lui échappe. Qui est-il ce Jésus ? D’où lui vient cette maîtrise ? Pilate pourra-t-il découvrir son secret ? Nous par contre nous en prenons acte. Il est roi, ce condamné et son royaume est la Vérité : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37) Qu’est-ce que la Vérité rétorquera Pilate pour éviter d’y être confronté. La Vérité, c’est lui, confesserons-nous en regardant le Christ pleinement maître de lui-même. La Vérité rend libre, nous rendra libres ! Jésus est-il plus préoccupé de Vérité que de sa vie physique, que de lui-même ? D’où tient-il cette façon d’être sûre et sereine en pleine situation inconfortable ? Toujours aussi décontenancé, Pilate incapable d’être vrai avec lui-même livrera Jésus aux Juifs et déclara en le leur montrant : « Voici l’homme » (Jn 19, 5) A son insu il disait vrai. N’est-il pas l’Homme ? S’il l’est vraiment, le deviendrons-nous nous-mêmes ? D’où cette invitation en le contemplant : Tiens-toi droit !
« On le verra…! » 16 novembre 2003 - 33° dim du temps de l'Eglise Mc 13, 24-32 La venue du Fils de l'homme On le verra le Fils de L’Homme ! Parole de Jésus Le Christ qui ne passera point alors que ciel et terre passeront. On le verra en grande gloire et puissance. (Mc 13, 26) Les hommes, tous choisis gratuitement, donc « élus » seront rassemblés des quatre vents, d’une extrémité de la terre à l’extrémité du ciel… Cette grande venue, ce dévoilement, cette vision (on verra) se produira. Le monde actuel n’en laisse rien percevoir. Comment le pourrait-il d’ailleurs ? L’avènement du Christ relève d’un autre registre que celui de nos perceptions habituelles. En effet, l’histoire humaine poursuit son cours, agitée comme flots en furie : Sang et haine, catastrophes ici, guerres là-bas, misère en tout genre.. Méfaits petits ou grands défigurent la dignité première et pourtant «commune » des hommes. Secousses incompréhensibles et d’autant moins intelligibles qu’elles apparaissent inconciliables avec la « prétendue » bonté de Dieu. Pourtant le Christ en parle comme des choses de la vie, comme « des douleurs d’un enfantement. » (Mc 13, 8) Le paradis ne peut être terrestre ! L’accomplissement du monde, du cosmos n’est pas « d’ici » mais il sera : Parole du Christ (dont la vie est garantie de Vérité) Pour l’instant la lumière semble avoir déserté le monde ! Le soleil comme la lune ou les étoiles sont impuissants à donner du sens. Même si par égarement on les sollicite pour dire notre destin. L’homme se trouve seul face à son destin. Il s’aventure sur le futur en apprenti sorcier (ne le dit-on pas souvent ?) et notre présent augure mal de l’avenir. De quoi demain sera-t-il fait ? La planète survivra-t-elle au traitement que les hommes lui font subir ? Un temps la Lumière a brillé, « mais les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jn 1, 4-5) Au lendemain « de ce qui s’est passé à Jérusalem » (Lc 24, 18) les disciples sont effondrés. Toute leur vie, un temps aimantée par la puissance d’attraction du Nazaréen, chavire dans le noir. (N’est-ce pas à cette situation, entre autres que font allusion les versets 24 et 25 de Marc 13 ?) Pourtant les ténèbres malgré les apparences, ne l’ont pas anéanti. Ils l’ont « vu » ressuscité ! Enfoui par sa mort dans les entrailles de l’humanité il diffuse la vraie lumière dans le cœur des hommes disposés à l’accueillir. Le monde vit, secoué, en convulsions permanentes mais rien n’étouffera la Vie. Comme la mort apparente de l’hiver n’empêche pas les jeunes pousses printanières d’annoncer l’été (Mc 13, 28), de même l’état du monde d’aujourd’hui ne compromettra pas la pleine réussite de l’homme dont le Christ est le prototype. A quand cette réussite ? Un an comme cent, un mille comme des millions sont poussières de temps. La durée ? On ne sait, mais ce qui est sûr, Parole du Ressuscité, On le verra : Le Christ Avec les hommes rassemblés, son Corps que nous sommes !
" Passage ... " ! 9 novembre - Dédicace de la Basilique du Latran Evangile : Jn 2, 13-22 C’est le sens du mot « Pâque ». Au « passage » du Seigneur, les Hébreux esclaves de l’Égypte, devaient « passer » via la mer rouge et le désert, vers la liberté de la Terre Promise, lieu d’abondance mais surtout d’alliance entre Dieu et son peuple. (Ex. 12) Avec l’Évangile de ce jour, nous sommes au temps du « passage ». Jésus fraîchement entré dans son ministère public, monte à Jérusalem. Auparavant à Cana, il a participé activement à une noce. Dans les deux endroits il apporte « sa » nouveauté. A Cana : De jarres destinées aux purifications des juifs, il fait des récipients contenant le vin du royaume. Et d’une noce ordinaire il fait un signe renvoyant à des épousailles majeures, celles de Dieu avec son peuple. A Jérusalem que va-t-il faire ? Quel transfert va-t-il opérer ? Plus exactement au Temple que va-t-il ce passer ? Nous connaissons l’épisode, en gros tout au moins. Des marchands avec leurs animaux gros ou petits comme des changeurs avec leur monnaie ont installé leur marché sur le parvis des gentils. Non pas, est-il besoin de le préciser, au cœur du Temple, mais sur la partie, certes à respecter, mais ouverte à tous. Que font-ils de mal ? Apparemment rien, au contraire même, puisque les pèlerins peuvent acheter sur place les offrandes nécessaires aux sacrifices. Quant aux changeurs ils ne sont pas moins utiles. Ils permettent d’effectuer des dons qui ne pourraient l’être avec la monnaie « impure » de l’occupant romain. Dés lors qu’est-ce qui n’est pas correct ? Pourquoi cette intervention musclée aux accents prophétiques… ? Que Jésus leur reproche-t-il ? Pourquoi ce fouet brandi, fabriqué de ses propres mains et pourquoi ces paroles vives, inspirées des prophètes : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic » (Jr 7, 11) Veut-il manifester qu’il est le Messie ? Dans Zacharie, en effet il est écrit que le jour de la venue du Messie « Il n’y aura plus de marchands dans la Maison du Seigneur, le Tout-Puissant » (Za 14, 10) Certes, nous disent les historiens, les marchands n’avaient pas toujours tenu boutiques sur le parvis des gentils. Le grand prêtre Caïphe, paraît-il, les y aurait autorisés pour concurrencer d’autres marchands faisant même commerce hors du périmètre du temple. Jésus voulait-il donc revenir à une situation antérieure plus respectueuse de la « maison de son Père » ? Les questions ne manquent donc pas ? Mais toujours, pourquoi cette grande colère ? Les disciples plus perspicaces font un rapprochement entre le comportement de Jésus et le psaume 69 : « Le zèle de ta maison me dévorera » (Ps 69, 8-10) Jésus s’insurge-t-il contre une spéculation financière devenue envahissante au détriment du culte sincère ? On sait bien, aujourd’hui encore, la connivence trop bien établie entre l’argent et le fait religieux. Déjà cette colère devrait donc servir d’avertissement sévère. Car de colère de jésus il n’y en a pas beaucoup d’autres dans l’évangile, (sinon envers les disciples qui voulaient empêcher les enfants de venir à de lui) Le Temple et l’argent … Attention danger ! Mais est-ce le tout du sens de sa démarche ? Ne va-t-il pas plus loin dans la contestation ? Jean est le seul à laisser entrevoir une autre perspective : ce temple de Jérusalem, si beau soit-il pourra-t-il longtemps encore remplir son rôle de lieu de la rencontre ? Un autre « lieu » ne sera-t-il pas plus propice à la rencontre de Dieu ? Un autre « passage » à faire ne se dessine-t-il pas, aboutissement définitif du chemin vers le Père ? En lui le Christ, ne s’instaure-t-il pas la vraie relation, le lieu par excellence de la rencontre ? Aux juifs qui le voient faire et l’entendent dire et qui lui demandent un signe pour justifier son intervention, Jésus répond : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19) Et il en est ainsi : Le Temple détruit, le Christ ressuscité le remplace.. ! En cette montée de Jésus à Jérusalem, le jour de la Pâque, un autre « passage » est donc en train de s’effectuer : Du Temple de Jérusalem lieu où bat le cœur du peuple au Christ ressuscité lieu de la rencontre de tous les hommes. Christ, Unique lieu de la rencontre avec le Père, et avec toute l’humanité dans l’Esprit ! Vers lui nous devons passer ! Ce « passage » pour moi est-il fait ?
Détache-toi... ! 2 novembre - Commémoration des fidèles défunts Évangile: Jean 12,24-28 Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? - Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » Jésus va mourir, c’est choquant ! Longtemps ses disciples n’ont pas voulu l’entendre. Pourtant c’est nécessaire. A quelques jours de la pâques, Jésus le dit lui-même avec force, puisqu’il fait précéder son affirmation, de la formule solennelle : « Amen, Amen je vous le dis » L’image pour illustrer cette nécessité, Jésus l’emprunte à la vie de la nature. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas il reste seul, mais s’il meurt il porte du fruit en abondance « (Jn 12, 24) « Mourir », dans un certain sens, permet la fécondité d’une vie. Mourir est une loi de la vie mais pas nécessairement un échec. Le contraire pourrait l’être. Vivre indéfiniment en l’état où nous sommes serait une catastrophe. En effet si le grain de blé ne meurt, il reste seul. Mais s’il meurt il donne beaucoup de fruit. Rester seul, ce n’est pas vivre ! Vivre c’est porter du fruit et ne plus être seul !Et pour expérimenter cette vitalité, il faut mourir : surprenant, curieux, incroyable mais vrai. Combien sommes-nous à être seuls ? A vouloir rester seuls ? Rester seul, serait-ce ne pas vouloir mourir (à quoi, à qui ?) ne pas vouloir porter du fruit ? Le double sens des mots permet ce genre de propos mais ces propos ne sont pas de simples jeux de mots. Si Jésus parle de lui en termes de mort, de fruits, c’est qu’il vit pleinement cette logique. Sa vie ? Il va la perdre et pourtant quelle fécondité ! La mort du Christ vous apparaît-elle ainsi : féconde ? Et ce qui est vrai pour lui, l’est-il également pour les hommes ? Pour nous ? En cette question se « niche » le spécifique de la foi chrétienne. Pour Jésus il n’y a pas l’ombre d’un doute. « Celui qui aime sa vie la perd » Notez que le verbe n’est pas au futur : il la perd maintenant. Et inversement « Celui qui s’en détache la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12, 25) Comprenons-nous cette logique ? Est-elle si surprenante ? Va-t-elle tellement à contre-courant de celle du monde ? Dois-je me dire quelque soit mon âge : Accepte de te détacher de ta vie ? On ne peut le nier, il faut se le dire.Mais pas avant d’avoir lu et médité le reste de cet évangile. Et que dit la suite ? « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive » Puis immédiatement encore « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » Un troisième mot, important, vient s’inscrire dans notre réflexion : Après, mourir, porter de fruit, voici « servir » Ces trois mots en éliminent deux autres : garder sa vie, rester seul. Ces mots s’offrent-ils à notre choix, décrivent-ils notre expérience ? L’hymne aux Philippiens me revient en mémoire : Jésus, Le Christ, de condition divine n’a pas jugé bon de retenir comme une proie le rang qui l’égalait à Dieu. Il s’est dépouillé…Il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix… (Ph 2, 6-11) Est-ce bien la logique qui correspond le mieux à l’accomplissement de l’Homme ? En ce temps où nous évoquons le souvenir des morts, regardons la mort en face. Non pas d’abord celle qui nous coupera le souffle, mais la vivifiante, celle qui nous détache de nous-mêmes, nous permet de porter du fruit, parce que libérés par et pour le service du Christ. Sans hésitation alors, et si c’est possible : Détache-toi… de Toi !
" Sa prière " 26 octobre - 30° dim du temps de l'Eglise Mc 10, 46-52 Guérison d'un aveugle à Jéricho Est-ce la mienne ? Peut-être pensons-nous ne pas avoir besoin d’en formuler une pareille ? N’étant pas aveugles ou mal-voyants, nous ne sentons pas nécessairement le besoin de demander la vue. Mais la scène évangélique ne va-t-elle pas plus loin que la seule guérison physique ? A lire de près cette page de Marc nous discernons facilement deux niveaux d’intervention. Le mendiant aveugle désire voir avec des yeux de chair mais Jésus lui répond par une parole qui semble aller bien plus loin. « Aie pitié de moi …. Fais que je voie » et Jésus de répondre : « Va, ta foi t’a sauvé » Laissons-nous interroger par cette réponse. Cet aveugle recouvre la vue, c’est vrai (Mc 10, 52) mais si sa foi l’a sauvé, quelque chose de plus profond a dû se produire en lui au-delà de la guérison physique ? Car dans le langage évangélique « sauver » n’est pas seulement guérir. Mais alors que s’est-il passé ? Rien d’aussi palpable ni d’aussi évident que le recouvrement physique de la vue, pourtant quelque chose de fort. Mais quoi ? Notre propre expérience nous éclaire-t-elle ? Notons bien la formule, plutôt surprenante : « Ta foi t’a sauvé » La foi sauve, on le lit dans tous les catéchismes. « Ma foi me sauve » : la formule est peut-être moins courante, mais n’est-ce pas ce qu’il faut comprendre en écoutant la réponse du Christ ? Alors qu’est-ce qui est sauvé quand on vit dans la foi ? Toute la personne ? Et « sauvé » de quoi ? Ces questions ne sont-elles pas valables ? Ne nous arrivent-ils pas d’en débattre ? Combien de fois dans un échange entre amis, après avoir conversé sur bien des choses nous finissons par aborder le sujet de la foi. Et c’est vrai que la foi nous concerne chacun puisqu’elle sauve ? Qui ne voudrait assurément être tiré d’une situation de grand danger ? Cet aveugle en fait l’expérience ! Mais comment passer de la non-foi à la foi ? L’aveugle peut-il nous permettre de le savoir ? Il apparaît singulier au milieu d’une foule qui suit Jésus en route vers Jérusalem, (sans peut-être bien savoir pourquoi elle l’escorte ainsi) Son dialogue avec le Christ est un lieu de révélation pour lui et pour nous. Sa prière est essentielle. Écoutons : Fils
de David, Aie pitié de moi ! Que veux-tu que je fasse pour toi ?
Rabbouni que je voie ! Il avait entendu parler du Christ ! Toi aussi ! Il crie sa supplication, lance sa prière ! En fais-tu autant ? Il demande la vue ! Est-ce ta prière ? Il est illuminé ! Est-ce ton cas ? Il se met à le suivre (Mc 10,52) ! Qu’attends-tu pour le faire ? De
quoi « ma »
foi dans le Christ me
sauve-t-elle ? Une réponse, la mienne :
De
l’enfermement ! N’est-ce pas ce que nous dit l’aveugle ? Écoutons-le encore et
que sa prière devienne
la vôtre, la mienne !
" Non pas ainsi !" 19 octobre - 29° dim du temps de l'Eglise Mc 10, 35-45 Le Fils de l'homme est venu pour servir (brève : 42-45)
A quoi pensent exactement Jacques et Jean quand ils posent à Jésus la question de leur place respective auprès de lui ? Attendent-ils l’instauration d’un royaume terrestre et veulent-ils en occuper les premières places ? Manifestent-ils un vrai désir d’être avec lui mais en l’exprimant maladroitement ? Poursuivent-ils simplement une ambition personnelle ? Le récit évangélique ne permet guère de le préciser. Retenons cependant la demande des deux frères et regardons-là au mieux comme l’expression d’un désir fort louable : être avec le Christ. Cette demande qui fait rire les autres disciples, que nous suggère-t-elle ? Notre cœur en désire-t-il autant ? Notre foi va-t-elle jusqu’à vouloir être avec lui ? Si oui…La réponse du Christ nous intéresse au plus haut point. D’abord il met en garde : vous ne savez pas ce que vous demandez dit-il aux deux frères : Car, être avec lui passe par le même chemin que le sien. « Coupe » et « baptême » évoquent la passion. L’instauration du royaume loin d’être triomphaliste passe par l’effondrement humain de Jésus. Nous le savons d’ailleurs, mais trop extérieurement sans doute. Aujourd’hui qu’oserons-nous répondre quand il questionne : « Le pouvez-vous ? » Ensuite, Jésus dissuade les deux frères d’attendre de lui ces fameuses places. Soumis au Père il n’a pas le pouvoir de les attribuer. D’ailleurs nous le savons Jésus n’a pas de place à distribuer. Celle qu’il nous offre est identique à la sienne, c’est-à-dire la dernière. N’assistons-nous pas à travers ce dialogue à la purification de la relation avec le Christ. Qu’attendons-nous de lui ? Depuis les annonces de la passion, Jésus dit et redit à peu près la même chose aux mêmes hommes, ses disciples, qui ne l’entendent pas. Que Jésus ait déjà répondu à leurs questions ne les empêchent pas malheureusement de les reposer encore. Nous aurions pu donner à cette méditation le même titre qu’aux précédentes : « La dernière place…(suite) » Car nous voici encore ramenés à cette dernière place. Le fonctionnement interne du royaume de Dieu ne s’apparente pas à celui des gouvernants. Si chez ces derniers les grands font sentir leur pouvoir, entre disciples il ne doit pas en être ainsi. Et les mêmes formules reviennent… « Le plus grand sera le serviteur, le premier, l’esclave de tous » Est-ce ainsi que doit être régie la communauté du royaume ? Comprenons-nous ce genre de propos ? A défaut d’en arriver à bien comprendre, redisons-nous face aux façons de faire du monde : Non, il ne doit pas en être ainsi. NON Surtout pas, si vraiment nous voulons être avec Lui.
Tout quitter ! 12 octobre - 28° dim du temps de l'Eglise Mc 10, 17-30 Tout abandonner pour suivre Jésus (brève : 17-27) Là, n'est pas la tendance habiteulle de l'homme. Au contraire, le naturel est plutôt d'accumuler et d'accumuler encore avec de temps en temps le besoin de faire le ménage. Peut-être que l'homme ne guérit jamais complètement de son adolescence: tout posséder, et tout de suite! Nous avons en ces temps-ci, un peu partout à travers le monde, de belles illustrations de cette tendence à l'accumulation plutôt qu'au partage, en la personne de ceux qui reçoivent des sommes colossales pour services rendus au point qu'on se demande comment un seul homme pourrait bien les dépenser? J'ai... Je vues encore... Je vuax plus... Je possède déjà, mais j'accumule encore... Quelques fois sans doute, un autre doute traverse cette boulimie de biens. Le besoins peut-être d'une autre vie, et d'un peu plus de liberté intérieure face aux conditionnements que l'on s'impose. L'homme ne vit seulement du pain! (Mt 4, 4) L' "avoir n'est pas l' "être" Ne faut-il peu de choses pour vivre bien? En tous les cas moins qu'on ne l'imagine! Mais pourquoi ces réflexions? Touchent-elles à l'évangile du jour? Cet homme riche est-il typique d'une certaine façon de vivre en général? Qui se penche sur cet évangile pourra le dire et se jauger par lui-même. Animé d'un désir fort louable, il accourt vers Jésus avec précipitation et lui pose une question universelle: Je veux vivre, obtenir en héritage la vie, que dois-je faire? Voici quelqu'un qui, notons-le, ne vient pas demander du pain, un miracle, de l'argent. Il ne vient même pas demander de la vertu, il la pratique. Les commendements rappelés par Jésus, et qui tous et seulement, concernent les relations humaines et sociales, il les observe depuis sa jeunesse. Un homme bien donc, qui également possède de grands biens. Pourtant un autre désir le traverse, un autre besoin reste insatisfait, quelque choses lui manque encore! Quelque chose qu'il ne peut se donner à lui-même. Jésus de Nazareth, le Christ peut-il le combler? Par rapport à tout le travail que l'individu se donne pour acquérir des biens et les utiliser à son seul profit, la réponse de Jésus est simple. Elle offre une autre voie, celle de tout quitter et de le suivre. Que d'illusions quand on demande égoïstement aux biens que l'on possède ce qu'ils sont incapables de donner. Mais illusions bien souvent, trop souvent préférée à la proposition du Christ: "Va, vends... Donne aux pauvres, puis viens suis-moi". Est-ce là le manque que l'homme riche veut combler? Mais il n'est pas prêt à ce détachement et donc encore loin de la vie. Que faire alors face à cet entêtement dans la possession égoïste qui empêche de vivre? Jésus ne force pas, comment le pourrait-il? Si quelqu'un le suit, ce peut-il être autrement que de plein gré? Mais Jésus aime cet homme riche qui s'en va tout triste. Cet épisode révèle-t-il une vérité sur l'homme? La vie devrait-elle être différente de celle que l'on fabrique? Certains l'ont bien compris qui ont tout misé sur le Christ. Ils ont tout quitté: surtout l'illusion de pouvoir faire eux-mêmes leur propre bonheur et en choisissant le Christ n'ont jamais été si proches de leurs frères les hommes. "Il" ne demandait, ni pain, ni miracle tel que l'on fait habituellement, ni même la vertu. Toute chose qu'il semble avoir acquis lui-même. Mais ce qu'il demande et qui lui manque encore, c'est le Christ, non pas à posséder, mais à suivre! Rien ne peut être préféré à ce dernier. Rien, donc "tout quitter"
« Ils se trompent » 31 août - 22° dim du temps de l'Eglise Mc 7, 1...23 Loi divine et traditions humaines Ne sont-ils pas bien ces pharisiens qui chaque jour, s’évertuent à vivre selon les exigences de la tradition des Anciens ? N’ont-ils pas envers Dieu une démarche véritable ? Depuis presque un siècle et demi qu’ils pratiquent scrupuleusement les vertus de leur clan n’en savent-ils pas plus que Jésus de Nazareth ? N’ont-ils pas pour eux l’expérience et que vient-il leur trouver à redire, lui qui commence son ministère ? Pour satisfaire à la vie avec Dieu ne faut-il pas pratiquer des exercices religieux avec empressement ? Et n’est-ce pas ce qu’ils font brillamment ? Qui jeûne avec autant de zèle deux fois par semaine, bien au-delà de ce qui est prescrit ? Qui paie la dîme de tout ce qu’il achète comme ils le font, prêts à payer d’ailleurs plutôt deux fois qu’une ? Qui prend soin de sa pureté afin de se garder pour Dieu, en renouvelant chaque fois qu’il le faut les ablutions salutaires ? Qui ? Autour d’eux personne ! Ils sont les meilleurs ! Des pratiquants irréprochables, des vertueux sans failles. Si l’on en croit leur propre dire ils se pensent aussi, ainsi. Mais Jésus ne l’entend pas de cette oreille. Loin d’être de leur avis il les fustige. Pour lui leurs pratiques sont inutiles et nuisibles. Ils se trompent. Au lieu d’avancer vers Dieu ils s’enferment en eux-mêmes. Ils se trompent de Dieu ! Ils ne laissent pas Dieu venir à eux. Ils se montent la tête et durcissent leur cœur. Trop conscients d’être supérieurs aux autres, leurs actes religieux ne le prouvent-ils pas, Dieu ne peut qu’être content d’eux ? Les autres reçoivent leur mépris, qui n’imitent pas leur performance religieuse. Est-il possible de se tromper à ce point ? Jésus le pense et met en garde. Les actes religieux pratiqués même avec ferveur peuvent éloigner de Dieu en nous coupant des autres. Servir Dieu c’est aussi s’ouvrir aux autres, à tous les autres ! Les pharisiens font le contraire. Ils se coupent des autres, (pharisiens = séparés) et s’imaginent servir Dieu. Cette tentation n’est-elle pas toujours là ? être de Dieu c’est être comme lui, amoureux de l’humanité. Les pharisiens sont tout juste en train de l’apprendre car le Christ ne vient que de se manifester à eux. Mais pour nous le Christ est connu depuis longtemps. En lui je vois Dieu ! Est-il mon Dieu, cet Homme pour les autres ? Ma foi en Dieu me pousse-t-elle vers l’homme ? Père Christian BLANC, a.a.
" IL savait " 24 août - 21° dim du temps de l'Eglise Jn 6, 60-69 Fidélité des Douze et confession de foi de Simon-Pierre Pourquoi mettre en exergue cette remarque de l’évangéliste ? Est-elle si importante, si centrale qu’il vaille la peine de la mentionner ? Dans l’admiration vouée au Christ elle prend en effet toute sa valeur. Nous sommes à la fin du chapitre sixième. Commencé par une vaste multiplication des pains (cinq mille hommes), continué par une course effrénée de ces derniers, voilà que ce chapitre se termine par un fiasco, numériquement parlant tout au moins. Au fur et à mesure que Jésus s’est livré dans son identité réelle, ses auditeurs se sont retirés : trop dures les paroles entendues ! Que reste-t-il alors de tout ce monde ? Quelques disciples, Les Douze, représentés par Pierre, mais dont un fera encore faux bond en livrant le Seigneur. Au terme donc, un "petit reste" séduit, qui ne saurait où aller pour avoir les « paroles de la vie éternelle ». Mais à tous les autres que leur est-il arrivé ? Comment comprendre cet éloignement ? Être si près et s’en aller si loin ? Cela ne pose-t-il pas problème ? Jésus lui, n’a pas l’air d’être affecté outre mesure par cette sélection opérée chemin faisant, de paroles en paroles selon le choix de chacun. Son calme surprend et s’explique-t-il ? Serait-ce par ce petit mot : « Il savait ». S’agissait-il de prescience divine ou d’intuition humaine ? Là n’est pas la question qui nous occupe. Ce qui importe c’est d’entendre à nouveau la raison de l’échec déjà énoncée plus haut. Ces gens qui se retirent, pourquoi ne restent-ils pas « avec lui » ? Faisant écho aux versets 6,44 et 45 Jésus répète : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père » (Jn 6,65) Donné et donc accueilli ! Connaître le Christ en sa vérité c’est accepter d’en recevoir le don ! Les propres forces humaines sont incapables de croire, elles font plutôt obstacle. Jésus le sait. Cette connaissance des résistances intérieures Jésus la possède depuis le commencement. Rien de ce qui concerne Jésus ne peut être saisi en vérité sans la foi, ce don du Père. Dès le début de la rencontre avec Jésus, pour le connaître en vérité, il faut la foi. Il n’y a pas d’étape préliminaire de laquelle on glisserait vers une connaissance plus vraie de l’ordre de la foi. Ce ne sont pas ses paroles qui sont trop dures mais les cœurs endurcis qui sont fermés. Face au Christ proclamé dans sa parole tout le monde reçoit la possibilité de croire ! La possibilité ! Il reste encore à chacun de la saisir, de choisir. Malgré cette situation de refus dès le commencement, Jésus s’est livré entièrement. Sans céder au découragement il a persévéré dans la présentation de lui-même, quelles qu’en soient les conséquences. Ses paroles sont toujours aujourd’hui « esprit et vie » et attendent d’être crues pour faire vivre l’homme et le rendre disciple. Avec insistance il a semé largement la parole et les épis qui lèvent, même peu nombreux, porteront du fruit en abondance ! « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ? » (Jn 6, 68) « Il savait ! » N’empêche qu’il insiste toujours. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang… » Dites-le, autour de vous !
Suis-je vivant ? 17 août - 20° dim du temps de l'Eglise Jn 6, 51-58 Jésus est la vraie nourriture Jésus, dans ses enseignements après la multiplication des pains, revient constamment sur la « Vie » Il se présente avec insistance comme celui, seul, qui a la possibilité de la donner. Ses interlocuteurs, la foule, ne parviennent pas très bien à comprendre ses propos. Ils trouvent exagérées ses formules et les remettent en cause : « Comment peut-il dire je suis descendu du ciel, alors que l’on sait très bien d’où il vient ? Comment également, celui-là peut-il nous donner sa chair (sa vie, sa personne) à manger ? Les paroles de Jésus suscitent des interrogations (Jn 6, 60) et provoquent des désertions (Jn 6, 66) Mais quoiqu’il en soit du « comment » et du choc, peut-être même du scandale, il reste sûr que Jésus le Christ se présente comme la nourriture excellente et unique pour faire vivre. Sans se laisser décontenancer par le scepticisme d’en face il répète et insiste : « Je suis le pain vivant descendu du ciel » (Jn 6, 51) « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54) ou encore « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56) Alors,
est-il possible de vivre vraiment sans se « nourrir » du Christ ? On craint la réponse quand on constate le peu d’intérêt porté à sa Personne ! L’humanité serait-elle en son ensemble en état de sous alimentation chronique ? En vie au ralenti ? L’humanité malgré sa grande effervescence, sa débauche d’énergie ne ferait-elle en fait que vivoter, essayer de survivre ? Peut-être, que nous qui entendons les paroles du Christ, sous-estimons-nous trop ce qu’est la connaissance du Christ pour la vie des hommes ? Il est la Vie ! Sans lui, c’est-à-dire sans croire en lui, sans le reconnaître comme il se présente et sans le laisser agir comme il veut, est-ce vrai qu’on ne vit pas vraiment ? Sans
croire au Christ on ne vit pas vraiment ! La vie, celle qui dure pour l’éternité, donc la vraie, vient de lui. « Qui
mange ma chair et boit mon sang, (il ne s’agit pas seulement de recevoir la
communion mais d’adhérer à toute la vie du Christ,) a la vie éternelle. Sans le Christ pas de vraie vie ? Cette
façon de dire paraît tout aussi folle que le dire du Christ ? Le
proclamer publiquement serait s’attirer les sarcasmes de ceux qui ne croient
pas et pensent bien vivre, d’autant plus que l’on peut trouver aussi des
gens qui disent vivre du Christ et ne vivent pas bien . Qu’allons-nous faire alors des paroles du Christ ? Face au monde et dans l’état où il se trouve qu’allons-nous faire ? Et moi suis-je vivant ?
Où est le problème ? 10 août 19° dim du temps de l'Eglise Jn 6, 41-51 Le pain de la vie éternelle Utilisée habituellement pour clore une discussion et dire que justement il n’y en a pas, la question au contraire prend ici tout son sens. Mais oui où est le problème ? Dans le rapport de Jésus avec la foule, après la multiplication des pains et la marche sur les eaux (Jn 6 et ss) qu’est-ce qui ne passe pas ? Pourquoi a-t-il tant de mal à se faire comprendre ? Est-ce uniquement le fait que ce qu’il déclare sur lui-même est trop fort pour des esprits humains forcément limités ? Il est vrai qu’il proclame : « Moi je suis le pain de vie » (Jn 6, 35) Une telle déclaration, en effet est loin d’être banale. Elle ne peut pas non plus laisser indifférent puisqu’il y est question de vie et de vie éternelle. D’autant plus qu’en s’exprimant de cette façon là Jésus s’approprie ni plus ni moins le nom par lequel Le Seigneur se révélait à Moïse. C’est véritablement très fort ! Trop fort ? A vues humaines certainement ! Les auditeurs de Jésus qui ne dépassent pas ce stade de compréhension « récriminent », « murmurent » comme le faisaient dans le désert leurs ancêtres, les hébreux nostalgiques, loin de leur nourriture d’esclavage. L’homme préfèrerait-il l’esclavage bien nourri à la liberté frugale ? Malgré ces réactions négatives Jésus ne se laisse pas décontenancer. Il insiste et répète la même affirmation en la martelant : « Amen, amen, je vous le dis » , en insistant sur l’importance de ce qu’il est et son assurance à le proclamer. « Moi je suis le pain de la vie » différent de la manne. « Moi je suis le pain vivant qui descend du ciel » (Jn 6, 51) le manger c’est vivre éternellement. Ce pain c’est ma chair « donnée pour que le monde ait la vie ». Autrement dit le pain : C’est Moi. Jésus sait bien ce qu’il veut dire aussi le lien qu’il établit entre sa personne et le pain descendu du ciel ne peut faire aucun doute . Tout à fait consciemment il établit ce lien. Le pain du ciel c’est LUI ! Est-ce la Vérité ? Comment le savoir ? Les preuves extérieures sont impossibles. Seul celui qui s’ouvre à la Foi en vérifiera le bien fondé. Il faut s’engager pour expérimenter. Il faut manger ce pain dans la foi à la parole pour en sentir la vie. Est-ce un grand saut dans l’inconnu ? Non justement. Et c’est bien là que gît le problème. Un problème de blocage intérieur. En fait une volonté de ne pas croire. Les paroles de Jésus pour complètement « folles » qu’elles soient à vues humaines ne sont pourtant pas au-dessus de ce qu’un homme peut croire. En effet que lit-on également : « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi » (Jn 6, 44) Il faut donc pour adhérer aux paroles du Christ une attirance intérieure suscitée par le Père. Doit-on comprendre alors que les auditeurs du Christ, récalcitrants à croire en ses paroles ne sont pas mus de l’intérieur par le Père ? Et Là serait-il le problème de la non-foi ? Mais de la part de Dieu ne serait-ce pas une sélectivité surprenante ? Heureusement nous lisons encore : « Ils seront tous enseignés par Dieu » (Jn 6, 45) Et plus loin encore de quoi lever toute hésitation : « Quiconque se met à l’écoute du Père et à son école, vient à moi » (Jn 6, 45) Alors trop dures les paroles du Christ ? Incompréhensibles ? Impossible d’y croire ? Si tu ne crois pas où est le problème ? En toi sans doute !
LUI..., encore et toujours.. ! 3 août 18° dim du temps de l'Eglise Jn 6, 24-35 Le pain venu du ciel Est-ce si difficile de le rencontrer ? Est-ce si compliqué de savoir qui il est? Les foules qui le cherchent ne ménagent pourtant pas leurs efforts. Sans résultats semblent-il et pour l'instant! Quelque chose ne passe pas entre elles et Jésus de Nazareth. Elles ne parviennent pas à le saisir de l'intérieur. Et lui n'a de cesse que de se faire reconnaître. Les foules surprises par la façon de vivre et de dire de Jésus pressentent l'originalité du Seigneur mais aller jusqu'à croire totalement ce qu'il dit être c'est peut-être trop fort. A moins qu'il ne faille compter avec le temps et les maturations intérieures. La multiplication des pains s'était bien passée. Chacun avait eu de quoi manger à satiété. Le partage avait même bien fonctionné grâce aux cinq pains et aux deux poissons du jeune garçon. Aussi, comment pour cette foule ne pas être satisfaite et chercher à nouveau le contact de cet homme capable de tant de bonté et de lumière? C'est donc sans hésitation que les gens se remettent en route et retrouvent sur l'autre rive, celui qu'ils cherchent sans vraiment le trouver. En effet à ce nouveau contact, sur l'autre rive, la vérité éclate. L'empressement de ces foules est impressionnant mais que valent leurs motivations ? Pourquoi courent-elles après Jésus ? Cette question nous poursuit. Jésus y répond par une déclaration solennelle. La formule utilisée « Amen, Amen je vous le dis » donne l’alerte sur l’importance de ce qui suit : « Vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous êtes rassasiés » (Jn 6, 26) Les miracles ne sont-ils que des signes ? Le partage du pain n’était-il qu’un signe ? Les actes posés par Jésus devant cette foule n’avaient-ils pas en soi, leur consistance propre ? Fallait-il lire plus, comprendre davantage ? Recevoir du pain aussi gracieusement qu’abondamment donné n’indique-t-il pas tout simplement une générosité à laquelle on peut encore venir demander ? Quelle expérience que celle de la vie ! Ce que l’on voit de nos yeux et ce que l’on entend de nos oreilles ne serait-il pas le dernier mot de la réalité ? Alors qu’aurait-elle dû faire cette foule rassasiée par le pain de farine ? Que doit-elle faire la foule des hommes d’aujourd’hui pour saisir le réel ? Voici la réponse écrite en toute lettre: « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu le Père a marqué de son empreinte » (Jn 6,27) La vie est plus que la vie et pour vivre il faut plus que le pain de nos tables. En sommes-nous bien sûrs ? La foule questionne. Une nourriture pour la vie éternelle qu’est-ce à dire ? En allant jusqu’au bout de ce passage évangélique on finit par l’apprendre. Seigneur donne-nous toujours de ce pain nourrissant pour la vie éternelle. Et Jésus de répondre, déconcertant : « Moi, je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n’aura soif. » (Jn 6,35) LUI, donc…, encore et toujours LUI Est-ce trop rude ? (Jn 6, 60) Rassasiés… ? 27 juillet 17° dim du temps de l'Eglise Jn 6, 1-15 La multiplication des pains
Le
sont-ils vraiment ? Ne sommes-nous pas en droit de nous le demander face au
déroulement et à la finale de cette rencontre ? Cette foule « affamée »
que nous voyions dimanche dernier chercher Jésus et lui courir après, a-t-elle
trouvé ce qu’elle cherchait avec tant d’ardeur ? Enseignement
longuement dispensé et multiplication des pains ont-ils répondu au besoin
profond de cette foule sans berger prise en pitié par Jésus ? En effet
l’enseignement fut long, consistant sans doute, éclairant probablement car il
ne pouvait qu’apporter la lumière de la vérité étant donné celui qui le
dispensait. Le geste du pain et des poissons multipliés fut abondant. Au soir
tombant après une journée d’écoute attentive chacun a pu refaire ses forces
physiques sans épuiser d’ailleurs la quantité de nourriture. Mais
tout cela a-t-il suffit à rendre le sens, à donner la vie ? Voici
que la question se pose, qu’un
doute s’insinue, qu’un besoin de mieux comprendre se fait sentir. La foule
elle-même ne réagit pas. On ne sait si elle est satisfaite ou pas. Quelque
chose lui manquerait-il encore ? N’a-t-elle
pas un goût d’inachevé ? N’y aura-t-il pas de suite ? Et Jésus
a-t-il exercé vraiment et pleinement sa mission ? Dieu, à travers cette séquence
ne risque-t-il pas d’apparaître comme un dieu bouche-trou, uniquement
pourvoyeur de nos manques ou de nos besoins ? Il donne et on reçoit… La
distance reste alors immense entre lui et nous. La
relation à Dieu en Jésus-Christ s’exprimerait-elle uniquement dans ce type
de rencontre ? N’est-ce pas ainsi que trop souvent les hommes voient les
choses quand il s’agit de Dieu ? La foule sans réaction propre, s’est
laissée accueillir, nourrir et renvoyer…Pour rassasier l’homme, pour que
s’élimine sa détresse profonde d’être au monde sans savoir où et qui
l’on est, n’en faut-il pas davantage ? Sont-ils
rassasiés ces gens venus auprès du Christ ? Qu’en
pensez-vous ? Leur
faudrait-il encore « quelque chose » ? Affamés… ?
20 juillet
16° dim du temps de l'Eglise
Mc
6, 30-34 Jésus a pitié de la foule Mais de quoi ? A moins qu’ils ne soient qu’agités ? Mais enfin qu’ont-ils à tourner comme ils le font autour de Jésus de Nazareth ? Que cherchent-ils ? Que comptent-ils trouver ? Ils
vont et viennent sans cesse. Les quelques versets proposés à notre méditation
sont pleins d’agitation. Est-ce simple curiosité ? Est-ce simple
engouement passager pour le jeune rabbi à la renommée déjà appuyée ?
Ou bien ont-ils, ces gens, découverts en lui plus que l’extérieur ne laisse
voir ? Un rabbi certes, mais bien différent, quelqu’un qui plus que les
autres, parle avec
profondeur ? La
question en vaut la peine :
qu’est-ce qui les fait bouger, ces gens qui prennent d’assaut Jésus et ses
disciples ? En effet, à peine revenus de mission et désireux de partager
avec Celui, leur Maître, qui les avait envoyés, les disciples et Jésus sont
assaillis, harcelés au point de ne pouvoir prendre ni repas ni repos. (Mc, 6, 3)
Que cherchent-ils donc, ces gens qui sitôt renseignés sur la décision de Jésus
de se mettre à l’écart dans un lieu désert,
se mettent à sa recherche et quand ils le trouvent sur l’autre rive,
l’entourent et l’assaillent à nouveau ? Eux-mêmes
savent-ils ce qu’ils cherchent et trouveront-ils ? Quant
à Jésus connaît-il leur désir, a-t-il une idée de leur faim ? Sa
réaction le laisse penser. N’est-il pas bouleversé de les voir ainsi
s’agglutiner autour de lui ? Non que tant de monde lui tourne la tête,
mais leur errance l’atteint au cœur, plus profond même. Loin de considérer
ces gens comme de la piétaille sans intérêt, il est au contraire ému d’une
émotion forte, pas d’un simple tressautement de l’épiderme. Il ressent
devant eux une douleur viscérale, ses « entrailles » lui font mal.
Seraient-ils ces gens, une foule sans bergers ? Seraient-ils la proie de
toutes les illusions, la chair de toutes les exploitations ? Seraient-ils
perdu dans un monde déserté par la Vérité ? Qui
sont-ils en effet ? Et
pour qui sont-ils « quelqu’un » ? La
rencontre de Jésus avec ses disciples tourne court. Nous n’en connaîtrons
pas le contenu. Cette mise à l’écart souhaitée et pourtant nécessaire
s’achève car à nouveau il faut se laisser envahir par le « besoin »
des autres. Jésus cède à la pression. Ses disciples devront-ils en faire
autant ?
Et
que fait Jésus ? (Mc
6, 34) « Il
se mit à les enseigner longuement » Avant
d’apporter le pain physique (Mc 6, 38) il donne celui de la Vérité. N’est-ce
pas là le besoin fondamental ? Ils
ont cherché et jusqu’à tard ils ont écouté ! Affamés…
Furent-ils
rassasiés ?
« Si
tu veux.. ! »
13
juillet 15° dim du temps de l'Eglise Mc
6, 7-13 Jésus envoie les Douze appeler
les hommes à la conversion Les
refus ne rebutent pas Jésus de Nazareth ! Combien n’en a-t-il pas essuyés ?
De la part de ses propres concitoyens comme nous le constations dimanche dernier
mais bien plus souvent encore de la part des « religieux »
scribes et pharisiens. Sa personne qui est tout son message ne passe pas, sinon
auprès des pauvres et des pécheurs. Encore que même parmi ceux-ci il
rencontre de la résistance c’est-à-dire de la non-foi. Cette opposition ne
le décourage pourtant pas. Constamment il repart pour relancer la Bonne
Nouvelle et laisser entendre qu’en lui-même le royaume de Dieu s’est
approché. L’homme
n’est jamais contraint ! Celui-ci
peut même s’enfermer dans sa bêtise et proférer des absurdités comme nous
l’entendons en Mc 3, 22 (scribes et pharisiens voyant pourtant Jésus agir et
guérir le traitent de démon, de Béelzéboul), sans que Jésus n’oblige ces
obstinés. L’homme sollicité par Jésus de Nazareth reste libre ou plutôt il
conserve toujours le pouvoir ( car est-ce vraiment être libre ?)de le
reconnaître ou de le rejeter. Ce
comportement de Jésus de Nazareth et donc de Dieu ne vous impressionne-t-il pas ? Comme
il n’empêche personne de dire n’importe quoi sur lui, quand il est
rejeté il s’éloigne et passant ailleurs il continue d’enseigner…(Mc 4,1)
La mission se poursuit bien qu’apparemment infructueuse. Je
ne sais si nous avons suffisamment médité cette approche par laquelle Dieu
vient vers nous ? Je
ne sais si nous avons bien repéré le véritable visage de Dieu, tels les
traits que nous pouvons découvrir en Jésus ? Il est vrai que l’homme
peut mener sa vie et réussir ses affaires
sans s’inquiéter le moins du monde de la proposition de Dieu en Jésus-Christ.
L’homme peut en rester à ses propres façons de voir différentes de celles
de l’évangile et Dieu ne viendra pas le dissuader ou le malmener. L’homme
peut même imaginer triompher de Dieu sans que Dieu n’intervienne pour
s’imposer, mais à sa manière humble et discrète il n’en continuera pas
moins de se proposer. Dieu
d’amour, visage de Jésus-Christ ! Par
contre ceux qui le laissent se révéler à eux, se retrouvent libérés par lui
et deviennent ses témoins. Nous les voyons aujourd’hui envoyés deux par
deux. Ce n’est pas leur vie qu’ils vont prêcher, c’est de Dieu proche de
l’homme dont ils vont témoigner. Equipés de la force de celui qui les envoie
(Mc 6, 7 et 6,12) ils s’effaceront devant lui et s’efforceront de le laisser
transparaître. Le
Christ c’est lui et lui seul qui sauve ! Mais
son nom doit être, aujourd’hui, proclamé par des hommes. Par des hommes qui
se laissant sauver et désirent à tout prix que d’autres le connaissent. Eux
non plus comme lui n’useront pas d’artifices : simplement pourvus ils
s’en iront dans la confiance. Ils se contenteront de l’accueil offert, si
accueil il y a, sinon ils s’en iront sans insister. Ils ne voudront rien
d’autre que ce veut le Christ, guérir, libérer ! Ils ne viennent rien
prendre et pour en convaincre les récalcitrants, même la poussière du lieu
qui les rejette ils la restitueront à ceux qui les rabrouent. N’est-ce pas là
un vrai respect de la liberté porté par un intense désir de sauver ?
Dans l’approche de l’homme, et ses envoyés doivent le faire à leur tour,
le Christ dit : Si
tu veux ! Ah.. !
Si… je veux ? Frappés..
Etonnés.. Mais enfermés.. !
6
juillet 14° dim du temps de l'Eglise
Mc
6, 1-6 Jésus n'est pas accepté dans son
pays
Les
gens de Nazareth ne sont pas insensibles au charme spirituel de Jésus leur
condisciple. Sa prédication les touche et les surprend. Ils s’interrogent :
D’où lui vient cette profondeur ? Cette sagesse ? D’où tient-il
cette puissance capable de réaliser des miracles ? Mais ils ont beau
fouiller dans leur mémoire ils ne trouvent pas d’explication. Leur expérience
ne leur livre aucune réponse. Ne l’ont-ils pas côtoyé ce Jésus ?
Qu’avait-il de plus qu’eux ? Pendant trente ans ne l’ont-ils pas vu
évoluer ? Rien de ce qu’ils voient maintenant ou de ce qu’ils
entendent n’était perceptible. Aussi devant cet homme bien connu, trop connu,
tout autant que son milieu familial, « on » ne sait vraiment que
penser ! Que
reste-t-il à faire ? Que faut-il choisir ? Aller
plus loin …Ou s’en tenir à l’expectative ? Aller plus loin ce
serait à tout le moins reconnaître en cet homme, ancien compagnon de village,
une manifestation authentique de Dieu. Mais justement ne serait-ce pas aller
trop loin ? Dieu peut-il se dire ainsi, en comportement si ordinaire.., si
simple ? Dieu n’est-il pas grand, inaccessible ? Comment pourrait-il
si simplement s’adresser aux uns et guérir les autres ? Cet « être
avec » tout bonnement, que les notables reprocheront tant à Jésus,
n’est pas digne de Dieu ! Le Créateur du ciel et de la terre et de tout
ce qui existe, le Saint pourrait-il se manifester en cet homme de Nazareth ?
Une telle puissance peut-elle s’allier avec une aussi humble démarche ?
Nous comprenons leur hésitation encore que de l’intérieur une voix , un
murmure doit bien essayer de se faire entendre pour leur faire comprendre. Notons
bien que les gens de Nazareth sont croyants et pratiquants. Ils fréquentent la
Synagogue et croient (du moins le pensent-ils) au Dieu d’Abraham. Ils
attendent sûrement l’accomplissement des promesses faites à Abraham et
renouvelées par les prophètes. Ils attendent donc le Messie. Et le résultat
le voilà ! Face à Jésus de Nazareth : la fermeture. Leur « foi »
serait-elle un alors handicap ? Les empêcherait-elle de « voir »
ce que selon elle pourtant ils attendent ? Entre Jésus et le Dieu des Pères
le contraste est-il trop important pour laisser filtrer la lumière du Christ ? Leur
étonnement doit nous étonner, non parce que nous serions prêts à nous moquer
d’eux, mais pour porter sur nous-mêmes un regard lucide : Qu’en est-il
de notre foi au Christ et des conséquences qui en découlent ? On
peut « croire » et ne pas « croire » au
Christ. On peut se dire croyant et ne pas être chrétien ! Vrai
ou faux ? L’étonnement
est le premier pas vers la découverte. Mais il peut tourner court…Sitôt
« frappés » l’esprit et le cœur peuvent se refermer sur des
convictions que l’ont dit inchangeables car on ne veut pas les « laisser »
changer. Mais à ne pas vouloir courir de risque on risque de se fermer à la
vie. N’est-ce pas ce à quoi nous
assistons dans cet évangile ? Frappés,
étonnés mais finalement enfermés ! Ainsi
en est-il des gens de Nazareth pourtant visités par…. Le
Christ ! La
foi peut-elle handicaper la Foi ? Est-ce
bien la nôtre ? Fête de Saints Pierre et Paul
Mt
16, 13-19 Est-ce
bien la nôtre, cette question posée par Jésus à ses disciples ? Quelle
est son importance ? Est-il nécessaire pour être chrétien de devoir
confesser l’identité du Christ ? A ce moment de l’Evangile de Mathieu,
alors que les Pharisiens et les Sadducéens lui demandent encore un signe du
ciel (16, 1) (de sorte qu’il prouve ce qu’il dit être !) et avant
d’aller plus loin dans la révélation de son chemin vers le don total (la
Croix), Jésus pose la question de confiance : Au
dire des gens qui est le fils de l’Homme ? (16, 13) Mais
pour vous qui suis-je ? (16, 15) Jésus craint-il de n’être
pas compris ? A-t-il besoin d’être confirmé lui-même dans son identité ?
Frôle-t-il le risque d’un échec ? Sa mission pourrait-elle être
compromise ? Qui parmi ceux qui le fréquentent
de près ou de loin a bien compris qui il est ? Et qui va pouvoir le découvrir
encore à travers le visage qui se profile de Serviteur souffrant ? En effet sitôt
après la réponse de Pierre, l’évangéliste note : « A dater de
ce jour Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en
aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des siens… » (16,
21) Question
capitale donc! Si Jésus n’avait pas été reconnu comme le Fils de l’Homme
et plus encore comme le Fils de Dieu, au sens fort du terme, Dieu serait resté
dans la représentation des hommes ce qu’ils imaginaient de lui avant la venue
de Jésus. Nous n’aurions bien sûr ni Evangile ni l’Eglise. Heureusement
depuis la confession de Pierre nous avons l’un et l’autre ! Cependant
qu’en est-il exactement de notre perception de Dieu et donc de notre relation
à Lui ? Ne sommes-nous pas bien souvent, dans notre façon de penser et de
vivre « anté-évangélique » (pas « anti » mais le résultat
pourrait bien être le même ) comme si le Christ n’était pas venu faire
briller d’un lumière absolument nouvelle le nom de Dieu ? N’avons-nous
pas tendance à tout mélanger, comme si en Dieu c’était le règne de la
confusion, sans suffisamment percevoir les articulations de la foi ?
Qu’est-ce qui est au centre de la foi ? Quelles sont les démarches périphériques
et celles qui sont essentielles ? « Que
disent les gens du fils de l’Homme dit Jésus à ses apôtres ? » Et
chacun d’y aller de son couplet, sans avoir perçu qui est Jésus de Nazareth !
(16, 14) N’en est-il pas peu ou prou encore ainsi ? Vérifions notre prière.
A qui s’adresse-t-elle et quelle forme prend-elle ? Se nourrit-elle de la
Parole ou s’accommode-t-elle de « récitatifs » à la limite du
vrai ? Combien d’entre nous célèbrent Pâques et se demandent encore ce
qu’il y a après la mort ? Combien prononcent le nom du Christ tout en
parlant de Dieu comme si nous en étions encore dans le temps de la préparation
du salut ? Combien se réfèrent-ils uniquement aux commandements de Dieu sans
jamais faire mention des Béatitudes ? Combien cultivent une relation à
Dieu (protectrice ?) sans prendre la mesure de l’exigence chrétienne qui
n’est pas facultative mais nous oblige à vivre en communauté ? Combien
récitent le Notre Père parce qu’il est prévu de le dire mais préfèrent
bien plus quelques compositions beaucoup plus pieuses ? Alors,
dit le Christ pour vous qui suis-je ? (16, 15) Notre
réponse, toujours à actualiser est capitale. Dans
le cas de Pierre elle fait « naître » l’Eglise (16,18), ce
rassemblement qui accomplit le vœu profond de l’humanité : « être
ensemble ». Entre la réponse de Pierre et l’Eglise le lien est évident. Pour
vous qui suis-je ? Est-ce
bien là, notre question ? "L'inouï...!"
Fête du
Corps et du Sang du Christ
Marc 14, 12-16.22-26 Du
jamais vu ! Quelqu'un qui, le plus simplement du monde, au cours d'un repas
(certes pas n'importe lequel..) fait un geste et prononce des paroles de don et
de communion jusque là inédits et qui le restent encore. Cela n'appelle-t-il
pas ma contemplation ? Je
revois ce geste et j'entends ces paroles: Prenez ceci est mon corps… Ceci est
mon sang, le sang de l'alliance, répandu pour la multitude. Les disciples venus
célébrer la Pâque, la libération d'Égypte, sont alors
invités à vivre une libération encore plus profonde, à communier au
véritable libérateur. Furent-ils
surpris ? Nous n'avons pas leur réaction. C'est que pour bien comprendre il
faut attendre la suite… Une suite qui ne saurait tarder: le jardin des
oliviers (comme il est noté dans notre texte) l'arrestation et tout le
processus jusqu'à la crucifixion et la résurrection. Et
nous qui aujourd'hui savons, sommes-nous impressionnés par le geste et les
paroles du Christ ? Quand nous communions avons-nous bien conscience de
participer à toute sa vie, au don de sa vie ? Avons-nous bien conscience que
communier, recevoir le corps du Christ ce n'est, ni plus ni moins que de donner
son adhésion afin de
devenir comme lui ? Au
soir de sa vie terrestre, Jésus
"se lègue"
lui-même à ses disciples. Il ne leur confie pas un testament spirituel
contenant des pensées profondes, il se livre lui-même avec toute la profondeur
et l'unicité de sa vie. Car le Christ bien que tout à fait homme, ne ressemble
à personne. Mais
il appelle chacun à sa propre ressemblance. Si
nous communions n'est-ce pas pour devenir d'autres lui-même ? Mais
qu'est-ce que cela veut dire ? N'est-ce pas le jour de se demander, quelles sont
nos raisons d'aller communier ? Cherchons-nous autant que le geste de communion
le laisse penser, la ressemblance avec lui ? Pourquoi vais-je communier ? Quels
sont les désirs qui m'animent ? Ai-je un grand désir de connaître le Christ ?
De prendre le temps de me laisser pénétrer de sa Parole ? Ceci
est mon corps dit le Christ.. Prenez, mangez Ceci
est mon sang.. Prenez, buvez La
vie reçue dans la communion passe en celui qui communie afin qu'il parvienne au
même don de soi, à la même liberté, à une authentique solidarité avec
l'humanité. Le christ ressuscité se livre à celui qui reçoit le pain et le
vin sur lesquels ont été prononcées ses propres paroles. Sa
vie à lui, fut-elle donnée ? Et
qu'est-ce qui caractérise la mienne ? Au cours du repas pascal, Jésus prend,
à sa façon, la place de l'agneau pascal et sa vie devient vraie nourriture: sa
façon d'être, sa façon de penser, sa façon de vivre en relation avec son
Père et avec les autres tous les autres quels qu'ils soient... Où
en suis-je de ma ressemblance avec lui ? Sans
doute ne suis-je pas le mieux placé pour y répondre ! Mais en avoir le souci
n'est-ce pas se préparer à communier en vérité ? L'inouï
ne nous est-il pas proposé ? L'
acceptons-nous avec toutes ses conséquences ? "Plongés...!?"
Fête de la Trinité -
Matthieu 28,16-20 Le
mot convient bien ! Mais que vous évoque-t-il ? Une détente estivale
ou une expérience spirituelle ? Nous célébrons aujourd’hui la fête de
la Sainte Trinité, ce mot « plongés » a-t-il sa place ? L’Evangile
proclamé aujourd’hui en fait usage. Nous lui donnerons donc toute sa place
mais pas avant de nous être redit le sens de la fête de ce jour. Dans
la foi nous affirmons ce que nous célébrons en ce dimanche : à savoir
que Dieu est Père Fils et Saint Esprit. Nous affirmons, si l’on peut dire, qu’il
y a de la relation en Dieu,
de la communication, de l’échange, du don, de l’amour. Que Dieu en
lui-même n’est pas immobile, statique mais communauté,
communion. Que le fond de l’être, donc
de tout, s’origine à cette ouverture vers l’autre,
à ce don à l’autre comme à cette capacité d’accueillir l’autre. Que
cette animation est en Dieu même. Que Dieu vit
tourné vers l’Autre, mais vers un Autre qui est pourtant lui aussi Dieu. Que
cette sortie de soi à l’intérieur même de lui-même, cet échange, ce don
le caractérise éternellement. N’est-ce
pas alors bouleversant en recevant cette révélation de Dieu
Père Fils Esprit-Saint de prendre conscience que
le fondement de l’être, et donc du monde, est le don ? Que dans les
gênes du monde est inscrite, non pas un développement autarcique, mais l’ouverture
à l’autre, la communion à l’autre. Que cette ouverture est constitutive de
notre être, qu’elle précède les fermetures qui peuvent apparaître. Dieu
est donc communion ou comme le dit saint Jean: Dieu est amour. Il est Père Fils
Saint-Esprit : nous le croyons, nous le célébrons, tout en affirmant dans
le même temps que Dieu est « Un » qu’il n’y a pas de multiple
en lui. Qu’il ne s’agit pas de trois dieux mais d’UN
seul qui est pourtant COMMUNAUTÉ. Cette
affirmation de foi qui heurte la raison, « fait éclater notre idée
spontanée et archaïque du divin pour nous ouvrir à l’image d’une
« générosité expansive » qui fonde tout ce qui est » (M.
Domergue in Notre Dame du Web) Mais
cette affirmation de foi d’où nous vient-elle ? Jésus aurait-il
développé en un grand discours cette conception de Dieu ? Pas le moins du
monde, pas de discours. Mais une vie, la sienne nous le révèle. Que serait
Jésus s’il n’était le Fils du Père ? Que serait sa vie sans l’intimité
avec son Père ? Mais que serait également Jésus si l’Esprit n’était
avec lui ? Et qu’en serait-il de lui pour nous si l’Esprit, comme il l’a
dit ne se chargeait de nous faire comprendre toutes choses ? C’est en
contemplant le Christ que l’Eglise, son Corps comprend que Dieu est Père Fils
et Saint-Esprit. C’est l’Esprit qui nous fait comprendre que Jésus est le
Fils bien-aimé du Père, que Jésus aime le Père de toutes les fibres de son
être mais que leur amour s’ouvre en permanence et circule grâce à l’Esprit. Reconnaissons,
cependant, que nous balbutions le Nom de Dieu ! Est-ce pour autant
trop téméraire de s’y essayer ? Mais au fait où est passé notre mot
de départ ? « Plongés » disions-nous, le même qui se trouve
dans l’Evangile ? « Allez dit Jésus à ses disciples, de toutes
les nations faites des disciples, baptisez-les (plongez-les) au Nom du Père, du
Fils et du Saint Esprit. » (Mat 28, 19) « Plongés »
nous l’avons été le jour de notre baptême. Et
savoir en quoi ou plutôt en qui
(nous sommes plongés) n’est-ce pas important ?La
Fête de la Sainte Trinité nous donne l’occasion de mieux le comprendre. N’hésitons
pas ! |
Le commentaire biblique de la semaine homélie du dimanche évangile du dimanche méditation