Les commentaires 

de l'évangile du dimanche année A  2007-2008

par le Père Christian Blanc

        

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Remonter   

 25 mai 2008  Saint Sacrement A  Jn 6,51-58
 18 mai 2008  Sainte Trinité A  Jn 3,16-18
 11 mai 2008  Pentecôte A  Jn 20,19-23
 04 mai 2008  Ascension du Seigneur A (en A.N.)  Mt 28,16-20
 27 avril 2008  6° dim. Pâques A  Jn 14,15-21
 20 avril 2008  5° dim. Pâques A  Jn 14,1-12
 13 avril 2008  4° dim. Pâques A  Jn 10,1-10
 06 avril 2008  3° dim. Pâques A  Lc 24,13-35
 30 mars 2008  2° dim. Pâques A  Jn 20,19-31
 23 mars 2008  Dimanche de Pâques  Rm 8,31-39
 16 mars 2008  Dim. des Rameaux  Mt 26,14..27,66
 9 mars 2008  5° dim. Carême A  Jn 11,1-45
 2 mars 2008  4° dim. Carême A  Jn 9,1-41
 24 février 2008  3° dim. Carême A  Jn 4,5-42
 17 février 2008  2° dim. Carême A  Mt 17,1-9
 10 février 2008  1° dim. Carême A  Mt 4,1-11
 3 février 2008  4° dim. ordinaire A  Mt 5,1-12
 27 janvier 2008  3° dim. ordinaire A  Mt 4,12-23
 20 janvier 2008  2° dim. ordinaire A  Jn 1,29-34
 13 janvier 2008  Fête du Baptême du Seigneur A  Mt 3,13-17
 06 janvier 2008  Fête de l'Epiphanie A  Mt 2,1-12
 30 décembre 2007  Fête de la Sainte famille A  Mt 2,13...23
 23 décembre 2007  4° dim. Avent A  Mt 1,18-24
 16 décembre 2007  3° dim. Avent A  Mt 11,2-11
 9 décembre 2007  2° dim. Avent A  Mt 3,1-12
 2 décembre 2007  1° dim. Avent A  Mt 24,37-44

En cliquant sur les références bibliques ci-dessous vous obtenez le texte... Merci à www.aelf.org pour les liens Bibliques

Première lecture : Dt 8, 2-3.14b-16a Dieu nourrit son peuple

Deuxième lecture : 1Co 10, 16-17 Le sacrement de l’unité

 

« Vivre par Lui…? »  25 mai 2008 - Saint Sacrement A

Evangile : Jn 6, 51-58 « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde»

Jésus de Nazareth est-il « mangeable » ? Le Christ, le Fils du Père, est-il « buvable » ? Expressions apparemment brutales pour évoquer un si délicat sujet, celui de la relation du Christ avec ses disciples. Expressions apparemment choquantes mais qui en réalité sont plus justes qu’il ne paraît. Ne dit-on pas d’ailleurs de quelqu’un dont le comportement incommode son entourage qu’il est imbuvable ? L’inverse, il est vrai, n’est pas employé. Mais ici, pour parler de la personne du Christ et de ce qu’il dit de son rapport au disciple, n’est-ce pas une juste expression?

Est-il mangeable, buvable ?

A l’entendre, qui ne pourrait admettre qu’en parlant de lui-même il s’exprime dans les catégories de manducation et de boisson ? « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie » (Jn 6, 53) Ses auditeurs en sont choqués. « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6, 52) Mais pourquoi le sont-ils au juste ? Par le fait qu’il se déclare nourriture nécessaire pour avoir la vie ? Parce qu’il se présente comme le pain qui descend du ciel ? (Jn 6, 51) Parce qu’il s’annonce comme plus performant que Moïse ¸(Jn 6, 32-33)? Dans la vie courante, ne se « nourrit-on » pas en quelque sorte de la vie d’une personnalité marquante, de sa pensée, de sa façon d’être ? Nos vies n’interfèrent-elles pas entre elles et les plus riches de sens, les plus accomplies intellectuellement, moralement, socialement, ne deviennent-elles pas substance nourrissante  pour leurs contemporains et les générations suivantes ? L’Histoire n’est-elle pas une table où les générations puisent de quoi vivre et se fortifier pour affronter et inventer l’avenir dans les conditions les meilleures ? Le Christ ne peut-il pas déjà s’inscrire dans la lignée des personnages nourrissants ?

L’est-il ou ne l’est-il pas ?

Mais aussi ne les dépasse-t-il pas tous ? Sa façon de se présenter, sa conviction qu’il est le pain du ciel, son assurance fortement exprimée d’être une nourriture et une boisson qui donnent la vie éternelle, dépassent évidemment tout ce que d’autres grands de ce monde ont pu offrir et dire d’eux-mêmes. Ce qui de leur part paraîtrait exorbitant, l’est-il autant en ce qui concerne le Christ ? Son humilité, sa compassion, son approche respectueuse et serviable de l’humanité, ne donnent-elles pas une grande véracité à ses propos ? Rien en lui ne laisse transparaître une supériorité orgueilleuse et dominatrice. Il exprime simplement ce qu’il est et expose les conséquences vitales qui en découlent pour toute l’humanité. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6, 54) Sa personne occupe tout l’espace. Il s’agit bien de lui comme nourriture et boisson et non seulement de ses idées et de ses façons de faire. Cette constatation est encore plus forte quand, au verset d’après, on peut lire : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » (Jn 6, 56) Acte de manducation et de boisson tellement fort qu’une symbiose se réalise, une union s’effectue au point que chacun « habite » en l’autre, demeure en l’autre. Inhabitation qui réalise déjà la vie éternelle, car celui qui se donne ainsi vient du ciel, d’où ne peut que venir d’ailleurs cette capacité d’une si intime communion.

Sommes-nous concernés ?

Percevons-nous à la fois cette loi que chaque être humain « consomme » et est « consommé », puisque chacun s’enrichit du meilleur de l’autre comme d’une nourriture pour sa propre croissance, et en même temps percevons-nous la différence et l’originalité de la nourriture et de la boisson que le Christ dit être lui-même ? L’incarnation est bien à la fois l’insertion dans la chaîne humaine des influences et en même temps un dépassement de ces influences pour porter l’humanité au-delà d’elle-même et la faire aboutir à son lieu véritable : Dieu lui-même. « Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi » (Jn 6, 57).

Croyez-vous cela ?

Ce que fut le Christ, Jésus de Nazareth, n’est pas seulement offert à la consommation de l’humanité. Lui-même devient nourriture. Lui-même au sens fort du terme, car on ne peut détacher la personne du Christ de ce qui fut son œuvre ou sa trace historique. Il ne s’agit pas seulement de s’approprier un capital humain mais de s’incorporer une personne, de communier tellement à elle qu’il y a passage de l’une à l’autre, « demeure en moi et moi en lui ». Dans la manducation du pain et l’absorption du vin, chair et sang, je ne reste pas seul,  j’entre en relation avec Quelqu’un qui m’habite et que j’habite. Je ne deviens pas un «superman» mais un vis-à-vis étroitement uni à l’Autre dans le Don. Par cet acte, j’existe face à l’Autre, qui est lui-même de toute éternité, et en désir de l’autre : vous, moi, chaque être humain.

Communier au Dieu vivant par le Christ !

Dans cette communion, l’homme est sorti de lui-même. Il quitte la solitude dans laquelle il se trouve depuis sa venue au monde et de laquelle il ne peut sortir par ses propres forces dans la rencontre de ses semblables, sinon temporairement et fragmentairement. Le Christ, en donnant sa chair à manger et son sang à boire comme don de la vie éternelle, ne nous tire-t-il pas hors de nous-mêmes pour instaurer enfin la communion définitive à laquelle l’homme est appelé et pour laquelle il est créé. Fini le côte à côte, l’enfermement mortifère. Voici le Don qui fait exister, la communion qui accomplit, le «demeurer en lui et lui en moi» réalisé.

Cette offre du Christ, que voulons-nous en faire ?

Vivre par Lui ? (Jn 6, 56)

Est-ce bien notre envie ?

 

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«Tant aimé...!»  18 mai 2008 - Sainte Trinité A

Evangile : Jn 3, 16-18 « Dieu a tant aimé le monde...»

Nicodème ne comprend pas très bien. (Jn 3, 2) Il est venu trouver Jésus pour le complimenter. Il est venu lui dire qu’il le reconnaissait comme un homme de Dieu. Bref, il est venu lui signifier avec admiration qu’il était digne d’être un rabbi comme lui. Mais surprise et interrogation, Jésus, loin d’apprécier la démarche, laisse entendre à Nicodème que, tout savant qu’il est, il lui reste encore beaucoup de choses à apprendre. Et surtout que pour véritablement connaître la Vérité de Dieu, il lui faut renaître. Nicodème, déjà vieux, voit mal comment « cela pourrait se faire » (Jn 3, 9), comment il pourrait faire le chemin d’une nouvelle naissance, ou plus exactement naître une seconde fois. Le quiproquo qui suit en dit long sur l’impossibilité de se hisser jusqu’à Dieu par ses propres moyens. Nicodème a beau être savant, il est encore des « choses » qu’il ne perçoit pas. Lui qui avait pensé faire plaisir à Jésus est tout simplement renvoyé à ses propres limites. Et il est invité à approfondir qui est Jésus de Nazareth. Mais à travers  Nicodème, que la suite du texte va laisser de côté, les lecteurs de l’Évangile sont, à leur tour interrogés. Comment voient-ils le Christ ? Une belle admiration s’avère insuffisante. Il faut aller plus loin.

Mais jusqu’où ?

La suite de l’Évangile explicite jusqu’où il faut aller. Il faut aller jusqu’à croire que Jésus de Nazareth est réellement venu du ciel. Qu’il est en cette chair humaine l’envoyé véritable du Dieu vivant et vrai. Celui que Nicodème cherche, mais qu’il risque de manquer s’il ne laisse pas le Christ l’amener à comprendre ce qu’il ne peut saisir par ses propres recherches. Question donc à chacun :

Ne manquez-vous pas Dieu ?

Tout est dit dans le Christ. Rien venant d’ailleurs ne peut-être ajouté. L’écouter, c’est découvrir une identité de Dieu qui heurte l’entendement, mais se révèle vrai par ce qu’elle produit chez l’homme. L’écouter c’est situer le monde dans une relation avec Dieu que nul homme n’a trouvée : que Dieu aime le monde. On ne peut le comprendre ou l’admettre qu’en regardant le Christ mener sa vie de Dieu en notre façon humaine.

Dieu a tant aimé le monde !

« A » tant aimé, cela est arrivé une fois dans l’histoire, quand Dieu s’est réellement montré. Arrivé une fois ! Mais en provenance de l’éternité, d’un amour de toujours. Et de voir Dieu en face personne n’en est mort, au contraire. Les hommes et les femmes ont retrouvé vie et santé. L’Histoire n’est-elle pas marquée par cette manifestation visible de Dieu ? Cependant cette marque n’empêche pas les hommes de l’oublier.

Il faut renaître !

Pour chacun, comme pour Nicodème, afin de bien saisir combien Dieu est amour…. Loin d’être une trouvaille de savants chevronnés, cette affirmation découle de la foi. En découvrant le Christ, le mystère de l’homme et de Dieu s’illumine. L’Amour préside la fondation du monde et ne cesse d’agir pour que le monde soit sauvé, pour qu’il accède lui aussi à l’amour qui le crée. Accède, car il n’est pas d’amour sans liberté d’aimer. En célébrant la relation du Père et du Fils et de l’Esprit, nous affirmons la vocation du monde, appelé à aimer comme « celui » qui l’aime et qui l’a montré en envoyant le Fils qui alors révèle le Père et avec lui fait le don de l’Esprit.

Nicodème où es-tu ? Perdu dans tes raisonnements ?

Dieu a tant aimé le monde ! Ne l’entends-tu pas ?

Voici le Christ !

Renaîtras-tu en Lui ?

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«Viens... !»  11 mai 2008 - Pentecôte A

Evangile : Jn 20, 19-23 Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres

Viens, Esprit du Christ ! Viens en moi, viens en nous ! Viens afin que je devienne comme le Fils du Père, le Christ, l’homme de Nazareth, celui qui a réalisé la perfection de l’être. Comme il a su aimer, que je sache aussi aimer. Tu n’es pas, Esprit Saint, comme du simple vent, tu es l’Esprit du Christ, qui vient nous façonner à l’image de Celui en qui nous sommes créés (Ephésiens 1, 3 et suiv.). Lui-même nous indique à quelle ressemblance nous sommes appelés. Lorsqu’ il rejoint ses disciples une fois ressuscité, en s’adressant à eux, voici ce qu’il leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » (Jn 20, 21). Envoyé comme lui et par lui, pour annoncer à toute l’humanité la Bonne Nouvelle que Dieu est pour nous tout entier exprimé dans le Christ, et qu’il éprouve envers chaque être humain un amour infini. Une Bonne Nouvelle qui reconstruit la vie quand elle est accueillie, ou qui, lorsqu’elle n’est ni annoncée ni reçue, fait grand défaut à l’homme, qui ne sait pas alors combien il est aimé.

Viens Esprit du Christ

Ne perdons pas de vue la vie entière du Christ. N’appelons pas l’Esprit sans penser qui il est celui qui nous est envoyé pour faire comprendre et devenir le Christ. « …Lorsque viendra l’Esprit de Vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra, et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera. Tout ce que possède mon Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi. » (Jn 16, 13 – 15).

« Identification ! »

L’action de l’Esprit portera très loin l’identification au Christ. Elle fera du disciple comme une réplique de celui qui l’envoie, sans que pour autant l’envoyé perde la référence de celui qui l’ envoie. Être comme le Christ, cela ne veut pas dire prendre la place du Christ, mais agir en son nom, parce qu’il nous communique sa propre façon d’être. N’en est-il pas ainsi pour l’exercice du pardon? Jésus donne aux disciples la force de pardonner et de faire comprendre que Dieu n’est que don et pardon, et qu’il s’en remet à eux pour l’exprimer aux hommes. Cette responsabilité est tellement importante qu’elle en paraît suspecte, et pourtant : « Ayant ainsi parlé, il souffle sur eux et leur dit : ‘Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.’ » (Jn 20, 22 – 23). Identité d’action, responsabilité majeure, le Christ s’en remet aux soins de ses disciples pour qu’ils annoncent comme lui, par la Parole et par leur vie, que Dieu est Don et Pardon à l’égard de tout homme. A l’homme ensuite de vouloir l’accueillir. En même temps, cette parole souligne que si le disciple déroge à sa mission, les hommes ne sauront de quel amour le Père, le Fils, l’Esprit les aiment. Ils resteront alors sur une fausse image de Dieu qui gâchera leur vie.

Viens, Esprit du Christ !

Viens, fais-nous connaître le Christ.

Viens, que le pardon déjà donné soit annoncé.

Viens, que le pardon soit entendu et reçu.

Viens !

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« L'offensive... ! »  4 mai 2008 - Ascension du Seigneur (en A.N.)

Evangile : Mt 28, 16-20 « Allez vers toutes les nations...je suis avec vous »

Elle va bientôt commencer. Elle sera pacifique. Elle sera celle de la foi forte seulement de la Parole et de la Présence du Christ. Offensive, ce mot dit-il bien ce qui va se passer ? Jugez- en par vous-mêmes. Loin de Jérusalem et de son ambiance sacrée, le Christ ressuscité convoque ses disciples sur la « Montagne » en Galilée. Il veut les envoyer à la conquête du monde. L’humanité a-t-elle besoin de Lui ? Faut-il que son message atteigne les extrémités de la terre ? Lui-même s’est cantonné dans l’espace restreint du peuple d’Israël avec cependant quelques incursions au pays des païens. Mais maintenant le temps est arrivé de la grande offensive. Le monde entier doit être baptisé, enseigné, transformé en disciple du Christ. L’entreprise n’est-elle pas trop audacieuse ? À voir le groupe des disciples, réduit de douze à onze, comment ne pas s’interroger ? Le rêve peut-il devenir réalité ? Curieusement, toutes ces impressions et questions restent d’actualité. L’offensive de la foi a bien déjà eu lieu et d’immenses foules furent baptisées, mais en même temps, celle-ci reste toujours à continuer. Comme le Christ ressuscité s’en remet aux disciples pour apporter au monde la Parole qui libère, de même chaque génération de disciples doit passer le relais à ceux qui viennent après. Le nombre ne fait pas la force… Ils n’étaient que onze. Les moyens non plus… Ils n’ont rien. Seule compte la foi. Pour régénérer l’homme, pour lui permettre de connaître le Christ ressuscité, il n’est d’autre moyen que de se laisser imprégner de sa présence. De vivre sa Parole. Le disciple par lui-même est sans pouvoir pour faire naître la foi au Christ ressuscité. Ce dont il a besoin pour baptiser les hommes, pour les plonger dans la vie du Père, du Fils et de l’Esprit, ne vient que du Christ. Car lui seul a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre (Mt 28, 18).

Tout pouvoir ?

Les onze viennent d’entendre l’énoncé de la tâche. « Allez : de toutes les nations faites des disciples. »(Mt 28, 19) En regardant leurs mains, ils n’y voient pas grand-chose ; en visitant leur cœur, peut-être pas davantage ; ils leur reste vraiment qu’à ne faire confiance et à avancer sans réticences et sans résistances vers les hommes et les femmes, portés par le seul désir de révéler le Christ.

 Sur la « Montagne » de Galilée,

onze hommes et leur Seigneur pour l’offensive planétaire.

Face au monde aujourd’hui que l’offensive demeure !

Ce défi est-il bien relevé ?

Allez…. .

 

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«  SI… ! » 27 avril 2008 - 6° Dimanche de Pâques

Evangile : Jn 14, 15-21 « Je ne vous laisserai pas orphelins »

« SI…vous » ? Personne n’est obligé mais personne non plus ne doit se leurrer. Aimer le Christ n’est possible que selon les conditions qu’il fixe. Dans ce passage évangélique, il énonce justement quelles sont ces conditions. Il s’agit de rester fidèle à ses commandements (Jn 14, 15). Ses commandements ne sont pas énoncés ici, mais, par contre, ce qui suit nous renseigne. Il s’agit de la prière du Christ adressée au Père pour que soit donné au disciple fidèle l’Esprit de Vérité. L’amour pour le Christ requiert donc une fidélité à ses commandements, mais aussi la réception de l’Esprit de Vérité. Autrement dit, cette fidélité, nécessaire pour dire qu’on aime le Christ, ne peut pas se réaliser par le seul fait de la volonté humaine. Celle-ci doit recevoir le soutien d’un avocat, d’un défenseur, que le monde est incapable d’accueillir (Jn 14, 17. Seul le fidèle peut  reconnaître ce défenseur et lui permettre d’habiter auprès et même en  lui. (Jn 14, 17-18)

 Aimer le Christ ?

Il s’agit bien de Lui et pas de Dieu en général. Il s’agit bien de Jésus de Nazareth sur le point de quitter ses « amis », et qui ne veut pas les laisser orphelins. La relation établie avec ses disciples connaîtra certes un changement de forme puisqu’il va mourir, mais celle-ci n’en sera pas moins réelle, car Jésus sera Vivant, il ressuscitera et se fera reconnaître. Cette reconnaissance sera la prise de conscience de  « l’interpénétration » intime entre Jésus et son Père ainsi que de l’intimité réciproque des disciples avec lui. N’est-ce pas, à cette « connaissance » vitale (« vous aussi vous vivrez »  Jn 14, 19) que le Christ veut conduire? Nous sommes alors loin de toutes les idées qui traînent dans toutes les têtes quand il s’agit de Dieu et pour lesquelles, notons-le bien, il n’a pas été besoin de révélation. Quand nous parlons de Dieu nous sommes souvent très loin de cette révélation qui est le Christ, Incarnation du Fils du père, originalité de notre foi. Et c’est l’acceptation de ses commandements qui permet à l’Esprit de bien faire saisir au disciple qui est le Christ en même temps que de l’unir intimement en lui ? Voilà donc la possibilité qui sollicite notre liberté : « Si » ? L’amour auquel chacun aspire doit dépasser les sentiments, les émotions provoqués par des aspects extérieurs. Aimer devient alors être disciple fidèle en reconnaissant Jésus comme le seul dont je reçois la Vie. Car le Christ aime depuis toujours d’un amour de relation ouvert au Père et à chaque être humain à qui l’Esprit donne de croire à l’authenticité du Christ, Fils du Père. Il lui donne aussi d’avancer à sa suite.

Si… ?

Commencé par cette condition, le passage évangélique se termine de la même façon. « Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime… » (Jn 14, 21). Et grâce à l’Esprit demandé pour les disciples et donné par le Père, l’union avec le Christ peut s’accomplir.

Le Christ a-t-il été aimé ?

Et a-t-il su aimer ?

De la réponse dépend notre réalité présente et à venir ainsi que le bonheur des autres.

« Si » ?

Est-il possible de suivre ses commandements ?

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« Jésus : Dieu ? » 20 avril 2008 - 5° Dimanche de Pâques

Evangile : Jn 14, 1-12 « Personne ne va vers le Père sans passer par moi »

Il le dit lui-même. Il semble cependant que Thomas et Philippe ne l’aient pas encore compris. Thomas et Philippe, ou ceux qui viennent après, comme nous aujourd’hui. L’invitation pourtant est pressente : « … Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1b). Ce rapprochement est saisissant d’autant plus que la suite du texte ne fera que le renforcer. Jésus : Dieu ? De cette « égalité » on ne peut pas sortir si l’on veut parvenir à bien connaître Dieu. Du moins est-ce ce que Jésus affirme : « … Personne ne va au Père si ce n’est par moi » (Jn 14, 6b). Pour notre esprit humain qui « imagine » Dieu, le coup est dur à encaisser. Faudrait-il qu’il accepte de ne percevoir Dieu que dans la personne de l’homme de Nazareth ? Qu’au lieu de porter constamment son regard dans le lointain des cieux, il doive tenir pour vrai que Jésus venu de Galilée venait aussi de Dieu et qu’il y soit retourné ? Doit-il tenir encore que, pour savoir aujourd’hui qui est Dieu, il doit rester les yeux fixés sur la figure historique de l’homme Jésus tel que nous la « décrivent » les quatre évangélistes ? Décidément, la foi en Jésus-christ nous empêche de rêver et de nous évader dans les formes de sacré où notre esprit planerait en dehors de notre réalité terrestre.

Donc Jésus : Dieu ?

Ses faits, ses gestes, sa façon de parler qui sont ceux d’un homme, révèlent en même temps le vrai comportement de Dieu. A Philippe qui ne le croit toujours pas, Jésus n’y va pas de main morte, il frappe un grand coup, avec un brin de consternation : « Je suis avec vous depuis si longtemps et cependant Philippe, tu ne m’as pas reconnu ! Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).

Ne crois-tu pas ?

La question fondamentale posée aux disciples d’hier comme à ceux d’aujourd’hui n’est pas principalement de savoir comment en une même personne Dieu et l’homme peuvent cohabiter, mais d’accepter que de Dieu il n’est pas d’autre « portrait » exhaustif que celui que présente Jésus en sa personne même et pas seulement à travers son message.

Dieu : c’est lui aussi.

« Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres. » (Jn 14, 10). Dieu : c’est lui aussi, non seulement depuis la résurrection mais dans sa réalité humaine de fils de Galilée. L’ascèse de la foi catholique est de ne pas décrocher de la personne humaine du Christ et d’y puiser constamment les traits de Dieu qu’il veut nous communiquer et dont il veut marquer notre vie.

Alors Jésus : Dieu ?

L’avons-nous déjà pris au sérieux ?

 

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« La Vie ! » 13 avril 2008 - 4° Dimanche de Pâques

Evangile : Jn 10, 1-10 Jésus est le bon pasteur et la porte des brebis

Il est venu pour cela, pour que « les hommes aient la vie, la vie en abondance » (Jn 10, 10). Il n’est rien venu prendre au sens d’accaparer pour lui. Il est venu donner ce qui manquait encore à notre humanité : la Vie, la vie en abondance. Le sentons-nous ainsi ? Les pharisiens en doutent et bien d’autres avec eux, et aujourd’hui encore. Pourquoi n’accueillent-ils pas le don qu’il veut leur faire ? (Jn 9, 40 ; 10, 6) Ont-ils déjà ce qu’il leur faut en quantité et qualité de vie ? Jésus a beau leur dire qu’il est le don du Père fait à l’humanité pour une vie plus vraie, eux, ils ne le croient pas. Pourquoi ? Jésus se prendrait-il pour celui qu’il n’est pas ? Ou bien l’homme préfère-t-il sa vie menée comme il l’entend plutôt que celle qu’il aurait, s’il adhérait au Christ ? La vie, ce n’est pas rien ! Pourquoi la refuser quand elle est proposée avec surabondance ?

 La vie en abondance !

Le Christ ferait-il peur ? Aurait-on peur en adhérant à Lui ? De ne plus être soi-même en accueillant sa vie ? Dans le monde d’aujourd’hui, on ne se précipite pas pour lire ou entendre sa Parole et se ranger à sa suite. Les images qu’il propose ne nous pénètrent-elles pas ? Pourtant, quand il aborde les hommes et les femmes de son temps, il ne les trompe pas. Il ne cherche aucunement à les accaparer comme les mauvais bergers qui rassemblent autour d’eux pour maîtriser et mieux régner sur eux. Il n’entre pas chez quelqu’un en faisant effraction, comme font les brigands pour s’immiscer dans la bergerie (Jn 10, 1). Il aborde les gens sans arrière-pensée, sans rien chercher à leur extorquer. Il veut qu’ils aient la vie et il peut la leur donner, s’ils la désirent, et sans contre partie, sinon de l’accueillir. Que demande le Christ à l’aveugle-né guéri, dont le récit précède l’évangile d’aujourd’hui, et qui porte les traces du procès intenté à ce dernier par les pharisiens mais pour viser Jésus ? Il ne lui demande rien, mais lui propose de croire en lui, s’il le veut (Jn 9, 35 – 38).

La vie en abondance !

Quelqu’un la détient-il et peut-il la donner ? N’est-ce pas là la question qu’il convient de poser ? Et voulons-nous en vivre en expérimentant la liberté d’esprit, de cœur, qui permet d’aller et venir sans craindre d’être accaparé, récupéré, intoxiqué ainsi que l’image de la porte veut le faire comprendre (Jn 10, 9). L’abondance de vie ne se comptabilise pas en biens de toutes sortes. Elle s’expérimente comme vérité et liberté intérieures, comme la plus grande identité de soi. Une fois encore en face du vrai berger et de l’unique porte, qu’allons-nous demander ? Ce qu’il peut nous donner : la vie en abondance !

Quand j’y pense,

en suis-je stupéfait ?

Retourné ?

Veux-je en bénéficier ?

 

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«Effondrement…! » 6 avril 2008 - 3° Dimanche de Pâques

Evangile : Lc 24, 13-35 Apparition aux disciples d'Emmaüs

Le mot ne dit pas tout du sens de ce récit, mais il en exprime une chose importante. Il peut sembler déplacé en ce beau temps de Pâques, pourtant ne s’insère-t-il pas dans le chemin de foi. Il attire l’attention sur ce qui s’est passé et, peut-être, sur l’état par où il faut passer. Ce récit d’Emmaüs fait vibrer tout notre être. Il nous touche. Il nous provoque aussi à faire la vérité. Pâques est-il passé à l’intérieur de nous-mêmes ? Ce qui fait notre centre, est-ce bien le Christ ressuscité ?

Effondrement !

A quoi fait allusion ce mot imprégné de tristesse ? A ce qui s’est passé dans les derniers trois jours ? A la fin pitoyable d’un Jésus sur la croix, à son effondrement, alors qu’il semblait grand ? Certes, on peut le dire, tout semble s’être effondré de la vie de Jésus. Malgré tant d’amour prodigué, malgré le sentiment qu’il fut ami de Dieu, il n’a pas résisté au verdict des hommes. Pour lui, certes, effondrement, mais seulement pour un temps et pas en son dedans ! Mais il en est un autre, beaucoup plus perturbant, vécu comme la conséquence de celui de Jésus. Les disciples qui lui avaient donné leur confiance  maintenant, sont intérieurement désemparés, effondrés. Ils vont vers Emmaüs, un lieu mal situé, comme s’il était nulle part, ou partout où l’on va quand tout s’effondre en soi. Ils marchent en s’agitant sur ce qui s’est passé et qui signe pour eux la fin… la fin de leur espoir et du sens de leur vie. Après l’envoûtement vécu à la suite de Jésus, que pouvaient-ils attendre qui remplisse leur vie ? En effet, disent-ils : « Jésus de Nazareth était un prophète puissant en actions et en paroles devant Dieu et devant les hommes…mais nos  grands prêtres et chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié…. » Et surtout, ressassent-ils encore, « nous espérions, qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour depuis que ces choses se sont passées ! » (Lc 24, 19-21)

Effondrement total !

Existe-t-il un mot encore plus adéquat pour exprimer la crise intérieure dans laquelle se débattent les disciples d’Emmaüs ? Ce qui les faisait vivre vient de leur échapper, il ne leur reste rien ou le vide, et leurs yeux pour pleurer. Mais est-ce si dramatique ? En fait, ce qui les motivait, ce qui les avait fait rêver, qui les orientait, était-il bien ce que le Christ était ? Déjà, et à plusieurs reprises, Jésus leur avait dit  qu’il n’était pas ce qu’ils croyaient. Pierre en fit, à ses dépens, une cuisante expérience. (Mc 8, 33)  Les disciples d’Emmaüs, à leur tour, en  revivent autant mais plus profondément encore. Tout leur est enlevé qui les tenait debout, mais n’est-ce pas pour mieux les habiter ? Ce qu’ils avaient construit en écoutant et en suivant le Christ n’était, en partie, qu’une façon trompeuse de voir Dieu. Et pour que le Christ s’installe au cœur de leur vie, en vérité, ne fallait-il pas qu’ils vivent tout cet effondrement ?

Ne fallait-il pas ?

Jésus, par ce verbe, « il fallait » (Lc 24, 26), justifie son chemin de souffrance et de mort. Mais ne s’applique-t-il pas de la même façon au vécu des hommes d’Emmaüs : il fallait en passer par cet effondrement, comme il le faudra, à l’un ou l’autre moment, pour tout disciple du Christ ? Chaque homme qui pense à Dieu s’en construit une idée, mais celle-ci est loin d’en être une expérience. Il fabrique du divin et adore une idole, jusqu’au jour où l’Esprit vient balayer cela et laisse l’âme à nu, offerte à la passion d’un amour véritable et à la découverte de Dieu en Jésus-Christ. Alors, bienheureuse expérience quand tout ce qu’on croyait s’effondre brusquement. C’est alors qu’on est prêt à « voir » Dieu tel qu’il est. En effet, du fond de leur misère, Jésus vient retirer ses disciples égarés et, passant à travers l’Ecriture, tisse avec eux la trame de reconnaissance, jusqu’au moment où, à la fraction du pain, il leur livre son secret. Dès lors illuminés, leurs yeux s’étant ouverts, ils rejoignent les frères pour faire communauté, et refaire le geste en mémoire de Lui, pour que l’humanité accueille l’inestimable Foi en faisant le passage :

De l’effondrement à la reconnaissance …. Du temps des illusions à la réalité….

Du Dieu imaginé au Christ ressuscité… Du vide à la Présence du Crucifié-Ressuscité

Effondrement ?

Ne faut-il pas tous en passer par là ?

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«Être là…! » 30 mars 2008 - 2° Dimanche de Pâques

Evangile : Jn 20, 19-31 Apparition du Christ huit jours après Pâques

Quand le soir du premier jour de la semaine, Jésus ressuscité « se donne à voir » aux disciples rassemblés, Thomas l’un des Douze n’était pas là. Et quand les disciples lui racontent ce qui est arrivé, il refuse de croire. Pour qu’il reprenne foi, il lui faudrait, dit-il, pouvoir « voir » et « toucher » les plaies du côté et les mains percées, marques tangibles de Jésus crucifié. Thomas a-t-il eu tort de ne pas adhérer au témoignage de ses condisciples ? Avait-il raison d’exiger que, sur Celui qui s’était montré, apparaissent encore les traces de la Passion ? Voulait-il être sûr que Celui qui avait été martyrisé fut bien aussi le même dont on lui avait annoncé qu’il était ressuscité ? Bref Thomas n’était pas là et de ce fait il ne crût pas.

Le Ressuscité est-il le même que le crucifié ?

Par contre, huit jours après, dans des circonstances tout à fait identiques, premier jour de la semaine et disciples rassemblés, Thomas fut visité à son tour et invité à satisfaire sa demande. L’exigence alors de « voir » et de « toucher » ne lui paraît plus nécessaire. Plutôt que ce geste dont on fait faussement état (Jn 20, 27-28), il croit au-delà de ce qui avait été déclaré jusque là. Il reconnaît comme ses condisciples que Jésus est Seigneur, mais, portant encore plus loin la confession de foi, il confesse que ce Jésus est Dieu  (Jn 20, 28). La pleine foi a pris au cœur de ce disciple, le soir du premier jour de la semaine quand, à la communauté rassemblée, Jésus le crucifié s’est donné à voir ressuscité, comme il l’avait fait huit jour auparavant et comme dorénavant il le fera à chaque rassemblement lorsque les disciples se réuniront pour faire « sa communauté ».

Faire sa communauté ?

Pensez-vous qu’il y ait d’autres raisons pour motiver le rassemblement eucharistique dominical ? Pensez-vous qu’il ne soit pas nécessaire, pour vivre du Ressuscité, d’être ensemble rassemblé afin qu’il « se donne à voir » ? Le dimanche n’est pas seulement le jour, où toutes affaires cessantes, on se repose et se détend. Il est le moment par excellence où le Ressuscité, rassemblant ses disciples, refait les liens de la communauté, reconstitue leur fraternité en leur donnant sa paix. (Jn 20, 19. 21. 26.) Au cours du temps, on a fait de la « messe », ne le fait-on pas encore trop souvent, une dévotion individuelle où l’on se gardait bien de se tourner vers l’autre de crainte qu’il ne vienne distraire son propre quant-à-soi. Mais est-ce la bonne façon de célébrer le Christ ressuscité ? Le témoignage des uns doit éveiller les autres et la parole de foi ne doit-elle pas circuler ? (Jn 20, 25) Thomas, qui n’était pas là dans l’assemblée des disciples, ne pouvait croire au Christ ressuscité. Mais huit jours après, présent à la communauté, il découvre à son tour la Nouvelle et confesse la pleine foi. Quelque chose d’essentiel transparaît dans ce récit. Le premier jour de la semaine, refaire, en mémoire de Lui, ce que le Christ a fait lui-même, afin de le recevoir avec tout ce qu’il est, nécessite que chacun soit présent à l’assemblée des frères. La communauté des disciples du Christ a besoin de ces rendez-vous de la foi. Manquer ces rendez-vous, ce n’est pas désobéir à un commandement, manquer à une obligation, c’est manquer à la communauté. C’est priver la communauté de sa présence, de son partage, de son avancée vers plus de foi commune, plus d’unité, plus de fraternité. Manquer la messe le dimanche est une chose, mais manquer le rendez-vous de la communauté en est une autre bien plus importante, car elle touche aux liens que le Christ veut instaurer entre les personnes concrètes que nous sommes. L’absence touche à la constitution de la communauté qui est le but de l’Eucharistie. Venir faire eucharistie avec les frères et les sœurs en chemin comme moi c’est accepter de former le Corps du Christ, où chacun trouve sa place en liant sa vie avec celle des autres présents comme moi.

Lier sa vie ?

Une opération qui dans la foi reste toujours à refaire pour ceux qui ont compris le sens de l’Eucharistie, car celle-ci rassemble et « assemble » ceux qui la célèbrent pour faire un corps vivant : Celui du Christ ressuscité. Venir à l’Eucharistie : venir faire communauté ? Venir faire communauté : hors de cela, y-a-t-il authentiquement eucharistie ? Thomas n’était pas là au premier rassemblement mais la seconde fois, présent, il confessa la foi plénière : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Dans la communauté qu’il assemble, le Christ ressuscité « ne se donne-t-il pas à voir ».

 Être là avec les autres frères et se lier à eux concrètement dans la foi.

Faire exister le Corps du Christ et recevoir sa paix.

Être là.

 

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«Aimés...!» 23 mars 2008 - Dimanche de Pâques

Méditation à partir de Romains 8,31-39

Cette nuit, des hommes et des femmes de tous âges dans nos assemblées célébrant la Pâque du Christ ont été plongés dans les eaux baptismales. Ils n’avaient ni dans leur enfance, ni plus tard, fréquenté assidûment ces lieux particuliers que sont nos églises. Pourtant, ils ont eu un jour le désir de devenir disciples du Christ en faisant partie d’une communauté. Combien sont-ils ? De plus en plus nombreux ? Pourquoi  en sont-ils venus à faire cette démarche et à plier leur front pour y laisser couler l’eau sacramentelle et entendre la parole : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

 « Tu es mon Fils bien-aimé »

Ont-ils perçu en leur intimité, au principe de leur être, l’amour immense autant que discret que le Père de Jésus Christ leur porte à eux personnellement comme il le fait pour tout un chacun. Ont-ils été saisis par cette découverte que l’amour de Dieu reçu et accepté bouleverse  une vie et lui donne sa véritable identité ?

Être aimé de telle façon que rien ne pourra empêcher cet amour d’être donné, illumine la vie de celui, de celle, qui l’expérimente. Jésus de Nazareth fut le premier à en faire l’expérience avec une si grande intensité qu’il lui a suffi de quelques mois de ministère pour la communiquer à quelques contemporains choisis comme disciples, et (ajoutons-le) qui, puisque c’est le temps de Pâques, l’a conduit au don total, mais aussi à être tellement surprenant qu’il en a été condamné. C’est dans le Christ, en Jésus de Nazareth, que nous contemplons déjà cette emprise de l’amour en provenance du Père, source intarissable pour tous et en tout temps.

Dieu ne peut que donner son amour !

A la suite de tous ceux qui traversèrent la vie en faisant cette expérience au contact de Jésus, qui donne ce qu’il a reçu de son Père, les baptisés d’aujourd’hui reçoivent ce don suprême de vivre un amour fondateur de tout amour humain.

 Don suprême !

Comment ne pas évoquer ici la vie de Paul et reprendre, en le faisant nôtre, son témoignage sur l’amour dont lui aussi fait l’expérience, et qui le fait vivre et qui est à l’origine de son comportement.

« Que dirons-nous donc après cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses? Qui accusera des élus de Dieu? C'est Dieu qui les justifie! Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous! Qui nous séparera de l'amour du Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? Selon qu'il est écrit: " A cause de toi, tout le jour nous sommes livrés à la mort, et on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. " Mais dans toutes ces épreuves nous sommes plus que vainqueurs, par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni le anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu dans le Christ Jésus Notre-Seigneur. » (Rm 8, 31-39)

 Il est aimé !

Dans la solitude inhérente à tout être humain, Dieu le Père par le Christ et dans l’Esprit, donne à qui l’accueille l’expérience jubilante d’être aimé gratuitement, sans condition, et d’être appelé à aimer de la même façon.

 Christ, le Fils bien-aimé du Père !

Toi et moi.

Aimés.

Alléluia ! Résurrection !

 

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«Pourquoi la Croix...?» 16 mars 2008 - Dimanche des Rameaux A

Evangile : Mt 26, 14-75; 27, 1-66 La Passion (brève : 11-54)

Jésus fut condamné. L’on entend aujourd’hui le récit de cette condamnation (Mt 26, 14-27, 66). Mais pourquoi le fut-il et pourquoi sur la croix ? L’événement le plus marquant de l’histoire reste toujours aussi énigmatique. L’on ne cesse de chercher le sens à lui donner. Les mêmes questions reviennent, que les théologies n’ont toujours pas satisfaites. Entre autres, pourquoi Dieu a laissé condamner celui qu’il appelait son fils Bien-Aimé ? Le silence de Dieu au moment de la croix scandalise notre façon de voir, il remet en cause notre perception de Dieu. Mais aujourd’hui, portons plutôt notre regard sur les acteurs de la condamnation. N’ont-ils pas été pris dans une contradiction, dont ils n’ont pu sortir ? Qu’est-ce qui les a bloqués ?

Pourquoi la croix ?

Jésus, certes, a tenu des propos surprenants. Ne s’est-il pas, en effet, autorisé de Dieu, pour prononcer des paroles et mener des actions comme s’il était Dieu lui-même ? Quand il pardonne les péchés, il s’attire les foudres des savants de la Loi, car seul Dieu exerce ce pouvoir. (Mt 9, 1-8) Quand il « réveille » Lazare, il suscite, de la part de ces mêmes savants, une réprobation dont il ne se remettra pas. Car « c’est ce jour-là qu’ils décidèrent de le faire périr »( Jn 11, 53). Mais pourquoi cet acharnement sur un homme à qui rien ne peut être reproché sinon de faire le bien, il est vrai à temps et à contre temps ? Pourquoi ces gens, spécialistes de la Loi, ne s’en tenaient-ils pas à la réalité qu’ils voyaient devant eux, plutôt que de s’accrocher à ce qu’ils savaient avant la rencontre avec l’homme de Galilée ? Pourquoi restèrent-ils bloqués sur leurs façons de voir plutôt que de se laisser toucher par la vie de Jésus ?

Quelque chose de troublant se déroulait en eux !

Jésus a dit (surtout laissé entendre) qu’il venait de Dieu et même qu’il l’était. (Jn 10, 33 ; Mc 14, 62) A ce titre, il exerçait un pouvoir qui libérait l’homme, mais sans en user pour son propre compte. Mais cela était-il condamnable ? Car de deux choses, l’une, ou ce qu’il disait et faisait, était vrai, et alors pourquoi ne pas le reconnaître, ou bien ses faits et gestes n’étaient que des délires, et alors pourquoi leur accorder une si grande importance au point d’envisager sa mort ? Si Jésus n’était pas sérieux comme le pensait sa famille : « il a perdu la tête » (Mc 3, 21), ou comme d’autres le disaient en Jn 10, 20, fallait-il le tenir pour tellement dangereux au point de vouloir le faire disparaître?

Habituellement, celui qui se prend pour Dieu (et aussi, aujourd’hui, pour le Christ) manifeste plutôt des troubles du comportement plus qu’il ne fait courir un danger pour la foi et l’image de Dieu. Mais avec le Christ on est loin de ce cas. Scribes et pharisiens se trouvent face à quelqu’un de sain, dont le comportement psychique n’est en rien déviant. Aussi, sans le dire, ils le prennent au sérieux et même très au sérieux. En cela se situe leur dilemme et là demeure leur blocage. Finalement, si l’homme de Nazareth est un être dangereux à leurs yeux, n’est-ce pas parce qu’il dit vrai ? Sinon la chose aurait passé comme bien d’autres qui sont toutes oubliées. Si Jésus avait été un « dérangé », comment aurait-il été pris au sérieux au point de décider de l’éliminer, quand bien même il aurait recruté quelques disciples ? Non, si Jésus fut condamné c’est parce qu’il disait vrai sur Dieu. En le prenant au sérieux, les responsables  juifs reconnaissaient implicitement qu’ils avaient conscience de cette vérité. Mais (et voilà ce qui est très troublant) ils n’ont pas voulu le confesser publiquement. En condamnant Jésus, non seulement ils se condamnent eux-mêmes, mais ils reconnaissent indirectement qu’il l’ont pris au sérieux, en percevant en lui la Vérité.

Pris au sérieux ?

Comment des hommes qui « sentent » la vérité peuvent-ils au nom même de celle-ci se laisser embarquer dans une direction opposée ? Car, répétons-le : ou bien Jésus était sain d’esprit et alors, pourquoi ne pas l’écouter, ou bien il ne l’était pas et alors pourquoi l’exécuter ? Voici sans doute qui en dit long sur leur (et probablement notre) fermeture à la révélation de Dieu. Certes, l’imaginaire de toute l’humanité n’envisage pas Dieu tel que Jésus eut l’audace de le manifester. Cette fragilité, ce manque de puissance, cet appel à l’amour, et à la communion, déroutent notre vision d’un Dieu surplombant l’homme. Mais en déclarant Jésus passible de la mort, d’une mort infâmante, alors qu’il n’avait fait que du bien envers l’homme, ne reconnaissaient-ils pas qu’il était sain d’esprit et que ce qu’il faisait, était la vérité ? Il y a donc plus, chez ces gens spécialistes de la Loi, que la difficulté à passer d’une image de Dieu à celle qui se présente en Jésus. Il y a un vrai blocage, celui de ne pas vouloir que Dieu soit tel que le Christ le révèle. Ces hommes n’ont pas cru – non pas parce qu’ils ne ressentaient pas le vrai – mais parce qu’ils n’ont pas voulu se laisser enseigner à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils préféraient « gérer » eux-mêmes Dieu, que de  laisser Dieu les renseigner  sur lui-même. Si le Christ n’avait dit vrai, il n’aurait pas été condamné. S’il est mort, comme cela s’est passé, n’est-ce pas parce que les hommes ne veulent pas de Dieu tel qu’il est ? Ils préfèrent s’en fabriquer d’autres car par ailleurs, ils ne peuvent s’en passer.

La croix ?

Miroir de nos contradictions ?

Et le lieu où Dieu attend notre adhésion !

 

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«La vie maintenant...! » 09 mars 2008 - 5° dimanche de carême A

Evangile : Jn 11, 1-45 Mort et résurrection de Lazare (brève : 3...45)

Habituellement, parler résurrection, c’est parler d’au-delà. C’est évoquer l’ailleurs, l’au-delà de la mort, dont on dit couramment qu’on ne sait ce qu’il y a. D’autant, ajoute-t-on, même quand on se dit chrétien, que de là-bas, personne n’est jamais revenu. Ainsi le plus souvent la compréhension de l’essentiel du mystère chrétien se conclut par le constat d’une impasse.

La résurrection !

Qu’est ce que cela veut dire ? Qui se dit et veut chrétien ne peut pas éviter cette question. Celle-ci se trouve d’ailleurs au cœur de l’Evangile de ce jour. Lazare, revenu à cette vie-ci, est-il ressuscité ? Pas du tout, pouvons-nous d’abord dire, car revivant la même vie qu’avant, il devra de nouveau mourir une deuxième fois. Mais peut-être oui aussi, car la rencontre du Christ apporte déjà la Vie qui ne passera pas.

Ressusciter ?

Il suffit d’écouter l’échange entre Marthe et Jésus, lorsque celui-ci s’est enfin décidé à venir auprès de ses amies éplorées. Marthe, comme Marie, fait remarquer à Jésus que s’il avait été présent, son ami ne serait pas décédé (Jn 11, 21). Ainsi s’amorce le dialogue qui conduira Marthe à la Vie. La mort, pour Jésus, n’est pas la fin de tout. Marthe le sait aussi, qui déclare que son frère ressuscitera à la résurrection au dernier jour. Elle partage avec d’autres cette idée, plutôt récente dans le judaïsme de l’époque, que les morts ressusciteront au terme de l’Histoire. Jésus accueille la réponse que Marthe lui fournit, il ne la contredit pas (Jn 11, 23). Marthe, déjà bien avancée sur le chemin de la foi, doit  cependant effectuer encore un pas. Pour elle, comme pour nous, comme pour ceux qui disent ne pas savoir « ce qu’il y a là-bas », il faut non seulement prôner une résurrection, mais connaître Celui qui est lui-même ressuscité et peut donner à l’homme d’en faire l’expérience. Ce pas, qui amène à une foi plénière, est un pas important, car celui qui croit au Christ sait déjà qui est « là bas », et donc qui est celui qui nous accueillera. Marthe progresse dans la foi et, en écoutant Jésus, prépare sa réponse. « Je suis la résurrection et la Vie, lui dit Jésus,  celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.

Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25-26)

« Oui, répondit-elle à l’homme de Nazareth, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde » (Jn 11, 27). Croire au Christ, Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, égale croire en sa possibilité de donner la Vie, plus forte que la mort et que toutes les morts. Plus forte que la pourriture qui déjà entamait le cadavre de Lazare ? Croire au Christ tel que l’Evangile le révèle, c’est accueillir la vie telle que fut la sienne. C’est déjà ressusciter, c’est être dans la Vie dès maintenant.

Crois-tu cela ?

L’attitude qui permet le passage, ici et maintenant, de la mort à la vie, est celle de la foi qui adhère à Jésus, l’homme de Nazareth, lui qui montra à l’homme la vraie façon d’être de Dieu. Il appelle l’homme à se laisser aimer, comme lui-même l’a expérimenté en accueillant le brûlant amour de son Père. La réponse de Jésus au verset 11, 4, vous a peut-être heurtée. Elle trouve ici son explication. La mort de Lazare devient le lieu de la manifestation de ce que Dieu veut pour nous, manifestation de sa gloire : amener à la Vie dans le christ.

Je sais maintenant !

Comme Marthe, pouvons-nous également le dire ? Il n’y a pas  «d’ailleurs » dont on ne sait pas ce qu’il y a. Car celui qui, sa vie durant, a adhéré au Christ pour se laisser imprégner de ce qu’il fut, croit qu’en lui, il ressuscitera et qu’au-delà de la mort physique, c’est lui qu’il trouvera.

Ressusciter

Crois-tu cela ?

Pour chacun d’entre-nous :

Que la vie soit dès maintenant !

 

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Être de Dieu…? 02 mars 2008 - 4° dimanche de carême A

Evangile : Jn 9, 1-41 L'aveugle-né (brève : 1...38)

Les  pharisiens, vers qui on a conduit l’aveugle-né guéri, se posent une question : Jésus est-il de Dieu? Certains d’entre eux en doutent. D’autres tempèrent leur jugement. Comment, en effet, un homme pourrait-il donner la vue à quelqu’un qui ne l’a jamais eue, s’il ne venait de Dieu ? Mais comment par ailleurs, peut-il être de Dieu si, comme il le fait, il viole le sabbat? Alors que les pharisiens discutent, interrogent, calculent, l’homme qui a recouvré la vue exprime sa conviction. Il va de soi, pour lui, que l’homme qui fait du bien, comme le fait le Christ, est un béni de Dieu. Après son expérience de la vue retrouvée, il est tout disposé à accueillir un plus de vérité. Aussi, lorsque Jésus rencontre cet homme aux yeux remplis de vie, et qu’il lui propose d’avancer dans la foi, celui-ci, sans hésiter, répond spontanément. Ce dialogue clôture le procès intenté à Jésus par l’ancien aveugle interposé : « Crois-tu au fils de l’homme? », lui est-il demandé. Et quand Jésus s’affirme être ce fils de l’homme, l’autre, voyant plus loin qu’avec ses yeux de chair, croit et, en se prosternant, adore. (Jn 9, 38) Pour lui, la chose est sûre : Jésus est bien de Dieu. Mais nous constatons qu’il n’en est pas de même pour les dévots de la Loi. Ce que l’ancien aveugle a réussi à faire, pourquoi les pharisiens n’y parviennent-ils pas? Où donc est le blocage qui les empêche de voir? Là est bien la question qu’il est bon de poser. Ce qu’ils voient de leurs yeux ne leur révèle pas un sens qui pourtant leur fait signe. Ils pensent, adossés à la Loi, et ne saisissent pas que la réalité porte aussi la vérité.

La Loi

C’est elle qui tue la foi. À s’agripper à elle, on ne voit plus l’humain plongé dans sa misère. On fonctionne comme si l’homme devait servir la Loi. Et par le fait même, on représente Dieu comme le législateur qui veut maîtriser l’homme, garder la main sur lui, le mettre à sa merci. Jésus, lui procède tout autrement. Sans rejeter la Loi, il la met à sa place. Il s’avance vers l’homme, se « compromet » avec, comprend où il a mal, et lui offre gratuitement l’amour qui le régénèrera, fusse au cours du sabbat. La Loi reste valable, mais elle ne donne forme à l’homme que de l’extérieur. L’homme a besoin de plus. Son cœur est en attente d’un amour qui le vivifiera jusque dans son être intérieur. Jésus livre cette expérience dont il fut au baptême le premier bénéficiaire. Il est Dieu en recherche de l’homme et il le comble  en l’aimant sans condition, gratuitement. Dès lors nous apparaît la grande différence entre servir la Loi comme les pharisiens au point d’en mesurer les hommes, et dépasser la Loi comme le fait Jésus pour faire revivre l’homme. Jésus ne cessera, quelles  qu’en soient oppositions et conséquences, de se tenir au plus proche des hommes pour les régénérer. L’aveugle fut de ceux-là, et bien d’autres avant lui et après, et encore aujourd’hui. D’autres, comme les pharisiens, ne le comprennent et passent à côté du salut dont le nom est Jésus-Christ. Il ne se mérite pas, mais seulement se reçoit. Ces gens pensaient et pensent encore que Dieu ne peut pas être comme le fut Jésus-Christ. Dieu ne pourrait être que Loi, mais pas amour vivant, s’offrant en communion même à ceux qui, selon les normes en vigueur, soi-disant ne le mériteraient pas.

Jésus est-il de Dieu ?

Cette question aujourd’hui vaut-il encore la peine de la répercuter ? Ce Dieu, législateur qui n’accorde son pardon qu’aux êtres repentis, est-il celui qu’on voit à l’œuvre dans l’Évangile? N’est-ce pas plutôt l’amour donné sans conditions qui illumine chaque page ? Mais ne préférons-nous pas, comme les pharisiens, le Dieu qui manie l’interdit et la sentence qui suit, plutôt que celui qui, en Jésus, se présente à l’écoute de l’homme et qui lui vient en aide en lui montrant  qu’il l’aime avant même que l’homme ne s’en soit aperçu ? C’est cette découverte qui convertit le cœur. L’aveugle guéri l’a proclamé et beaucoup d’autres depuis : Mais oui, Jésus est le béni de Dieu! Dieu en lui, à l’œuvre parmi nous, nous sauve de nos enfermements, surtout de celui d’un mauvais usage de la Loi.

Qui voulons-nous être?

Un aveugle guéri

ou

Un pharisien ne vivant que de Loi ?

 

 

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« Le sauveur du monde …! » 24 février 2008 - 3° dimanche de carême A

Evangile : Jn 4, 5-42 La Samaritaine et le don de l'eau vive (brève : 5...42)

 

A la fin du récit de la samaritaine, un titre retient notre attention. Il est tellement grandiose, impressionnant même, qu’il paraît nécessaire de s’y arrêter un moment car il est adressé à quelqu’un qui de l’extérieur ne donne pas l’impression d’être sauveur du monde. D’ailleurs sauveur du monde, qu’est-ce que cela veut dire ? Comment sauver le monde qui poursuit son chemin toujours si difficile et que rien n’y personne ne semble être en mesure de changer fondamentalement ? Sauveur ? Un titre prétentieux pour nos contemporains qui ne croient pas beaucoup aux hommes providentiels.

Jésus de Nazareth, sauveur du monde ?

Autrement dit, cet homme fatigué assis sur la margelle qui ne peut même pas puiser le peu d’eau dont il aurait besoin, serait aux dires des gens de Sychar le sauveur du monde ? Voici qui nous invite à savoir ce qu’on dit. C’est vrai que l’homme a soif, qu’il quémande un peu d’eau à la samaritaine. C’est vrai qu’en retour il propose à la femme une autre eau, beaucoup plus vive pour apaiser sa soif, celle sans doute qui désire dans le fond de son cœur. Maintenant mettons-nous à la place de la samaritaine. Ce n’est guère difficile car chacun a des soifs qu’il ne sait apaiser. La femme de Samarie porte en elle les siennes. Depuis quand cherche-t-elle à trouver un mari ? On dit qu’elle en eut cinq. Que sont-ils devenus ? Aucun ne fit l’affaire pour donner à la femme ce qu’elle recherchait ? Et le dernier en date qui partage sa vie, elle n’a pas voulu en faire son mari. Pourquoi ? Après les cinq essais, s’avère-t-il inutile de vouloir continuer ?

Soif inaltérée !

Soif, connaissons-nous la nôtre ?

Quel serait le dialogue qui désaltèrerait et ouvrirait une source à l’intérieur de soi ? Quelle unique relation permettrait d’exister en ayant le bonheur de s’être trouvé soi-même ? Et d’être enfin sauvé du manque qui rend la vie sans véritable intérêt ? Quel est ce vis-à-vis qui me fera comprendre que ce dont j’ai besoin lui-même peut me le donner ? « Si tu savais le don de Dieu et quel est celui qui te demande à boire, c’est toi dit Jésus à la samaritaine qui lui aurait demandé à boire » (Jn 4, 10).

Sauver le monde ?

Par guérison du cœur, en transformant notre intériorité ? Pourquoi le monde va-t-il mal ? Serait-ce parce qu’il serait mal fait ? Ou serait-ce plutôt parce que les hommes portent en eux un désir, une faim, une soif qu’ils essaient d’apaiser avec des moyens qui ne conviennent pas ? La femme de Samarie est-elle le prototype d’une longue soif parvenue enfin à son apaisement ? Porte-t-elle, en même temps que la sienne, la même soif que tout le monde entier ? Et la rencontre tout à fait imprévue qui lui permet de déposer sa cruche (Jn 4,28) est-elle offerte et nécessaire pour toute l’humanité ? Rencontre ici sur la margelle mais qui peut se produire ailleurs au cours de la prière, au creux d’une misère, à la maison, dans la nature, au travail… là où quelqu’un accepte de se laisser interroger sur le sens de sa vie et sur la vérité ( Jn 4,18) du bonheur qu’il dit vivre. Alors sauveur du monde ? Cet inconnu fatigué, sans prestige ? Est-il celui qui vient communiquer au cœur de l’homme la vie même qui fut la sienne ? Sa vie peut-elle jaillir en nous comme une source vive, au point que d’autres pourront aussi en profiter, comme les gens de Sychar, qui grâce à la samaritaine découvrent à leur tour le Christ et déclarent qu’il est le sauveur du monde ? ( Jn 4,39-42)

Sauveur du monde ?

En existe-t-il un ?

Suis-je de ceux qui peuvent l’affirmer ?

 

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« Il les emmène… ! » 17 février 2008 - 2° dimanche de carême A

Evangile : Mt 17, 1-9 La Transfiguration

Pourrait-il en être autrement ?  Quand Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, il les emmène là où lui seul peut aller. En effet, quelle expérience ne vont-ils pas vivre ? A quelle manifestation ne vont-ils pas assister ? Rien qui ne ressemble à ce qu’ils ont connu ? Rien qu’ils auraient pu atteindre par eux-mêmes. Non que la montagne ne soit trop élevée pour y grimper tout seuls, mais parce que la Montagne n’est autre que le symbole d’une extrême expérience.

Il les emmène…

Il n’est d’autres moyens que de se laisser mener. Quand il s’agit de Dieu, tout effort pour l’atteindre est voué à l’échec. Ceux qui un temps l’ont cru, scribes et pharisiens, se sont cruellement trompés, lorsque face au Seigneur, le Christ, ils s’en sont détournés. Les disciples sont plus simples, bien que souvent bornés, ils se laissent conduire là où Jésus souhaite les emmener. Le moment est crucial comme cela est fréquent dans cette période publique de la vie de Jésus. Pierre lui a déclaré, quelques séquences auparavant (Mt 16, 16), qu’il était le Messie, le Fils du Dieu Vivant. Mais en confessant la foi, Pierre portait encore le sentiment que le Messie ne pourrait pas subir la souffrance et la mort. (Mt 16, 22) Il faut donc, pour Jésus, emmener Pierre et ses deux compagnons jusqu’à ce qu’ils lient ensemble divinité du Christ et passage par la mort. Pour connaître l’intime vérité de Jésus, il faut être capable de le suivre jusqu’au bout de sa vie et jusqu’au moment de son basculement dans la mort au terme d’un refus, d’un rejet infligé par les hommes. Jésus veut emmener ses disciples en son intimité, leur dévoiler déjà son unique secret avant que la passion ne consume son corps. Devant eux, soudain Jésus est transfiguré. Il est toujours lui-même, mais vu en profondeur. Son être intérieur illumine son visage alors que ses vêtements sont devenus tout blancs. Dans cet état de présence intense, Jésus n’est pas tout seul. Deux hommes entretiennent une conversation. Tous deux furent comme des précurseurs pour installer l’Alliance. Ils représentent aussi la Loi et les Prophètes. Témoignent-ils que seul Jésus accomplit l’un et l’autre et met en place l’Alliance ? Jésus emmène ses disciples au cœur de ce qui est son origine. Il porte en lui la lumière de Dieu. Il révèle sa mission. En lui est manifesté le vrai chemin vers Dieu. Même Moïse et Élie doivent passer par lui pour atteindre l’Alliance entre Dieu et les hommes.

Il les emmène loin où, seuls, ils n’auraient pu aller.

Que faire devant cette vision ? Pierre voudrait qu’elle ne cesse jamais. En formulant le désir d’aménager trois tentes, peut-être exprime-t-il que les temps messianiques sont réellement arrivés, mais surtout, plus ou moins consciemment, ne souhaiterait-il pas que sa suite du Christ n’aille pas au-delà ?

Jésus qui les emmène les conduira plus loin…

Se laisseront-ils guider ? Ils entendent la voix affirmer que Jésus est le Fils bien-aimé, qu’il faut surtout l’écouter. L’homme ne peut pas grand chose pour accéder à Dieu, pas plus qu’avec les tentes Pierre aurait pu l’héberger. L’écouter et le suivre, pour le moment venu être transfiguré comme lui, reste le seul chemin qui nous est proposé. Quand cesse la vision, le Christ reste seul avec ses disciples pour continuer la route jusqu’au soir, où il entrera dans la mort, en y portant sa lumière, tout vidé de lui-même mais toujours le bien-aimé du Père qu’il faudra écouter et ne cesser de suivre.

Il veut les emmener jusqu’où lui est passé…

En attendant leur passage, les disciples témoins de la vision garderont le silence « sur ce qui s’est fait voir.. » (Mt 17, 9) Contrairement à ce que l’on entend, quand certains ou certaines disent voir des «  images du ciel », ici c’est le silence que Jésus recommande. Silence pour écouter et se laisser mener. Dieu, en Jésus Christ, ne sait-il pas où l’homme doit aller ? Et n’est-ce pas cela qu’il vient de révéler ?

Pierre Jacques et Jean, jusqu’où sont-ils allés ?

Où jusque Dieu veut-il nous emmener ?

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« Son Père... ! » 10 février 2008 - 1° dimanche de carême A

Evangile : Mt 4, 1-11 La tentation de Jésus

Sa vie ne serait pas, ce que nous en savons, s’il n’avait expérimenté de l’intérieur, comme « le » fondement de sa vie, sa relation au Père. Après le baptême de pénitence, Celui qui s’était rendu solidaire des pécheurs s’entend appeler Fils. Il expérimente alors en lui la relation unique d’être le Fils bien-aimé du Père. Relation fondamentale au-delà de laquelle il n’existe rien d’autre. La plénitude de l’amour a envahi l’être du Christ, son cœur. Il se sent totalement aimé. Aucun repli de la part du Père dans cette effusion amoureuse. C’est un amour sans condition, sans réserve, sans détour, sans calcul. Jésus est aimé, il reçoit son être du Père, et cet être ne lui sera pas enlevé.

Il est le Fils bien-aimé !

Jésus de Nazareth doit maintenant tenir dans cette expérience. Il est homme aussi et, selon cette relation la plus fondamentale, il doit tracer sa route dans la fidélité. Celui qui se reçoit d’un autre gratuitement ne peut subsister dans l’amour s’il ne persiste et se reçoit toujours gratuitement, sans détour, sans calcul, sans volonté de n’être que par soi. Rester dans l’amour, c’est rester en relation, c’est accepter la dépendance de l’être, de n’être pas soi sans l’autre. « Je suis » dira Jésus à plusieurs reprises tout en répétant par ailleurs, mon Père et moi nous sommes « Un » (Jn 10, 30 ) Comme si « être » allait de pair avec « être avec ».

Être ou ne pas être Fils ?

La question se pose à Jésus dans le désert où l’Esprit l’a conduit (Mat 4, 1). Elle devait, si l’on peut dire, se poser, car il devait entériner son être filial, mais aussi vivre son existence dans la fidélité à l’être reçu du Père. Après la révélation de soi, il est le Fils, voici donc la décision de Jésus de Nazareth de vivre comme fils. Au terme de quarante jours passés à jeûner, Jésus ne pourrait-il pas se procurer la nourriture par ses propres moyens ? Mettre en œuvre sa puissance et changer des pierres en pains ? S’il le peut, pourquoi ne se nourrirait-il pas lui-même ? La question monte en lui, elle ne vient pas du Père, mais elle est suggérée par son adversaire. Par celui qui prend plaisir à faire croire que chacun se suffit à lui-même. Aujourd’hui encore, il ne manque pas d’adeptes ! Jésus refuse cette façon de voir. L’amour n’est pas autosuffisant. Il le sait d’expérience, l’amour est relation. Il entend bien garder sa relation au Père, réaliser sa volonté en y joignant la sienne. L’Esprit qui l’a conduit saura lui faire signe au moment opportun. En effet, rétorque-t-il à la « Mauvaise Idée », « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »  (Mat 4, 4) 

Indispensable discernement !

Qui parle en moi ?

Les autres tentations, sur des objets différents, auront même configuration. Quitter la volonté du Père pour être seulement par soi, bien que  la chose soit impossible. En effet, la troisième tentation, qui promet la domination sur tous les royaumes de la terre, aboutit à « l’adulation » du diable. (Mat 4,9). Si l’on quitte le Père, on ne se retrouve pas seul, on passe sous la coupe de quantités de faux dieux.  Au cœur de sa relation au Père, donc au cœur de sa vie, Jésus est tenté de refuser l’amour pour devenir l’esclave (4, 9) des forces de domination.

La relation filiale !

Elle est constitutive de l’être de l’homme. « Si vous ne devenez comme des petits enfants vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu » (Mc 10, 15). Vous ne vous accomplirez pas. L’homme peut pourtant faire comme si elle n’existait pas. Il peut préférer déclarer qu’il n’est que le fruit du hasard, qu’il n’est pas le fils bien-aimé du Père mais il ne peut pas faire que Dieu ne l’aime pas. La mission de Jésus témoigne de cet amour-là. Il en a fait lui-même le premier l’expérience, celle qui l’a mis en route pour l’annoncer et la faire partager. Si Jésus a vécu de la façon que l’on sait, et cette façon évangélique ne peut s’inventer quand il s’agit de Dieu, car normalement on ne voit pas Dieu comme cela, c’est bien à cause de sa relation au Père.

La tentation ?

L’unique, sous différentes formes, nous l’avons bien compris : Se désolidariser du Père, pour faire son propre jeu à soi qui, en finale, ne fait que celui de nos démons. L’unique tentation reproduite pour chaque être humain : écarter Dieu au lieu de chercher à le connaître à travers l’expérience vivante de l’Evangile. Mère de toutes les tentations, elle entraîne celui qui se laisse prendre dans le non-amour. L’homme ne vit pas seulement de pain(Mt 4,4); il n’est pas nécessaire de tenter Dieu pour savoir s’il dit vrai, puisqu’en Jésus il donne son amour avant qu’il ne lui soit demandé (Mat 4, 6); Il est néfaste de penser que le pouvoir dominateur déifie l’homme. L’expérience démontre qu’il le rend inhumain, diabolique car esclave des ses passions.

Son Père ?

Une relation unique qu’il veut nous partager.

Son Père

Est-il le nôtre aussi ?

 

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« Action de grâce…! » 3 février 2008 - 4° dimanche ordinaire A

Evangile : Mt 5, 1-12 Sermon sur la montagne. Les Béatitudes

Quelles sont nos réactions face aux Béatitudes ? Incompréhension, suspicion, opposition, interrogation ou comme l’indique le titre : Action de grâce ? Entendre les pauvres proclamés bienheureux suscite-t-il un élan d’enthousiasme ? Entendre répéter qu’il n’ait pas de misères où Dieu ne puisse être avec les miséreux, provoque-t-il un chant pour une action de grâce ? Apprendre que le malheur ne provient pas de Dieu et même qu’être riche ne veut pas dire béni, est-ce source de joie ? Dire qu’il n’est pas bon d’être pauvre, qu’il n’est pas bon non plus d’être riche, mais qu’il est bon d’être pour, avec et comme Dieu, est-ce bien voir et se sentir heureux ?

Etre avec…

Dimanche dernier, quand le Christ proclamait que le Royaume de Dieu s’était approché (Mat 4, 17) nous avons pris conscience que sa mission, confiée par le Père, était d’être pour et avec nous et même, peut on dire, comme nous. Aujourd’hui, à l’écoute des Béatitudes adressées aux foules en proie à toutes sortes de maladie et de tourments (Pat 4, 23-24), nous reprenons ces mots et nous les faisons nôtres en désirant être « pour, avec et comme Dieu »

Pour avec et comme Dieu…?

Est-il d’autre bonheur que de répondre à Dieu qui est venu s’offrir, de reprendre pour soi la vie qu’il a vécue et de tenir en lui ? Est-il d’autre bonheur que d’accepter que Dieu soit ainsi qu’il s’est montré et tel qu’il veut se donner? Est-il d’autre bonheur que de grandir en lui, en travaillant au changement du monde ? Certes, et c’est la liberté, on peut chercher ailleurs le bien qui peut combler. Mais quel bien assez grand pourrait fournir à l’homme le meilleur désiré ? Les choses et les biens, éléments extérieurs, ne peuvent vivifier notre intériorité qui aspire au bonheur. Ils sont comme des parures qui cachent la misère qui erre dans les cœurs. Les êtres et les hommes peuvent-ils faire plus ? Chaque être est seul, vraiment seul, et si l’autre, le proche, peut être d’un puissant réconfort, il ne peut donner d’exister dans la joie, ni assurer d’être soi-même infiniment aimé, puisque l’autre mène la même quête de ces  réalités.

 Être pour, avec et comme Dieu peut-il rendre heureux ?

Hors des béatitudes, on cherche le bonheur de bien d’autres façons, tout en se contentant, plus ou moins, de la satisfaction que l’on peut y trouver. Mais existe-t-il vraiment un autre emplacement que celui qui nous est proposé par le Christ ?  C’est à cette question que chacun doit répondre. Et c’est cette question que le Christ posait aux gens qu’il rencontrait : riches et pauvres de biens, de savoir, de pouvoir, malades de maladies, victimes de malheurs, empêtrés dans le mal. Il s’avère que les pauvres, à qui Jésus n’a pas fait miroiter de richesses à la façon humaine, ont le mieux répondu.

 Être avec lui..?

Être avec lui est le bonheur suprême pour être en même temps avec les autres et construire la cité où chacun sera riche et pauvre comme Dieu, lui qui s’est montré en Jésus le Christ. Les Béatitudes ont-elles un autre but que de répercuter l’appel à ne rien désirer tant que de vivre en Dieu, le Christ et de lui ressembler de sorte que toute la vie en soit illuminée, fécondée, accomplie. Le bonheur est possible comme le Christ l’a vécu. Et ce bonheur vécu, il peut nous le donner. N’imaginons pas être des gens heureux sans l’être avec lui, car ce qu’il proclame dans les Béatitudes, c’est d’abord ce que lui-même comme homme, expression véritable de Dieu, a vécu. Aussi, puisque nous avons découvert la source du bonheur en écoutant les Béatitudes, laissons nos cœurs aller jusqu’à l’action de grâce.

Heureux les pauvres de cœur,

Le Christ est avec eux,

ils peuvent être avec lui.

Vibrante action de grâce… !

 

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« Pour et avec…! » 27 janvier 2008 - 3° dimanche ordinaire A

Evangile : Mt 4, 12-23 Jésus commence son ministère par la Galilée (brève : 12-17)

Jésus de Nazareth commence sa mission par un déplacement. De la Galilée où il résidait, il avait rejoint le Baptiste (Matt 3, 13) pour recevoir, comme et avec les pénitents, le baptême administré par Jean. Maintenant, il quitte la Judée et les bords du Jourdain « se retire » en Galilée et s’établit non pas à Nazara mais à Capharnaüm. Les gens l’attirent. Avant qu’ils ne viennent à lui, c’est lui qui va vers eux. Il se place au « carrefour des païens » (4, 15) dans le sombre pays de la mort. Il n’a pas choisi de s’établir en Judée, encore moins d’être un agent du Temple… Il lui faut l’humanité dans toute sa diversité humaine, professionnelles, culturelle, spirituelle. Il est venu pour elle et pour être avec elle.

Pour et avec…

Jésus de Nazareth commence son ministère lorsque celui de Jean a brusquement pris fin. Lorsque, selon le même mot qu’on emploiera pour Jésus, le Baptiste est « livré » (Matt 4, 12 et par exemple 17, 22).On peut bien sûr supposer que la raison du déplacement en Galilée n’est autre qu’une précaution afin d’éviter le danger que représente Antipas. Pourquoi pas ? Mais la citation d’Isaïe partiellement aménagée, laisse aussi entendre que le déplacement de Jésus relève d’une autre logique. Venir s’établir au carrefour des païens ne signifie-t-il pas d’emblée l’universalité de sa mission ? Il vient pour être avec tous les hommes. Avec lui, la lumière dissipe toutes les ténèbres y compris celles qui assombrissent les païens.

Pour et avec eux !

Le Temple sera bien loin pour le Messie, le Fils du Père. Même s’il y vient pour faire pèlerinage, il ne fera qu’y passer sans trop s’y attarder. Son désir est ailleurs : en pleine pâte humaine, sans lieu où reposer la tête, sans temple pour célébrer l’offrande faite à Dieu car d’offrande maintenant, il n’y aura que celle de l’humanité réconciliée entre elle par et en lui. Il ne vient pas pour se faire servir mais pour servir. Il ne vient pas pour trôner mais pour laver les pieds et entièrement se donner. Jésus se distancie du Temple dés le début de son action missionnaire, de même qu’il prend ses distances par rapport au baptême de Jean. En effet, même si en Jean 3, 22 il est signalé que Jésus baptisait, un peu plus loin, en Jean 4, 2, cette mention est démentie. Jésus ne baptisait pas mais seulement ses disciples ! Donc Jésus, établi en Galilée, ne reprend pas le rite de pénitence. Il s’emploie à faire autre chose. Il enseigne et guérit. (Matt 4, 23). Loin des lieux et pratiques habituelles, il enseigne…

Il enseigne !

Comment ne pas prendre en compte sa différence et donner à l’écoute la première place dans nos vies ? Pour se convertir, ne faut-il pas d’abord écouter ? « A partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous : Le Règne des cieux s’est approché » (Matt 4, 17) « Puis parcourant toute la Galilée, il enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Règne. » (Matt 23). Loin des lieux et pratiques habituelles, il enseigne en lançant la Parole, vraie source de lumière dans le lieu enténébré où l’homme cherche sans trouver qui il est.

La Parole parle !

La lumière jaillit !

Au milieu des hommes, le Christ est là. Il bâtit sa demeure avec les relations humaines. Il rassemble pour qu’ils soient avec lui, ceux vers qui il s’est d’abord rendu, afin de demeurer avec eux, en eux. Le Règne de Dieu s’est approché, il se tisse de nos liens régénérés par l’Esprit qui « reproduit » Jésus Christ. En un premier réflexe il appelle Pierre et André son frère et Jacques avec son frère Jean, tous les deux fils de Zébédée. ( Matt 4, 18) Du nouveau, de l’inédit,  prend forme. Une communauté naît. « Quand deux ou trois sont rassemblés en mon nom je suis au milieu d’eux » ( Matt 18, 20). Faut-il insister sur ce commencement en le considérant comme étant l’origine à ne pas oublier ? Loin des temples fastueux et des cérémonies compliquées, la Parole illumine en pleine pâte humaine les cœurs désemparés. Elle les rapproche et forme la communauté et le Christ l’habite comme son lieu privilégié, ainsi qu’un  nouveau temple, le seul qui plaît à Dieu, son Père. En pleine pâte humaine le Christ enseigne, guérit, et fait advenir le Règne.

Plus qu’en des lieux de pierres, plus qu’en pratiques habituelles :

Sa présence !

 Pour et avec nous !

 

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« C’est lui ! »  20 janvier 2008 - 2° dimanche ordinaire A

Evangile : Jn 1, 29-34 « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

Le voici…! Découverte colossale ! L’homme qui vient vers lui, dont il est le cousin, porte une identité qu’il ne connaissait pas. Il la découvre à l’instant. Elle lui est révélée. « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit saint » (Jn 1, 33)

Elle lui est révélée !

Jean en est bien conscient. Il dit ce qu’il perçoit, sachant que par lui-même, il ne connaîtrait pas. Par deux fois, il le répète : « Et moi, je ne le connaissais pas ! » (Jn 1, 31.33) Mais voilà, il est là devant lui et s’offre à nos regards alors que Jean s’écrie :  C’est Lui ! C’est lui le Messie attendu. C’est lui qui accomplit les Ecritures. C’est lui surtout : « L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » (Jn 1, 29) et le Fils de Dieu (Jn 1, 34)

Enlever le péché du monde ?

Nécessité urgente, œuvre considérable ! Le mal n’a-t-il pas commis déjà trop de ravages ? L’humanité n’a-t-elle pas que trop souffert des misères causées souvent par ses façons de faire ? Ne serait-il pas temps que tout cela s’arrête ? Mais la parole de Jean désignant le Sauveur est-elle bien entendue dans toute sa profondeur ? L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, est-il pris au sérieux ? L’homme en général et une part de nous-mêmes, ne pense-ils pas surtout qu’ils conduisent leur vie sans produire du mal ? A moins que, de tout le mal du monde, l’homme en prenne son parti, découragé d’espérer en sortir ? Face à la parole révélée, sommes-nous stimulés ou sans réactions, indifférents ou incrédules ?

Enlever le péché du monde ?

N’en restera-t-il plus ? Le péché : le comportement, les actes, les pensées, qui tuent la relation, qui séparent, divisent, écrasent, dominent, détruisent l’amour. Jésus de Nazareth supprime-t-il ce comportement nocif et rend-il l’homme qui génère le péché, capable d’une autre façon de vivre ? Enlève-t-il du cœur de l’homme ce qui produit le mal sous de multiples formes ? Peut-il rendre meilleur en enlevant d’une vie la tendance qui engendre la déchirure, blesse ou détruit la relation ?

Quelle est ma conviction ?

L’occasion m’est donnée aujourd’hui de bien me situer face à Celui que Jean appelle « L’Agneau de Dieu…». Je peux dans ma prière lui faire la demande d’enlever mon péché puisque c’est sa mission de me rendre indemne des germes du mauvais. Si ce n’était à lui, à qui pourrais-je m’adresser, si tant soit peu je veuille purifier ma vie ? A qui d’autre pourrai-je demander de me sortir du mal qui partout sévit, mais qui trouve son origine à l’intérieur de moi, comme dans le cœur des autres.

A qui ?

A personne peut-être ? Peut-être ne compterai-je que sur moi ? A moins que, ne voyant que le mal sévir autour de moi, il me manque la conscience qu’il prolifère aussi à l’intérieur de moi ? Est-ce que finalement, si le Christ n’est pas plus reconnu comme Dieu à l’œuvre pour tuer le péché, cela ne vient-il pas de ce que simplement l’on ne se perçoive pas soi-même comme producteur du mal ?

Se sentir pécheur ?

En souffrir et vouloir en sortir, même si on a l’impression d’être aussi bon que d’autres ! En face de l’Agneau qui enlève le péché du monde, testons nos réactions ? Nous sentons-nous prêts à être libérés, à accepter qu’il fasse du ménage à l’intérieur de soi, qu’il montre où sont nos manques, impasses, et faux comportements ? Qu’il m’amène à le prendre comme seule référence, à lui faire confiance de façon radicale, à me laisser conduire en ce monde douloureux, comme l’agneau qu’il est, lui-même sans péché, capable cependant de purifier ceux qui, en y consentant, lui donnent toute leur foi ? L’Agneau, que nous présente Jean, n’enlève le péché qu’aux humains consentants qui se savent pécheurs.  L’Agneau de Dieu déchire notre ignorance et décille nos yeux afin que nous voyions nos vies en vérité.

Voici l’Agneau de Dieu…

Ai-je bonne conscience ? Accepterai-je le changement ?

C’est Lui !

Et moi qui suis-je ?

 

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« Quel besoin.. ? » 13 janvier 2008 - Fête du Baptême du Seigneur année A

Evangile : Mt 3, 13-17 Le baptême de Jésus

Voyant venir Jésus vers lui, en provenance de Galilée, Jean Baptiste réagit vivement. Si quelqu’un doit être baptisé dans le Jourdain, ce n’est pas Jésus par Jean mais bien l’inverse. D’où cette parole : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi et tu viens à moi ! » (Matt 3, 14). A l’évidence, Jean éprouve une grande réticence à baptiser Jésus, alors qu’il l’a lui-même présenté comme plus fort, plus grand, et surtout comme l’auteur d’un baptême supérieur au sien, qui plongera non plus dans l’eau mais « dans l’Esprit et le feu » (Matt 3, 11). Jean manifeste donc une conscience claire de la supériorité de Jésus, mais en a-t-il pour autant saisi toute l’originalité, toute la vérité ? Même lui devra convertir sa façon de le voir et se tourner vers un Jésus surprenant, quelquefois insaisissable. N’a-t-il pas annoncé que sa puissance exercerait un jugement et provoquerait un tri ? Or, au lieu de tri entre les bons et les mauvais, le voici prendre place dans les rangs des pécheurs !

Quel Messie !

Tout à fait atypique… Comme tout le monde, il se laisse baptiser, alors qu’il n’a aucun péché à déposer au fond de l’eau. Comme tout le monde… hors le Baptiste, qui baptisait mais ne l’était pas lui-même. Cependant celui-ci exprime le besoin d’être baptisé par Jésus. Mais à quoi pense-t-il exactement ? A recevoir le baptême qu’il donnait ou à recevoir l’autre, celui qu’il évoquait comme supérieur au sien ?

Que voulait-il dire ?

Quel est réellement son besoin ?

Nous ne le saurons pas exactement, car la scène suivante diffère complètement de la plongée dans l’eau. Baptême d’eau, notons-le, nullement décrit par l’évangéliste, même si l’iconographie en donne des représentations. Matthieu spécifie bien la césure entre l’une et l’autre scène. C’est après que Jésus, « ayant été baptisé » et alors qu’il était remonté de l’eau  (Matt 3, 16a) qu’une révélation se produit : «… voici que les cieux s’ouvrirent… Jésus voit l’Esprit descendre  comme une colombe et venir sur lui », pendant qu’une voix venue des cieux déclarait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma faveur » (Mtt 3, 17)

Quel besoin ?

Le besoin de Jean serait-il d’être plongé dans cet Esprit Saint qui, comme sur l’œuvre de la création, plane sur Jésus proclamé Fils par la voix du Père ? Est-ce en plus d’être purifié des péchés, d’entrer dans ces relations trinitaires, par identification au Fils, que réclame Jean ? Impossible de répondre en ce qui le concerne. Mais la question peut rebondir et m’être adressée. Quel est mon authentique besoin ? Que réclame le fond de mon être ? Que l’Esprit me rende fils ? Non pas que sacramentellement, mais en faisant de moi ce que le sacrement signifie : être identifié au Christ, en revêtant sa vie, plongé par l’Esprit dans la relation filiale de Jésus à son Père.

Ai-je besoin de devenir le Christ ?

Est-ce mon besoin ?

Celui qu’il reste à combler au-delà de tous les autres. Celui que les autres besoins ne doivent pas masquer, étouffer. Besoin d’être lui pour être soi ?

« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi…» (Matt 3, 14)

Est-ce cela, le juste besoin ?

 

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Un roi...? » 06 janvier 2008 - Fête de l'Epiphanie année A

Evangile : Mt 2, 1-12 Les mages païens viennent se prosterner devant Jésus

Comment trouver le Christ ? Ou, plus exactement, comment trouver ce que l’on cherche au plus profond de soi ? Les mages nous sont-ils un recours pour enfin découvrir ce qui manque à notre propre existence ? Et seraient-ils le type universel de tout homme qui cherche plus ou moins confusément ? Car ne nous apparaissent-ils pas d’abord comme des quêteurs de sens ? Ils disent avoir vu une étoile leur indiquant la naissance d’un roi. Ou peut-être vaudrait-il mieux dire, ils ont compris en voyant une étoile qu’il y avait quelque part la naissance d’un roi ?

Un roi ?

Voici qui semble bien étrange, les mages seraient-ils à la recherche d’un roi ? En quoi auraient-ils besoin de venir s’incliner devant lui, de venir l’adorer ? (Mt 2,2b) Des mages, il est dit qu’ils sont eux-mêmes des rois, mais c’est une précision que l’évangile ne spécifie pas. Ils sont mages cherchant où porter leurs pas pour faire la rencontre qui apaisera leur coeur, qui modifiera leur vie, qui la réorientera (Mt 2,12b). Sont-ils en demande de roi ? De quelqu’un qui assume le pouvoir et l’exercerait sur eux ? à y bien regarder, serait-ce la demande que chaque être formule tout au fond de lui-même, tout en la rejetant, quand il s’agit de Dieu, par crainte de ne plus être soi-même ?

Un roi ?

N’ayons pas peur du mot. Il y a bien dans la Bible une requête semblable. Yahvé ne cède-t-il pas aux pressions du peuple hébreu qui lui demande un roi ? ( 1 Sam 8,4-9) Ce besoin, repéré chez les mages, exprime-t-il le même que chacun porte en soi : se glisser sous le règne du roi, éprouver le besoin que quelqu’un règne sur soi ? Tenir pareils propos en ces temps actuels peut paraître déplacé, complètement anachronique quand chacun revendique son entière liberté. Mais sous les propos, du genre émancipation, ne se cachent-il pas encore comme un besoin de soumission ? Le règne de l’idole, de celle qu’on fabrique et à laquelle on s’assujettit ne serait-il pas une malformation, d’une quête profonde d’être soumis à un roi ?

La quête des mages …!

Écouter ce besoin est-il mauvais en soi ? Les mages, au moment de leur vie où la chose fut propice, se sont lancés à la recherche de celui qui les transformerait. Ils sont partis à l’aveuglette car, l’étoile un moment aperçue, ne les a pas guidés, contrairement à ce qui est communément accepté. Ils se sont mis en route en écoutant leur coeur. L’implication de l’homme pour trouver ce qu’il cherche est ainsi manifeste. Ils se sont mis en route et qu’ont-ils rencontré avant de s’incliner devant le roi qu’ils cherchaient ? Au carrefour du sens, l’Ecriture était là, qui, par l’intermédiaire des hommes, leur livrerait le lieu où diriger leurs pas.

L’Ecriture !

C’est alors que l’étoile reparaît, avant que de s’éteindre au-dessus de l’endroit où repose le roi dont le règne désormais s’étendra sur les mages. Trois étapes ont balisé leur route. Le branle suscité par l’étoile les avait mis en route, l’écoute de l’Ecriture, détenue par ceux qui ne la comprenne pas, leur a livré son secret et enfin le terme du parcours, quand l’étoile pâlit et laisse la place au roi : la lumière du monde. Faut-il entériner ce besoin d’être sujet d’un roi ? Exprime-t-il un besoin, que chacun porte en soi, d’être soumis et que quelqu’un règne sur soi et en soi ? Il n’est pas difficile d’imaginer ce que ce besoin peut générer comme caricatures. Mais enfin si le besoin existe comment ne pas le satisfaire ? Reste, comme les mages, à trouver le vrai roi.

 Comme les mages !

Trouver le Christ…

Et l’adorer (Mt 2, 2b)

Et en avoir toute sa vie changée… (Mt 2, 12)

 

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Désarmé ! 30 décembre 2007 - Fête de la Sainte famille année A

Evangile : Mt 2, 13...23 La Sainte Famille en Égypte et à Nazareth

Il s’agit de l’enfant, menacé, déjà, alors qu’il vient de naître. Nous savons qui il est, ou plus exactement nous croyons qui il est, car il s’agit de foi. Nous croyons qu’en Jésus, Dieu s’est rendu présent. Qu’il est le Fils du Père bien que petit enfant.

Et déjà on l’attaque… !

La menace est trop grande il faut le protéger et comme font les hommes il part à l’étranger.

Vie risquée !

Hérode menaçant l’aurait fait disparaître avant qu’il ait le temps de nous montrer le Père. Risque majeur ! La mort viendra plus tard à son « Heure. » Il donnera sa vie on ne la lui prendra pas. Et sa mort elle-même exprimera la gloire et du Père et du Fils.

Pour protéger l’enfant ?

Sa mère et Joseph, en place de son père… ! L’un et l’autre démuni tout autant que l’enfant. Leur arme, leur défense ils n’en ont pas sauf si l’on excepte leur foi et leur capacité de s’ajuster à Dieu. Joseph n’a-t-il pas été déclaré juste ? Par deux fois il reçoit du Seigneur, l’ordre de s’en aller. « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère … » et en route… (Mt 2,13 et 2, 20) A l’aller vers l’Egypte au retour vers Israël… Un parcours pour se mettre à l’abri mais qui en dit plus long sur la mission du Fils. Car n’est-ce pas vers l’Egypte que les Hébreux ont fui pour trouver à manger et n’est-ce pas de là-bas qu’ils sont sortis libérés ? Un nouveau peuple né à travers cet enfant, en faisant le voyage comme pour ses « ancêtres » il porte en lui le germe d’un nouveau peuple de Dieu. Et puisqu’il est le Fils (Mt, 2, 15) ce peuple tout nouveau qui vit déjà en lui, épanouira l’ancien. Il manque le désert mais il viendra plus tard, quand les quarante jours tiendront lieu des quarante ans. Un texte d’évangile n’est jamais la recension pure et simple d’un moment historique, il porte toujours avec lui du sens pour la foi. Cette fuite en Egypte, cette mise à l’abri de l’enfant qui est Dieu mais qui comme un enfant des hommes vit la précarité, doit nous faire réfléchir sur qui est notre Dieu. A la fois Tout puissant et pourtant désarmé au point d’avoir besoin de « justes » pour le protéger.

Dieu désarmé !

Pourquoi Hérode a peur ?

Et que dire de la nôtre ?

Dieu s’en remet à nous,

est-ce si effrayant ?

Ce que Jésus fut quand il était enfant, devenu adulte il le restera.

Désarmé !

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«L’Unique…! » 23 décembre 2007 - 4ème Dimanche Avent A

Evangile : Mt 1, 18-24 La venue de l'Emmanuel annoncée à Joseph

Dieu a voulu se faire homme…disons plutôt, Le Verbe s’est fait chair…(Jn 1, 14). Quelle extraordinaire expérience ! Nous peinons, bien sûr, à imaginer ce que cela veut dire. Dieu s’est-il fait homme ? Bien des questions sont posées sur le pourquoi et sur le choix de cette modalité. Dieu, certes, dit-on, voulait nous sauver et de plus, nous faire entrer dans son intimité mais dans quelle mesure était-il nécessaire de prendre chair humaine. Sa toute puissance, telle que nous la concevons généralement, probablement à tort, nous inciterait à penser qu’il aurait pu s’y prendre tout autrement.

Mais de fait, le Verbe s’est fait chair !

L’évangile nous le révèle. Et comment s’y prend-il ? Parler du Verbe fait chair ne relève pas d’une réflexion à priori, sur la Divinité. Comme si l’homme scrutant le divin était parvenu à ce résultat par l’effort de sa connaissance. Non, la foi en l’humanité du Verbe provient d’ailleurs que, de la simple connaissance intellectuelle. Elle résulte d’une autre perception, d’une reconnaissance ou mieux d’une renaissance. Jésus de Nazareth dont le ministère s’est manifesté en Palestine a été reconnu par ses disciples comme le Fils de Dieu, disons le Fils du Père. Après Pâques, au terme de son parcours plongé dans la souffrance et la mort, il a resurgi, il est ressuscité. Cette expérience unique a tellement marqué la vie des disciples, qu’elle les a transformés. Ils ont alors compris, grâce à l’Esprit, que Jésus de Nazareth était le Fils de Dieu et ils en ont rendu compte par  la Parole proclamée et transcrite. Que le Verbe se soit fait chair, notre récit évangélique d’aujourd’hui nous le donne à  croire. On pourrait penser que l’évangile de ce dimanche fut écrit pour présenter Joseph. Détrompons-nous. Le centre du récit n’est autre que l’enfant dont la conception annoncée s’accompagne de quelques caractéristiques sur son identité.

Un enfant : fils de Dieu ?

N’est-ce pas de lui qu’il est dit à Joseph, que l’enfant dans le sein de Marie, son épouse, est le fait de l’Esprit. Que c’est seulement l’Esprit  qui a suscité en elle l’enfant qui se pétrit de sa chair et qu’elle enveloppe de sa maternelle présence. (Mt. 1, 20-21). Que, si l’enfant porte bien en lui les traits de Marie, il est en même temps, et de façon unique, création de l’Esprit dont l’action renvoie à celle de la création dans le livre de la Genèse, lorsque l’Esprit planait sur les eaux. Au-delà de la procréation habituelle, celui qui va naître porte à la fois la marque de sa mère et l’être de la divinité. L’enfant conçu en Marie n’est pas un enfant des hommes en qui l’Esprit aurait transféré la divinité au même titre qu’elle nous est proposée. Il est d’origine divine portant en même temps toute la réalité de la nature humaine. Cet enfant, est-il besoin de l’ajouter, n’est pas divin parce qu’il serait né d’une vierge, mais il naît d’elle parce qu’il est Dieu, réalité reconnue et confessée seulement après la résurrection. 

Unique : Dieu et homme !

N’est-ce pas de lui, qu’il est encore dit à Joseph d’en devenir le père adoptif ? La façon dont Joseph nous est présenté par l’évangéliste montre son embarras, son trouble alors qu’il réfléchit et prend la décision intime de s’effacer devant l’événement qui touche son épouse. Mais l’enfant, dont le nom nous est révélé, qu’il s’appellera Jésus ainsi qu’Emmanuel, a besoin de Joseph pour l’intégrer dans la lignée de David et accompagner sa croissance. Jésus n’appartient pas plus à Marie qu’à Joseph, mais l’un et l’autre l’ont en charge ensemble. Joseph reçoit directement sa mission de l’Ange du Seigneur (donc de Dieu), comme Marie et non d’une démarche seconde en provenance de celle-ci. Joseph ne vit pas dans l’ombre de Marie. Il prend sa part dans l’accompagnement de l’enfant et à la demande qui vient d’en Haut, lui confèrera le nom :

Jésus, Dieu sauve,

De cette relation tripartite,  humano-divine,  L’Esprit, Marie, Joseph, Jésus porte la marque divine de son origine et les caractères spécifiques de notre humanité. Une question : La même chose fut-elle dite à propos d’autres cas ? Pleinement fruit de l’Esprit, sans que l’Esprit soit son Père et pleinement fils de Marie et de Joseph sans que Jésus ne soit que leur enfant.

L’Unique …!

L’évangile nous livre avec des mots, les réalités de notre foi. Il les propose à notre sagacité et à notre désir d’avancer dans la connaissance de Jésus de Nazareth reconnu Christ et confessé Fils du Père. Cherchons à recevoir dans la Parole, le don qui nous est fait de la part du Père. Parviendrons-nous à mieux saisir par l’intérieur de notre être, et à travers les mots éclairés par l’Esprit, que Jésus de Nazareth, le fils de Marie et de Joseph, est l’Unique, Le fils du Père ?

Unique, et Sauveur,

car Dieu est avec nous,

l’un de nous.

 

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«Est-il le bon…?» 16 décembre 2007 - 3ème Dimanche Avent A

Evangile : Mt 11, 2-11 Jean Baptiste et Jésus

La question posée par Jean Baptiste vaut encore aujourd’hui. Qui d’ailleurs, en ces temps-ci,  ne se la pose pas ? Jésus de Nazareth est-il bien le prince du bonheur, le Sauveur, que depuis plus de vingt siècles la communauté chrétienne s’efforce d’annoncer ? Combien, qui entendent son nom, ne dépassent l’interrogation pour aller jusqu’à la foi adhésion, à la confiance totale du disciple qui le suit pas à pas ?

Est-il le bon ?

Jean, mieux placé que quiconque, du moins apparemment, se pose lui aussi cette même question. Pourtant, n’avait-il pas bondi dans le sein maternel au temps de la rencontre de Marie et sa mère ? (Lc 1, 41) Cet homme longuement affiné par un temps de désert, tout disponible au Dieu qui dans le temps s’était révélé à Abraham, Isaac et Jacob, n’était-il pas le mieux préparé à reconnaître en Jésus, le Messie, depuis longtemps promis et continuellement attendu ? Et de fait, sur les bords du Jourdain, alors qu’il appelait au rite de pénitence, n’avait-il pas annoncé que le Règne des cieux venait de s’approcher (Mtt. 3, 2) et que Celui qui le suivait (comme disciple sans doute…) bientôt serait devant, avec très grande force pour réduire le mal ? (Mtt. 3, 7-10) « Quelqu’un » dont lui-même Jean, ne se sentait pas digne de dénouer ses sandales (Mtt. 3,11b) . N’était-ce pas sur Jésus, des points de vue importants susceptibles de fonder définitivement sa foi ? Par ailleurs, de Jean, Jésus ne tarit pas d’éloges. Il le déclare prophète et même plus qu’un prophète. Celui-là même qui le précède pour lui préparer le chemin. Ne le déclare-t-il pas le plus grand parmi tous les enfants qui sont nés d’une femme, tout en ajoutant aussitôt, il est vrai, que le plus petit dans le royaume est bien plus grand que lui. Sans doute veut-il signifier une autre naissance plus importante que la première et qui permet d’entrer dans le royaume instauré par le Christ. Étonnant donc que Jean, mieux placé que quiconque, pose pourtant la question :

Es-tu le bon ?

Le doute s’est insinué en lui. Mais qu’est-ce qui provoque sa question ? Pouvons-nous en connaître la réponse ? Jean baptiste enfermé dans la prison d’Hérode à cause de son franc-parler, attendait-il du Messie une aide pour que soit rétablie la justice ? A partir des échos venus à ses oreilles, Jean trouve-t-il le comportement de Jésus inadéquat à la mission qu’il annonçait ? Trouve-t-il que Jésus manque de l’ intrépidité nécessaire pour assainir le monde ? Jésus aurait-il oublié d’user de la cognée pour abattre les arbres improductifs, ou de manier la pelle à vanner pour séparer le blé de la bale destinée à être brûlée au feu qui ne s’éteint pas. (Mtt 3, 10. 12)

Est-il le bon ?

Comment savoir ? Qu’est-ce qui peut être probant pour Jean comme pour nous-mêmes, à première vue moins bien situés que lui ? Jésus n’essaie pas de convaincre. Il se contente de répondre en énonçant ce qu’il fait, appuyé par quelques citations regroupées en centon du livre d’Isaïe. (Matt. 11, 4) Il ensuite reviendra à Jean de se faire une conviction. Comme nous, Jean est appelé à se convertir.

Conversion !

Y parviendra-t-il ? Pas sûr, car si grand fut-il comme enfant de la femme, il n’en restera pas moins comme cela a déjà était dit, plus petit que le plus petit dans le royaume des cieux. (Mtt. 11, 11) Jean n’a pas suivi le Christ. Il a orienté vers le Christ ceux qui venaient vers lui, mais lui ne fut pas son disciple. Il est vrai que Hérode, le sanguinaire, lui a ôté la vie. Mais enfin, si la totalité de la conversion est la suite du Christ, le Baptiste, à la fois grand et petit, serait-il resté en chemin ?

Est-il le bon ?

Comment prouver que l’on est bien le Messie, Celui qui, attendu, est enfin arrivé ? Comment le prouver, sinon en continuant d’être ce que l’on est dans l’attente patiente de la reconnaissance de sa  propre identité ? Jésus semble avancer dans ce sens. N’adresse-t-il pas cette parole à Jean, qui vaut bien au-delà de la personne du baptiste : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi » ( Mtt. 11, 16) Heureux celui qui laissera le comportement du Christ lui révéler la vérité sur Dieu, même s’il pensait en lui-même que Dieu était autrement que le Christ le révèle.

Conversion ?

Est-il le Bon ?

A chacun sa conviction intime…

 

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« Se convertir…!  » 9 décembre 2007 - 2ème Dimanche Avent A

Evangile : Mt 3, 1-12 Jean Baptiste annonce que le Messie vient juger le monde

Quand paraît Jean,  le Baptiste, le premier mot qu’il dit, est : « Convertissez-vous ».(Mtt. 3, 2) En quittant le désert, il proclame ces mots qui trouvent chez les gens un écho favorable. Ils viennent de partout. Ils accourent, ils reconnaissent leurs péchés en se faisant baptiser. (Mtt. 3,5) Certains,  cependant, rechignent. Les mêmes que l’ont retrouvera plus tard : les Pharisiens, hommes de la stricte observance et les Sadducéens. Se convertir ne leur paraît sans doute pas nécessaire puisque déjà, selon les normes en vigueur, convertis, ils le sont. Et que pourrait avoir à leur dire cet homme, échappé du désert, qui n’occupe pas comme eux une place importante.

« Se convertir »

Tel est donc le message, « en ces jours-là » (Mtt. 3, 1) où paraît le Baptiste. Comment est-il compris par les gens accourus si promptement ?  Se convertir, ne l’entendaient-ils pas, comme l’acte de passer d’un état d’infraction par rapport à la Loi à plus de conformité aux préceptes commandés ? Jean-Baptiste, l’ascète, sobrement vêtu et frugalement nourri, n’était-il pas tout indiqué pour plaider un retour vers plus de régularité dans un moment où l’attente messianique se faisait plus grandement sentir ? Mais la conversion qu’il prêche s’en tient-elle à cela ? Ne serait-elle alors que réaménagement de soi selon une orientation qui elle, ne changerait pas. Dans ce cas-là, l’Alliance initiée avec Abraham, nouée ensuite avec Moïse, reprise en permanence par la voix des prophètes, resterait donc le lieu d’une conversion normale. Mais est-ce bien celle-ci, la conversion proclamée et donc demandée ? Continuer, tout en l’améliorant ce qui déjà se fait dans une confrontation toujours avec la Loi ?

Se convertir ?

Jean le Baptiste attire vers lui mais pour orienter ailleurs. Car ce qu’il annonce n’est pas que conversion. Il provoque à l’accueil de la venue du Règne des cieux (en fait de Dieu).(Mtt. 3, 2) Il annonce, imminente, la proximité de Dieu. Il tourne le regard de qui s’en vient vers lui, vers celui qui est là, quelqu’un à découvrir et que bientôt, il faudra suivre. Ainsi quelques versets après, utilisant  le même verbe, l’évangéliste annonce que Jésus, venant de Galilée, « paraît » » (Mtt 3, 13) Vers Lui Jean tourne nos regards. A Jésus qui vient de Galilée, il faut se convertir.

Conversion, Règne de Dieu, Jésus.

Non seulement améliorer sa vie, être plus vertueux, mais s’ouvrir dans la foi à Celui, qui plus fort que Jean, baptisera dans l’Esprit et le feu, et pèsera chacun à sa juste valeur. (Mtt. 3, 12) Il ne s’agira plus seulement maintenant, pour être ami de Dieu, d’aller selon la Loi, mais de suivre quelqu’un jusqu’où il le voudra, en lui faisant confiance radicalement.

Quel changement !

 Si en Jésus venu de Galilée, le Règne des cieux s’est approché des hommes, c’est que, sur cet homme, Dieu règne en plénitude. Et pour que Dieu règne ainsi, n’est-il pas nécessaire que cet homme fut tout adéquat à Dieu ? De Jean à Jésus, un seuil insoupçonnable ! Dieu, en quête de l’homme, lui a donné la Loi, et les hommes ont sur elle étalonné leur vie. Dieu toujours en quête de l’homme se fait personne humaine et, sans intermédiaire, vient lui-même nous adapter à Lui. Jean ne passe pas le relais à un autre prophète plus performant que lui, il s’efface en se tournant vers Celui qui, homme, vit pleinement comme Dieu, de la même façon mais aussi en étant Dieu lui-même.

Jésus : Le Règne des Cieux !

Nous avons laissé, loin derrière nous, la conversion des mœurs à laquelle nous sommes trop uniquement habitués, pour envisager celle qui nous permet de croire que Dieu s’est lié à l’homme faisant « un » en Jésus pour que l’homme qui espère en Lui puisse connaître et devenir Dieu.

Conversion ! Laquelle ?

Se convertir !

A qui ?

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« La Fin… ! » 2 décembre 2007 - 1er Dimanche Avent A

Evangile : Mt 24, 37-44 « Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra »

La Fin, viendra-t-elle ? Si souvent annoncée, se produira-t-elle un jour ? Oui, dit le Christ, mais quand? On ne sait pas. Et même, insiste-t-il, personne ne le sait. (Mt. 24, 36) Pourtant elle se prépare dans le creux de l’Histoire. Un jour, elle jaillira, à l’heure où on ne l’attend pas. Elle viendra par surprise et elle moissonnera. Son être apparaîtra que l’on nomme déjà du nom de Fils de l’Homme. La Fin sera, non  pas simplement un arrêt de l’histoire, mais son couronnement, son épanouissement, sa plénitude. L’Humain encore embryonnaire achèvera son développement. Tout ce qui se fait de vrai, tout ce qui contribue à façonner l’humain, aboutira un jour à voir l’homme parfait, l’homme en sa perfection et à le manifester. Cet homme en avant qui un jour enfin se révélera et qui grandit maintenant pouvons-nous l’appeler et l’identifier comme le Fils de l’Homme ?

La Fin : le Fils de l’Homme.

Une montée de l’humain qui aura réussi et subsistera en sortant de l’Histoire ? L’homme nouveau arrivera à sa maturité et prendra la stature de Celui qui déjà nous a rendu visite et s’est ensemencé en notre terre humaine. Dieu n’est pas absent de la croissance de l’homme. Il s’est fait l’un de nous, mêlant sa vie divine à notre vie humaine, pour que l’humanité, au fil de sa croissance, devienne l’homme parfait, à l’image du Christ qui nous a précédés et qui s’incorpore chaque acte, chaque avancée d’un plus d’humanité.

La gestation du fils de l’homme.

L’Humain accompli et à accomplir appelle chacun au cours de son histoire à le réaliser, à apporter le meilleur de soi-même pour que l’humanité parvienne à sa maturité. Chacun, chaque homme et chaque femme, par ses choix, son travail, ses motivations profondes, toute sa façon d’être, participe à cet accomplissement de l’Humain pour faire « Fils de l’Homme ». En lui le couronnement de notre humanité, auquel le Fils de Dieu participe et à qui aussi il peut être identifié.

La montée de l’Humain appelle !

Chacun l’entend-il ? En deçà de la foi au Fils de Dieu fait homme et qui en même temps est aussi Fils de l’homme, l’Humain appelle chacun à être plus humain. L’avenir de chacun dépend de sa réponse. Tout l’inhumain en notre comportement ne sera engrangé. N’est-ce pas le sens du tri, quand celui-ci est pris et celui-là laissé ? (Mt 24, 40) Ce tri semble arbitraire, mais n’est-ce pas seulement une façon de dire qu’on ne moissonne pas, ni n’engrange l’ivraie ? L’Humain crie son besoin d’atteindre sa taille d’homme. Chaque humain peut l’entendre en écoutant le monde. Cette voix d’humanité s’exprime en notre histoire là et partout où il y a à guérir. N’est-ce pas ce que Matthieu veut dire en présentant sa fresque du Jugement dernier, en donnant les critères de l’humain achevé ? (Mt. 25, 31-40).

As-tu été humain ?

La Fin viendra, elle sera Fils de l’Homme

Parfaite humanité enfin réalisée unie au Fils de Dieu.

As-tu été humain ?

La Fin ?

 

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Le commentaire biblique de la semaine homélie du dimanche évangile du dimanche méditation