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Pécheur… ? 5 juin 2005 - 10° dim ordinaire A Evangile : Mt 9, 9-13 « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » " Sans berger… ? " L’attitude de Dieu en face de notre monde nous la lisons ici : Mt 9,36-10,8. Et comment se tient-il en nous regardant vivre ? Mathieu emploie un terme, commun aux évangiles, exclusif, spécifique, pour décrire les sentiments du Christ ou, dans les paraboles, ceux que l’on prête à Dieu. Un terme également qui renvoie en amont, quand on évoque Dieu, aux prises avec le peuple de l’Ancien Testament. Traduit par « avoir pitié », ce mot est beaucoup plus imagé quand, littéralement, on le rend par « entrailles ». Alors, comment Dieu se tient-il en nous regardant vivre : Il est « pris aux entrailles » (Mt 9,36) par le malheur qu’il voit. Maladies et souffrances accablent l’humanité. Les hommes et les femmes se traînent languissants et prostrés. Manquent-ils tous de vie ? Est-ce vraiment ce spectacle qu’offre l’humanité ? D’où lui vient cet état ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Le monde est-il mal fait ? Les hommes, mal fabriqués ? 0u bien, l’homme, cette merveille, car c’en est une tout de même, ne sait pas vraiment comment s’organiser ? Quelque part, mais où, ça ne marche pas. Qu’est-ce qui est atteint ? Le sens, l’intelligence, le cœur, la liberté… ? Y-t-il une blessure quelque part de cachée ? Le monde se porte mal. Le constat de Jésus se vérifie partout. Le monde ne va pas bien, ceci depuis longtemps, est-ce depuis toujours… et, il faut le reconnaître, ne s’améliore pas. Est-ce l’effet d’un manque ? Est-ce crise de croissance ? Nous ne savons pas trop…Que manque-t-il au monde ? N’a-t-il pas tout ce qu’il faut pour se gérer lui-même en vue de son bonheur ? Ou, pour employer l’image utilisée par Paul, est-il trop travaillé par des forces contraires, en vue d’une croissance vers son enfantement ? Le monde va, de secousses en secousses, et crée de la souffrance. Un « spectacle » qui noue les « entrailles » du Christ. Jésus, Dieu, ressent intimement la souffrance du monde. Mais peut-il faire plus ? Aller jusqu’à guérir ce mal qui est constant ? Posons-nous la question ? Quelle est notre réponse ? Bien des hommes avant lui ont promis de le faire ! Y parviendra-t-il mieux qu’ils n’y ont réussi ? Le Christ est-il plus fort et connaît-il mieux l’homme ? Quand il ressent son être touché jusqu’aux entrailles, est-ce par impuissance à pouvoir soulager ou bien est-ce parce que l’homme rechigne à se laisser guérir, sauvé ? Jésus, n’est-il pas le berger au rendez-vous manqué avec l’humanité ? Les foules qui se traînent, il les voit sans berger. Serait-ce là le manque qui serait à combler ? Jésus appelle les Douze et va les leur envoyer (Mt 10, 2-8) Munis d’un seul pouvoir, celui de « libérer » (Mt 10, 1), ils ne sont , ceci est à noter, que des ouvriers. Qui est donc le berger, dont on ne peut se passer, si l’on ne veut pas que le monde continue de se traîner ? Est-ce lui ? Jésus de Nazareth ? Ouvriers au pluriel (Mt 9, 37-38) fait écho à berger écrit au singulier. Découvrir le Berger mais grâce aux ouvriers, est-ce le vrai chemin pour être soulagé ? Mais alors, c’est chacun qui doit bien s’orienter, chaque homme et chaque femme qui doivent se déterminer. Le monde ne change -t-il qu’à l’intérieur des cœurs de chaque individu ? Le mal est général, singulière serait la guérison ? Chaque libération, chaque avancée du bien se produit dans un cœur et non par changement, comme à l’insu des hommes, d’une situation. Jésus de Nazareth, unique et seul berger des membres de son peuple, pourtant pourvus de prêtres, de scribes et de docteurs, comme du monde entier ! Chacun peut réfléchir et se déterminer… Le monde tourne mal… L’humanité pourtant a reçu le Sauveur, qui, à travers ses disciples, des ouvriers, s’offre à qui le veut, pour panser ses blessures et guérir son malheur. Le monde, en vous, reconnaîtra-t-il son Berger ?
Pécheur… ? 5 juin 2005 - 10° dim ordinaire A Evangile : Mt 9, 9-13 « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » L’homme a bien du mal à savoir qui est Dieu ! Toute la Bible essaie de préciser les choses et jusqu’à l’Évangile, qui nous montre Jésus constamment occupé à redresser les traits d’un visage de Dieu toujours escamoté. Le voici d’ailleurs au milieu des pécheurs ! (Mt 9, 9-13). Que fait-il avec eux ? Vraiment est-ce bien sa place ? Ceux qui pratiquent, fort et scrupuleusement les différents préceptes, s’en offusquent. Comment être un homme de Dieu et ne pas prendre garde à ce que l’on contracte, quand on se frotte à ceux qui sont de vrais pécheurs, païens ou publicains. La relation à Dieu n’est-elle pas primordiale et, pour être avec lui, ne faut-il pas garder jalousement une certaine et extérieure pureté ? Ce qui est impossible, si l’on se laisse aller à fréquenter le monde et même, comme le fait Jésus, à partager la table des hommes « dévoyés ». D’où la question des membres du parti religieux s’adressant aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » (Mt 9, 11). Dieu, selon leur conception, n’aime pas les pécheurs ! Jésus dit le contraire. N’est-ce pas déroutant et à contre-courant de ce que nous pensons tous ? Peut-être, mais c’est ainsi… Écoutons sa réponse : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin…mais les malades » (Mt 9, 12). Jésus au milieu des pécheurs sait très bien ce qu’il fait. En appelant Matthieu pour en faire un disciple, en étant commensal de gens peu fréquentables, il est tout à fait là où il se doit d’être. Il est venu pour cela : « En effet, je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Mt 9, 13). A-t-il fait le trajet depuis le sein du Père pour « devenir » pécheur avec ceux qui le sont ? Comment imaginer que Dieu, le Seigneur trois fois saint et tout-puissant, s’abaisse à partager la table des pécheurs ? Quand il s’agit de Dieu, prenons garde aux idées que nous pouvons avoir. Elles doivent s’arrêter aux rives de l’Évangile, et savoir s’estomper quand un autre visage nous y est révélé. C’est le cas aujourd’hui ! Saurons-nous profiter de ces quelques versets pour que soit modifiée notre façon de voir, tant en ce qui concerne notre relation au Christ que vis-à-vis des autres qu’on nomme publicains. Les pharisiens d’hier, qui croyaient, à force de mérites, arriver à gagner l’estime du Seigneur, n’ont-ils pas quelques fils qui, aujourd’hui encore, se sentent plutôt justes que de pauvres pécheurs ? Et parmi tous les hommes, combien se sentent moches au point d’imaginer que Dieu n’est pas pour eux ? Jésus, Sauveur du monde, est ami des pécheurs ! Mais qui sur cette terre pourrait, de fait, se soustraire à l’amitié du Christ, sous prétexte qu’il est pleinement justifié ? Qui au fond de lui-même pourrait se penser juste, au point de n’avoir pas besoin de recourir à lui ? Qui aime en vérité ? Qui peut trouver tout seul le chemin de la vie ? Qui n’éprouve le manque d’aimer et d’être aimé ? Au milieu des pécheurs, Jésus est donc chez lui. Il habite avec eux et non dans les palais. Il ne s’abrite pas derrière de grands murs. Le Christ n’a cessé jusqu’au bout de sa vie de se rendre solidaire. Souvenons-nous de la Cène et revoyons la croix. Quelle saisissante image! Dieu a établi sa tente là où vivent les hommes et s’est laissé toucher quel que soit le péché. Suis-je donc pécheur ? Où dois-je être guéri ? J’entends, le Christ m’appelle : Pécheur, « suis-moi » (Mt 9, 9). Voici un cœur nouveau (Mt 9, 13). Et vis !
« Vivre par Lui » 29 mai 2005 - Fête du Saint Sacrement A Evangile
: Jn
6, 51-58 « Le pain que je
donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde» Voici
ce qu’Il propose : « Vivre par lui ». C’était ce
qu’il offrait aux gens qui l’écoutaient. C’est toujours ce que l’Eglise
offre aux hommes d’aujourd’hui. Est-il venu pour cela ? Le Verbe
s’est-il fait chair pour que nous devenions quelque chose de lui ? Ses
propos semblent clairs, quand il s’adresse aux foules venues le
retrouver, après le grand miracle
qui les avaient nourries. Il leur dit simplement, sans craindre la méprise,
qu’il est le « pain vivant » (Jn 6, 51), donc la vraie
nourriture. Les gens l’avaient suivi pour obtenir encore une portion de
pain, mais lui leur fait comprendre que son but est ailleurs. Qu’il est
venu offrir un pain d’autre nature. Mais quand il proclame que ce pain
nouveau n’est rien d’autre que « Lui », les gens font la
grimace et ne comprennent pas. « Comment cet homme-là peut-il nous
donner sa chair à consommer » (Jn 6, 52). En effet, n’est-ce pas
ridicule d’être un homme et de vouloir être mangé ? Ce qui est défendu,
comment peut-il être recommandé ? Comment donc comprendre ces paroles du
Christ : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée
pour que le monde ait la vie « (Jn 6, 51). Comment une telle chose
peut se réaliser, nous voudrions le savoir ? Mais le « comment »
nous échappe. Nous ne saurons jamais « comment » la vie du
Christ se retrouve « présente » dans le pain et le vin.
Toutes nos analyses n’auront aucun succès. Nous ne saurons jamais
comment, mangeant le pain déposé sur l’autel et en buvant le vin, nous
faisons pénétrer la vie du Christ en nous. Nous
ne saurons jamais « comment » ce qui se fait, se fait. Pourtant,
c’est la question qui nous brûle les lèvres, car si nous savions
« comment », nous n’aurions plus à croire. Il n’en est
pas ainsi. Comprenne qui pourra ! Personne n’est obligé d’accepter
les paroles du Christ. On peut même s’en moquer, au nom de la raison et
du simple bon sens. Mais on peut, aussi, les entendre telles qu’elles
furent prononcées, et les laisser parler dans nos vies d’aujourd’hui :
« Amen, Amen je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du
fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la
vie en vous… » (Jn 6, 53). Tout dépend également du choix de notre vie, et
quels sont les critères qui nous font la conduire : ou
bien vivre tout court ou bien toujours, éternellement ! Quand
le Christ propose d’être notre nourriture et, à travers le pain et le
vin consacrés, de consommer sa chair et de boire son sang,
il veut nous amener à recevoir en nous tout son comportement, sa
façon d’être au monde, la qualité de ses relations, son lien avec le
Père, leur union dans l’Esprit. Il veut nous amener à échanger notre
monde, trop souvent déchiré, pour instaurer le sien de justice et de
paix. Ce que le Christ propose est donc un changement de nos façons de
vivre, mais tout en insistant que l’on y parviendra que si l’on se
nourrit de ce que fut sa vie. Que si l’on veut réellement vivre, il
nous faut recevoir ce qu’il veut nous donner, c’est-à-dire lui-même.
« De même que le Père qui est vivant m’a envoyé, de même
aussi celui qui me mangera « vivra par moi » (Jn 6,
57). Existe-t-il quelqu’un qui ne souhaite vivre au-delà d’ici bas ?
Et qui ne voudrait vivre au meilleur de lui-même, selon des relations où
il fait bon être frères ? Le
Christ propose… Nous
sommes devant un choix La
parole est lancée : Veux-tu
vivre comme moi ? Mais tu ne le pourras que si tu vis par moi ? Veux-tu vivre par moi ?
Dieu est don...! 22 mai 2005 - Fête de la Trinité A Evangile : Jn 3, 16-18 « Dieu a tant aimé le monde...» De Dieu, que dites-vous ? Comment le pensez-vous ? Quand vous pensez à lui, qu’est-ce qui vous apparaît ? Quand on parle « Trinité », c’est le cas aujourd’hui, que vous dit votre esprit ? Est-ce que dans votre vie, vous avez intégré que Dieu, en étant « Un », est aussi « Trinité » ? Ce qui choque le monde peut-il être pour nous, chrétiens, une réalité qui laisse entendre un sens ? Car nous le confessons : que Dieu est Trinité ! Le terme « Trinité », aux allures plutôt froides, peut nous sembler barbare. Mais il est bien commode pour désigner le fait que Dieu n’est pas tout seul, ou quelqu’un d’isolé; mais il est bien commode pour dire qu’il porte en soi de la communauté. En disant Trinité, nous parlons de personnes vivant en relation, chacune n’existant, sous la forme du don, qu’en lien avec les autres. Un don qui constitue chacune, et chacune restant toujours, indissolublement unie à l’autre. Que chacune des personnes se reçoit et se donne en parfaite harmonie. Que Dieu est don total ! Et que la réalité, au fondement du monde, n’est autre que le don. Nous sommes des « donnés » chacun, les uns les autres, mais ce qui, en Dieu déjà, se trouve réalisé, il faut que tous les hommes se mettent à travailler pour le faire exister. Mais d’où viennent ces propos ? D’où nous sont-ils donnés ? Rejoignons l’évangile et écoutons le Christ. De qui nous parle-t-il ? De Celui d’où il vient et qui l’a envoyé, avec qui il travaille sans jamais se lasser. Il l’appelle son Père et, à aucun moment, ne voudrait le quitter. « Le Père et moi nous sommes "Un" » (Jn 10, 30 ) Jésus qui vit sur terre reste toujours « au ciel », et continue à vivre, mais d’une autre manière, le don que fait le Père en le générant Fils, le don que fait le Fils en le constituant Père. Mais le don que fait l’un, faisant exister l’autre, passe par un troisième, qui personnifie le don. S’il parle de son Père, de qui il se reçoit et à qui il se donne, il nomme aussi l’Esprit qui, un autre lui-même, pour être auprès de nous, est pourtant différent. Dieu, s’il n’est pas solitaire n’est pas non plus un couple. Il est don, ouverture, nous disons Trinité. Seigneur, qui nous entends, parlons-nous bien de toi ? Avons-nous bien compris ce que tu nous as dit ? N’as-tu pas pris la peine de venir jusqu’à nous, de dépêcher ton fils en notre terre humaine, pour que te connaissant nous sachions qui nous sommes, et puissions te choisir en connaissance de cause ? Méditons aujourd’hui ta parole éclairante : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 16) Débordant de son être et parce qu’il est don, Dieu veut nous partager ce qui le constitue, en appelant les hommes à vivre comme lui, avec lui et en lui. Ce don s’est fait personne en notre chair humaine, il est devenu homme. Le croyons-nous assez ? N’y a t il pas eu sur terre quelqu’un qui était Dieu ? Évitons, du moins corrigeons, la méprise de ne pas « voir » Dieu tel que, sur cette terre, un temps, il s’est montré. Son amour eut l’audace de venir en personne solliciter le nôtre. Ce que l’homme a reçu, ne sont pas des présents, mais Dieu qui se donnait et qui se donne encore, pour que l’homme connaisse, en se donnant lui-même, la vie éternelle, celle de Dieu, Père, Fils et Esprit, et qui depuis toujours est échange, relation, don. A cette invitation, ce que l’homme répondra, sera son jugement. « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par son entremise. » (Jn 3, 17) Accueillir le don que Dieu fait de lui-même, c’est entrer déjà, et ici-bas, dans une vie d’échange, de relation, de don. Mais refuser, et qui ne peut le comprendre, c’est se condamner soi-même en se privant de Vie. « Qui croit en lui n’est pas jugé. Qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils Unique-Engendré de Dieu. (Jn 3, 18) Dieu a-t-il tant aimé le monde ? En nous donnant le Fils qui nous donne l’Esprit, le Père ne se donne-t-il pas lui-même ? Dieu est don Un don qui nous est fait Voilà qui vaut la peine d’être encore médité !
Pardonner...! 15 mai 2005 - Fête de la Pentecôte A Evangile : Jn 20, 19-23 Jésus ressuscité donne l'Esprit Saint à ses Apôtres Le Christ est-il venu pour pardonner ? Le Verbe s’est-il fait chair pour signifier le pardon ? L’homme avait-il besoin de recevoir un pardon ? Portait-il en lui-même une telle blessure, qu’il fallait qu’il entende, de la bouche de Dieu, qu’il était pardonné ? Pardonner ! Ce mot résonne et s’impose dans la rencontre des disciples avec le Christ ressuscité. Pardonner : Dieu ne tient pas compte des péchés ? Il offre son pardon même aux plus endurcis. Rien ne peut l’arrêter ; il continue d’aimer. Mais est-ce bien compris ? Est-ce d’ailleurs, tout à fait compréhensible ? Il y a, semble-t-il, entre les hommes et Dieu, une confusion énorme qu’il fallait supprimer. Dieu ne fait-il pas peur à l’homme ? L’homme ne craint-il pas d’être brimé par Dieu ? Ne s’imagine-t-il pas que Dieu veut l’attaquer jusque dans sa liberté ? L’homme et Dieu : affrontement. Dieu vers l’homme : amoureusement. Ce que Dieu est pour l’homme, le Christ nous le révèle : c’est le tout de sa vie. Il vient le dire à l’homme : Dieu l’aime jusqu’au bout. Ce soir (Jn 20, 19-23), après la croix et avant son « départ » pour rejoindre le Père, il le répète encore. Et comme si l’essentiel, de ce qu’il a voulu faire, se redisait ce soir, il en confie le soin pour que, par les disciples, les hommes d’aujourd’hui, comme ceux de demain, continuent de savoir. Pardonner ? Aimer au-delà du péché… Au premier soir de Pâques, vrai jour de Pentecôte, les disciples apeurés sont rejoints par le Ressuscité. Ils ont douté de lui. Ils l’ont abandonné. Ils se sont dispersés, effrayés par sa mort et déçus. Les voici enfermés, la peur les fait trembler. Le Christ fut crucifié, l’homme révolté l’a rejeté, tué. Disciples, mais à distance, que va-t-il leur arriver. Quel courroux va s’abattre ? Celui des juifs toujours en furie ? Celui de Dieu pour se venger ? Ils attendent et ne savent. Que va-t-il arriver ? Mais Dieu va leur apprendre ce que Dieu est pour eux. Ce que Dieu est… en fait ! Ce que Dieu est pour eux et pour l’humanité. Du crucifié ressuscité présent au milieu d’eux, ils entendent : Paix. Les blessures sont bien là, la passion l’a marqué. Mais on ne peut s’y tromper, le même qui dit « paix » est bien le crucifié. Tout le mal qu’on lui a fait subsiste et, dans le même temps, il est comme effacé. « Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté » (Jn 20, 20), tout en leur répétant pour la deuxième fois : Paix à vous. Dieu est donc inflexible, il se laisse blesser par le rejet humain et continue d’aimer ! Paix ! L’homme est pardonné. L’a-t-il vraiment compris ? Les disciples sont tout remplis de joie : le Christ leur est restitué ; ils peuvent être avec lui sans autres conditions qu’accepter son pardon. A travers eux désormais, disciples graciés, les hommes le sauront. Ils reçoivent mission, la même que le Christ, de remettre les péchés. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). Il leur donne son souffle, ils reçoivent l’Esprit. Les voici équipés pour aller vers les hommes, pour pardonner eux-mêmes au nom même de Dieu. Quelle responsabilité ! « Ceux à qui vous remettrez les péchés…Ceux à qui vous les maintiendrez… » (Jn 20, 23). Ce que le Christ a fait, l’Église a le pouvoir de le faire à nouveau : Faire expérimenter à l’homme qu’il est un gracié. Que le mal, qu’il se fait et qu’il projette sur Dieu, n’entame pas l’amour qui lui est destiné. Dieu aime toujours. L’Eglise d’aujourd’hui, dont nous faisons partie, montre-t-elle ce signe ? Au premier soir de Pâques, avant de les quitter pour rejoindre le Père, le premier mot du Christ, tout comme le dernier, est bien le mot pardon accompagné de paix. Le Don nous est acquis par-delà nos péchés : Sentons-nous pardonnés et donnons le pardon. Notre mission est grande, inspirée par l’Esprit Elle est celle du Christ, comme envoyé du Père. Aujourd’hui Pentecôte, quelle est notre mission ? N’entendons-nous pas quelle est de : Pardonner ?
A vous... ! 8 mai 2005 - Fête de l'Ascension A Evangile : Mt 28, 16-20 « Allez vers toutes les nations...je suis avec vous » Dieu s’est pleinement révélé. Du moins, autant qu’il le fallait, pour que l’humanité parvienne à le connaître en toute vérité. Et aussi, il faut tout de suite l’ajouter, pour qu’elle se connaisse elle-même en toute vérité. Jésus de Nazareth est bien plus qu’un prophète, quelqu’un de mandaté pour porter un message. Il est tout « simplement » Dieu lui-même. Dieu, le Fils né d’une femme, est devenu parfaitement homme, sans perdre évidemment son être de toujours. Parfaitement homme dans les deux sens du terme, à la fois réellement homme et à la fois l’homme dans sa perfection, dans son achèvement, dans sa pleine identité. Cette auto-réalisation de Dieu en notre chair humaine n’a pas duré longtemps, mais a marqué l’histoire en la scindant en deux. Ce fut quelques années de vie et surtout, plus ou moins trois ans, d’une vie engagée, totalement livrée, pour que les hommes sachent qui est vraiment le Père, en regardant le Fils que l’Esprit fait reconnaître. Ce temps de vie intense, d’amour en actes, s’achève humainement sur le bois de la croix, mais débouche au-delà, au-delà de la mort, sur de vraies retrouvailles : celles du Fils et du Père, après « l’exil » du passage sur la terre. Retrouvailles auxquelles participe notre nature humaine et en laquelle chacun peut aussi être inclus, s’il adhère au mystère du Christ ressuscité. Mais ce temps, où le Fils ayant pris chair humaine manifestait le Père et révélait notre être de fils par adoption, est depuis deux millénaires complètement clos, définitivement achevé. Dieu nous a tout montré de ce qu’il était pour notre humanité. Il ne faut plus attendre une autre révélation et encore moins s’attendre à d’autres révélations. Jésus de Nazareth, le Christ, le Fils de Dieu ressuscité, s’en est allé. Les disciples, convoqués au mont de Galilée, ont été invités à en prendre conscience. Avec l’Ascension, le temps du Christ en visibilité est vraiment terminé. Mais une autre étape commence. Le Christ disparaît, mais confie aux Apôtres ce qu’il a accompli pour, qu’à leur tour, il l’annonce et le fasse connaître à tout le monde entier. A vous disciples maintenant d’en témoigner. Voici le temps venu, et nous y sommes encore, d’être des missionnaires auprès des autres hommes, pour qu’ils sachent à leur tour que Dieu se fit cet homme, Jésus de Nazareth, et que c’est dans la foi à sa façon de faire, qu’on puise enfin la vie. Chercher Dieu en montant de l’homme jusqu’à lui, ou en pensant le faire, demande d’incurver cette requête humaine, en la faisant passer par le Christ, l’homme de Nazareth, Dieu en notre chair humaine, dont le corps est formé, aujourd’hui, de la communauté qui confesse son Nom. Et cette communauté, appelée en toute vérité « corps du Christ », a reçu le pouvoir, en les accueillant en elle, de plonger tous les hommes et les femmes dans la vie même du Christ, intimement uni au Père par l’amour qu’est l’Esprit. L’Ascension est clôture d’un temps très spécifique, en même temps qu’ouverture et mission confiées aux apôtres jusqu’aux limites du temps et de l’espace. A vous ! Dieu en Jésus-Christ s’est pleinement révélé ! Le croyez-vous ? Oui ? Alors « A vous » d’en témoigner. Ou plutôt « A nous »
Fidèle... ! 1er Mai 2005 - 6° dimanche de Pâques A Evangile : Jn 14, 15-21 « Je ne vous laisserai pas orphelins » Le Christ s’en va. Les disciples sont tristes, nous l’avons noté dans l’évangile de dimanche dernier. Jésus les réconforte et aussi les stimule. Ses disciples, un peu sonnés par son départ, l’aiment-ils ? Le compagnonnage de quelques mois s’est-il transformé en attachement réel ? Si oui, la séparation, pour brutale qu’elle soit, ne sera pas définitive. Le Christ reviendra (Jn 14, 18). Il ne les laissera pas seuls. Ce retour cependant doit être entendu d’une certaine façon. Il s’agira plutôt de la pleine manifestation de ce qui existe déjà. Il s’agira de la manifestation de la relation intime qui lie et relie le Père et le Fils, et le Fils à ses disciples, comme les disciples au Fils. « Ce jour-là vous comprendrez que je vis uni au Père et que vous êtes unis à moi, et moi à vous. » (Jn 14, 20) Ce jour-là étant le moment où le monde ne verra plus le Christ et le pensera disparu, alors qu’il sera pourtant toujours vivant et même rendu perceptible pour ses disciples. Le Christ donc ne quitte pas vraiment ses disciples. Il ne les a pas rassemblés un temps pour les laisser tomber ensuite. Mais sa présence sera autre. Plus intérieure, plus réelle même, car Jésus priera le Père afin que leur soit envoyé l’Esprit. De ce fait, les disciples pénètreront dans une intimité qui est celle même de Dieu, faite des relations du Père et du Fils et de L’Esprit. L’aimeront-ils au point de vivre une rupture brutale et douloureuse, tout en restant fidèles à sa parole, à ses commandements, à sa personne ? N’est-ce pas la question qui est posée? L’amour des disciples est-il réel et donc fidèle ? Amour et fidélité sont-ils liés ensemble ?« Aimer », est-ce à ce prix ? « Aimer » est-ce rester fidèle ? « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements ». (Jn 14, 15) « Aimer : est-ce avoir donné sa foi et ne pas la reprendre ? Peut-on parler d’amour, si l’on n’est pas fidèle ? Être fidèle serait-ce autre chose que de rester attaché à la même personne qui a suscité notre foi ? Mais ces mots ont-ils du sens en dehors du propos qui est tenu ici par Jésus-Christ lui-même ? Qui est digne de foi et donc de ma fidélité sinon le Christ lui-même ? Qu’elle est mon expérience de la fidélité, et qu’est-ce qui a cloché quand elle s’est effritée ? Entre hommes ou femmes existe-t-il de vraies fidélités ? L’autre n’est-il pas trop fragile pour lui donner ma foi et réciproquement ? Suis-je fidèle ? A qui suis-je fidèle irrémédiablement ? Le Christ fut fidèle sans répit à son Père. Sa vie fut à ce prix. La valeur de sa vie fut sa fidélité. Et cette fidélité fut sa vie. Que dit-il aux disciples avant de les quitter ? Que leur vie sera aussi dans leur fidélité. Qu’ils connaîtront l’unité telle que vécue en Dieu et qui est véritablement la vie. Les mots : fidélité, commandements, amour et vie s’enchaînent et nous surprennent. La vie terrestre du Christ s’impose comme un commandement qui n’est pas discutable, pour atteindre la vie que lui-même possède, en lien avec le Père et dans le même Esprit. Mais à la différence de nos commandements, il n’est pas extérieur à nos propres personnes, car c’est de l’intérieur que l’Esprit nous conforme à Celui qui en nous veut que nous soyons en Lui. Avant comme après, même passé par la mort, le Christ reste le Maître, dont la vie nous commande comment venir à Dieu, en passant par les autres, modelés par l’Esprit sur le Christ lui-même. Aimer le Christ, nous voici avertis, c’est garder, rester fidèle, à ses commandements, à tout ce que fut sa vie, à toute sa façon d’être, qui peut devenir la nôtre grâce à l’action de l’Esprit. Aimer le Christ et être aimé par lui ainsi que par le Père passe par la fidélité à vivre ce qu’il fut, comme un impératif et que le St Esprit intériorise en nous. Vivre est un bien grand désir ? Aimer en fait partie. Être fidèle en serait-ce la condition ?
Le Père… ! 24 avril 2005 - 5° dimanche de Pâques A Evangile
: Jn
14, 1-12 « Personne ne va vers le
Père sans passer par moi » Au-delà de tout … Le Père ! Ce nom, bien que connu, ne nous est peut-être, en fait, pas très familier. Nous préférons parler de Dieu. Certes, nous récitons avec conviction la prière léguée par le Christ, mais le lien affectueux qu’elle suppose, est-il aussi présent en nous qu’il apparaît dans la relation de Jésus à son Père ? En effet, ne l’appellera-t-il pas « abba » ? (Mc 14, 36) Et n’insistera-t-il pas sur la grande unité qui existe entre eux, unité d’ailleurs dans laquelle les disciples sont inclus ? En effet, combien de fois ne dira-t-il pas : le Père et moi nous sommes « UN », et qu’eux aussi soient « un » en nous, moi en eux et toi en moi ? (Jn 17, 22-23) Le Père est l’horizon de la vie du Christ et le lieu véritable de son retour définitif. Le Père est-il pour nous cette même perspective envisagée dans le Christ ? Et comment l’inscrivons-nous dans notre vie quotidienne ? Où
va la vie ? En chrétiens que nous sommes, saurions-nous quoi répondre ? Vers où s’en va le monde ? Est-il fuite en avant ou montée vers un aboutissement personnel, un rendez-vous « communionnel » ? En général, notre espérance n’est pas très forte. Elle porte rarement sur un vrai rendez-vous. Elle se tend ici-bas vers un temps de bonheur, où l’être pourrait enfin être tout à lui-même, dans une sorte de présence au plus proche de soi, indemne de soucis, plein de sérénité. Mais rarement l’espérance nous porte à vivre dès ici-bas une relation toute proche du terme de l’histoire qui est son au-delà. Pourtant, qu’est-ce qui fut pour le Christ le « moteur » de sa vie ? N’est-ce pas l’attachement, pour un temps distendu par sa nature d’homme, à Celui qu’il ne cesse de chercher, en conduisant sa vie selon sa volonté et vers qui il avance avec persévérance, comme vers le but, un aboutissement, le seul qui l’enthousiasme et vers qui, avec lui, en lui, il entraîne les hommes : Le
Père ? Qui y pense dans sa vie quotidienne ? Peut-être appelons-nous sa protection divine ? Mais est-ce bien ainsi qu’il faut nous situer ? Puisqu’il est ce qu’il est, c’est-à-dire notre Père, n’avons-nous pas déjà de quoi nous protéger ? Ne s’agit-il pas plutôt de bien nous orienter ? Où vas-tu dans la vie ? Peux-tu
dire vers le Père ? Chaque jour qui passe, chaque relation vécue, chaque événement provoqué ou reçu et toutes activités qui remplissent nos jours, sont-ils autant de pas vers cette « réalité finale » mais au-delà d’ici, que l’on appelle Père ? La vie est un parcours et non pas un cocon. Le Christ le sait bien. Loin de se camoufler pour savourer la vie, il avance, en pleine pâte humaine, en appelant à lui pour entraîner plus loin, jusqu’où d’où nous venons et que lui seul connaît. Les disciples inquiets, bouleversés, en le sentant « partir » sont loin d’avoir compris que son départ d’ici permet une arrivée. Le Christ les console: Eux, comme lui, en lui, « entrerons » dans le Père. (Jn 14, 1) Est-ce bien notre avenir ? Est-ce
bien celui-ci que nous cherchons ici ? Le temps qui passe et nous flétrit, la mort qui vient et nous ravit, souvent trop tôt, les promesses de cette vie ne sont-ils pas en fait les signes avant-coureurs de ce qu’il faut atteindre à la vie véritable : Le Père ? Le Christ s’en va, mais où va-t-il ? Là
où nous serons avec lui. (Jn 14, 3) Ce qui lui paraît simple et quasi évident est loin d’être compris par Philippe et Thomas. Il leur parle du Père vers lequel il s’en va, mais les disciples ne le connaissent pas, du moins c’est ce qu’ils disent. (Jn 14, 5; 8…) Car Jésus leur apprend que lui avec son Père sont tellement « UN » que connaître le Christ, c’est découvrir le Père. (Jn 14, 8-10) Pour le Christ, le terme de sa vie est son retour au Père. Nous apprenons de lui ce qu’il convient de faire, en découvrant qu’en Lui nous serons, nous aussi, les familiers du Père. N’y
a t il pas un peu d’ordre à mettre dans notre foi ? N’est-il pas temps de voir où se trouve le « lieu » de la vie véritable ? Quand nous marchons ici, n’est-ce pas vers le Père, que nous portons nos pas, à condition, bien sûr, de nous laisser changer par, dans, le Christ lui-même ? Le
Père ? Qu’en
dites-vous ? Est-il vraiment Celui que le Christ proclame ? Est-ce trop de questions ? Mais
franchement, pour vous, le Père, qu’en dites-vous ?
Confiance… ! 17 avril 2005 - 4° dimanche de Pâques A Evangile
: Jn
10, 1-10 Jésus est le bon pasteur
et la porte des brebis Une invitation ? C’est le mot que
j’entends dans l’évangile du jour. Il émane du Christ en face de
certains hommes, qui suscitent la confiance et ne l’honorent pas.
Ils attirent vers eux, promettant le bonheur, celui du don de Dieu, de
conduire au Seigneur. Mais en sont-ils capables ? Qui peut mener à
Dieu avec pleine assurance ? Un homme, fut-il prophète ?
N’est-ce pas plutôt le seul pouvoir de Dieu ? Ainsi parle le
Christ : il n’est que Dieu lui-même qui puisse conduire à Dieu . Est-ce
la vérité ? Mais Dieu, comment fait-il ?
Parle-t-il directement au cœur de chaque être ou par intermédiaires ?
Ou encore, autrement ? Ceci tout à la fois et autrement
encore. Car Il est venu lui-même, pour dire le chemin qui, de leur statut
d’homme, fait passer les humains à celui de divin ; qui, pour être
plus précis, fait aboutir l’humain jusqu’en sa plénitude de
communion en Dieu. Il
est venu lui-même… Que
nous l’oublions vite ! Et en cet évangile, nous
l’entendons nous dire qu’il est le seul berger pour garder les brebis,
même s’il y en a bien d’autres qui se font passer pour lui. Sa méthode
est toute simple : il aime les brebis. Laissons tomber l’image et
sentons-nous concernés. Le Christ, parmi les hommes, se présente
simplement : Il entre par la porte, sans fracturer les murs ou défoncer
le toit. Il cherche aucunement à s’emparer par force, ni des uns
ni des autres, à violer les consciences, à devenir un maître, par
ruse ou par contrainte. Il dit : entendez, regardez, j’agis et je
propose, et les simples discernent bien quelle est ma voix. Cherchez-vous un berger ? Quelqu’un
de sûr, à qui confier votre bien le plus cher ? Votre
vie ? Peut-on aller tout seul vers l’être
de soi-même ? On est plus qu’on ne pense sous l’influence des
autres. Avez-vous bien choisi celui qui vous conduit ? Quel est votre
pasteur ? Peut-être est-ce un brigand dont parle Jésus-Christ ?
(Jn 10, 1) Notre vie est bien trop grande pour la laisser conduire par un
autre, un homme comme moi, alors que Dieu lui-même fit entendre sa voix
dans une voix humaine et montra son visage. Sa voix, perceptible
aujourd’hui, s’entend dans l’évangile. Il
n’y a qu’un seul berger ! C’est cela qu’il nous dit. Dans la communauté organisée par
Jean, fallait-il que déjà cela soit rappelé ? Les hommes, quand
ils l’ont entendu, oublient vite que Dieu a pris visage humain pour
amener chacun « se retrouver » en Lui. Faisons
confiance au Christ… et seulement à lui. Il faut des responsables pour
lancer sa Parole sinon, comme dit saint Paul, qui donc pourrait
l’entendre ? Mais que ces responsables se tiennent à juste place.
Celle-ci n’est pas centrale ! Ils sont les serviteurs de ceux
qu’ils accompagnent et ils sont au service de Celui qui seul, peut,
parce qu’il l’est lui-même, nous conduire à nous-mêmes en
conduisant à Dieu. Il
est le vrai berger. Il est aussi la porte. On ne peut conduire et aboutir à
Dieu qu’en ne passant que par Lui ! En est-il parmi vous qui
errent (déçus peut-être) dans l’enclos limité et fermé de ce monde
et de leur propre vie ? En qui vaut-il la peine enfin de se fier ? Confiance ! Est-ce une invitation pour éclairer la vie ? Confiance !
Mais à qui ? Conservons la question…
Reconnu... ! 10 avril 2005 - 3° dimanche de Pâques A Evangile : Lc 24, 13-35 Apparition aux disciples d'Emmaüs Se pourrait-il qu’il ne le fût pas ? Et que faudrait-il faire pour que cela soit ? Le récit d’Emmaüs apporte-t-il réponse ? L’expérience décrite des deux disciples, faisant route opposée à leur propre espérance, peut-elle nous renseigner sur ce qu’il en est de « Le » rencontrer ? Cet homme, qui se fait compagnon, marche-t-il aux côtés de chacun d’entre nous ? Est-il prêt pour chacun à conter son histoire ? Et connaître son histoire, c’est-à-dire le connaître lui, est-ce si important pour notre propre vie ? Suis-je en train de marcher tout à côté de lui, sans sentir la présence de celui qui, pourtant, donne sens à ma vie ? D’où viennent mes langueurs, pourquoi mes pas si lourds ? Serait-ce la conséquence d’un rendez-vous obligé qui jusqu’à maintenant n’a toujours pas eu lieu ? Où faut-il me tenir ? Sur quel carrefour, à quelle profondeur, pour que se passe en moi ce qui se fit pour eux, disciples d’Emmaüs ? Quelqu’un marcherait-il aussi tout prêt de moi, sans que je m’aperçoive qu’il chemine avec moi ? La route d’Emmaüs ! Un moment de lumière ! Ces deux hommes fatigués, « vidés », complètement désemparés, retrouvent à l’instant même le bonheur d’exister, car, selon l’Évangile, enfin « leurs yeux s’ouvrirent» et «ils le reconnurent » (Luc 24, 31) Moment d’intense grâce…Tout avait basculé et brusquement leur vie vient d’être illuminée. Ils le reconnurent ! Pour être différente de ce qu’est la nôtre leur situation peut-elle nous aider à reconnaître aussi le Christ ressuscité ? Ce long compagnonnage jusqu’à ce qu’il soit tard ( Luc 24, 29) ne nous dit-il pas de quel désir ardent Jésus ressuscité veut véritablement nous rencontrer ? Pourquoi les rejoint-il, sinon pour qu’ils reprennent vie, en découvrant que, bien que différent, il est toujours le même et donc toujours très attentif et proche de chacun, comme il l’était auparavant : « Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux » (Luc 24, 16) Chaque homme, à sa façon, cherche à trouver la Vie… Toujours avec les autres, mais solitaire aussi, il avance… Vers quoi ? Vers qui ? « Quelqu’un », au même rythme, parcourt-il la même voie ? Serait-ce le bonheur d’en faire la découverte ? De vivre cette expérience, que ce que l’on cherchait, en fait, était celui-là même qu’on vient de reconnaître : Le Christ ressuscité ? Nous entendons son nom. Il est question de lui dans d’innombrables lieux. On en parle, on le peint, on l’enseigne…mais, trop souvent, sans savoir que, loin d’être d’hier, il est plus que jamais actuellement présent. On le voit à travers des productions humaines, mais sans comprendre vraiment que c’est dans notre vie qu’il faut le reconnaître. Leurs yeux s’ouvrirent ! Certains voudraient avoir enfin la foi. Ils le disent, le réclament, alors pourquoi ne croient-ils pas ? Le Christ se donne à voir aujourd’hui comme hier. Son Évangile est là, disponible et parlant à qui veut bien l’entendre. « Esprits lents à comprendre… » ( Luc 24, 25) Ouvrir un évangile, vouloir enfin comprendre, persévérer un peu, n’est-ce pas donner au Christ ressuscité l’occasion de parler et de se révéler… à moi ? La Parole est là, la laisserez-vous, vous prendre ? Qu’Il soit par tous, Par toi ? Reconnu !
“ … Mon Dieu ! ” 3 avril 2005 - 2° dimanche de Pâques A Evangile : Jn 20, 19-31 Apparition du Christ huit jours après Pâques Tout le monde s’entend pour reconnaître en Thomas l’expression la plus haute des professions de foi. Il a su reconnaître plus que ne l’ont fait les autres membres du groupe des Onze, qu’en Jésus de Nazareth non seulement Dieu était à l’œuvre puissamment mais que le Crucifié était Dieu tout simplement. N’est-ce pas ce qu’il exprime lorsqu’à son tour il « voit » le Christ devant lui, marqué par la passion mais aujourd’hui présent d’une toute autre façon ? Invité à toucher les plaies des mains et du côté comme il l’avait souhaité, il n’esquisse aucun geste mais exprime la foi, celle que reprend l’Église : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Avant cette expérience traduite en une parole, Thomas proche du Christ avait-il eu la foi ? Sans doute avait-il une certaine connaissance de Jésus comme Messie. Sans doute comme les autres fut-il séduit par Lui. Mais avait-il la foi au sens plénier du terme ? Et que lui manquait-il pour qu’il l’ait vraiment ? Incrédule lui dit le Christ, c’est-à-dire sans foi ! Mais oui et pourquoi pas ? Mais ne fallait-il pas que parmi les plus proches, ce qu’on appelle apôtres et même plus spécifiquement les Douze, ceux qui auront toujours la mission spécifique de propager la foi, ne fallait-il pas qu’ils fassent l’expérience que le Ressuscité pour être différent, dans un état tout autre, n’était pas moins le même que le crucifié ? Sans quoi, que serait notre foi si l’homme qui apparaissait n’était pas en même temps Jésus le crucifié ? Notre foi ne serait-elle pas vaine ? En réclamant de « voir » au même titre que les autres, les dix autres compagnons, Thomas exige ce qui était nécessaire pour que sa foi d’apôtre devienne réalité. Avant il ne pouvait croire puisque le Christ, qu’il avait bien connu, ne lui avait pas encore manifesté qu’il était ressuscité. Et maintenant que l’expérience est faite, Thomas va même plus loin que les autres apôtres, puisque non seulement il est rempli de joie à la vue du Seigneur, mais il confesse qu’il voit Dieu – Ce qui jusqu’à lui n’avait jamais encore été dit à propos de Jésus le crucifié-ressuscité. Grâce à lui, nous savons qu’il n’y a pas d’illusion et que la foi chrétienne englobe en même temps toute la vie : ses faits, ses gestes et ses paroles, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth, Dieu, le Fils du Père ! Pour nous qu’elle importance ? Mais toute l’importance ? Jusqu’où va notre foi, ou même avons-nous bien la foi ? Faisons-nous bien le lien, appuyés sur la foi des apôtres, entre Jésus le Nazaréen, le Crucifié et le Ressuscité ? Attachons-nous vraiment toute son importance à sa façon de vivre ? Ne nous contentons-nous pas de quelques vagues idées ou diffus sentiments sur ce que fut sa vie qui précéda sa mort et comment celle-là explique celle-ci ? Et qu’en ressuscitant Jésus de Nazareth, le Père le confirme en son chemin de vie. Que ce fut un chemin en tout point essentiel et que ce chemin-là, l’a conduit à traverser la mort et qui lui a valu d’être ressuscité. L’incrédule Thomas nous indique tout cela. Grâce à lui, nous savons que pour ressusciter, nous y sommes appelés, il n’y a qu’un seul chemin, celui qui fut tracé par le Ressuscité. Merci Thomas d’avoir signifié que le Ressuscité était bien le Crucifié et qu’en mettant nos pas à la suite des siens, on ne se trompe pas… ! Puis-je dire : « mon Dieu », comme le fit Thomas, et vivre en conséquence cette déclaration de foi ? Jésus de Nazareth mort et ressuscité, avant comme après : Dieu !
Passage ! 27 mars 2005 - Dimanche de Pâques A Evangile : Mt 28,1-10 Au matin de Pâques Mort où est ta victoire ? Où est ton dernier mot ? Tu n’es que le passage d’une façon d’être homme à une autre façon pleinement accomplie. Le tombeau est ouvert. Tu n’as pas su garder celui qui s’y trouvait. Pourtant, n’est-ce pas, qu’une pierre en obturait l’entrée ? Et n’était-il pas vrai que des gardes veillaient…? Pourtant plus de cadavre ! Parti ? Mais où ? Voilà une question…Trouvera-t-elle réponse ? Car un tombeau ouvert ne prouve que lui-même : qu’il est maintenant vide. Le cadavre n’est plus, certes, mais en est-il pour autant, ‘ressuscité’ ? Cherchez-vous une preuve ? Vous n’en aurez aucune. Dieu ne se prouve pas sinon ne serait pas. Mais gardez en mémoire que le tombeau est vide et laissez-vous trouver par le Ressuscité comme le font les deux femmes qui se laissent rencontrer. En effet, l’absence de cadavre, les femmes la constatent mais c’est la voix de l’Ange qui leur ouvre le sens de la disparition. « Ne craignez point, vous : Je sais bien que vous cherchez Jésus le crucifié ! Il n’est pas ici il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait.. » (Mt 28, 6) Il a passé la mort ! Il est ressuscité ! C’est donc la voix de l’Ange (Dieu…!) qui annonce la nouvelle. Et les femmes l’entendent et la croient puisqu’elles se mettent en route « émues et pleines de joie » pour l’annoncer aux Onze qui eux n’ont pas bougé. (Mt 28, 8) Mais suffit-il de dire pour que la chose soit ? De l’Ange aux deux femmes puis des deux aux disciples la nouvelle prend vie… Mais pas, cependant, sans qu’elle ne soit suivie d’une toute autre expérience. « Je vous salue » leur dit Jésus venu à leur rencontre (Mt 28, 9). Et elles, lui étreignant les pieds, se sont toutes deux prosternées. Puis, répétant le message de l’Ange, Jésus envoie les femmes auprès de ses disciples qui feront à leur tour une même expérience (excepté de passer auprès du tombeau vide). Là-bas en Galilée Jésus, le même et différent, les attend. Et quand il les accueille eux aussi se prosternent. (Mt 28, 16-17) Ils croient sans qu’il y ait de preuve puisque certains encore émettent quelques doutes. Ils croient ! Mais où se passe donc la foi ? Quand les yeux ne voient rien et la raison trébuche est-ce par les oreilles que s’insinue le sens ? Mais où la foi se fabrique-t-elle? Ici ? Lorsque plusieurs se rassemblent comme en voici le cas sur une même expérience qu’ils ne se sont pas donnée ? Quand des hommes et des femmes ont été rassemblés et se sentent envoyés pour dire une nouvelle qu’ils n’ont pas inventée ? Mais qui devenant tellement eux-mêmes les pousse à proclamer qu’il est ressuscité, lui qui fut crucifié ? Proclamer : Qu’il les a rencontrés et que, s’ils sont changés, c’est à cause de Lui ? Que ce qu’ils sont devenus témoigne simplement qu’il est toujours vivant. Qu’il a passé la mort et s’en est échappé… La foi est-elle un mystère transformant ? Voici donc la Pâque… La fête du passage… Elle nous concerne tous. Mort, tu es vaincue mais tu restes un passage. Qu’éclate la nouvelle ! Cette même nouvelle a-t-elle atteint nos coeurs ? L'avez-vous entendue au profond de vous-mêmes ? Votre vie la dit-elle, en est-elle changée ? Votre mort sera-t-elle un passage dans le Ressuscité ?
Livré…! 20 mars 2005 - Dim. Rameaux A Evangile
: Mt
26, 14 - 27, 66 La Passion (brève
: 11-54) Quelles sont vos réactions en découvrant ce mot au fil de la passion ? Vous laisse-t-il saisis devant ce qu’il évoque : Un homme trimbalé d’une instance à une autre comme une marchandise ? « Livré », ce mot ne dit-il pas l’essentiel de ce qui vit le Christ sur le chemin de Pâques ? Jésus en est conscient : il va être livré ! En pleine connaissance, il va se laisser faire sans jamais regimber. Voilà ce qui m’étonne ! Jusqu’au repas d’adieux, il s’était réservé. Certes, on le pourchassait, mais il savait s’esquiver. Maintenant, il n’en est plus question, c’est que le temps est proche, que l’heure est arrivée. Le moment est venu de se laisser livrer aux délires des pécheurs. «
Livré » exprime-t-il le sens du don de soi ? N’être plus rien d’autre que ce que veulent les autres sans perdre pour autant sa propre identité ? En effet, Jésus se laisse faire, mais il sait qui il est. Mais pour être tout lui-même, doit-il en même temps s’en aller jusque là, jusqu’à se laisser livrer ? Ils veulent l’arrêter. Chefs et prêtres l’ont ainsi décidé. Pourquoi ? Ils peinent à trouver le motif. Depuis que Judas leur a livré Jésus pour trente pièces d’argent, il cherche sur quoi le condamner. Quoiqu’il en soit, il est entre leurs mains. Il n’en sortira pas, du moins pas physiquement. Mais en le condamnant, n’est-ce pas plutôt eux qui se ferment à la vie ? Il est là devant eux. Que vont-ils lui trouver ? Ah voici : qu’il est selon ses dires, le Christ, le Fils de Dieu. Enfin un bon motif puisqu’il a blasphémé…(Mt 26, 65) Livré…Jésus
de Nazareth… En fait le Fils de Dieu ! Judas vient de comprendre. Celui qu’il a livré, il le sait innocent. Avant de disparaître, il en fait part à ses commanditaires. (Mt 27, 3) mais rien n’y fait, Jésus sera livré. Pilate le reçoit (Mt, 27, 2) Il prend donc livraison du condamné à mort, lâché par tous les siens et qui se laisse livrer non sans avoir évoqué déjà auparavant la possibilité d’éloigner cette coupe. (Mt 26, 39 et 26, 42) Mais maintenant, au point où il en est dans se « laisser livrer », son seul attachement : La volonté du Père ! Il avance ainsi, conscient de ce qu’il est, condamné faussement, mais se voulant accordé à la volonté du Père, qui se tait. Livré…Voilà le maître mot… Abandonné de tous, haï et diffamé et sans aucun autre recours. Car Pilate, un tantinet lucide ( il savait que c’était par jalousie qu’on le lui avait livré ) (Mt 27, 17), s’inscrira à son tour dans la chaîne des « livreurs ». Il relâche Barabbas, fait flageller Jésus et, cette fois pour de bon, le livre à ses bourreaux. (Mt 27, 26) Jésus se laisse faire, vraiment totalement livré…Un dernière fois du fond de l’abandon, il dit :« Pourquoi mon Dieu… » Car Dieu se tait. Dieu ne l’a pas délivré ! Livré….Abandonné….Est-ce cela le Don ? Suis-je vraiment disciple de cet homme (mon Dieu !) livré ? Est-ce le seul chemin qui engendre l’amour ? Livré comme le Christ, nous est-il proposé ? Et comment concilier être pleinement soi et dégagé de soi ? Autrement dit : Livré !
Que sa gloire soit... ! 13 mars 2005 - 5° Dim de Carême A Evangile : Jn 11, 1-45 Mort et résurrection de Lazare Ce souhait peut-il devenir le nôtre en ce dimanche de carême où nous méditons l’évangile de Lazare ? La gloire, un mot magique qui met en nous des lumières mais que nous avons du mal à cerner. En saurons-nous un peu plus aujourd’hui en méditant l’évangile ? Par deux fois Jésus emploie l’expression. Quasiment au début du récit quand on vient lui annoncer la maladie de Lazare : « Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. » (Jn 11, 4) Elle est pour la gloire de Dieu et elle concerne aussi le Fils…Nous est-il possible de mieux comprendre ce que ce lien veut dire : Maladie, gloire de Dieu, gloire du Fils ? A peu près à la fin du récit lorsque Marthe hésite à ce que soit enlevée la pierre puisque « déjà il sent » (Jn 11, 39) Jésus lui répète : « Ne t’ai-je pas dit déjà que si tu crois tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11, 40) Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu... ! Cette gloire de Dieu qu’il appelle de tout son être Jésus veut qu’elle soit saisie par la foule « qui m’entoure » En effet, avant d’appeler Lazare « à venir dehors » en lui restituant son fonctionnement biologique antérieur, Jésus prie son Père. Sa prière pleine de l’assurance d’être exaucée exprime l’intentionnalité de ce qui va se passer : « Père, je te rends grâces de m’avoir écouté. Je savais que tu m’écoutes toujours mais c’est à cause de la foule qui m’entoure que j’ai parlé, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé » (Jn 11, 42) Qu’ils croient que tu m’as envoyé… La gloire de Dieu se trouve-t-elle toute concentrée en la personne de Jésus de Nazareth ? Et le reconnaître comme l’Envoyé épuise-t-il le « voir » de la foi ? Et s’en remettre à Lui pour notre vie comme pour notre mort constitue-t-il le but ultime de la démarche de la foi ? A mi-parcours de notre récit évangélique, une autre intervention de Jésus vaut la peine d’être citée car elle projette encore plus de clarté sur cette gloire qui doit être manifestée. Jésus en dialogue avec Marthe répond à ses observations. Que lui dit-elle : « Si tu avais été là mon frère ne serait pas mort…(Jn 11, 21) Exprimant également une vraie foi elle ajoute aussitôt « Mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Marthe est même convaincue que son frère, selon déjà la croyance du temps, « ressuscitera au dernier jour » (Jn 11,24) Marthe ne vit-elle pas une foi parfaite, achevée ? Ne perçoit-elle pas déjà la gloire de Dieu en Jésus de Nazareth ? La frontière est peut-être ténue entre ce qu’exprime Marthe et ce que Jésus va lui demander de croire mais il faut essayer de la saisir. Remarquons encore que Jésus qui, ni ne confirme ni n’infirme les propos de Marthe, semble vouloir l’emmener plus loin… Est-ce jusqu’à découvrir la gloire de Dieu ? Veut-il l’amener jusqu’à découvrir la manifestation de Dieu en la nature humaine ? Marthe parlait de résurrection au dernier jour. Elle parlait d’état nouveau pour ceux qui sont morts. Jésus ne parle plus de futur et il évacue l’idée d’un état autre après la mort. Il se plante au centre des propos de Marthe et l’invite à croire en Lui. Voici ce qu’elle doit entendre : « Moi, je suis la Résurrection. » Nous sommes dans le présent. Il est maintenant la résurrection. Et il est la résurrection parce qu’il est Dieu : « Moi je Suis » Et de continuer : « Qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais »… Pour aboutir à la question décisive : « Le crois-tu ? » (Jn 11,25-27) La gloire de Dieu, ce que Dieu nous montre de lui-même, dans le moment ultime de la vie terrestre, c’est-à-dire la mort, comme d’ailleurs à tout moment de la vie humaine, n’est-ce pas la personne de Jésus de Nazareth, son Envoyé (cf dimanche dernier) étant lui-même la Vie que ne détruit pas la mort. La mort interrompt le cursus terrestre mais ne brise pas l’être du croyant. Jésus de Nazareth cherche des croyants en Lui, y compris parmi les familiers de sa personne. Nos yeux cherchent toujours ailleurs une vision de Dieu, alors que sa gloire, ce qu’il est et que nous pouvons percevoir, se donne à voir en Christ. Que sa gloire soit vue, reconnue… par toi ! Par toi ! Le crois-tu ? Voir... ! 6 mars 2005 - 4° Dim de Carême A Evangile : Jn 9, 1-41 L'aveugle-né (brève : 1...38) L’humanité progresse en son propre savoir. De sa riche expérience elle sait tirer parti. L’homme n’est-il pas mieux connu qu’il ne l’était avant ? Ce qui n’empêche pas de s’enrichir encore de ce qui fut dit de lui dans les siècles passés. L’homme se connaît mieux. Surtout il connaît mieux comment-il fonctionne. L’homme regarde l’homme, le monde, le cosmos, l’infiniment petit, l’immensurable grand. Nous voyons bien des choses, nous en induisons d’autres ! La réalité se laisse observer, mesurer, quantifier, modifier… Mais cette réalité, homme et cosmos ensemble, livre-t-elle son secret ? Autant que de savoir comment tout ça fonctionne et ce qu’on peut en faire, l’homme n’est-il pas aux prises avec une autre question tout aussi importante ? Celle que ne posent guère tous les savants du monde. L’homme existe, nous en sommes d’accord, mais pour quoi ? N’est-ce pas ce que nous devrions vouloir « voir » ? Ce qu’est l’homme ou plus exactement quel sens peut-il donner à sa vie, sens qui ne se perde pas de façon pitoyable quand survient le moment de l’éparpillement… Quand il se décompose ? Aucun sens ne tient, face à la mort qui fauche. Aucun sens que l’homme puisse acquérir par ses propres moyens. Il prolonge sa vie mais ne la maintient pas continuellement sur un instant durable. Il rajoute des bouts mais pas indéfiniment. Quelques années de plus pour chaque individu sont une vraie conquête. Chacun aspire à vivre mieux, longtemps et cette chose arrive. Mais on voit bien que l’homme ne se tient pas pour autant en son propre pouvoir. L’homme échappe à l’homme , n’est-ce pas évident ? La mort est là, bien plantée en face de chacun et pose la question. Elle est comme un trou noir qui masque l’avenir et fait tomber à plat le désir de survie quand il s’appuie sur l’homme et sur rien d’autre que lui. Le « terme » traumatise bien qu’il soit naturel et plombe l’envie de vivre même quand on fait semblant de profiter du temps comme s’il ne finissait pas. Et rien ne vient stopper cet effritement que nous cause le temps et rien non plus de notre expérience ne nous renseigne définitivement sur la question du sens. Autrement dit, l’homme ne voit pas au-delà de ce qu’il est lui-même, pas au-delà non plus loin de son environnement. Et ne voyant que lui situé dans ce monde, il ne peut que savoir qu’il ne sait pas grand-chose du pourquoi il est là. Faut-il en rester là ? « Voir » au-delà de lui-même… ? Cette question a-t-elle du sens ? Au-delà du trou noir qui ferme l’existence…. En deçà du bing bang qui ouvre à la naissance… La vie est limitée et c’est congénital. Aveugle de naissance c’est notre condition, la même pour tout homme, mais pas notre malheur ! Pris entre ces deux pôles tout aussi nébuleux, l’homme peut choisir de rester cantonné dans ce qu’il connaît le mieux ou alors aspirer, il le peut, a être révélé. Dans l’évangile de Jean le dilemme est posé (Jn 9,1-41), Jean présente un aveugle. Aveugle de naissance, il l’est depuis toujours. Mais ses parents comme lui et chacun d’entre nous, coincés entre fin et début, ne voient pas clair du tout. Dans l’évangile certains ont préféré rester plongés dans les ténèbres d’un savoir limité aux frontières humaines. Lui de même condition, pétrie de même pâte, se laissera « ouvrir » et verra la lumière. Pour « voir » qui est la Vie, percevoir la Lumière, se découvrir « sens » au-delà des frontières; que faut-il faire ? Rien de bien compliqué mais qui cependant engage tout notre vouloir être, il faut …le recevoir. Rapprochons notre titre avec ce dernier mot et ajoutons le Christ… Enfin, toujours si nous voulons, nous pourrons Voir » ! Retour haut de pageSource…
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Le commentaire biblique de la semaine homélie du dimanche évangile du dimanche méditation