Les commentaires 

de l'évangile du dimanche année A 2004-2005

par le Père Christian Blanc

        

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Année A (2004-2005) de l'Avent au 10 ° dim ordinaire cliquer ici

Depuis le 11° dimanche ci-dessous :

   

 

 20 novembre 2005  Christ Roi A  Mt 25,31-46
 13 novembre 2005  33° dim ordinaire A  Mt 25,14-30
 6 novembre 2005  32° dim ordinaire A  Mt 25,1-13
 30 octobre 2005  31° dim ordinaire A  Mt 23,1-12
 23 octobre 2005  30° dim ordinaire A  Mt 22,34-40
 16 octobre 2005  29° dim ordinaire A  Mt 22,15-21
 9 Octobre 2005  28° dim ordinaire A  Mt 22,1-14
 2 Octobre 2005  27° dim ordinaire A  Mt 21,33-43
 25 septembre 2005  26° dim ordinaire A  Mt 21,28-32
 18 septembre 2005  25° dim ordinaire A  Mt 20,1-16
 11 septembre 2005  24° dim ordinaire A  Mt 18,21-35
 4 septembre 2005  23° dim ordinaire A  Mt 18,15-20
 28 aoît 2005  22° dim ordinaire A  Mt 16,21-27
 21 août 2005  21° dim ordinaire A  Mt 16,13-20
 14 août 2005  20° dim ordinaire A  Mt 15,21-28
 7 août 2005  19° dim ordinaire A  Mt 14,22-33
 31 juillet 2005  18° dim ordinaire A  Mt 14,13-24
 24 juillet 2005  17° dim ordinaire A  Mt 13,44-52
 17 juillet 2005  16° dim ordinaire A  Mt 13,24-43
 10 juillet 2005  15° dim ordinaire A  Mt 13,1-23
 3 juillet 2005  14° dim ordinaire A  Mt 11,26-30
 26 juin 2005  13° dim ordinaire A  Mt 10,37-42
 19 juin 2005  12° dim ordinaire A  Mt 10,26-33
 11 juin 2005  11° dim ordinaire A  Mt 9,36-10,8

Merci à www.aelf.org pour les liens Bibliques

 

«  L’autre… ! » 20 novembre 2005 - Fête du Christ Roi ( Fin de l'année liturgique )

Evangile : Mt 25, 31-46 La venue du Fils de l'homme, pasteur, roi et juge de l'univers

L’autre ? Quel souci ! Au terme de notre histoire personnelle comme à la fin de celle de l’humanité, « l’autre » sera le seul critère pour nous évaluer. Il sera la mesure de notre poids d’humanité et de notre avenir dans la divinité. L’autre ? Celui qui a faim, qui a soif, qui est étranger, sans vêtement, malade ou prisonnier. Selon sa compassion envers le malheureux, chaque personne humaine sera appréciée par Dieu.

Qu’as-tu fait de ton frère ?

L’autre dans le besoin doit-il être l’objet de toutes les préoccupations ? N’avons-nous pas en cette attention la loi universelle de toute humanisation ? Le Christ en qui nous reconnaissons l’humanité parfaite, avant d’être emporté par la tourmente de la Passion, livre à chacun le secret d’une vie réussie permettant pour toujours d’être avec lui. Dieu à travers l’évangile, ne demanderait-il rien de plus aux hommes que d’être attentifs les uns aux autres, afin que soient assurés les besoins vitaux de chaque individu ? Dieu ne demanderait-il rien d’autre aux hommes vis-à-vis de lui-même qu’un service de base, assuré par les hommes vis-à-vis de leurs congénères gisant dans le besoin ? Au terme de l’Histoire, au jugement dernier, quand le Fils de l’homme viendra, ne trouvera-t-il rien d’autre à demander que :

« Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Ne demandera-t-il rien d’autre ?

Le dernier mot de l’évangile aboutirait-il à cette question-là : L’autre ? Posée à toute l’humanité indistinctement sans qu’il soit fait allusion à quelque appartenance religieuse que ce soit. Les chrétiens, comme ceux qui ne le sont pas, sont et seront évalués sur les mêmes critères : L’autre dans le besoin secouru ou rejeté ? Servir Dieu ou lui ressembler, serait-ce d’abord servir le pauvre et le malheureux ? Célébrer et prier n’aurait-il d’intérêt que tournés vers cet impératif qui devient le critère de vérité de notre foi chrétienne.

L’autre : une passion ?

Est-ce une bonne interrogation ?

Comment prendre au sérieux l’évangile d’aujourd’hui si on ne se la pose pas ? Question fondamentale autant qu’universelle qui concerne tous les hommes et dont leur vie dépend : « Venez, les bénis de mon père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde, car… » (Mt 25, 34) ou « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges… car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger… (Mt 25, 41)

Ne perçoit-on pas à travers cet évangile que l’homme, si handicapé soit-il, porte en lui une capacité innée d’aller vers l’autre, de se laisser émouvoir par l’autre dans le besoin, sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir une autre motivation que la satisfaction de ce besoin élémentaire. Autrement dit, il n’est pas nécessaire de connaître le Christ (Mt 25,37) pour percevoir et honorer le besoin d’un semblable quand il vit un dénuement, une faim, une soif, un emprisonnement. Le cœur de l’homme est capable de s’émouvoir, mais il peut aussi ne pas le faire. Donc, que l’on soit chrétien déclaré ou homme sans religion, l’exigence d’humanité valable pour la divinité, reste la même :

« L’autre, le malheureux ! »

N’est-ce pas d’ailleurs ce désir de secourir qui anime bien des hommes et des femmes de bonne volonté ? N’est-ce pas ce besoin d’aider qui paradoxalement maintient hors des expressions de la foi beaucoup d’hommes et de femmes ? Nous, Chrétiens qui confessons le Christ, il nous faut prendre garde, car invités à veiller, selon les paraboles des dimanches précédents, c’est à veiller sur « l’autre » qu’il faut nous employer.

 Redisons-le encore :

l’essentiel de la vie pour nous comme pour les autres :

« L’autre »

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« Responsables… ! » 13 novembre 2005 - 33° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 25, 14-30 La venue du Fils de l'homme. Faire fructifier les dons du Seigneur

Est-ce le dernier mot ou la dernière idée que laisserait Jésus avant d’aller mourir ? Au chapitre suivant commence la Passion ! Le Christ s’en va. En lui, Dieu se retire d’une certaine présence au monde qui ne se reproduira plus en mode d’incarnation. Il « se retire » pour longtemps ainsi qu’il est écrit dans cette parabole (Mt 25, 19) mais non sans laisser percevoir qu’un jour, de nouveau, il viendra, de façon différente et pour la dernière fois. Tel un époux (Mt 25, 6) à l’improviste, il viendra faire entrer dans la salle des noces tous ceux qui seront prêts. Ou sous une autre image, tel un homme qui confia sa fortune aux soins de serviteurs (Mt 25, 14)  et qui, au retour de voyage, partagera sa joie avec ceux qui auront eu l’audace de la faire fructifier. Le Seigneur, le Christ ressuscité, viendra… Alors l’humanité qui l’aura attendu entrera « avec lui »  dans la joie. Dans les deux paraboles quelques-uns l’ont compris et quelques autres pas. Pour l’instant nous sommes dans le temps où Dieu paraît absent. Certains finissent par déclarer que Dieu n’existe pas. D’autres, sans aller jusque-là, se demandent ce qu’il fait et s’il est bien sérieux de nous laisser patauger dans un monde déréglé. De son silence beaucoup de gens se plaignent qui voudraient, enfin, qu’il intervienne pour apaiser le monde et le rendre plus humain.

Mais Dieu ne bouge pas, du moins selon ce que l’on voit.

Bien sûr, certaines personnes veulent lire, dans les séismes et autres catastrophes, une façon pour Dieu de dire ce qu’il pense, mais n’est-ce pas lui prêter nos propres intentions et désirer qu’il fasse ce que nous, nous voudrions ? Ce ne sont pas nos vues qui comptent, en ce domaine de l’interprétation du monde, mais ce que Dieu veut et qui est exprimé dans cette parabole.

Que dit la parabole ?

Que Dieu a tout remis ce qu’il avait de biens, son énorme fortune, entre les mains des hommes. Et puis qu’il est parti… L’homme est donc responsable de son humanité ! L’homme est une tâche qu’il peut réaliser.

L’homme doit s’accomplir !

Chaque personne humaine, à sa façon, doit y participer. Mais cette humanité que l’homme doit accomplir devra-t-il l’inventer purement et simplement ou doit-il la déchiffrer à partir d’un modèle ? Quand Dieu confie ses biens à l’homme, il confie l’homme à l’homme, un bien inestimable, mais il lui confie aussi, le Fils qui s’est fait chair et qui a su mener, en lui, l’humanité jusqu’à sa plénitude ; celle de l’homme ayant enfin aimé. Dieu s’est comme retiré pour que l’homme advienne à sa véritable humanité car l’homme n’est pas lui-même tant qu’il n’aime pas.  Cette stature d’homme accompli, l’homme ne peut l’atteindre que par le travail sur lui-même, en prenant toute sa responsabilité.

Les deux serviteurs félicités par le maître en sont l’illustration.

Ils se sont rendus dignes de vivre avec Dieu dont la joie est d’aimer. Mais cette responsabilité peut pourtant effrayer. N’est-ce pas ce qui est signifié par l’attitude du troisième serviteur ? Celui qui a caché son talent dans la terre pour ne pas avoir à le rentabiliser ? L’audace lui a manqué, il ne s’est pas engagé. Il n’a pas compris ou pas voulu comprendre la vocation de l’homme.

Il s’est trompé de Dieu.

En refusant le risque, en se contentant de soigner sa propre sécurité, il est passé à côté d’un plus grand bien qui pourtant lui était destiné : être un homme achevé, apte à la joie de Dieu. Il s’est trop préservé. Le monde n’est pas bon mais il est encore plus mauvais de ne pas vouloir le bonifier. On peut avoir peur de s’y abîmer mais c’est bien pire encore de vouloir se garder sans vraiment s’engager. Qui ne s’est pas usé à essayer de transformer et le monde et lui-même, selon ses possibilités, n’honore pas sa dignité et se trouve tout à fait éloigné de Dieu.

Avons-nous bien compris notre rôle dans le monde ?

Dieu nous le confie pour que nous le rendions bon !

Nous en sommes capables car Dieu nous fait confiance.

Soyons donc responsables !

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« Avec lui… » 6 novembre 2005 - 32° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 25, 1-13 La venue du Fils de l'homme. « Voici l'époux, sortez à sa rencontre »

En deux mots, tout est dit de la finalité de l’existence humaine. Bien sûr, on le dit dans la foi. Car ce qui est dit ainsi ne se trouve nulle part ailleurs. Mais pour nous, les chrétiens, ces deux mots vont de soi ou si ce n’est pas le cas, ils doivent le devenir.

Avec lui…

Avec le Christ, bien sûr !

Qu’attendent-elles ces vierges sinon de lui être réunies ? La vie se passerait-elle à attendre le moment où l’époux surgirait et nous emmènerait ? On peut le dire ainsi. Et qu’est-ce que le royaume sinon cette réunion de tous les êtres en Christ ? Faut-il tout au long de la vie garder présent au cœur ce désir d’être à lui,  le jour où il voudra ? La vie prend elle du sens quand elle peut s’orienter vers cet avènement ? Ce désir d’être à lui, définitivement, peut-il donner du goût, colorer l’existence ? Est-ce que je connais le Christ, au moins suffisamment, pour savoir qu’avec lui je passerai la mort, et rejoindrai la vie ? Regardons devant nous, et, franchement, devant, que voyons-nous ? Spontanément, nous vient-il en conscience que, devant nous, c’est lui qui passera par-là et nous emmènera dans sa propre demeure où d’autres sont déjà, au cœur des relations qu’il vit avec le Père et avec l’Esprit Saint ? Souvent, il semble difficile d’être tendu vers lui et de croire qu’au terme c’est encore avec lui que nous entamerons, dans d’autres conditions, une épanouissante vie de communion. En effet, écoutons-nous parler, bons chrétiens que nous sommes, de ce qu’il y a au-delà de la mort. Et sentons-nous étonnés de nous entendre dire qu’il n’y a peut-être rien ou, sous forme plus atténuée, qu’on en sait rien du tout. Qu’il nous soit difficile de décrire cet après de la vie d’ici-bas, cela se comprend bien, mais qu’on n'ajoute pas que ce à quoi l’on croit c’est qu’il y a le Christ, cela est surprenant. Revenons aux cinq vierges. Quand la porte se referme, que savons-nous d’elles, que nous en est-il dit, sinon qu’elles l’ont suivi et se trouvent avec lui. Quant aux cinq autres, il est dit le contraire et qu’elles resteront toujours à distance de lui. Un point de non-retour marque-t-il l’existence au terme de la vie ? Et ce moment crucial ne se traduit-il pas, par être ou pas avec lui ? Les unes furent prêtes, les autres ne l’étaient pas. L’huile qui manquait révèle l’imprévoyance. Soit la vie d’un homme se laisse polariser par l’attrait du Seigneur, le Christ ressuscité, soit la vie humaine se laisse accaparer par bien d’autres affaires au point d’en oublier que l’issue de la vie, en commençant ici, c’est d’être avec lui.

Avec lui… ?

Que vous dit cette chose ? Illuminez-vous votre vie de ce désir de lui ? Avancez-vous dans la vie en cheminant vers lui dans l’attente du jour où il apparaîtra et vous emmènera. Cette lampe qui s’éteint n’est-ce le désir qui vient de s’épuiser ? Un désir que les autres ne peuvent nous donner et qu’on n' achète pas au magasin du coin. (Mt 23, 9) Le désir, quoi de plus personnel, chacun se doit de le cultiver pour entrer « avec lui » au cœur de la divinité. Il est tout à fait inutile de s’écrier : « Seigneur… Seigneur... » , quand il vient de passer et qu’il a disparu ! C’est durant toute la vie qu’il vaut mieux le chercher ou mieux le désirer, pour être tout à fait prêt, c’est-à-dire transformé, au moment où le choix sera éternisé. La vie humaine va vers une issue heureuse (on parle bien de noces !) un summum de communion. Il revient à chacun de se le laisser dire et de le désirer. Personne ne peut le faire à la place de personne. L’huile non partagée révèle l’unicité du désir de chacun et non pas une atteinte au principe de la charité.

Désires-tu le Christ ?

Veux-tu être « avec lui » ?

De chacun seul, la réponse.

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« Dieu… ! » 30 octobre 2005 - 31° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 23, 1-12 Reproches de Jésus aux scribes et aux pharisiens

Pourquoi les pharisiens ne le reconnaissent-ils pas ? Pourquoi, face à Jésus, sont-ils viscéralement bloqués ? Pourquoi les scribes, à travers ses paroles et sa façon de faire, ne perçoivent-ils pas la même voix qui parlait à Moïse et qu’eux-mêmes répercutent ? Qu’est-ce qui fait que, religieux engagés, enseignants compétents, ils ne font pas le lien entre les gestes des prophètes et ceux du fils de l’Homme ? Pourquoi leur surdité, pourquoi cet aveuglement ? Jésus a beau s’y prendre de toutes les façons, ils ne décollent pas de leurs propres perceptions. Qui donc est le Messie, leur a-t-il demandé ? Il est fils de David lui ont-ils répondu. Fils de David seulement leur rétorque Jésus ? Pourtant n’est-il pas dit dans le psaume 110 que David appelle son Seigneur, ce Messie attendu. Pour être nommé ainsi, il est plus que son fils ! Mais… scribes et pharisiens ne pouvant plus répondre ou n’osant plus le faire, gardèrent le silence et campèrent sur leurs positions. (Mt 22, 41-45)

Pourquoi donc ce blocage ?

Ils ont devant les yeux Jésus de Nazareth. Ils sont, tout autant que les autres, les simples gens du peuple, témoins de sa bonté, de sa toute puissance pour guérir, libérer, autrement dit, aimer les hommes et les femmes, terrassés par le mal, victimes du péché. Et pourtant ils restent enfermés dans leurs propres idées, ancrés dans leur refus.  Que pourraient-ils risquer à s’ouvrir aux idées du rabbi, que, peut-être en sourdine, ils admirent, mais qu’ils ne veulent surtout pas suivre ? Quel est le vice caché de ces hommes, par ailleurs, c’est le comble,  savants sur Dieu et tous vraiment pieux.

L’évangile du jour s’apprête à nous le dire.

S’adressant à la foule et puis à ses disciples, Jésus décrit le mal qui mine de l’intérieur les maîtres chargés de cours dans la chaire de Moïse. (Mt 23, 1..) A la foule, aux disciples, il conseille vivement de bien faire le tri entre l’enseignement hérité de Moïse et le comportement des maîtres qui l’enseignent. S’il faut prendre intérêt à la parole annoncée, il ne faut pas s’aligner sur le comportement de ceux qui la proclament. A ses disciples, très sage précaution, Jésus rappelle, ça vaut pour tous les temps, qu’ils doivent rester témoins sans outrepasser leur place. Résumons ses propos : scribes et pharisiens sont fermés à Jésus, car bien qu’enseignant « Dieu » ou pratiquant la Loi, ils se servent de Dieu plutôt qu’ils ne le servent. Par quel glissement en arrivent-ils là ? Tout simplement en se faisant soi-même le centre de la vie et en faisant de Dieu une «chose » valorisante pour eux.

Dieu devient l’exclu et eux prennent sa place.

Tentation éternelle des gens de religion, qui ramènent vers eux l’intérêt qui ne devrait être dû qu’à Dieu. Par exemple : ils font porter aux autres des fardeaux que non seulement ils s’épargnent, mais que Dieu n’impose pas aux hommes. A regarder le Christ libérateur de l’homme dont « le joug est doux et le fardeau léger », on comprend les propos tenus par Jésus Christ. Attention donc aux rigoristes qui pour le bien des autres abreuvent de conseils et surchargent de principes. Ils « aiment », voilà le verbe dévoyé de son sens, à se montrer portant de larges phylactères et des franges très longues, signes apparents, sans doute, de leur très grande dévotion. Qu’ils soient toujours premiers dans les meilleurs festins et dans les premiers rangs pour célébrer l’office… Qu’ils soient très respectés, salués, encensés…Voici ce qui leur plaît.  Que l’on n’hésite pas à les appeler « maître » …Ils aiment bien cela !

Eux, eux et eux …

Et Dieu dans tout cela ?

Dieu ? Il passe au dernier rang, servant de faire valoir. Dés lors qu’il est derrière dans leur façon de faire et eux toujours devant, il n’est pas étonnant qu’ils ne le rencontrent pas. Ce portrait accablant pour des hommes religieux, sensés « enseigner »  Dieu, se trouve-t-il vraiment dans la réalité ? Peut-être indique-t-il seulement un travers dommageable, qui peut se retrouver plus ou moins développé chez les personnes croyantes et plus encore chez celles en charge de ministère.

Dieu !

Le voir, le rencontrer ? Faut-il se « décentrer » et se quitter soi-même ? C’était la conclusion de dimanche dernier. Et aujourd’hui encore la voilà confirmée. Que Dieu ne soit donc pas utilisé pour servir mes propres intérêts !

Dieu !

Regardons y de près !

 

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Aimes-tu… ? 23 octobre 2005 - 30° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 22, 34-40 Amour de Dieu et amour du prochain

Une question bien simple, trop peu souvent posée car la vie nous entraîne, et qu’il peut nous sembler que l’amour va de soi. Question donc bienvenue en entendant le Christ répondre aux pharisiens que l’amour est premier ou que c’est ce qu’il devrait être dans la vie du croyant. Qu’il n’est d’autre commandement que celui qui consiste à aimer. Ou plutôt, pour le dire autrement, que tous les commandements, nombreux (613) pour un juif pieux, se résument en un seul : Aimer.

Aimes-tu ? Ou est-ce que j’aime vraiment ?

Que puis-je donc répondre ? Ma vie, mes relations, toute ma façon d’être, de penser sont-elles comportement inspiré par l’amour et en fabriquent-elles ? Et si ce n’est le cas, que nous faudra-t-il faire ? La réponse du Christ peut-elle nous inspirer ? Il parle tout d’abord de radicalité en même temps qu’il désigne qui nous devons aimer. “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée…” (Mt 22, 37)

Explicitons un peu. On dit que l’expression indique que tout l’être doit se tourner vers Dieu, sans qu’il soit nécessaire d’aller chercher plus loin comment pouvoir aimer avec son coeur, son âme ou sa pensée.

Tout l’être doit aimer radicalement Dieu ?

Mais Dieu, savez-vous qui il est ? Sur ce sujet trop vite on pense que l’on sait. Aussi serait-ce profitable d’arrêter un instant sur ce que pourrait être de l’aimer de toute notre pensée. N’est-ce pas vouloir dire qu’il n’est jamais trouvé et dès lors qu’il ne faut jamais cesser  de le chercher ?

Dieu l’au-delà de tout !

Dieu dont le comportement révélé en Jésus, l’homme de Nazareth, suscite constamment une adhésion consciente et une façon d’être toujours plus ressemblante. L’intelligence doit donc essayer de comprendre en scrutant la Parole. Elle doit se préoccuper de ce que Dieu veut dire quand il parle de lui, chercher à mieux connaître les traits de son visage, les mœurs qui lui sont propres lorsqu’il se tourne vers l’homme ou quand il se révèle dans son intimité de Père, de Fils et d’Esprit.

Aimer Dieu !

Traduisons : le chercher sans arrêt pour savoir qui il est.

Puis-je dire : j’aime Dieu ?

Puis-je énoncer lequel ?

Mais cet amour de Dieu ne va pas sans un autre. Aimer autant les autres que je m’aime moi-même, en désirant pour eux autant que, pour moi, je souhaite. L’autre m’est un égal et je n’ai pas plus que lui des droits dont il serait privé.

Pour lui le meilleur tout autant que pour moi !

Cela ne se vit pas forcément… spontanément. L’idée que je suis mieux et vaux bien davantage prévaut bien fréquemment quand il s’agit des autres. Quand il en est ainsi, alors je n’aime pas. Je refuse de m’ouvrir à ce qui n’est pas moi. Car, en devant aimer Dieu absolument, comme en devant aimer l’autre tout autant que  moi, je me retrouve complètement décentré. Et n’est-ce pas cela l’amour en vérité ?

Aimer Dieu et les autres égale décentrement.

En suis-je arrivé là ?

D’où la question première :

Aimes-tu vraiment ?

  

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« Au-delà… ! » 16 octobre 2005 - 29° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 22, 15-21 A César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

Au-delà (et non pas : l’au-delà) c’est-à-dire plus loin… Plus loin que nos pensées, nos façons de comprendre… Plus loin que nos façons de voir…Les gens venus pour questionner Jésus (Mt 22, 16) ne s’attendaient pas du tout à se trouver ainsi, plus loin qu’ils ne le prévoyaient. Ils viennent à Jésus, très sûrs de leur astuce. Ils veulent le coincer. Parviendront-ils enfin à lui faire comprendre qu’il n’est pas ce qu’il dit. Que Dieu n’est pas non plus selon ce qu’il annonce à travers ses paroles et son comportement ! Jésus est un problème pour ces gens de la Loi et il le restera…Car leur astuce, pourtant bien ficelée, va complètement foirer. Ils  attendent de Jésus une réponse claire, qui le compromettra, soit par rapport au peuple soit face au pouvoir. Jésus a bien saisi le piège qu’on lui tend mais, néanmoins, il ne se dérobera pas. Il répond et selon sa façon il ouvre le débat en le portant plus loin que son point de départ. 

Qu’en est-il de l’impôt lui est-il demandé ?

Faut-il oui ou non l’acquitter à César ?

César, Tibère en ce temps-là, n’est que César ! Mais voilà, il gouverne. L’argent utilisé pour la vie du pays porte son effigie. A lui de recevoir les taxes et les impôts puisque c’est lui le maître. D’autant plus, même si on l’oublie ou ne le comprend pas bien, que toute autorité exercée sur la terre ne détient son pouvoir que d’une autre autorité, beaucoup plus élevée, celle de Dieu lui-même. Car rien n’échappe à l’œuvre créatrice de Dieu, ni César, ni personne…. César comme tout homme,  qu’il le veuille ou non, est dépendant de Dieu.

« Rendez donc à César ce qui lui appartient… »

Est-ce une bonne réponse ? Elle ouvre en tous les cas une foule de questions concernant le pouvoir qui va beaucoup plus loin, qu’une simple réponse qui dirait oui ou non. Mais en celle-ci ne se termine pas la réponse de Jésus. S’il faut rendre à César ce qui lui appartient il faut également restituer à Dieu le dû qui est le sien.

Mais que doit-on à Dieu ou que faut-il lui rendre ?

Voici qui ouvre encore bien d’autres réflexions. Les fabricants de pièges en sont eux-mêmes « surpris » et repartent avec plus de questions qu’ils n’en avaient prévues.(Mt 22, 22) Nous-mêmes en méditant ces versets d’évangile nous ne savons comment les bien interpréter. Ce qui est sûr, cependant, c’est que cette parole devenue proverbiale (Mt 21, 21), ne scinde pas en deux l’activité terrestre, comme pourtant on la comprend souvent. Il n’y a pas d’un côté l’aire du politique, de la chose publique, puis de l’autre celle du religieux.

« Tout » est dans la sphère de Dieu !

Ceci dit, en sauvegardant, bien sûr, la liberté  garantie par volonté divine comme étant essentiellement principe de dignité humaine. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu… » Serait-ce notre vie à lui restituer ? Serait-ce notre image, faite à sa ressemblance qu’il nous faut améliorer ? Serait-ce reconnaître que Dieu est tel, qu’il se présente en Jésus, l’Envoyé ? Ces hommes qui questionnent, pharisiens, hérodiens ont un problème majeur. Ils sont face à Jésus sans pouvoir le contraindre à venir les rejoindre dans leurs façons, à eux, de comprendre le monde et de se « servir » de Dieu. Après cet intermède où ils pensaient le prendre aux rets de leur question, insidieuse, les voici démunis bien plus qu’ils ne l’étaient : leur piège n’a pas fonctionné. Reste alors la question, la leur comme la nôtre :

Se rendront-ils à Dieu ?

Accepteront-ils Jésus comme Christ et Fils de Dieu ?

Nous sommes amenés à réfléchir plus loin…

Au-delà… de ce que l’on pensait !

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« Des noces… ? » 9 octobre 2005 - 28° dimanche du temps ordinaire A

  Evangile : Mt 22, 1-14 Parabole des invités au festin (brève : 1-10)

Mais pour qui ? Ceux qui en entendent parler n’ont pas l’air de comprendre. Les interlocuteurs de toutes les paraboles ont les mêmes réflexes. Ils ne comprennent pas. Pourtant ils sont et les uns et les autres, tous concernés par ces noces-là. Ce roi qui veut marier son fils n’est guère difficile à identifier. Qui pourrait-il être sinon Dieu lui-même ? Il veut marier son fils, c’est une façon de dire pour exprimer, à travers les mots de notre vocabulaire, un grand désir de communion. L’humanité a du mal à concevoir que Dieu ne lui veuille que du bien et qu’il veuille même aller beaucoup plus loin, en l’appelant à vivre avec lui une relation d’intense communion. L’homme sans Dieu n’est rien, au sens qu’il lui manque le sens de l’Origine et celui de la Fin. Sous les traits d’un mariage, Dieu exprime sa passion de nous voir partager son être de communion, sa relation d’amour qui à la fois nous fonde, nous fait même exister et, à la fois, peut être refusée par les hommes qui au contraire devraient en être très intéressés.

Le roi invite aux noces de son fils !

La fête doit être belle et toute de liberté. Dieu invite, mais chacun à toute latitude pour ne pas accepter. Et c’est ce qui se passe. Alors que tout est prêt, les premiers invités invoquent des prétextes pour ne pas participer. Les choses de la vie, tout à fait honorables, ont pris sur eux, le dessus. Les choses de la terre leur tiennent tellement à cœur  qu’ils oublient le bonheur, celui de vivre la pleine liberté d’un véritable amour, d’une communion aux êtres comme aux choses, et à celui qui crée et les uns et les autres. Ce qui compte en ce monde, pour la plupart des hommes, tourne autour de son « moi »,  mais sans en retirer le plaisir escompté, ni la joie intérieure à laquelle pourtant tout être humain aspire. Les hommes sont invités au profond de leur être par une proposition aux allures de fêtes. Et ils n’en veulent pas.  Nous sommes constamment, au plus intime de l’être, provoqués à la joie, au ravissement de l’amour et donc au don de soi. C’est le projet de Dieu de toute éternité de permettre à l’homme cette vie hors de lui, qui l’ouvre à toute réalité du ciel et de la terre. C’est la vocation de l’homme de sortir de lui-même pour expérimenter le vrai fond de son être, marqué par un désir d’éternité, celui de vivre intensément et sans interruption, autrement dit éternellement.

Le roi donc nous invite !

Mais l’on peut refuser, la chose est entendue. Selon la parabole, les premiers invités ne s’en sont pas privés. Les seconds par contre, ont tout de suite accepté. Les hommes et les femmes trouvés le long des routes, aux croisés des chemins, se sont laissés toucher. En ceci nous lisons l’expérience du Christ, le Fils pour qui le Père veut célébrer les noces. L’opposition des siens, des gens de sa nation, fut contrebalancée par l’adhésion des pauvres, estropiés, et exclus de la société. Ils ont mieux répondu, l’évangile le dit. La salle du banquet en est pleine à craquer. La fête peut commencer.

Mais attention !

Dieu n’est pas un roi-soleil qui régalerait le monde en offrant des galas et dont on profiterait, comme on le fait souvent, pour « s’en mettre plein la lampe ». Aussi  ce qui jusqu’à présent ne fut pas encore dit, doit l’être maintenant. Une parabole laisse filtrer du sens et vient interpeller :

Qui donc est l’épousée ?

Ne s’agit-il pas ici des relations de l’homme à développer en Dieu. Avec précaution et sans forcer le trait, il faut bien en conclure que les gens invités sont les mêmes qui sont les épousés. L’important c’est la vie épanouie en vraies relations et non pas le festin offert gratuitement. Il s’agit de rencontre qui engage les personnes et même toute la personne. On ne « profite » pas de Dieu. La belle robe blanche pourrait signifier le manque d’engagement.

Dieu se donne à qui se donne !

Celui qui ne veut pas s’engager dans le don ne le rencontre pas. Tel est l’appel lancé à toute l’humanité, l’invitation envoyée à chacun d’entre nous. Parviendra-t-elle au lieu de notre décision ? Traversera-t-elle les couches multiples de nos distractions et de nos illusions ?

Bref nous voici invités comme à nos épousailles….

Vivons-nous ou vivrons-nous ces noces ?

Car ce sont bel et bien les nôtres !

Et la seule façon de vivre en Dieu !

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« Écoutez ? ! » 2 octobre 2005 - 27° dimanche du temps ordinaire A
 

Evangile : Mt 21, 33-43 Parabole des vignerons meurtriers


D’une certaine façon, cette invitation à l’écoute vient clôturer le chapitre vingt et un de Mathieu. Elle arrive en fin de parcours comme une dernière tentative de la part de Jésus pour se faire comprendre des interlocuteurs qui lui ont demandé : « Par quelle autorité fais-tu cela ? » (Mt 21, 23). Si ces « opposants », grands prêtres, anciens du peuple posaient la question c’est évidemment parce qu’ils n’avaient pas compris, pas plus que n’avaient compris les pharisiens dont il est question aujourd’hui. (Mt 21, 45)


Pas compris ?


A travers la parabole, plutôt apparentée à une allégorie, Dieu le répète comme il l’a fait déjà au long des siècles : les hommes ne le comprennent pas. La nuque raide, les oreilles bouchées, le cœur endurci, l’homme refuse Dieu, alors que Dieu ne cesse de chercher l’homme et recommence constamment sa tentative de communion..


L’allégorie l’exprime, la vigne fut confiée, autrement dit un type d’existence fut confié par Dieu aux hommes et aux femmes qu’il a appelés, mais les fruits ont tardé et ils tardent toujours à être manifestés. Les venues successives des envoyés de Dieu, pour établir la vraie relation avec lui, se sont chaque fois soldées, à cause de l’homme, par une fin de non-recevoir, par une volonté de s’instaurer propriétaire, et même par l’extermination des hommes, guides, juges, prophètes surtout,  venus le solliciter.

 

 Pas compris, rejeté, exterminé ? !

 

Dieu, en face de l’homme, ne sait comment le sauver de son enfermement. Il ira cependant jusqu’au bout de ses possibilités, puisqu’en envoyant son Fils il aura épuisé tout ce qui pouvait être fait. Le Fils, comme les autres serviteurs et bien qu’il soit le Fils, subit le même sort. Pas plus que ses prédécesseurs il n’échappe au massacre. L’homme s’est déchaîné, encore plus sur lui, puisque étant « l’héritier » son bien pouvait passer entre les mains de l’homme. S’accaparer le monde, installer un régime sans vie de communion, se construire un royaume, en reniant le don qui fut dès le départ celui de la création, voici quelle entreprise se fabrique les hommes. On la voit sous nos yeux, nous y participons. Nous croyons faire l’homme et nous nous défaisons.

 

Dieu pas compris !

 Du coup, l’homme constament en surcis !

 

  Mais il y a toujours possibilité de comprendre. Car Dieu ne s’est pas retiré de ce monde bloqué. Il s’y est installé. La vie du Fils, son amour infini, égal au don du Père, s’est inscrit dans l’histoire. Comme une pierre angulaire, sa vie, sa mort, est la première pierre d’une « société » nouvelle, le royaume promis, Dieu et l’homme réunis. La vie du Fils, exprimée sur la croix, véritable révélation de Dieu, le Père, vit toujours en notre humanité. Les hommes auront beau faire, ils ne pourront jamais l’en écarter : Dieu aime l’homme voici qui est inscrit sur le bois de la croix.

 

Dieu incompris, rejeté, sauriez-vous dire pourquoi ?

 

Ce rejet à quel point peut-il être le nôtre ?

Le Fils révèle Dieu. Il exprime le Père. Il nous donne l’Esprit pour façonner notre être. Mais avant toute chose il nous faut écouter. N’est-ce pas ce qui a manqué aux hommes du passé, et ce qui fait défaut aux êtres d’aujourd’hui ?

 

Écoutez, voici le premier mot, qui pour l’homme lui ouvre le Royaume !

Il reste le dernier afin d’y subsister.

Écoutez ?

 

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« Être ajusté…! » 25 septembre 2005 - 26° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 21, 28-32 Se convertir non en paroles, mais en actes

 

 C’est, selon l’évangile, la vocation de l’homme d’être ajusté à Dieu, de faire sa volonté et de constituer une communauté appelée le royaume. Mais s’ajuster à Dieu n’est pas de tout repos. On peut même se tromper en pensant réussir. N’est-ce pas ce qui arrive à ces gardiens du temple qui contestent Jésus dans son enseignement ? Ils sont persuadés d’avoir la vérité et veulent ne rien entendre des propos de Jésus. Il est vrai que Jésus ne paie guère de mine. En quoi peut-il prouver que son enseignement dépasse celui des scribes et qui, pour ainsi dire, viendrait tout droit de Dieu ? Comment ces hommes, attachés à leur foi héritée des ancêtres qu’ils sont prêts à défendre, pourraient-ils se laisser prendre aux paroles surprenantes proférées par Jésus ? N’ont-ils pas plus que lui une longue expérience et, sur « qui est Dieu », n’ont-ils pas réfléchi ? Aussi n’auraient-ils pas raison quand ils posent à Jésus la question de confiance, après l’intervention à l’intérieur du temple :  « Par quelle autorité oses-tu faire cela ? » (Mt 21, 23) En effet, par quelle autorité ? Voilà qui nous amène à préciser notre titre.

Être ajusté à Dieu, serait-ce l’être au Christ ?

Serait-ce se mettre en harmonie avec la parole et les faits et les gestes de Jésus l’homme de Nazareth qui est ressuscité ? Serait-ce s’adopter à sa façon de faire ? Mais pour ces grands du temple, prêtres et anciens, imprégnés d’un savoir très riche d’expérience, qu’est-ce qui pourrait les en persuader ? Jusqu’à maintenant, ce que Jésus a dit et fait les a plutôt irrités, provoqués, et détournés de lui. Ils veulent rester fidèles à ce qu’ils ont reçu. Et la voix de Jésus, ne vient pas susciter en eux, une autre compréhension de ce qu’ils ont toujours cru.

Ils sont persuadés d’être ajustés à Dieu !

Et pourtant, puisque le Christ est là en face, ils ne le sont pas. Mieux, d’autres moins bien placés, apparemment, dans les choses de la foi, y parviendront mieux qu’eux. Prostituées, publicains comme ils sont appelés se laissent mieux toucher par la voix du Seigneur, et finalement les précèdent, peut-être même les remplacent, (selon une traduction) au royaume des cieux. Quelque chose, quelque part n’aurait-il pas fonctionné ? Jésus s’inscrit aussi dans la même tradition que les hommes du temple et pourtant ces derniers ne l’ont pas reconnu.

Être ajusté à Dieu…..

….N’est pas de tout repos, surtout quand il s’agit de se déterminer par rapport à un homme qui est visage de Dieu, par rapport à un homme qui est en même temps Dieu ! On n’excuserait presque les « professionnels » du temple, d’être si réticents.

Dieu n’est pas évident !

Cependant quelques fibres de l’homme devaient pouvoir vibrer quand dans la voix du Christ résonne celle de Dieu. Dieu ne se prouve pas. Personne de différent lui étant supérieur pourrait en attester. Dieu n’a que lui-même pour provoquer la foi et se faire reconnaître.

Dieu ne se prouve pas, il s’entend !

Ceux qui ont refusé de le voir dans le Christ, furent-ils tellement enfermés dans leurs propres convictions, qu’ils ne l’entendirent pas ? Entendre Dieu, il n’est d’autre façon de savoir qu’il est là.

Être ajusté à lui découle de cet entendement.

Être ajusté…

Cela ne vous fait-il pas rêver ?

 

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Quel salaire… ? 18 septembre 2005 - 25° dimanche du temps ordinaire A

 

Evangile : Mt 20, 1-16 La générosité de Dieu dépasse notre justice

 

Dieu se donne. Il parle en parabole pour le laisser entendre. Mais l’homme reste l’homme et quand il pense à Dieu, il attend quelque chose.

Qu’attendez-vous de lui ?

Qu’il comble votre vie de bienfaits en tout genre ? Qu’il accorde protection en tout ce que vous faites ? Qu’il fasse que tout marche avec le moins d’obstacles ? Dieu étant  d’un côté et les hommes de l’autre, il ne va pas de soi qu’ils puissent se rapprocher. L’un étant le maître et l’autre peu de chose, du moins quand il en prend conscience, la relation se vit « dominant-dominé. » On peut avec patience réduire un peu l’écart et voir en Dieu un père, mais la relation reste encore très déséquilibrée….Selon les vues de l’homme se pourrait-il qu’il en soit autrement ? Nous sommes à son image, la bible nous le dit, faits pour la ressemblance, elle le dit aussi, mais la plus part du temps, disons même toujours, nous pensons le contraire et agissons de même. Pouvons-nous penser Dieu, sans l’imaginer « homme » avec toutes les qualités qui devraient être les nôtres et la puissance en plus, celle qui nous échappe ?

Dieu à l’image de l’homme ?

Peut-être n’est-ce pas faux, du moins pas tout à fait, mais sûrement très incomplet. Pourtant qui ne fonctionne et quelque fois longtemps sur  ce modèle-là ?

Et Dieu qu’en pense-t-il ?

L’histoire des ouvriers, embauchés les derniers, qui en fin de journée touchent autant que les autres, les preniers appelés, nous en dit-elle plus ? Qu’exprime la parabole, au sujet du Seigneur, dans son rapport à l’homme ? Comparé à un maître, possédant un domaine, il sort et il embauche autant qu’il trouve d’hommes, sur la place publique, en attente d’embauche. Déjà il faut noter que tous sont appelés ! Et que dans le royaume qui est celui de Dieu on entre si l’on veut, mais pas, par ses propres forces. Il faut être appelés, il faut aussi répondre. Dieu, le maître, loin d’être indifférent, appelle tous les hommes à œuvrer à sa vigne, à faire partie du peuple, puisque tel est le sens de la vigne en langage biblique, à vivre avec Lui solidaire des autres.

Jusqu’ à la dernière heure, Dieu appelle.

Mais voici maintenant ce qui nous déconcerte : il rémunère chacun de la même façon. Sous couvert de bonté, serait-ce de l’injustice ? En donnant aux derniers  un salaire identique à celui des premiers, beaucoup plus fatigués, certes, il montre sa bonté, prouve sa générosité, mais laisse insatisfait notre  sens de justice auquel nous tenons tant, même s’il est parfois teinté de jalousie bien plus que d’équité ? Alors faut-il s’en tenir là, accepter simplement d’en être insatisfait, en se disant c’est Dieu, on ne le comprend pas ? Ceci serait dommage pour notre propre vie. Nous resterions trop loin de la réalité et de la relation à laquelle, par Dieu, nous sommes convoqués. En donnant à chacun une somme identique, il faut avoir en tête, ou en faire la découverte, que ce que Dieu nous donne ne se partage pas.

Chacun l’a tout entier !

Le don qu’il veut nous faire, n’est pas un dérisoire petit denier d’argent, octroyé à chacun quelqu’ait été le temps passé à travailler mais…Voici donc le moment de la révélation et de s’interroger, mais qu’en est-il, en fait, de ce « salaire » alloué à chacun ? Alors, franchissons la distance et laissons-nous rejoindre par celui qui se donne de toute éternité.

Qu’attendez-vous de Lui ?

Souvent beaucoup de choses, nous l’avons déjà dit. Mais Lui veut se donner. Le salaire du maître n’est–ce pas Dieu qui se donne et nous transmet sa vie ? La relation à Lui doit aller jusque là : devenir Un en Lui. N’ayons pas peur des mots :

Quel « salaire » disions-nous ? Voici donc la réponse :

Dieu !

Et soyez-en bien sûrs, vous ne trouverez pas mieux !

 

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« Endetté… ? » 11 septembre 2005 - 24° dimanche du temps ordinaire A

 

Evangile : Mt 18, 21-35 Instructions pour la vie de l'Église. Pardonner sans mesure

 

Moi ? Suis-je en dette ? Quelle drôle de question ? Que vient-elle donc faire dans le propos du jour ? A lire l’évangile pouvons-nous la déduire ? La réponse de Jésus à la question de Pierre (Mt 18, 21) la rend-elle perceptible ?

Que nous dit la Parole ?

Elle parle du pardon que je dois accorder autant de fois que je suis offensé. Chrétien,  si un     frère a commis une faute contre moi, je n’ai pas d’autre choix que de lui pardonner. Je n’ai pas d’autre choix que d’être constamment en état de pardon : soixante dix sept fois sept fois, autrement dit tout le temps. (Mt 18, 22) Aucune faute ne peut justifier que je lui reste fermé. Me voici averti ! Inutile de chercher quelques échappatoires, de se creuser la tête pour savoir si…ou peut-être que…Si un frère a commis une faute contre toi, tu lui pardonneras autant qu’il le faudra. Pierre a posé la question, il a eu sa réponse ! Par la même occasion nous voici informés. Mais est-ce raisonnable de se conduire ainsi ? Etant donné le monde et toute sa violence si l’on ne fait pas face avec de la puissance qu’allons-nous devenir ? En état de pardon dans toutes les situations qu’est-ce que cela veut dire ? Certes il s’agit d’abord de l’attitude d’un frère en face d’un autre frère mais le Christ l’a vécu en face de tous les hommes, y compris au moment de sa condamnation qui fut comme chacun sait, totalement injuste. Et le Christ, cela est à noter, exprime ce qui vit Dieu à l’égard de nous tous.

Dieu agit donc ainsi, il pardonne constamment !

Ce qu’il demande aux autres il l’a donc fait lui-même. Nous sommes ses disciples si nous  faisons de même. Pour rompre la violence et le cycle infernal de toutes les représailles faut-il passer par là ? Mais avant de rêver d’un monde revivifier par la grâce du pardon il revient à chacun d’en accueillir l’effet. Pierre s’interrogeait. Qui reprend à son compte la question qu’il posait et reçoit comme lui ce que répond Jésus ? Face à cette visée d’une vie de disciple comment ne pas comprendre que nous sommes « endettés » ? « Endettés » par rapport à cette façon d’aimer, qui, plus qu’aucune autre, engage notre vie et vient la dénicher dans ses retranchements, les derniers, où elle vient se  cacher. Pardonner sans conditions voici la condition du disciple du Christ.

Il est une raison pour nous y inciter.

Laquelle à votre avis ? Mais celle explicitée dans cette parabole proposée par Jésus. C’est que nous sommes nous-mêmes vivants, grâce au pardon. Celui qui vient de Dieu, lui qui donne la vie, celle que nous bafouons en nous l’accaparant parce que nous oublions que la vie n’est qu’un don. Celui de tous les autres qui ne tiennent pas trop compte de nos égarements. Déjà dès sa naissance tout être humain grandit sous le signe du don, il se reçoit lui-même, et il se fortifie par celui du pardon.

Mais on l’oublie, le « moi » devient extravagant.

Et l’on fait comme l’homme déchargé de sa dette qui faillit étrangler son propre compagnon parce qu’ il n’a pas compris qu’à son tour, il devait se conduire en homme de pardon. La fin de cette histoire nous laisse encore entendre, que pour bénéficier des effets du pardon que Dieu accorde en permanence et se sentir bien libre à l’intérieur de soi, il faut à notre tour toujours être pardonnant. On a le sentiment que le profond de l’homme ne vivra pas la paix, tant qu’il n’entrera pas, autant qu’il le pourra, dans ce don du pardon. Une dernière question mérite d’être posée. Ce qui manque à chacun, mais n’est pas bien côté par la société, pour être réaliste en face de lui-même, n’est-ce pas d’avoir une conscience vive, qu’il est, quel qu’il soit, quelqu’un qui est un « endetté » ? L’évangile le dit :

Tu es un « endetté »

Mais envers qui et de quoi ?

Le sais-tu ?

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« Ton frère… ! » 4 septembre 2005 - 23° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 18, 15-20 Instructions pour la vie de l'Église. Tout chrétien est responsable de ses frères

As-tu des frères et des sœurs ? Au sens évangélique du terme, bien sûr ! Au sens où le Christ l’emploie lui-même dans le chapitre dix huit de Mathieu médité en ce jour. « Si ton frère vient à pécher…va… » (Mt 18, 15-18) Considères-tu que ceux qui croient…au Christ, qui confessent et célèbrent son Nom sont tes frères et tes sœurs ? Que ceux qui partagent le pain eucharistique et boivent à la coupe de bénédiction sont, des frères et des sœurs ? Ces questions sont elles à propos en abordant l’évangile proposé pour ce jour ? Ne font-elles pas ressortir combien nos relations sont encore lointaines, timides, sélectives ou même carrément opposées ? « Si ton frère » cette expression du Christ, ne nous oblige-t-elle pas à nous demander : Lequel ? Et comment répondre sinon que sont frères, tous ceux qui sont baptisés et qui s’avancent pour communier ?

Cette parole du Christ réveille en nous une responsabilité.

Mais comment l’exercer selon la procédure mentionnée, exigée même (Mt 18, 15-17) pour accompagner un frère vers sa libération  (du péché) si on ne partage pas entre chrétiens, une certaine proximité ? Comment aller trouver quelqu’un seul à seul, avec toute la délicatesse qui convient pour l’aider à retrouver sa place au sein de la communauté, si en fait il n’y a pas de communauté ? Etre disciple du  Christ, communier à son corps et à son sang, à quoi cela engage-t-il, non pas cette fois dans une relation au monde mais dans les relations internes à la communauté ?  L’Evangile, la parole écrite est le fruit de la communauté primitive rassemblée, conduite par l’Esprit Saint dans la foi au Christ mort et ressuscité. A nouveau aujourd’hui cette Parole écrite et proclamée transmet l’expérience de communion fraternelle et doit « naturellement » faire naître des communautés comme de la « communauté ». La Parole du Christ : « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et fais lui tes reproches seul à seul… » complétée par les deux autres démarches, ne suppose-t-elle pas l’existence d’une communauté ?

Nous ne pouvons parler de ces propos évangéliques, en dehors du contexte dans lequel nous vivons notre relation au Christ. Aussi selon notre expérience comment cela fonctionne-t-il dans notre communauté ?

« Si ton frère… » Que fais-tu ? Qu’as-tu fait ?

Croire au Christ nous rassemble et aussi nous engage les uns envers les autres pour que sa vie circule et que s’imprime en nous sa propre façon d’être. Que donnes-tu aux membres de la communauté que tu reçois du Christ ? En se tournant vers soi on peut aussi se dire, suis-je un membre vivant ou bien à moitié mort ? Dans la communauté laisses-tu passer la vie ou par enfermement, repliement, as-tu interrompu le souffle qui fait vivre.

Si ton frère a péché….

S’il vit dans la communauté comme un membre sans vie ou, s’il ne prend plus sa part  à la vitalité de la communauté, vas-tu venir vers lui  avec le cœur ouvert, désencombré, pour qu’il se laisse à nouveau traverser par le souffle de l’Esprit.

Faire la communauté ! Une œuvre de longue haleine qui ne devient possible que si chacun adopte l’attitude décrite au début du chapitre. Jésus répondant aux disciples leur dit : Qu’il n’y a de plus grands que ceux qui sont petits comme le sont les enfants. (Mt 18, 4-5) Garder cette attitude, l’entretenir n’est-ce pas là un gage de vie évangélique et donc communautaire ? La quitter, en sortir, ne devient-il pas péché ? Pour ramener un frère qui en serait sorti il faut soi-même aussi se maintenir en elle.

Ton frère !

Fut le point de départ de la méditation. Cela nous a conduit à réfléchir encore sur la communauté (manifestation du royaume) et à prendre conscience que pour la réaliser la seule référence est celle d’être enfant. Etre chrétien engage notre responsabilité les uns envers les autres dans la communauté.

Comment l’exerçons-nous ?

Qui est-il ? Où est-il ? Où en est-il ?

Ton frère ?

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" Transformer... ! "  28 août 2005 - 22° dimanche du temps ordinaire A


Evangile : Mt 16, 21-27 Le disciple du Christ doit souffrir avec son Maître

En ce texte de Matthieu le mot y fait défaut mais la chose s’y trouve. Par contre, Paul l’emploie dans sa lettre aux Romains, prévue pour ce dimanche. Il exprime par où il nous faudra passer pour accéder à Dieu, notre finalité. Dès lors, il sous-entend, que Dieu n’est pas ce que nous en pensons, naturellement. Que Dieu est renversant pour nos façons de voir. Qu’il « oblige » les croyants à le voir autrement.

Comment ?

Voilà l’objet des versets qui vont suivre où Jésus manifeste ce qu’il lui « faudra » vivre, lui qui pourtant, s’est reconnu dans les propos de Pierre comme vraiment le Christ, et bien plus fort encore, comme le Fils du Dieu Vivant. En pleine contradiction avec ce qu’il est, du moins à vues humaines, l’expérience à venir révèlera un Dieu livré aux mains des hommes, jouet de leur pouvoir, victime de leur savoir. Pierre qui entend n’en croit pas ses oreilles. Comment cela se pourrait-il que Dieu en Jésus Christ subisse la menace, succombe sous les coups, et finalement, en vienne à perdre l’âme ?

En effet, comment cela peut-il se faire ?

Le « pourquoi » continue à nous poser questions !

Un Dieu que l’homme écrase est-il encore un Dieu ? Un Dieu sensé sauver qui gît anéanti, peut-il nous attirer, donner la protection que tous, nous attendons ? Pierre en est révolté : « Non, Seigneur, cela ne t’arrivera pas ! » (Mt 16, 22) Est-ce par amitié qu’il refuse d’entrer dans les vues du Seigneur ? Est-ce parce qu’il prend  conscience de cette contradiction que Dieu puisse souffrir et finir par mourir ? Est-ce parce qu’il pressent le chemin qui l’attend ? Qu’il lui faudra, en se mettant derrière, suivre le Maître jusque dans cet état ?

Nous voici comme lui, face au même mystère !

Et comme lui, aussi, obligés de changer, de transformer nos têtes, d’accepter Dieu tel qu’il se révèle. Nous attendons de Dieu qu’il donne protection, nous évite les peurs, écarte les malheurs. Le voilà au-devant du grand affrontement, il avance démuni, dépouillé.

Qu’exprime-t-il ainsi ? N’est-ce pas l’art d’aimer ?

Dieu, le puissant créateur, vit ce dépouillement . Jésus de Nazareth, vraiment le Fils du Père, vit ce dépouillement. Reproduit-il ici, ce qui se vit en Dieu de toute éternité : un renoncement, une sortie de soi, un abandon à l’autre ? Mais qui trouverait « la haut » un accueil réciproque, tandis que chez les hommes, il faut le mettre en place. Jésus veut introduire en notre humanité  les mœurs qu’avec son Père, ils vivent dans l’Esprit.

Est-ce alors ce que l’homme devrait aussi apprendre ?

Est-il créé pour  accéder à l’amour, le devenir lui-même et cela pour toujours ? Le temps qu’il passe ici, est-ce pour s’oublier, pour sortir de lui-même et communier à l’autre ? Comment l’homme aurait-il connu le fond des choses, si Dieu n’était venu pour en passer par là et montrer ce qu’aimer engage comme forces ? Il n’est pas étonnant que Pierre se rebiffe et refuse de croire. Mais Il faut bien l’admettre : Aimer c’est se tourner vers l’autre au détriment de soi et  seul l’amour subsiste quand tout ce qui semblait avoir beaucoup de poids…s’en va : « En effet, qui veut sauvegarder sa vie, la perdra ; mais celui qui perd sa vie à cause de moi, l’assurera. Et quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paie de sa vie ? Ou bien que donnera l’homme qui ait valeur de sa vie ? » (Mt 16, 25-26) Gagner sa vie, serait-ce la donner ? Quel étrange propos ? Comment nous a-t-il fait Celui qui a créé ? Pour être à son image ? En prenant la vie d’homme, Le Christ a continué d’aimer comme il le fait de toute éternité.

Il nous révèle Dieu !

A l’homme de comprendre sa propre destinée.

Pour moi est-ce déjà fait ?

Ai-je enfin compris ce que veut dire : « Transformer » ?

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"En qui...? 21 août 2005 - 21° dimanche du temps ordinaire A
 

Evangile : Mt 16, 13-20 « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »

Est-ce si important de savoir « en qui » vraiment on croit ? Et, quand on évoque Dieu, de percevoir au mieux, quels sont les traits qui nous parlent le plus ? Si l’on se dit chrétien, en quoi cela affecte-t-il  notre compréhension de Dieu ? N’est-ce pas le souci constant de Jésus de Nazareth, de nous faire réagir, pour mieux nous ajuster à l’objet de la foi tel qu’il l’a révélé. Que fait-il auprès des disciples sinon de les amener à une vraie déclaration de foi ? Les disciples, comme les autres hommes et comme nous aujourd’hui, n’étaient pas démunis  quand ils parlaient de Dieu. Pas très savants peut-être, ils savaient tout de même  ce que disait l’histoire  de leur communauté, et ce qu’il en était de la relation à Dieu. Pourtant les traits qu’ils retenaient pour exprimer ce Dieu, ami et fondateur du peuple de l’Alliance, avaient encore besoin d’être purifiés, perfectionnés. Ce que lentement, les hommes avaient appris, à travers l’expérience et qui concernait Dieu, devait évoluer vers une compréhension, que Dieu seul pouvait manifester. Ne s’agissait-il pas  de ramener les yeux, qui regardaient le Ciel pour y contempler Dieu, vers cet homme tout simple qui, un jour, presque à  la dérobée, a proclamé qu’en lui, Dieu venait se révéler. Il ira même plus loin, car il est plus qu’un prophète, il se définira comme jusqu’à  maintenant, Dieu l’avait fait lui-même. Serait-ce que le Ciel se serait vidé au profit de la terre ? Non, bien sûr, mais que quelqu’un du Ciel a été rendu visible  sur la terre. Et que pour informer ce qui se vit au Ciel, il est le mieux placé, puisqu’il  descend d’en haut. Les disciples  sont en cheminement, finiront-ils par croire ? L’épisode d’aujourd’hui raconte leur démarche. Jésus, préoccupé de vérifier s’ils savent qui il est, leur pose la question de son identité.

Est-il le fils de l’homme ?

Cette formulation, en parlant du Messie, se trouve dans le livre du prophète Daniel. Il s’agit d’une des façons de concevoir celui-ci, comme le juge céleste venant aux derniers temps (Dn 7,13…). Jésus affectionne ce titre, qu’il reprend à son compte, sans que jamais personne ne le lui attribue. En effet, les gens, en regardant Jésus, pensent à tout autre chose: aux prophètes d’antan ou plus proche comme, par exemple, à Jean Baptiste. Jésus ne commente pas la réponse des gens. La trouve-t-il bonne ou bien insuffisante ? Chercherait-il plutôt à savoir ce qu’il y a dans le cœur des disciples ? Sont-ils plus avancés que ne l’est l’ entourage ?

En qui croient-ils ?

La « chose » fut déjà dite, au milieu de la nuit, en plein milieu du lac, quand Jésus rejoignait ses disciples et que Pierre a flanché, car le doute l’enfonçait (Mt 14, 33). N’était-ce pas suffisant ? Faut-il le répéter en un moment plus calme et pas sous l’effet d’un choc ?  Et surtout au moment ou s’amorce  la marche vers la ville qui maltraite les prophètes. (Mt 16,21).

En qui croient-ils ?

La foi est unitaire. Son contenu est le même pour chacun. Un seul, comme porte-parole, la proclame pour tous. Voici :

Jésus de Nazareth, tu es le Christ, le fils du Dieu, le Vivant ! (Mt 16,16)

Est-il vraiment cela ? Le fils du Dieu, le Vivant ?  Pas d’un dieu fabriqué, sorti de nos mains d’homme, comme beaucoup d’idoles, mais du Vivant, la Vie par excellence.

Jésus a-t-il reçu le nom qui lui sied bien. En effet, il le confirme en déclarant que Pierre s’est laissé traverser par la motion du Père et que, loin d’être de son cru, cette déclaration lui a été donnée par celui dont le Fils se trouve devant lui.

Sommes-nous au summum de la Foi ?

Cette profession de foi instaure une ressemblance. Les pouvoirs de Jésus passent dans le cœur des disciples.  Désormais, ils pourront (Pierre certes, mais les chrétiens aussi cf. Mt 18,18) lier et délier. Cette alliance de contraires indique que confesser le Christ permet de libérer et d’unir, à la fois et dans la foi, les hommes et les femmes pour faire communauté.

Ma confession de foi rejoint-elle celle de Pierre et de l’Eglise entière ? Le Dieu en qui je crois est-il bien le Vivant, dont le Fils, Jésus-Christ, lentement passe en nos vies d’hommes ?

Tout homme croit en quelques chose.

Chacun est respectable en sa façon de croire.

Mais qui se dit Chrétien ne peut pas déclarer autre chose que Pierre.

Alors en qui crois-tu ?

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" Insistance... ! "  14 août 2005 - 20° dimanche du temps ordinaire A


Evangile : Mt 15, 21-28 Jésus exauce la prière d'une étrangère

 

Insistance, n’est-il pas le bon mot, pour désigner la femme venue trouver Jésus à propos de sa fille victime d’un démon ? Elle s’adresse à Jésus, passant dans la région près de Tyr et de Sidon où elle vit elle-même. Elle a poussé un cri en déclinant des titres qui concernent Jésus :"Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David » Avait-elle connaissance qu’il était le Messie, car, à ne pas s’y tromper, les titres sont messianiques. Pourtant, Jésus ne répond rien. N’accepterait-il pas d’être nommé ainsi ? Il faut dire que la femme est une cananéenne, donc une païenne. Serait-ce pour cela qu’il ne lui répond pas ?

Les païens n’auraient-ils pas droit au secours du Messie ?

On sait que les bons juifs ne les fréquentent pas. Jésus né de ce peuple lui emboîterait-il le pas ? La femme, de toute façon, ne s’est pas démontée. Elle crie toujours sa foi ainsi que sa douleur : « Ma fille est tourmentée… » Elle doit crier si fort, elle est si insistante, que les disciples agacés démarchent auprès du Maître. A eux Jésus répond de la même manière.

Il ne veut rien savoir.

Ce dont il a conscience, c’est bien d’être en mission, puisqu’il se dit envoyé, mais voilà qui surprend, aux brebis égarées d’Israël seulement. A-t-il vraiment cette conscience, au début de sa vie, de n’être que pour les siens ? Faudra-t-il qu’il découvre que sa mission va plus loin ? Voici une hypothèse, certainement plausible, que Jésus a appris jusqu’où allait sa tâche et que, pour la remplir, il devait accepter de libérer les hommes hors des frontières juives. Supposer cette chose, serait-ce l’amoindrir, ou simplement faire remarquer qu’il fut aussi un homme appelé à s’ouvrir, et donc à découvrir, au gré de ses rencontres, que d’autres que les juifs avaient besoin de lui ? Voilà qui sera fait, mais pas tout de suite encore. La femme prosternée continue sa supplique : « Seigneur, viens à mon secours ». Jésus cette fois entend, répond, mais n’en démord pas. Le pain des enfants, dit-il, n’est pas bon pour les petits chiens. Curieux et choquants, ces propos ! Du moins pour nous qui les entendons aujourd’hui. A lire cette phrase, hors de son contexte culturel et provenant de Jésus, il y a de quoi frémir. Quel sens acceptable faudrait-il lui donner ? Les chiens désignaient à l’époque ceux qui n’étaient pas juifs, donc les païens dont fait partie cette femme. Malgré ce mauvais coup la femme persiste et signe. La dernière récidive finement retournée, prend en compte la parole prononcée par Jésus. Et puisqu’elle n’est que « chien », ce qu’elle semble accepter, elle refuse le pain, mais revendique les miettes. Son propos a fait mouche, Jésus en est touché et même il s’extasie : 

«  Femme , ta foi est grande, que tout se passe pour toi selon ce que tu veux » (Mt 15, 28)

Elle ne voulait rien pour elle, encore qu’elle souffrait d’être la mère d’une petite fille possédée et qu’une fois l’enfant libérée, la mère elle aussi en sera soulagée. Elle suppliait pour sa fille qui, sur le champ, fut guérie, par un Christ qui, semble-t-il, n’en revenait pas d’avoir été témoin d’une telle foi…..chez une païenne.

Le salut est pour tous, cela nous est bien dit

Le Salut, c’est le Christ.

Le Christ est donc pour tous.

En dehors de l’Eglise, des hommes vont vers Lui.

N’est-ce pas ce qu’il faut constamment se redire et même proclamer avec grande

Insistance.

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" C'est moi... ! " 7 août 2005 - 19° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 14, 22-33 Jésus se manifeste aux Apôtres ; il fait marcher Pierre sur la mer

Mais qui le croit ? Pourtant n’est-ce pas suffisant pour sa reconnaissance ? Jésus vient dans la nuit, après un temps d’écart propice à la prière. Eux sont encore en barque où il les fit monter. Ils rament maintenant, mais c’est à contre vent. Le lac est agité. Il avance vers eux : ils sont terrifiés. Il marche sur les eaux. La crainte d’un fantôme leur fait pousser des cris (Mt 14, 25-26).

Quelle scène !

Il marche sur les eaux, bien sûr, c’est anormal, mais de là, à penser qu’il s’agit d’un fantôme ! Faut-il que ses disciples soient encore loin de lui ? Qu’il leur reste encore un long chemin à faire, pour qu’il soit reconnu dans son identité ? D’ailleurs, et toujours, tout le problème est là : Savoir qui est Jésus !

Mais peut-on le savoir sans risque pour sa vie ? Pierre et ses compagnons vont l’expérimenter. Jésus avance, sa voix se fait entendre :

« Courage, leur dit-il, c’est Moi; n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27)

« C’est moi », c’est-à-dire « Je suis » Voici donc, de quoi susciter la confiance. Car ce nom, déclaré par Jésus, fut livré à Moïse, et qui ne s’en souvient ? Mais cette invitation, en provenance du Christ, ne convainc guère les disciples. Il faut, leur semble-t-il, vérifier quel est son bien fondé. C’est Pierre qui s’en charge. Fallait-il qu’il le fasse ? « C’est Moi »… de l’entendre déclaré ne suffit-il donc pas ? Cela ne semble pas, d’où « Si c’est bien toi… » (Mt 14, 28). Voici Pierre embarqué, qui veut vérifier. Mais comment vérifier que le Christ dit vrai ? Ne sommes-nous pas en face du piège des incroyants ? Donner sa foi à Dieu, d’accord, mais à condition d’être étayée par des faits !  Pierre restant sur les eaux, voilà qui fonderait la Parole du Christ. Mais l’homme, on le sait, ne se tient pas sur l’eau. De plus, nous n’allons pas vers Dieu, c’est lui qui vient vers nous. Nous sommes ses disciples, non pas ses vis-à-vis. Il faut marcher derrière et non pas sur les flots.

 « Si c’est toi… »

Le ton dubitatif n’exprime-t-il pas le nôtre et celui de tous ceux, toujours, friands de signes ? Est-ce si difficile de croire à la Parole plus encore que le fait de marcher sur les eaux ? Pourtant, le ton et la Parole du

Christ ressuscité ne porte-t-elle pas en elle sa propre vérité ?

L’écoute de la voix ne suffit-elle pas ?

Pierre demande un signe, comme nous en demandons et comme les pharisiens ne cessaient de le faire. Quand la preuve sera faite que de preuve il n’y en a pas, Pierre, comme nous et comme les incroyants, entendra : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14, 31).  La confiance ? Comme on voudrait, avant de la donner, pouvoir être bien sûr de ne pas se tromper. Mais cela ne se peut ! La foi n’est que confiance du début à la fin adressée à quelqu’un, parce qu’il est ce quelqu’un, le Christ reconnu comme le fils de Dieu. Pierre pensait peut-être, et les autres avec lui, qu’il croirait mieux après son genre de performance. Mais il s’est rendu compte qu’il fallait croire avant, et qu’aucune autre preuve ne précède la foi, qui ne s’appuie que sur elle-même, pour reconnaître le Christ et se soumettre à lui.

« C’est Moi… »

Ce que le Christ dit à propos de lui-même, est aussi murmuré à l’intérieur de soi et c’est mon adhésion à l’écho intérieur qui me permet de voir « Vraiment le Fils de Dieu » (Mt 14, 33). La tentation est grande de vouloir autre chose, comme un fait éclatant, qui chasserait mon doute, mais qui m’ éviterait de vivre de la foi.

La foi est justement de croire sur parole.

« C’est Moi... »

Il n’est rien d’autre à faire que d’écouter ce « Moi ». La foi ? C’est un peu comme marcher sur les eaux, sauf que c’est dans la vie, en « lui » faisant confiance pour engager nos vies. En restant dans la barque, Pierre l’aurait compris. Le Christ avait parlé ! On le sait maintenant, pour chasser nos fantômes, calmer l’imaginaire, afin que les disciples puissent traverser leurs peurs. Il n’est qu’une façon d’être disciples du Christ, ce n’est que d’écouter sa Parole de vie. Pierre l’avait entendue, il ne s’y est pas tenu. Il enfonçait dans l’eau, le monde se dérobait. Il faut croire sans preuve. Si l’on dit : « Si c’est toi... fais… », c’est alors qu’on perd pied…Mais en croyant en lui qui donne sa Parole, c’est lui qui affermit.

Ne tente pas ton Dieu. C’est lui qui vient vers toi.

Quand il dira « C’est Moi ! »

Que lui répondras-tu ?

  

 

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" Vous-mêmes... ! " 31 juillet 2005 - 18° dimanche du temps ordinaire A


Evangile : Mt 14, 13-21

 

" Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Retenons cette phrase prononcée par le Christ. Qu’elle soit pour nous un ordre ! Les foules le cernaient et il en eut pitié, au point de renoncer à se mettre à l’écart, comme il l’avait prévu. La misère des foules a bouleversé le Christ. Qu’attendaient-elles de lui ? Il en eut pitié et il les a guéries ! Les disciples assistaient et voici qu’ils s’inquiètent. Comme le temps avance, que l’endroit est désert, le plus sage serait de vite les renvoyer, car que faire avec elles sans pain à leur donner ? Qu’elles aillent au village trouver de quoi manger ! Mais le Christ ne veut pas. Pourquoi donc il s’entête ? Ne voit-il pas l’écart entre le peu qu’on a et les bouches à nourrir ? Le calcul est probant, on n’y arrivera pas. Mais si, insiste Jésus et surtout, d’ajouter, nourrissez-les vous-mêmes. Mais en sont-ils capables ? Ils ne l’ont jamais fait. Nourrir autant de monde avec si peu de pain serait une première. Comment croire possible ce qui à l’évidence paraît ne l’être pas ? Alors à qui donc se fier, à notre diagnostic ou faut-il humblement acquiescer à ce qu’a dit le Maître ?

Allez, dit-il, donnez-leur vous-mêmes… !

Le « service » commencé, la nourriture abonde. Tous en ont eu assez. Il en resta encore au moins douze pleins paniers. On dit : « C’est un miracle! » Le pain fut multiplié ! Mais est-ce ce point de vue qu’il faut mettre en valeur ? La portée du récit dépasse largement ce qui est raconté.

Les disciples sont invités à donner à manger.

N’est-ce pas cela le plus important ?

Les foules sont affamées, même encore aujourd’hui, de pain, c’est certain, et de ce qu’il représente pour apaiser aussi l’autre faim qui tenaille. Les hommes sont capables de faire beaucoup mieux pour que règne la paix, pour partager des biens qui sont accumulés ou même gaspillés, pour se rendre service et vivre en dignité. L’humanité est pleine de puissance, ses possibilités tendent vers l’infini, mais il y a en elle, quelque part, une telle résistance, qu’elle produit la misère.

Ce qu’ils demandent à Dieu, qui leur soit procuré, Dieu l’a déjà donné.

Donnez-leur vous-mêmes à manger !

Jésus prit les cinq pains avec les deux poissons et, les yeux levés au ciel, il remercia Dieu. Puis il rompit les pains (Mt 14, 19) qu’il donna aux disciples, qui à leur tour les donnèrent aux foules. Le pain pour que l’on vive, Dieu le donne généreusement. Mais le chaînon manquant ne vient-il pas de l’homme ? Deux gestes sont liés : distribuer le pain pour apaiser la faim au terme d’une journée et faire passer le même, mais qui a été rompu (Mt 14, 19), et qui donne du sens à notre vie humaine, en créant la rencontre de l’homme avec son Dieu. Que tout homme pour  sa faim reçoive de quoi manger, Dieu le veut. Et que cet homme, au-delà de manger, découvre que sa faim réclame une autre manne que Dieu seul, comme le pain physique, peut donner, et qui est Dieu lui-même se donnant à manger.

Voici qui mène loin et engage les disciples !

Responsables des hommes, ils doivent donc veiller à ce que soit partagé le pain, car Dieu pourvoit pour tous, mais ils doivent aussi éveiller tous les êtres, à l’autre pain dont les cœurs ont besoin, celui qui vient du ciel, qui est le Christ lui-même. Ne prendre qu’un aspect de notre besoin d’homme risque de nous enliser dans les biens d’ici-bas (n’est-ce pas ce qui se passe ?), mais ne viser que l’autre, « le pain eucharistié », pourrait nous démobiliser du travail en ce monde, nous rendre inopérants pour le bonheur de l’homme et infidèle à Dieu.

L’un et l’autre aspects doivent préoccuper les disciples du Christ.

Jésus a pris les pains, et les ayant rompus, les donna aux disciples, qui eux-mêmes à leur tour, les donnèrent aux foules. Qui communie au Christ ne peut pas ignorer combien ne mangent pas ! Qui communie au Christ ne peut pas oublier tous ceux qui ne croient pas et vivent le non-sens !

Le miracle commencé ne sera accompli que lorsque tous les hommes mangeront à leur faim, et qu’ils auront compris qu’il faut trouver en Dieu, en Christ, le sens même de la vie. Dans ce long processus, les disciples du Christ jouent un rôle important.

Disciples, obligation est faite :

Donnez-leur à manger,

Vous-mêmes !

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Empressement… ? 24 juillet 2005 - 17° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 13, 44-52 Les paraboles du Royaume. Le trésor caché et la perle - Le filet (brève : 44-46)

Pourquoi tant de rapidité ? Faut-il vraiment se délester de tout ? En parlant du royaume, Jésus évoque ces deux hommes (c’est une parabole) qui viennent de trouver « la chose » inespérée. L’un par hasard, en labourant un champ; il est simple ouvrier, butte sur un trésor de valeur inconnue. L’autre, commerçant chevronné, toujours à la recherche d’un fructueux négoce, tombe sur une perle de très grande valeur. Que font-ils l’un et l’autre ? D’abord, c’est évident, ils sont tout étonnés, puis comme un seul homme, l’un achète la perle et l’autre achète le champ, en se débarrassant de tout ce qu’ils avaient.

Ce qu’ils viennent de trouver, méritait-il vraiment, de tout sacrifier ?

Le trésor découvert, « L’ouvrier le recache, s’en va, ravi de joie, vendre tout ce qu’il possède et achète ce champ » (Mt 13, 44). Acquérir ce trésor vaut bien tout ce qu’on a. Et loin d’être attristé par ce dépouillement, il est, notons-le bien, « ravi de joie ». Le second prend le même chemin. A son tour, il vend tout. Et bien que lui, à l’inverse du premier, n’exprime pas de joie, il acquiert cette perle. Elle devient sa richesse. En est-il du royaume comme de ces deux hommes qui, sans hésitation, ont vendu tous leurs biens pour acquérir un bien très supérieur aux autres ? Le royaume découvert est-il irrésistible ? Son attirance est-elle si grande qu’on ne peut refuser ? Ou bien vaut-il mieux dire, qu’aucun bien de ce monde ne mérite intérêt, comme celui dont Dieu veut bien nous gratifier ?  Où courrons-nous si vite ? Pourquoi accumuler ? Que nous faut-il pour vivre ?

Vous, l’avez-vous trouvé ?

Ce genre d’empressement, noté dans l’évangile, fut-il votre expérience ? A moins que, mis en face du royaume, vous, vous soyez encore en train de résister ? L’empressement, vous connaissez peut-être, mais sans mentir, dites à propos de quoi ?

Le royaume de Dieu mérite empressement !

Nous venons de l’entendre. Tout vendre n’est pas rien, même quand on a peu. Pourtant, que de tourments proviennent de ces biens qui, en fait, nous possèdent ! Sans parler de leurs incidences sur toutes nos relations, et de tous ces clivages qui naissent en conséquence.                       

Le royaume des cieux, l’avons-nous rencontré ?

En rêvons-nous souvent ? S’instaure-t-il en nous ? Et où le cherchons-nous ? A retourner la terre ou à faire des affaires, le rencontrerons-nous ? Est-il caché en terre ou chez les boutiquiers ? Non, il n’est pas une chose qu’on pourrait acheter. Cependant, l’occasion d’entrer en son contact peut nous être donnée à tout moment, dans n’importe quelle activité. N’est-ce pas une idée qui fait partie du texte ? Le royaume se révèle, l’occasion est donnée et quand elle se présente, il faut en profiter, il faut, excusez la formule, « sauter sur l’occasion ».

Mais qu’est-ce que ce royaume appelé par Mathieu le royaume « des cieux » ? Les deux paraboles ne le précisent pas. Elles insistent seulement sur l’urgence qu’il ne faut pas manquer. Elles notent aucun détail sur le trésor trouvé, pas plus que sur la perle qui a été dénichée. Qui dit royaume des « cieux », s’exprime en termes voilés pour, par respect, ne pas prononcer : Dieu. Mais le sens est le même. Le royaume de Dieu ? Voici qui laisse entendre que Dieu serait un roi ! Quelqu’un qui nous gouverne, qui exerce son pouvoir sur notre territoire, prend possession de nous.                       

Dieu nous gouverne-t-il ?

Dieu a-t-il pris chez moi le pouvoir sur ma vie ? Serait-il aux commandes de ma propre existence ? Son règne s’étend-il sur mes pensées intimes ? Souvent, on laisse entendre que Dieu nous mènerait de façon extérieure. C’est bien mal le connaître. Il ne cherche nullement à nous conditionner, à nous faire avancer en tirant des ficelles, en programmant pour nous, des plans qu’il réaliserait sans notre assentiment. Le royaume de Dieu, pour qui l’on nous suggère beaucoup d’empressement, n’est-ce pas plutôt Dieu, pouvant venir en nous, y instaurer son règne, c’est-à-dire l’amour ? N’est-ce pas Dieu, autorisé par nous (avec quel empressement !), à envahir notre être. Et de notre côté, à mettre notre confiance en lui éperdument, sans se laisser leurrer par des biens non fondés qui passent forcément.

Qui, en lui, découvre Dieu, devient-il libéré de tout ? Tout devient-il relatif  qui semblait nécessaire ?

Où en suis-je moi-même ?

Le royaume de Dieu : Que Dieu gouverne en moi !

Oui, mais avec quel empressement ?

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Imperceptiblement...! 17 juillet 2005 - 16° dimanche du temps ordinaire A

 

Evangile : Mt 13, 24-43 Les paraboles du Royaume. L'ivraie
 

Sans bruit, pourrions-nous dire, « quelque chose » se passe qui ne se perçoit pas. Au-delà de nos vues, échappant à nos prises, « quelque chose » grandit : le  meilleur, mélangé au moins bon.

Il s’agit du royaume !

Royaume, l’expression utilisée ici nous laisse un peu rêveur, car l’idée de royaume sous-entend des frontières, un lieu déterminé, un endroit où s’est organisée une façon de vivre, où s’est développé un lien d’appartenance. Alors que ce dont il est question dans les trois paraboles, bien qu’appelé royaume, relève d’une toute autre représentation. Rien n’apparaît à l’extérieur, pas de pouvoir en place, pas de limites bien circonscrites, sinon celles de l’humanité, dans toute son extension de passé, d’avenir… En parlant de royaume, l’évangile utilise des mots pleins de puissance qui dégagent une force et produisent de la croissance, mais dans aucun de ces mots, il n’y a la trace d’un quelconque pouvoir, d’une domination. Cette réalité, le royaume, développe sa puissance à l’intérieur du monde, se nourrissant de lui, en le convertissant à une autre logique que celle qui le meut. Ce royaume est comme du bon grain qu’aurait semé un homme et qui pousserait bien mais qui, malheureusement, est encore mélangé à l’ivraie, jetée en pleine nuit, par quelque malveillant, ennemi du premier.

Est-ce l’état du monde qui est ainsi décrit ?

L’ivraie, (symbole de zizanie, de méchanceté) de fait, on la voit amplement. Elle pousse partout et même et surtout en soi. Le monde nous apparaît comme un champ plein de larmes, saturé de misère, exploité constamment. On en finit par croire qu’il n’est que cela. Que tout est corrompu et s’en va, irrémédiablement, vers l’ultime catastrophe.

Le monde en sa croissance s’en va-t-il à sa perte ?

En fait, dit l’évangile, n’est-ce pas tout le contraire ? (Mt 13, 30)

Certes, l’ivraie est là, puissante, envahissante mais pas triomphante. De la semence germe, sans bruit, imperceptiblement; des graines deviennent arbres et du levain fermente faisant monter la pâte de notre humanité.

Autrement dit, le « bon » grandit aussi !

Vraiment ? N’est-ce pas seulement une vue de l’esprit ? Mais pourquoi en douter ? Serions-nous trop marqués par ce qui fait du bruit, le mal en l’occurrence, et beaucoup moins sensibles au bien, plus silencieux ? Pourquoi ne pas croire la Parole qui proclame le contraire de ce que nous pensons ? Le mal paraît gagner n’est-ce  qu’en apparence ? La venue du royaume de bonheur et de paix (Lc 6, 20)  avance lentement, certes, mais irrésistiblement. Il est imperceptible, comparé au vacarme des productions du monde. Il avance, il grandit, « c’est la prise de pouvoir de l’amour, sur l’univers entier ». C’est vrai qu’on ne voit guère où se fait le progrès. L’homme est-il plus homme, sait-il mieux aimer ? Si l’on publicisait autant de faits de bien qu’on le fait pour le mal, peut-être verrait-on mieux les effets du royaume ? L’humanité grandit, l’amour se développe.

De l’amour, prenons-en le parti !

Le mal agit toujours qui ne peut être extirpé comme s’il était lié en même temps au bien. (Mt 13, 29) Bon et mauvais vont-ils ensemble ? En voulant le premier, n’est-ce pas qu’on générer l’autre ? Seul, Dieu pourra réduire le mal, en aidant l’homme, à en tirer partie pour fabriquer du bien. Le mal n’est pas substance. Est-il défaut de bien ? Nous recherchons le bien et nous manquons le but, il s’ensuit du mauvais. Mais nous pouvons reprendre ce qui est dévié pour choisir à nouveau, et nous réorienter.

Dieu n’impose rien !

Au rythme de la liberté, l’homme choisit le vrai. Et le royaume avance imperceptiblement et il avancera irrésistiblement, jusqu’au temps où Dieu engrangera l’humanité sauvée. (Mt 13, 43)

Nous voici face au monde !

Serons-nous pessimistes  ?

Ou vivrons-nous de foi :

Le royaume grandit : imperceptiblement ?

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Ensemencé… ? 10 juillet 2005 - 15° dimanche du temps ordinaire A

 Evangile : Mt 13, 1-23 Les paraboles du Royaume. Le semeur (brève : 1-9)

Le monde est-il ensemencé ? Par quoi pourrait-il l’être ? N’est-il pas prégnant de sens ? Aurait-il besoin de plus qu’il ne trouve en lui-même ? Aurait-il besoin de recevoir d’un autre ou d’ailleurs un élément de sens qu’il ne peut se donner ? A l’entendre parler (le monde !), à le regarder vivre, il n’a besoin de rien qu’il ne puisse trouver dans ses propres affaires. L’homme possède en lui une aptitude au sens. En effet, l’homme n’évolue-t-il pas dans l’ensemble du monde tout en l’organisant ? Mais est-ce suffisant pour que la vie parvienne au plein de son aboutissement ? N’est-il pas nécessaire de s’ouvrir à plus grand, à ce qui précède et qui lui survivra ? Les hommes dépérissent, le monde également… Jusqu’où, pourquoi, vers quoi ?

Le monde, faut-il l’ensemencer ?

S’il est prégnant de sens, faut-il en rajouter ?

Que dit la parabole, que vient faire un semeur « sorti » (de quelque part, d’ailleurs ?) pour semer ? L’homme, qui pense et imprime du sens, avance sans savoir pourquoi le monde est là, ni en fait qui il est, sinon qu’il est en quête d’un perfectionnement, a-t-il besoin d’apprendre quel est son avenir ?

Le semeur est sorti pour semer !

Quelqu’un produirait-il un ensemencement en plus du sens présent ? Une semence nouvelle serait-elle jetée là où elle n’était pas ? L’homme peut-il l’admettre ? Son cœur n’est-il pas trop fier et son regard hautain ? Au milieu de ce monde, n’est-il pas le seul roi ou, comme on dit encore, l’apprenti magicien ? Lui, qui, si minuscule, comparé aux espaces gigantesques du monde, arrive à maîtriser de nombreux phénomènes, serait-il le terrain où un autre sens advient ? Peut-il admettre encore qu’en dehors de ce qu’il sait ou qu’il pourra apprendre par ses propres moyens, il est des éléments qui échappent à sa prise et dont il a besoin pour se comprendre lui-même ? 

Le monde paraît fermé au geste du semeur !

Ne veut-il pas comprendre, ce que pourtant il sent, que ce monde le dépasse ? Ce monde ne serait-il que le fruit du hasard ? D’où vient la fermeture ? Est-ce par entêtement ? Ou bien par volonté d’assumer jusqu’au bout sa propre liberté ? Par volonté d’aller jusqu’au bout de lui-même sans avoir de recours ? D’épuiser sans relâche toutes ses capacités ? Les hommes pèchent-ils par un excès d’orgueil, de bravade de Dieu ?

Le monde, quel problème !

Et par rapport au monde, que veulent dire ces mots : « Le semeur est « sorti » ? Qu’il lance une semence pour bonifier le monde ?  Que quelqu’un vient d’ailleurs et porte en lui du sens : une bonne nouvelle. Que de cette semence, il n’en est pas avare. Tous les sols en reçoivent. Quel que soit le terrain, des graines sont jetées. Elles ne poussent pas toutes mais, là où elles produisent, le rendement est bon et même magnifique (Mt 13, 8). Le geste n’est pas vain. Une fois mise en terre, les semences prospèrent et se ressèmeront.

Le monde n’est pas beau, on ne le dit que  trop. Le monde n’est pas beau…  Pourquoi ? Serait-ce vrai qu’il y a un remède à cela ? Une semence porterait-elle en elle le germe d’une autre humanité ? La foi nous dit qu’oui. Enfouie en nos terres, elle n’en peut plus sortir. L’homme peut l’ignorer, il ne peut l’extirper. Le semeur, qui est sorti, est aussi la semence, une parole en actes, enfouie par les hommes, qui déjà a germé en nouveauté humaine. Des hommes et des femmes, dont la vie nous fait sens, ont laissé la Parole, le Christ ensemencé, germer et donner à leur vie une stature humaine capable de produire un plus d’humanité. Le Christ, Jésus de Nazareth, semeur autant qu’il est semence, connaît le monde, où son Père l’a planté. Il sait le temps qu’il faut avant que ne pénètre en toute terre humaine le germe qui vient d’en haut. Il sait les réticences, connaît les gaspillages, voit les enfermements des hommes et des femmes qui, cherchant leur bonheur, le cherchent par eux-mêmes, alors qu’après tant d’expériences inaptes à le donner, ils pourraient en conclure qu’il est bon de l’attendre, mais d’un autre et d’ailleurs… Mais l’homme avec sa liberté, peut-être doit-il errer, pour découvrir un jour que ce qu’il cherchait, existait bel et bien, déjà semé en lui par un autre que lui-même.

La semence est lancée gratuitement pour tous !

Le Christ veut se donner à qui veut l’accueillir.

Que germe-t-il en moi ?

Le monde est-il ensemencé ?

 

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" Incontournable… ! "  3 juillet 2005 - 14° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 11, 25-30 « Je suis doux et humble de coeur »

  Est-il incontournable, pour aller jusqu’à Dieu ? Doit-on passer par lui, afin de mieux comprendre et de mieux percevoir qui est Dieu ? Est-il le seul au monde, l’unique, de toute l’humanité, à détenir la clef de la vraie connaissance ? Connaît-il le secret du fondement du monde et de l’être de l’homme ? En regardant le monde et son immensité, nous tournant vers l’Histoire et son long défilé, pouvons-nous déclarer qu’il est vraiment le seul, à savoir ce qui est, et qu’il n’en est pas d’autre pour nous le révéler ? En l’homme de Galilée, de faible renommée, d’un village effacé et sans notoriété, les hommes trouveraient-ils ce qui leur faut connaître et qui concerne Dieu ?

Trouveraient-ils, en lui, le secret de la vie ?

Parmi les tentatives, mises en œuvre par les hommes, pour toucher le divin, n’y aurait-il que la sienne qui tienne ses promesses ? Nous rendons-nous bien compte, de ce que nous disons, quand nous parlons du Christ, comme, de l’unique médiateur, de « l’incontournable » médiateur. Prenons-nous bien conscience de ce que ces mots veulent dire, quand nous lisons nous-mêmes ce que lui-même a dit : « Tout m’a été remis par mon Père et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » ? (Mt 11, 27) La tenons-nous pour vraie cette proposition : Nul, c’est-à-dire personne d’autre, ne connaît le Père sinon le Fils… (et inversement) ?

Est-il l’incontournable ?

Nous posons-nous souvent quelques questions sur Dieu ? En plus de l’existence d’une divinité, sur quoi beaucoup s’entendent, aimerions-nous connaître ce qu’il est, en son être ? Cherchons-nous à savoir si nous pouvons l’atteindre, s’il reçoit nos messages, ou bien, si de sa transcendance, il descend jusqu’à nous, s’il nous porte intérêt ? Que savons-nous de Dieu, quand nous réfléchissons par nos propres moyens ? Jésus de Nazareth, avec son franc-parler, répond tout simplement : de Dieu, par vos propres moyens, vous savez peu de chose pour ne pas dire rien. Sur lui, vous balbutiez des mots, en partant de l’humain, mais que dire de plus, qui ne vienne de l’homme. Ceux, qui s’en tiennent là, n’iront jamais plus loin que leur propre pensée, forcément limitée. Seuls ceux qui l’écoutent, les petits, peuvent percevoir un plus, quand le Christ leur parle. Jésus fait l’expérience de cette différence et en bénit son Père : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants, et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Mt 11, 25) Entendons bien cette prière d’action de grâce. Jésus déplore que les savants se ferment au message et il est tout heureux que d’autres, les petits, s’ouvrent à sa présence. Les « tout-petits » comprennent, qu’il faut passer par lui, pour aller jusqu’au Père. Pour se passer du Christ, en pensant croire en Dieu, il faut, d’après le Christ, n’avoir rien compris. Car non seulement il est le chemin, la vérité, la vie, qui permet au disciple de remonter au Père, mais il est d’abord, en un premier mouvement, celui qui vient du Père et chemine vers nous.

Il est l’irremplaçable !

Ceux qui ne veulent pas se rendre à l’évidence de la place du Christ -parce qu’ils savent eux-mêmes, soi-disant mieux que lui, qui est Dieu et comment le rejoindre- désolent le Seigneur (Mt 11, 16-24) qui les voient s’égarer et perdre l’occasion d’être vraiment sauvés. D’où, probablement, cette supplication : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug, mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur… » (Mt 11, 28-29)

Mettez-vous à mon école !

Qui est Dieu ? Qui est-il envers nous ? Voulons-nous le savoir ? Le connaître un peu plus ?

Comment y parvenir sinon, passer par lui ?

Incontournable Jésus-Christ !

Pourquoi ne pas le croire,…

et libérer nos vies ?

 

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« Être digne… ! » 26 juin 2005 - 13° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 10, 37-42 Envoi en mission. Celui qui donne sa vie recevra de Dieu sa récompense

Le mot ne passe pas. Nous savons tous que personne n’est digne en face du Seigneur. La parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14), comme l’attitude du centurion (Seigneur je ne suis pas digne… Mt 8, 8), nous ont guéris de toute justification par nos mérites. Du moins, on peut le penser… ! Nous savons, plus que jamais, qu’aucun mérite ne peut nous rendre digne de Dieu. Pourtant, le mot revient trois fois dans les versets du jour. « Celui qui ……. n’est pas digne de moi » (Mt 10, 38.39.40.)

Qu’est-ce, alors, être digne du Christ ?

Et qu’est-ce qui peut m’assurer que je suis rendu digne du Christ ?  Digne ? : c’est-à-dire « Celui qui effectivement le suit en vérité et totalement ? » ou « Celui qui conforme, en la laissant conformer, sa vie à ce que le Christ demande, lorsqu’il nous montre, dans l’Évangile, comment il a vécu ? » Être digne de lui, jusqu’où dois-je aller dans mon comportement, dans l’organisation de ma vie ? Jusqu’où, en moi, doit pénétrer sa parole, pour qu’il puisse n’y avoir aucune équivoque sur ma conformité à sa volonté ? Quelle marge de manœuvre existe-t-il  pour moi, entre ce qu’est le Christ et ce que je suis moi-même ou ce que je suis encore ?  Peut-il y avoir un secteur de ma vie qui échappe à son influence ? Pour exister moi-même, ai-je besoin d’un « no man’s land » entre moi et le Christ ? Quelque chose, quelqu’un peuvent-ils m’être plus chers que le Christ ? Puis-je croire au Christ et développer des secteurs de ma vie en dehors de lui ? Mes relations familiales, mes relations amoureuses, conjugales, mon être profond, ma liberté pourraient-ils être soustraits à l’influence du Christ ?

Serait-ce compatible de rester maître de ma vie et d’être digne de lui ?

N’y a-t-il pas dans la foi chrétienne, et pour tout chrétien, une exigence radicale : l’acceptation de ne tenir sa vie, de ne vivre sa vie jusqu’en ses profondeurs, que de la part du Christ ? Que le Christ est, sans exception aucune, le maître de mon existence, régissant, au jour le jour, par son Esprit, mes sentiments, mes émotions, mes décisions, mes choix, mes façons d’être, de faire, de vivre ? Être digne de lui, n’est-ce pas aspirer et même, lui avoir remis la totale gouvernance de notre vie ? S’il n’en était ainsi que voudraient dire alors, les versets d’aujourd’hui ?

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi…

Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi…

Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas…

N’est pas digne de moi ? »

Celui qui… c’est-à-dire : qui ?

Même la vie physique ne prime pas sur la confession de foi. Car « porter soi-même sa croix » s’entend, non de souffrir, patiemment, en silence, les maux communs de l’existence, mais de témoigner de lui-même au péril de notre vie.

Être digne de lui :

Porter sa croix, comme il le fit, devant ses détracteurs,

Au péril de sa vie.

Voici qui en dit long, sur ce que, chrétiens, nous devrions être et que nous ne sommes pas ! Choisir le Christ absolument, bien sûr, celui de l’Évangile, celui qui déconcerte et ne pense pas comme moi, celui qui par exemple remet Pierre à sa place, quand il voulait,  en deux endroits, faire pour le Christ, ce que le Christ ne voulait pas : « Arrière Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes » et « Si je ne te lave pas tu n’auras pas de part avec moi » (Mc 8, 33 et Jn 13, 6-8)

Suis-je digne du Christ ?

Suis-je vraiment son Témoin ?

Oserai-je l’affirmer ?

Que dois-je encore céder, pour qu’il soit, tout en moi ?

 

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Tenez bon… !  19 juin 2005 - 12° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 10, 26-33 L'envoi en mission. L'Apôtre ne doit pas craindre pour sa vie

Le ministère du Christ fut loin d’être tranquille, au point qu’humainement il s’est mal terminé. Jésus a provoqué l’ire des chefs, chargés d’administrer les affaires de Dieu. Il avançait, mains nues, avec un franc parler, qui mettait l’homme au centre de la quête de Dieu.

Dieu cherche l’homme.

L’homme se laisse-t-il trouver ? c’est là une autre affaire ? Jésus venait relever l’homme, tandis que ceux d’en face, ceux qui gardaient le Temple, préféraient l’accabler. Jésus fut conspué, menacé, puis condamné mais il a tenu bon. Bien qu’on ait essayé, il ne fut pas possible d’extorquer le contraire de ce qu’il proclamait : Que Dieu aime l’homme, bien que l'homme soit pécheur; et qu’en se comportant vis-à-vis des pécheurs, ainsi qu’ il le faisait, il exprimait lui-même les sentiments de Dieu. Personne, malgré bien des menaces, n’a pu le soudoyer pour qu’il dise l’inverse de ce qu’il pensait. Mais il faut dire plus, et bien faire ressortir, qu’il a surtout « tenu », en ne cédant jamais au poison de la haine, dont les autres se servaient. Il n’a jamais haï aucun de ceux qui l’accablaient ! Il voulait dire Dieu et son amour pour l’homme. Il a reçu de l’homme un cruel démenti, mais n’a cessé d’aimer ceux qui lui refusaient le droit d’être lui-même au nom, (et cela est le comble) des droits même de Dieu.

Ce même ministère, qui fut interrompu, ne pouvait s’arrêter.

Il fallait bien que l’homme sache, encore aujourd’hui, qu’il est aimé de Dieu. Qui pouvait le lui dire, sinon le Fils de Dieu et qui peut le lui dire, encore et aujourd’hui, sinon ces hommes, envoyés par lui-même, qui expérimentent pour eux ce que c’est d’être aimés, et qui savent aussi, que personne n’échappe à cet amour de Dieu, même pas ceux qui refusent de l’accueillir en eux ? Mais pour dire « qu’Il aime », comme on l’expérimente en se laissant aimer, existe-t-il une autre façon d’être que d’être désarmé face à ceux, à qui, on vient le révéler ?

Désarmé ! Tel est bien le mot juste.

L’amour n’a que lui-même pour se faire accepter !

Mais l’amour est loin d’être toujours reçu. Beaucoup d’oppositions se dressent devant lui. Alors qu’il est pour l’homme l’unique nécessaire, voici que l’homme s’en détourne pour faire sa vie ailleurs, et même instaurer un régime de peur, où la force violente supplante l’autre force de respect, de justice et de paix. Les disciples du Christ, les ouvriers qui sont ses envoyés, doivent résister à toutes les tensions sans se laisser décourager et sans tomber dans ce qui est le contraire de l’amour en vérité.

Tenir bon !

Le Christ les y invite. Plus, il leur donne sa force en leur donnant sa vie. Ce qu’il a vécu, en communiant à lui, ils peuvent aussi le vivre. « Ne craignez rien de ceux qui peuvent tuer le corps mais ne peuvent pas tuer l’âme » (Mt 10, 28). Celui qui aime l’homme ne peut l’abandonner. Car l’homme est à ses yeux plus important que tout. Il veut sa réussite. Il veut le rendre heureux en l’emmenant vers lui, car il n’est de bonheur qui ne soit avec lui.

La vie de Jésus Christ est un chemin de Vie.

Il a fait naître ici, sur notre propre terre, le véritable amour. Il a donné à l’homme de le vivre à son tour.

C’est une vérité qui ne passera pas.

Il faut la proclamer, car l’amour gagnera. « Ce que je vous dis dans l’obscurité, dites-le au grand jour, et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez –le sur les toits » (Mt 10, 27).

Tout passera, seul, l’amour restera !

Car déjà, c’était un vendredi, l’Amour a gagné sur ce qui s’est passé, et l’Amour ne cesse d’aimer ceux qui, encore et aujourd’hui, essaient de le tuer.

Seul l’amour fait advenir l’homme.

Vous, disciples engagés :

Confiance et Tenez bon …!

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"Sans berger… ? " 12 juin 2005 - 11° dimanche du temps ordinaire A

Evangile : Mt 9, 36 - 10, 8 Les douze chefs de file du nouveau peuple de Dieu. Leur envoi en mission

L’attitude de Dieu en face de notre monde nous la lisons ici : Mt 9,36-10,8. Et comment se tient-il en nous regardant vivre ? Mathieu emploie un terme, commun aux évangiles, exclusif, spécifique, pour décrire les sentiments du Christ ou, dans les paraboles, ceux que l’on prête à Dieu. Un terme également qui renvoie en amont, quand on évoque Dieu, aux prises avec le peuple de l’Ancien Testament. Traduit par « avoir pitié », ce mot est beaucoup plus imagé quand, littéralement, on le rend par « entrailles ». Alors, comment Dieu se tient-il en nous regardant vivre :

Il est « pris aux entrailles » (Mt 9,36) par le malheur qu’il voit.

Maladies et souffrances accablent l’humanité. Les hommes et les femmes se traînent languissants et prostrés.

Manquent-ils tous de vie ?

Est-ce vraiment ce spectacle qu’offre l’humanité ? D’où lui vient cet état ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Le monde est-il mal fait ? Les hommes, mal fabriqués ? 0u bien, l’homme, cette merveille, car c’en est une tout de même, ne sait pas vraiment comment s’organiser ? Quelque part, mais où, ça ne marche pas. Qu’est-ce qui est atteint ? Le sens, l’intelligence, le cœur, la liberté… ? Y-t-il une blessure quelque part de cachée ? Le monde se porte mal. Le constat de Jésus se vérifie partout. Le monde ne va pas bien, ceci depuis longtemps, est-ce depuis toujours… et, il faut le reconnaître, ne s’améliore pas. Est-ce l’effet d’un manque ? Est-ce crise de croissance ? Nous ne savons pas trop…Que manque-t-il au monde ? N’a-t-il pas tout ce qu’il faut pour se gérer lui-même en vue de son bonheur ? Ou, pour employer l’image utilisée par Paul, est-il trop travaillé par des forces contraires, en vue d’une croissance vers son enfantement ? Le monde va, de secousses en secousses, et crée de la souffrance.

Un « spectacle » qui noue les « entrailles » du Christ.

Jésus, Dieu, ressent intimement la souffrance du monde.

Mais peut-il faire plus ? Aller jusqu’à guérir ce mal qui est constant ?

Posons-nous la question ? Quelle est notre réponse ?

Bien des hommes avant lui ont promis de le faire ! Y parviendra-t-il mieux qu’ils n’y ont réussi ? Le Christ est-il plus fort et connaît-il mieux l’homme ? Quand il ressent son être touché jusqu’aux entrailles, est-ce par impuissance à pouvoir soulager ou bien est-ce parce que l’homme rechigne à se laisser guérir, sauvé ? Jésus, n’est-il pas le berger au rendez-vous manqué avec l’humanité ? Les foules qui se traînent, il les voit sans berger. Serait-ce là le manque qui serait à combler ? Jésus appelle les Douze et va les leur envoyer (Mt 10, 2-8) Munis d’un seul pouvoir, celui de « libérer » (Mt 10, 1), ils ne sont , ceci est à noter, que des ouvriers. Qui est donc le berger, dont on ne peut se passer, si l’on ne veut pas que le monde continue de se traîner ?

Est-ce lui ? Jésus de Nazareth ?

Ouvriers au pluriel (Mt 9, 37-38) fait écho à berger écrit au singulier. Découvrir le Berger mais grâce aux ouvriers, est-ce le vrai chemin pour être soulagé ? Mais alors, c’est chacun qui doit bien s’orienter, chaque homme et chaque femme qui doivent se déterminer. Le monde ne change -t-il qu’à l’intérieur des cœurs de chaque individu ?

Le mal est général, singulière serait la guérison ?

Chaque libération, chaque avancée du bien se produit dans un cœur et non par changement, comme à l’insu des hommes, d’une situation. Jésus de Nazareth, unique et seul berger des membres de son peuple, pourtant pourvus de prêtres, de scribes et de docteurs, comme du monde entier !

Chacun peut réfléchir et se déterminer…

Le monde tourne mal… L’humanité pourtant a reçu le Sauveur, qui, à travers ses disciples, des ouvriers, s’offre à qui le veut, pour panser ses blessures et guérir son malheur.

Le monde, en vous, reconnaîtra-t-il son Berger ?

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